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Venit, vidit, bibit

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« Une expédition splendide, pleine d’une poésie difficile à exprimer car tissée de détails insignifiants et inondée de soleil. Mes compagnons n’étaient pas plus âgés que moi, c’étaient de jeunes ouvriers bavards, vifs, drôles, et pleins d’une gaîté très française. Nous nous donnions des forces à coups d’oranges, de bananes et de vin, si bien que la descente vers Banyuls devenait une succession de zigzags de plus en plus étranges et j’étais tellement ivre en arrivant à destination que je n’arrivais absolument plus à me rappeler comment on descend d’une bicyclette : je me mis à tourner en rond sur la place et à me casser la tête pour tâcher de découvrir comment immobiliser le vélo afin de mettre pied à terre.

« Mais je me souviens très bien que lorsque j’aperçus pour la première fois au loin la surface immobile et étincelante de la
mare latine, tandis que je pédalais au milieu de ce groupe de méridionaux déchaînés (…) ce que n’avaient pas réussi à faire toutes les cathédrales et les musées de Paris, ce ruban de route vertigineux, qui piquait droit sur la mer, le fit : je compris soudain le Sud, la France, l’Italie, Rome et mille autres choses, tout cela me devint pour la première fois précieux - à moi qui avais toujours considéré les bruns comme un type humain inférieur. La blancheur de ces pierres, le gris noble, cendré, des platanes, l’azur devant nous et au-dessus de nous, la netteté des lignes, la plénitude des formes - je comprenais tout. (…) Toute cette culture française, que j’avais jusqu’alors tenue pour répugnante et bourgeoise, m’apparaissait à présent dotée d’une force élémentaire et presque sauvage - j’étais subjugué. De ce jour, je ne ressentis plus jamais d’aversion pour le Sud. »

Ainsi, pour Gombrowicz, la vérité sur les Latins se cachait dans le vin sucré de Banyuls. Mais pas facile de faire de la poésie quand on est paf.
Pour moi, j'ai bu force bières maltées dans des microbrasseries, mais ça ne m'a pas débarrassé de mon préjugé sur les Yankis - je les tiens toujours pour des barbares. Et j'ai traversé la forêt d'arbres géants de l'Oregon en tentant d'en voir la cime, sans plus de succès.

Commentaires

  • Je me demande si ce n'est pas parce que vous avez bu "force bières maltées dans des microbrasseries" que vous tenez les Yankis pour des barbares, Lapinos... D'ailleurs, je suis presque surprise que vous, lapin aux immenses papilles gustatives (elles vous servent d'ailleurs de moustaches!), en veniez à nommer "bière" ce fade breuvage, qui existe en version "light" pression, et que l'on colore de rouge pour Halloween, et de vert pour la Saint Patrick !

  • Tsss, tsss, Ève, si vous aviez vraiment lu Grimm au lieu de toutes les fadaises danoises évoquées ci-dessus, vous sauriez qu'il faut tourner sa langue dans sa bouche avant de parler.
    Est-ce que j'ai une tête, Ève, franchement (vous n'avez pas ma photo mais pas mal d'imagination), est-ce que j'ai une tête à boire de la Budweiser de supporter de football ou autre Miller machin-chose ??
    Apprenez, piètre gastronome, que dans les microbrasseries on fabrique soi-même sa bière et que si on l'aime corsée, comme moi, on se la fait corsée à faire tomber dans les vappes deux comme vous avec une pinte. Sur ce, tchin-tchin, car c'est enfin l'heure de l'apéro de ce côté-ci du Rhin.

  • Ah ! Je suis rassurée, lapin. Vous ne tomberez pas ce soir de votre piédestal de gourmet, quelques soient les coups de bottes qui s'agitent en bas. Enfin bon, si vous abusez de l'apéro, vous finirez bien par tomber tout seul : les lapins, c'est comme les pommes.

    Pour ce qui est de ce "7" fois ci-dessus, mon bilinguisme me forcerait à aller jusqu'à 14 tours de langue, et comme je n'ai pas la patience, je laisse cette expression intraduisible dans sa naphtaline sucrée...

  • La Budweiser, la seule bière qui contient des hallucinations pour le mème prix...

  • "Mais pas facile de faire de la poésie quand on est paf."

    OH !!! Lapinos !
    on dirait un propagandiste de "l'état d'urgence" !

    on ne "fait de la poésie"
    qu'en étant "paf"

    (motion de protestation signée par - notamment - :
    françois rabelais
    malcom lowry
    blaise cendrars
    PAG
    et à peu prés tous les poètes de l'ére Tang )

    (entre autres)

    (alors donc : retirez cette affirmation péremptoire ou
    garez vos abattis)

    (un abatiis est plusfacile à garer qu'un semi remorque )

    (mais je ne vous vois pas conduire un semi-remorque)

    (oui ! oui! oui ! je sais qu'un commentaire Blog doit être bref)

    (et alors ? °

  • Tiens ça me rappelle ma première rencontre avec le Banyuls... c'était au cours d'une sortie de découverte pour l'UV de "végétation des écosystèmes méditerranéens". L'expédition organisée par les deux derniers botanistes de la fac de Toulouse comprenait chaque année un passage obligatoire par les caves. Ces vieux grigous s'en mettaient plein la lampe à l'oeil en faisant semblant de se laisser embarquer par leurs étudiants.
    Bref, je confirme, le Banyuls peut pousser à la poésie. La bud j'en sais rien, mais je pense qu'elle pousse surtout à faire pipi.

  • pimpeleu ! vous avez un oeil d'entomologiste

  • Vous êtes un peu prévisible, lapin. A vos yeux, les UMPistes sont des jean-foutre (mot invariable), les partisans de l'avortement les complices d'un crime contre l'humanité, les Allemands des salauds et les Yankies des barbares - autant dire des cons. Ce qu'il faut admirer le plus chez vous, c'est votre sens des nuances. Cela dit sincèrement.

  • C'est pour cette raison qu'il doit mieux dessiner qu'il ne peint, l'animal...

  • es Allemands des salauds et les Yankies des barbares -


    UHLAN ! tout de même ! un peu de retenue !

    Lapinos n'a jamais "énoncé" ce genre d'affirmation

    en tant que - lointain - descendant des Tang
    cela - au demeurant - ne m'eût point
    choqué

    (les yanklands tous tous des salarres les Allkies tous des
    des barbauds: que le meilleur gagne ! LAPINOS ?

  • Eh bien, HK, lisez ou relisez-le...

  • Les yankies ont inventé l'obésité qui se propage, ce n'est pas une preuve d'intelligence, à mon avis ils nous refont le coup des couvertures empoisonnées.

  • ... Et les Francouzes n'ont rien inventé. On peut au moins leur reconnaitre d'avoir perfectionné presque jusqu'a leurs paroxysmes la fatuité et l'onanisme mental, mais je ne suis pas sur qu'il faille s'en vanter.

    Soit dit en passant, je ne dis nullement ca parceque j'ai de la Famille Américaine et Boche, mais plutôt parceque le comportement de mes concitoyens, incultes et iniques m'écoeure. Si encore ils avaient la conscience de se conduire comme des paltoquets en gobant les idées recues comme un Punk goberait un Extazy...

    Mais non, les Américains sont Gros, moches et bêtes a manger du foin, et caetera.

    Cessons les généralités, et tout le monde en sortira grandi.

    Bien à vous.
    Abdul el Razad, pour vous servir.

  • Lore, Lore, Lore, Lore,
    Schön sind die Mädchen
    Von siebzehn, achtzehn Jahr.
    Lore, Lore, Lore, Lore,
    Schöne Mädchen gibt es überall ;
    Und kommt der Frühling in das Tal,
    Grüß mir die Lore noch einmal, ade, ade, ade.

  • Trink Brüderlein, trink!

  • Le gosier guttural ? Les francais ont inventé le regicide !

  • Günther, je suis très sensible à ce lyrisme sobre qui me remonte le moral après toutes ces attaques (Kebo qu'a bu balbutie beaucoup).

    Je suis sûr que vous connaissez aussi : « Wir schaffen zu-sammen, sieeeeben Tage lang, la, la, la, la ! » du groupe Die Schnapster, pas vrai ?

    Vielen Dank, Günther !

  • de ton coté idem

  • Lapin, il y a du germaniste en vous qui cache, soit un amour immodéré pour l'Allemagne, soit une admiration contrariée. A moins que vous ne nous cachiez autre chose : une secrète attirance pour Eve la germaniste par exemple... La fausse indifférence est une des armes du séducteur.

  • La littérature britannique ou la littérature anglaise ? Car selon que l'on comprenne ou non les Irlandais et les Anglais d'origine irlandaise, cela fait une grande différence. Alors mettons la littérature britannique. La plus grande ? C'est votre point de vue, qui se défend d'ailleurs (Potter à part). L'une des plus grandes, certainement. Mais que faites-vous donc de la française et même de l'allemande ?

    Au passage, vos références germaniques sentent un peu trop le livre scolaire d'allemand et les voyages linguistiques en Allemagne. Et puis de grâce ! n'attribuez pas à l'Allemagne certaines choses qui appartiennent à l'Alsace. Pour qu'un uhlan vous le dise...

  • La littérature française, je la classe deuxième, l'allemande, troisième, mais uniquement pour vous faire plaisir et loin derrière.

  • Oui, le Uhlan a raison, ne serait-ce que pour ces deux là on a bien fait de leur reprendre, l'Alsace.

  • D'ailleurs je m'interroge (en tant que novice c'est bien naturel non?).. est-ce que les littératures anglaises et françaises ne seraient pas souvent classées parmi les plus grandes simplement parce que ce sont celles pour lesquelles on dispose des meilleurs traducteurs?

  • Pour quelques blancs, c'était quand même faire couler beaucoup de rouge, Pim.
    Moi qui croyais que tu t'adonnais à la littérature pacifiste en ce moment…

  • Mettre la littérature allemande à la troisième place ne gêne pas même un uhlan. C'est l'attribution de la première place qui paraît plus problématique. Si la littérature française peut envier Shakespeare à l'anglaise, que peut-elle lui envier d'autre ? On a coutume de dire qu'elle peut lui envier quelques poètes comme Byron, Shelley ou Keats... La française manquerait-elle donc de poètes ?! En tout cas, elle ne manque pas de romanciers : quel est donc le pays qui peut aligner en un seul siècle (!) Stendhal, Balzac, Hugo, Flaubert, Zola et Maupassant ?

  • Joli pirouette Lapinos... French touch at work...

  • Puis comme ma question ne vous intéresse pas je continue de parler un peu toute seule. Nos littératures sont les meilleures, pour nous. J'ai comme dans l'idée que les asiatiques ne classeraient pas l'Europe dans leur top three, pas même avec cinq volumes de gnome sorcier.

  • Uhlan, de votre liste, je ne retiens que Balzac ; Stendhal, Hugo, Flaubert, sont assez limités, même au plan romanesque. Quant à Maupassant et Zola, pour faire court, on nous présente ça comme de l'acier, mais c'est du faux, du toc. L'"Assommoir", qui peut lire ça à part une khâgneuse hystérique, vous voyez, le genre de boulimique qui dévore tout sur son passage ?

    Les Anglais ont Dickens, Butler. Et puis Shakespeare triomphe dans plus d'une catégorie. Shakespeare, c'est un poète, et on peut le lire comme un roman.

  • Et Henri James alors, " Le tour d'écrou " reste un de mes livres préféré dans la langue d'Henri 8, et le film aussi, la Ker y est épatante de connerie bien intentionnée.

  • Où as-tu pris ça, Pim ? Nous avons d'excellents germanistes. Et puis la qualité de la traduction doit jouer un rôle, hélas, assez secondaire dans la popularité d'une œuvre.
    Évidemment, aujourd'hui, un certain racisme antiallemand et une yankiphilie galopante conduisent les éditeurs à traduire surtout des auteurs gringos ou anglais.

    Quant aux Asiatiques, Pim, s'il y a sûrement de beaux bruns imberbes et timides parmi eux, ils ne me semblent guère plus doués pour la littérature que pour la peinture…

  • Lapin, votre manière de dire qu'en dehors de Balzac, tous les autres sont limités est amusante... Enfin, elle l'est si c'était bien là votre intention. Car sinon, vous n'êtes pas sérieux, vous êtes même ignorant. Stendhal, Flaubert et Zola sont aussi novateurs, aussi importants que Balzac dans l'évolution du genre romanesque au XIXe siècle. Le roman français écrase alors le roman britannique... Alors certes, il y a tout dans Shakespeare, mais il n'a pas inventé le genre romanesque. Et comme vous le savez peut-être, le roman moderne a été inventé en France par une dame, ne vous déplaise, une certaine Madame de Lafayette.

  • Bizarre cette sensation en vous lisant tout les deux que vous parlez littérature comme un scientifique parle d'objets d'étude, avec froideur.
    Je n'ai lu que deux Flaubert (L'éducation et Bovary, évidemment..) et n'ai pas la culture qui permet d'évaluer ses apports au genre, mais il emballe vachement plus que Zola je trouve.

    Bref, j'dis ça, j'dis rien, je vous laisse entre initiés.

    Lapinos, sur les arts et les lettres asiatiques, je pense que l'on ne dispose simplement pas plus des clés pour les apprécier qu'eux ne possèdent celles pour apprécier nos "oeuvres". Ce serait logique. Quand à leur faible pilosité, j'avoue que ce côté androgyne gache quand même pas mal leur sex-appeal, même chez les grands guerriers mandchous... quoique.

  • Lapin, vous donnez vous-même l'argument qui justifie mon assertion relative (notamment) à Zola : le naturalisme. Même s'il remonte à Balzac, il prend une autre dimension avec Zola, et c'est pourquoi ce dernier a fait école. Au demeurant, j'ai assez peu de goût pour Zola ; je lui préfère largement Huysmans. Mais je pensais que cela vous était évident.

  • Hum hum hum....

    Messieurs messieurs, une enorme erreur se glisse sous vos plumes lettrees et ailees car Lapinos refait l'histoire literraire de maniere assez faussee (ce qui m'etonne):

    "Le "naturalisme", on en pense ce qu'on veut, mais Huysmans en fit quinze ans avant Zola [...]."

    C'est l'inverse qui s'est produit, Huysmans etant un immense amateur de Zola, et le suivant et l'imitant en tout (naturalisme compris!), avant de prendre a rebours la route d'une decadence plus individualiste.

    Vous meritez lapin quelques coups de regle sur vos doigts d'oser ecrire de telles choses !

  • Vous êtes têtu comme un soldat belge, vous ! Puisque je vous dis qu'on ne peut pas faire crédit à Zola d'avoir inventé le "naturalisme", et qu'au demeurant les enquêtes de Zola sont très superficielles, journalistiques.

    Ah bon, vous préférez Huysmans à Zola ? Avouez que pour un Uhlan athée, ce n'est pas très logique…

  • Le "naturalisme" remonterait plutot aux freres Goncourt qui vous plaisent bien, cher Uhlan. Zola l'applique de maniere repetitive et pousse le procede a l'extreme. Presbytie (details et vues d'ensembles fouillees des mines et des grand magasins) versus myopie (flou intime, collection de mille preciositees dans un interieur confortable) d'un meme naturalisme...

  • Vous ne craignez pas d'être prise en sandwich, Ève ?

  • Entre myope et presbyte ? Non non, Pim, en un elan merveilleux de solidarite feminine a l'heure du the, me defendra !

  • Allons, allons, Eve, vous ne comptez donc plus que sur la solidarité féminine ? Que faites-vous de la galanterie alors ? Au moins de la galanterie de ceux qui pourraient venir à votre secours...

    Quant à vous lapin, décidément, votre esprit de finesse est une merveille. Le Uhlan est athée, donc il ne peut aimer Huysmans. Vous en avez d'autres comme celle-là ?

  • Ah, mon Uhlan, je suis heureuse de savoir que, tout libertin que vous puissiez etre, vous prefereriez defendre les pauvres femmes que de vous laisser emporter par les folles coquineries du lapin !

  • Eve je voudrais bien mais je crains de ne pas être en mesure de vous porter secours. Pour moi le meilleur écrivain naturaliste est Vialatte, c'est vous dire où j'en suis.

    Par contre, c'est avec plaisir que je vous servirai une petite tasse d'earl grey. Ne chahutez pas trop Lapinos par contre s'il vous plait, je ne voudrais pas qu'il renverse son thé rouge sur le tapis.. qui va nettoyer après, le Uhlan?

  • Oui, ce n'est pas une mauvaise idée Pim : le Uhlan va, pour changer, faire une peu le ménage, et partons donc toutes deux faire un tour de manège (un vrai de vrai!), loin du Club des Misogynes...

  • Vous ne croyez tout de même pas que Le Uhlan va descendre de son cheval pour faire le ménage... ?! Il n'en descend que pour faire le baisemain aux jolies dames.

  • Lapinos vous accepte donc en cavalier dans son club ? L'image d'un lapin discutant de naturalisme avec un Uhlan chevauchant au beau milieu d'un salon est assez savoureuse...

  • Parfois, alors qu'on pensait préférer les beaux bruns, on se retrouve avec un belle blonde.

  • Pardon Eve/Salomé... mais le Uhlan est libertin depuis quand exactement ...

    [A moi Cavalier, deux mots !]

  • Hum... Vous ferait-il des secrets ce cher Monsieur ?
    Mais ne soyez pas soucieuse mon amie, libertin, le Uhlan l'est en public et en salon, en ces pages - et c'est au libertinage de l'esprit que vous deviez ce clin d'oeil rieur de ma part. Rien donc de dangereux !

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