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<title>Lapinos - baconian</title>
<description>Le dernier des...</description>
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<title>Apophtegmes</title>
<link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2009/11/05/apophtegmes.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Xavier JASSU)</author>
<category>Baconian</category>
<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 07:50:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Le fils du ministre Bound enleva la femme d'un gentilhomme dans le Shropshire, qui vécut avec lui séparée de son mari ; quand il fut lassé d'elle, il proposa au mari de la ramener à la maison, offrant cinq cent livres en plus en guise de dommages-intérêts.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le gentilhomme se rendit chez Sir H. Sidney pour lui demander conseil à propos de cette offre ; il expliqua que sa femme lui promettait de se conduire différemment, et à vrai dire que cinq cent livres l'accompagneraient ; par-dessus le marché, il lui arrivait de souhaiter avoir une femme dans son lit de temps en temps.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;- Par ma foi, dit Sir Henri Sidney, ramène-la chez toi et prends l'argent ; car si elle cocufiait quelqu'un d'autre, tu devrais t'en sentir coupable.&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;François Bacon, &lt;i&gt;&quot;Apophtegmes&quot;&lt;/i&gt; (1624)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Certains des aphorismes de Bacon, inspirés de faits réels, reflètent le même mépris pour le masque des conventions sociales qu'on retrouve dans la plupart des pièces de Shakespeare. De &quot;cul&quot; ou de sentiments il n'est guère question dans le théâtre de Shakespeare que pour en railler le principe puéril. Le ton historique et prophétique de Marx (accusé lui aussi à tort de &quot;socialisme&quot;) est déjà celui de la Renaissance ; on peut même dire que l'intérêt pour l'apocalypse est une caractéristique de l'art de la Renaissance qui permet de distinguer celui-ci nettement de l'art baroque.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La critique historique naît ou renaît bel et bien en Occident dans un contexte où le christianisme se &quot;déjudiciarise&quot;. Karl Marx est certainement un humaniste beaucoup trop pointu pour ne pas l'avoir remarqué (&quot;pointu&quot; veut dire qu'il n'est pas un guignol comme F. Nitche, archétype de l'abruti national-socialiste et d'un paganisme de cabinet imbécile).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La façon dont les peintres substituent la mythologie grecque aux contes païens locaux plus archaïques mélangés au moyen âge avec le christianisme, va dans le même sens. Bacon est un chrétien de la Renaissance qui s'intéresse à la religion des Juifs ou à celle des Grecs dans la mesure où elles sont aussi apocalyptiques. Il va de soi que la Renaissance ne va pas dans le sens théocratique comme le franc-maçon catholique Joseph de Maistre l'avait parfaitement pigé, prenant Bacon pour cible dans son délire nostalgique ; s'il y a un fou qui mérite d'être loué pour sa &quot;raison horlogère&quot;, c'est de Maistre (L'histoire est ironique au point de nous montrer aujourd'hui un Tariq Ramadan plus &quot;voltairien&quot; et moins &quot;ottoman&quot; que J. de Maistre n'était au XIXe siècle : comme quoi traduire ainsi que le font les médiats les religions en &quot;idéologies&quot;, afin de les mieux circonscrire, n'a guère de sens.)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Compte tenu au contraire du culte des conventions sociales et de la famille dans les peuples germaniques, on comprend que S. Freud ou F. Nitche aient été mal placés pour comprendre Shakespeare et en donnent parfois une interprétation qui flirte avec le grotesque (Claudius, boiteux et incestueux, est beaucoup plus proche, par exemple, du tyran Oedipe, que Hamlet ne l'est.)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'occasion de remarquer aussi le décalage entre la théologie de Luther, tout de même imprégnée d'esprit humaniste, et la religion de la bourgeoisie allemande qu'on a appelée &quot;luthéranisme&quot; mais qui s'avère beaucoup plus proche du christianisme mondain de Port-Royal. Je ne suis pas sûr de pousser le paradoxe trop loin en disant que l'illuminisme et la gnose à la mode chez les derniers cathos français qui subsistent est plus près de Rimbaud que de Luther.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Une femme soupçonnée par son mari de le tromper et pressée par lui très durement de questions lui fit une brève réponse, protestant vivement qu'elle ne savait pas plus de quoi il voulait parler que l'homme sur la lune. Il se trouve que le capitaine du navire nommé &lt;i&gt;&quot;La Lune&quot;&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;était son amant.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Il y avait un jeune homme à Rome qui ressemblait beaucoup à César-Auguste ; celui-ci l'apprit, et le jeune homme convoqué une fois devant lui, Auguste l'interrogea sur le point de savoir si sa mère avait jamais vécu à Rome ? Il répondit :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;- Non, monsieur, mais mon père oui.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;François Bacon, Ibid.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Bacon notre Shakespeare</title>
<link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2009/10/28/bacon-notre-shakespeare.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Xavier JASSU)</author>
<category>Baconian</category>
<pubDate>Sat, 31 Oct 2009 08:54:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Le conseil adressa une remontrance à la reine Elisabeth relative aux complots ourdis en permanence contre sa personne ; notamment un homme venait d'être appréhendé le soir même, apparemment très dangereux et suspecté de projeter un assassinat ; on lui montra l'arme supposée du crime. Et par conséquent on conseillait à la reine de moins sortir prendre l'air, ainsi exposée, comme elle en avait l'habitude. Mais la reine répondit qu'elle préférait mourir plutôt qu'être mise en prison.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;F. Bacon, &quot;Apophtegmes&quot;, 1624.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le totalitarisme est bien sûr indissociable de cette haine récurrente dans le peuple vis-à-vis de la personne censée le représenter. La solution qui consistait autrefois à prêter des pouvoirs divins au monarque, au prix du blasphème dans les royaumes chrétiens, cette solution a été remplacée peu à peu par des escouades de gardes du corps dans les régimes dits &quot;démocratiques&quot;, où l'on fait logiquement plus confiance au rempart humain qu'au rempart divin.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'avoue avoir sursauté l'autre jour en apprenant la libération après sept ans de prison ferme, sans aucune grâce présidentielle, de Maxime Brunerie, le jeune nationaliste qui avait tenté de descendre Chirac avec une carabine de foire. Sept ans ! Autant dire que si la conception du pouvoir a quelque peu changé depuis Bacon et Elisabeth, il n'en est pas moins sacré aujourd'hui qu'hier. La réponse d'Elisabeth fait de Chirac une vraie fiotte, soit dit en passant. Mais Delanoë paya d'un coup de couteau son courage de monarque &quot;élisabéthain&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Le Sieur Nicolas Bacon, alors Garde du Sceau d'Angleterre, reçut la visite de la reine Elisabeth en sa demeure de Gorhambury ; elle dit :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;- Milord, comme votre maison est petite !&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Sa réponse :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;- Madame, ma &amp;nbsp;maison est comme il faut, c'est vous qui m'avez fait trop grand pour quelque maison que ce soit.&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;F. Bacon (Ibidem)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nicolas Bacon fut Garde des Sceaux avant que son fils François ne le devienne à son tour plus tard. Ceux qui ont émis l'hypothèse d'une filiation entre la reine Elisabeth et François Bacon, fait baron Verulam puis vicomte de Saint-Alban, insistent notamment sur le fait que ce dernier, bien que peu doué pour les affaires publiques, dont ses écrits traduisent même le dédain, fut néanmoins appelé au service du régime par la reine Elisabeth, avant d'être écarté par de plus roués que lui. Ce qui est certain, c'est que le théâtre de Shakespeare comme les écrits scientifiques et historiques de Bacon révèlent une très bonne connaissance de l'histoire d'Angleterre, particulièrement riche en troubles religieux et politiques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Les représentants de la religion réformée, après le massacre qui eut lieu à Paris le jour de la Saint Barthélémy, négocièrent la paix avec le roi, la reine-mère, et quelques autres membres du conseil.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;De chaque côté on s'entendit sur les différentes clauses du traité. Le contentieux persistait à propos de la sécurité, la manière de l'assurer. Après le rejet de plusieurs motions, la reine-mère dit :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;- Est-ce que la parole d'un roi n'est pas une sécurité suffisante ?&lt;/strong&gt; &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A quoi l'un des députés répondit :&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;- Non pas, madame, par Saint Barthélémy !&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;F. Bacon (Ibidem)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le commentaire scolastique de Michèle Le Doeuff, qui n'hésite pas à faire de Bacon un adepte du continuisme judéo-chrétien sous prétexte que celui-ci a lu l'Ancien Testament est parfaitement grotesque. D'une manière générale, le fait de ranger Bacon ou Shakespeare comme cela est fait régulièrement dans tel ou tel parti religieux &quot;catholique&quot;, &quot;anglican&quot;, etc., n'a de sens qu'au plan de la religion laïque actuelle elle-même, qui ignore à peu près tout du christianisme comme en témoignent les gaffes répétées des représentants de la religion de l'Etat, dont le souci n'est pas d'abord scientifique, mais d'établir leur propre religion réactionnaire (par rapport au christianisme). On peut citer l'exemple des préjugés de Claude Allègre, plus clergyman que savant, dans ses bouquins, à peu près aussi grossiers que ceux du &quot;biologiste&quot; anglais Richard Dawkins.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'adéquation entre les différentes théologies chrétiennes et les différents partis chrétiens n'existe pas dans les faits, mais seulement dans l'idéologie laïque consolidée en religion de l'Etat au XIXe siècle. Autrement dit, le catholicisme aujourd'hui, qui n'est plus qu'une sorte de syncrétisme, de mélange de folklore chrétien et de principes laïcs, n'a rien de commun ou presque avec le catholicisme de Dante, celui de Thomas d'Aquin, pas plus que les luthériens n'envisagent de prendre encore au sérieux les malédictions de Luther à l'encontre des commerçants allemands qui osent sacrifier aux lois du marché plutôt qu'à Dieu, qui perturberaient bien trop de plans si elles étaient entendues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Bacon notre Avant-garde</title>
<link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2009/10/20/67dea629e2fdabc7bed7ded93c85ba8e.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Xavier JASSU)</author>
<category>Baconian</category>
<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 07:49:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;La commission du trésor incita le roi Jacques Ier, afin de soulager son budget, à déboiser certaines de ses propriétés, arguant que celles-ci étaient à l'écart des routes, non près d'une des demeures du roi, pas même en voie d'accroître son gain - forêts dont il ne pourrait donc avoir ni us ni plaisir.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;- C'est que, répondit le roi, croyez-vous que Salomon eût l'usage ou le plaisir de chacune de ses trois cent concubines ?&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;La reine Elisabeth, le lendemain de son couronnement (c'est la coutume d'élargir des prisonniers lors de l'intronisation d'un prince) se rendit à l'église ; puis à la chambre haute où l'un de ses courtisans qu'elle connaissait bien lui présenta une requête. Devant un grand nombre de courtisans, il fit son siège d'une voix forte, assurant que quatre ou cinq prisonniers par ces temps bénis méritaient plus que d'autres d'être élargis : les quatre évangélistes et l'apôtre saint Paul, longtemps &quot;bouclés&quot; dans une langue étrangère, comme s'ils étaient en prison, de sorte qu'ils ne puissent converser avec le commun des hommes.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La Reine répondit très gravement que le mieux était au préalable de s'enquérir auprès d'eux afin de savoir s'ils voulaient être élargis ou pas.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;François Bacon, &quot;Apophtegmes&quot; (1624), trad. Lapinos.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;div&gt;Elisabeth, deuxième fille du roi Henri VIII-Tudor monte sur le trône d'Angleterre et d'Irlande en 1558. Le père de François Bacon, le ministre Nicolas Bacon est-il ce courtisan que la reine &quot;connaissait&quot; bien dont parle François Bacon, lui même appelé plus tard à jouer le rôle de conseiller de la même reine ? Certains ont même émis l'hypothèse que François Bacon n'était autre que le fils illégitime de la reine, né d'un amour avec son courtisan Nicolas. Si c'était le cas, cela signifierait que le premier des monarques absolus d'Occident, modèle du genre, aurait engendré le savant le plus acharné contre le pouvoir temporel, au point d'exciter encore la haine de Joseph de Maistre, tenant d'un christianisme plus ottoman encore que celui de Soliman, deux siècles plus tard ?&lt;/div&gt; &lt;div&gt;Aussi adepte de la théocratie J. de Maistre soit-il, il faut lui reconnaître la capacité de situer Bacon convenablement dans la tradition humaniste de la Renaissance qu'il exècre, et non comme le pape Benoît XVI aujourd'hui ou l'université française laïque d'en faire le père de la polytechnique moderne ou Dieu sait quel mensonge historique de cet acabit.&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
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<title>No problem play</title>
<link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2009/10/22/no-problem-play.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Xavier JASSU)</author>
<category>Baconian</category>
<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 07:45:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;La charité n'a ni mesure ni raison. Et la foi est une coupe de Pandore, remplie de vices et de noms de blasphèmes. Ce n'est pas Dieu mais Lucifer qui connaît tous les plans de la vertu (Lucio). Lire&lt;/b&gt; &lt;i&gt;&lt;b&gt;&quot;Mesure pour mesure&quot;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; &lt;b&gt;c'est sacrifier un peu moins au dessein de Satan.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Bacon our Shakespeare</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Xavier JASSU)</author>
<category>Baconian</category>
<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 04:43:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Commenting upon Shakespeare today scholars are giving him their own Philistine prudishness and silliness. Feelings are driving to ultimate black holes and shit; the Tragedian does know it and let the virtue on one side.&amp;nbsp;&quot;Measure for measure&quot; is about how believing in virtue and power, under the Devil's sun (see Lucio's wink), is a tragedy -not a comedy- for little kids.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;How can scholars forget Hamlet's telling to Ophelia to go to the nunnery? How can they forget what happen to Rosencrantz and Guildenstern who are themselves scholars? Fiction is good for the Physiologist or the Christian gasteropod (French R. Girard explaining -what a scoop!- that 'Hamlet' is not about revenge).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;It is thus useless to blame Shakespeare for his lack of psychology as some patriotic poet or hired scholar did. For stupid German S. Freud, Hamlet is Oedipus although Claudius is obviously the Tyrant whose power is based on incest as politics in general (says Oedipus' fable). German philosophy is able to condemn everybody to death penalty except the body of law that has nobody: what proves Freud one more time.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;How do we have to understand Shakespeare when Shylock is ruling? That is the question.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Phoenix and Turtle&quot;, part of &quot;Loues Martyr&quot; (1601) was translated in French by F.-V. Hugo (son of famous poet) who does not underline the aristotelician physics -or ontology- enough, that the author does apply to the Revelation, especially in the &quot;anthem&quot; part, second one.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;But I chose to present last part first before because of its simplicity. Due to the Baroque cancer where we are now in its last phasis, central part of Shakespeare's praise song is more difficult. Thinking out of time is what Baroque cancer prevent. Sole play of time as a murderer along Shakespeare's theater is enough to recognize a christian materialist thinking. Shakespeare is seeing theocracy that was coming as the effect of Lucifer's power in the history, beyond Hercule's columns.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Christian free-mason J. de Maistre was right when he saw Shakespeare and Francis Bacon as ennemies of his turkish idea of christianism, satanic fantasy of a coming back of Louis XIVth bloody kingdom. Maistre is maybe wiser here than Voltaire who did not love Bacon enough and neglected him to much for stupid mathematics of I. Newton.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;It is not scientific to ask wether if Shakespeare is catholic or not. For sure on one point he does think as Dante Alighieri or Luther that the marriage of the Church (Gertrude) with civil power (Claudius) is the worst thing. But both English Church and the Catholic one were representing this betraying at this time. It is thus wiser to see a link between Queen Elisabeth and King Claudius than between Queen Elisabeth and Queen Gertrude. Therefore Shakespeare is more 'trinitarian' than recent roman popes themselves are.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;LAST PART III:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;THRENOS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;BEAUTY, truth, and rarity,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Grace in all simplicity,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Here enclosed in cinders lie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Death is now the phoenix' nest;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;And the turtle's loyal breast&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;To eternity doth rest,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Leaving no posterity:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;'Twas not their infirmity,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;It was married chastity.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Truth may seem, but cannot be;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Beauty brag, but 'tis not she;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Truth and beauty buried be.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;To this urn let those repair&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;That are either true or fair;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;For these dead birds sigh a prayer.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Glory for the Phoenix, salvation for the Turtle, symbol of christian sionism and holly spirit, can we sum up here. See what glorious warriors of Troy are for Shakespeare ('Troilus and Cressidea': just dummies.)&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;TO BE CONTINUED&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>No problem play</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Xavier JASSU)</author>
<category>Baconian</category>
<pubDate>Fri, 23 Oct 2009 12:54:00 +0200</pubDate>
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&lt;div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Charity has no reason nor measure that is for eternity. And faith is a Pandora's vase full of iniquities and blasphemies. Not the Lord but Master Apollyon's (Lucio) do know the map of virtue from the beginning. Read &lt;i&gt;&quot;Measure for measure&quot;&lt;/i&gt; is giving less to his Time and more to his Life. I praise Shakespeare our prophet against blood systems that are soul systems.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
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<title>Gentilhommes d'hier et d'aujourd'hui</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Xavier JASSU)</author>
<category>Baconian</category>
<pubDate>Tue, 20 Oct 2009 07:47:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;M. Bettenham disait que les hommes vertueux sont comme certaines plantes ou épices qui ne donnent leur odeur délicieuse tant qu'on ne les coupe ou les broie.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Un gentilhomme se rendit à un tournoi tout en roux-orangé, et se battit fort mal. Le lendemain il revint en vert, et ce fut encore pire. L'un des spectateurs en interrogea un autre : pour quelle raison ce gentilhomme a-t-il changé ses couleurs ? L'autre répondit qu'il devait sûrement avoir remarqué que le gentilhomme en vert s'était moins bien battu que le gentilhomme en roux-orangé.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Il était un peintre qui se fit médecin. Là-dessus, quelqu'un lui dit ; tu as bien fait ; auparavant les défauts de ton oeuvre étaient apparents, désormais ils sont invisibles.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;François Bacon, &lt;i&gt;&quot;Apophtegmes&quot;&lt;/i&gt; (1624).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le troisième apophtegme illustre, mieux que le dédain pour la médecine perpétué en France par Molière, la défiance de l'humaniste chrétien vis-à-vis d'un art &quot;physiologique&quot; qui constitue un terrain favorable à l'ésotérisme et au culte des démons. Le médecin de Molière est parfois en costume noir et coiffé d'un chapeau conique (&quot;corne&quot; du diable figuration du &quot;cône&quot; ou du &quot;faisceau&quot; lumineux indique Bacon par ailleurs). Dans sa hiérarchie scientifique, Bacon relègue d'ailleurs la médecine comme les mathématiques au rang d'arts subalternes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Prophétique Bacon ici à double titre puisque la science transformiste darwinienne, un des dogmes fondamentaux de l'opium national-socialiste, est au XIXe siècle un des principaux vecteurs de réintroduction de l'archaïque fatalisme romain, croyance liée au culte des morts et qui favorise l'aliénation de l'individu à des spectres tels que la nation, la patrie, l'Etat, l'entreprise, l'université, etc.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La dégradation du christianisme en religion d'Etat, la tournure dite &quot;janséniste&quot; en France, mène d'ailleurs à un christianisme perméable à l'idée de prédestination (tout à fait satanique sur le plan chrétien, et dont les pascaliennes jongleries de Jean Guitton constituent le terminus obscurantiste).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Fait historique vérifiable, la réintroduction de l'idée païenne de destin (rétrograde non seulement par rapport à l'humanisme de la Renaissance mais également par rapport à Homère ou Aristote !), cette réintroduction par le biais de la psychologie, la biologie, l'architecture canonique, etc., a pour contrepartie la dissolution d'une démonologie telle que celle développée par François Bacon, indissociable de sa dialectique historique, distincte à la fois de la crainte médiévale du diable et de la négation baroque.&amp;nbsp;C'est si vrai que, détruisant les arcanes de la religion bourgeoise et le cycle vicieux capitaliste, afin de restaurer la dialectique scientifique, Karl Marx est entraîné à qualifier la bourgeoisie capitaliste et ses principes de façon quasiment &quot;balzacienne&quot; voire &quot;homérique&quot;, à la démasquer derrière sa mystique spécieuse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-Destruction de la théologie par l'Eglise d'une part, de la science par l'Etat d'autre part, suivant le même fonctionnalisme anthropologique. L'union de la vertu et de la puissance au service de la mort, apparence qui se résout en une fraction pour le suppôt en vice et en impuissance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Prophétique aussi Bacon parce que l'esthétique nationale-socialiste ou capitaliste, l'art totalitaire des foirails d'art contemporain peut être défini comme un art &quot;organique&quot; ou &quot;femelle&quot;. On retrouve d'ailleurs dans la valetaille employée à valoriser le patrimoine de Pinault &amp;amp; Arnault, parodies de mécènes inaptes à causer intelligemment d'autre chose que de tennis ou de football, la même gnose ésotérique que chez le médecin de Molière ou son bourgeois gentilhomme.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non sans rapport avec la médecine, on observe que la religion laïque de l'Etat s'est emparée de la psychologie, moyen de sidération efficace comme jadis la confession auriculaire dans le christianisme puritain médiéval ou janséniste. Bien que dénuées de tout fondement scientifique, ces pratiques de sourciers laïcs sont désormais intégrées dans le processus judiciaire (La confession auriculaire avait bien sûr elle aussi un aspect judiciaire en dépit du &lt;i&gt;&quot;Tu ne jugeras point&quot;&lt;/i&gt;.) : on peut faire avaler que la pseudo-science freudienne a pour effet d'atténuer la condamnation et de soulager le prévenu, en réalité ce cléricalisme-là a pour but de dédouaner l'Etat de ses tares flagrantes. La vraie vocation du sourcier laïc est de forger le &quot;responsable mais pas coupable&quot; du fonctionnaire d'Etat AUSSI BIEN QUE du Capital, dont la seule initiative est le &quot;hold-up&quot; permanent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;*&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A propos du deuxième aphorisme, les couleurs orange et verte sont comme les couleurs pourpre, écarlate ou noire, des couleurs liées aux diable dans l'esprit de la Renaissance. Il faut se garder concernant Bacon de transposer sur lui sa propre fantaisie comme fait largement l'université aujourd'hui. Si parler du diable est aujourd'hui y compris dans les conclaves romains un peu comme parler d'une corde dans la maison d'un pendu, l'humanisme de la Renaissance ne connaît pas ce genre de tabou.&lt;/p&gt;
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<title>De modèle à Hortefeux</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Xavier JASSU)</author>
<category>Baconian</category>
<pubDate>Sat, 17 Oct 2009 05:13:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Bresquet, bouffon de François Ier de France, tenait le compte des imbéciles dans un calepin avec lequel il amusait le roi, lui disant toujours son motif d'y inscrire Untel.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quand l'empereur Charles Quint, confiant dans la noblesse de coeur de François, traversa la France pour aller mater la rébellion de Gand, Bresquet l'inscrivit dans son calepin. Le roi lui demanda pourquoi. Il répondit que la cause était que Charles, après avoir fait subir&amp;nbsp;au roi de France&amp;nbsp;les pires vexations qu'un prince endura jamais, n'en continuait pas moins de se fier à lui.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- Dites Bresquet, fit le roi, que diriez-vous si vous le voyiez s'en retourner dans l'autre sens comme s'il se promenait tranquillement à travers l'Espagne? Et Bresquet de répondre : auquel cas je l'ôterais de mon calepin et vous y mettrais.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;François Bacon, &quot;Apophtegmes&quot; (trad. Lapinos libre de droit sauf pour capitalistes pédérastes.)&lt;/p&gt;
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<title>Apophtegmes</title>
<link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2009/10/13/bacon-notre-shakespeare.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Xavier JASSU)</author>
<category>Baconian</category>
<pubDate>Wed, 14 Oct 2009 06:54:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Il était un roi de Hongrie qui prit sur le champ de bataille un évêque, l'emmenant en captivité ; là-dessus le pape lui adresse une admonestation pour la raison qu'il avait violé un privilège de la sainte Eglise et capturé un de ses fils.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le roi fit parvenir par ambassade au pape l'armure de l'évêque avec ce seul commentaire écrit :&lt;/strong&gt; '&lt;i&gt;&lt;strong&gt;Vide num haec sit vestis filii'&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;: Voyez comment désormais votre fils s'habille.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Alphonse d'Aragon avait coutume de dire que la vieillesse pour en faire l'éloge qu'elle était le mieux en quatre choses : le bois vieux meilleur pour le feu ; le vin vieux à boire ; les vieux amis en qui faire confiance ; et les vieux écrivains à lire.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;On l'a dit d'Auguste et de même pour Septime Sévère ensuite : tous deux accomplirent un nombre infini de méfaits à leurs débuts, et un bien infini pour finir ; de sorte qu'ils n'auraient jamais dû naître ou bien ne jamais mourir.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;François Bacon, &quot;Apophtegmes&quot; (Trad. Lapinos libre de droits sauf capitalistes pédérastes.)&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/div&gt;
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<title>L'Amour de Shakespeare</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Xavier JASSU)</author>
<category>Baconian</category>
<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 15:21:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;S’agissant de Shakespeare, il faut se garder de l’indécrottable niaiserie sentimentale qui est le trait dominant de la bourgeoisie et de sa science scolastique depuis le XIXe siècle. Les sentiments conduisent au merdoiement ultime ; et le tragédien le sachant maintient sa dialectique à distance de la police des moeurs. La prude salope Ophélie peut aller se faire voir au couvent, comme une bonne &quot;fille à papa&quot;. Romance est bonne pour le physiologiste ; mieux vaut dire carrément pour le gastronome et sa méditation digestive, le chrétien gastéropode.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Aussi est-il parfaitement vain de reprocher à Shakespeare son &quot;manque de psychologie&quot; comme tel ou tel poète nationaliste/thésard appointé s'est permis. Les thésards, dans Shakespeare, sont Rosencrantz et Guildenstern, et on sait ce qu'il advient d'eux enfin.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le poème&amp;nbsp;&lt;i&gt;&quot;Phénix et Colombe&quot;&lt;/i&gt;, partie du &quot;Martyre d'amour&quot;&amp;nbsp;(&quot;Loues Martyr&quot; - 1601) dont la traduction méritoire de François-Victor Hugo ne souligne pas assez l'aristotélisme ou l'&quot;ontologie&quot; shakespearienne appliquée à l'apocalypse, se compose de trois parties. Je choisis d'en présenter d'abord la dernière (Oraison, &quot;Thrène&quot;), dont l'arrière-plan théologique est le plus aisé à traduire. Avant de revenir au début du cantique et à sa partie centrale la plus ardue à expliquer, compte tenu du cancer baroque en phase terminale où nous sommes, la conversion définitive de l'Eglise romaine à des &quot;valeurs actuelles&quot; parfaitement sinistres.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le rôle d'assassin dévolu au temps dans l'oeuvre de Shakespeare permet à lui seul de reconnaître une pensée matérialiste chrétienne ; ça empêche de faire de Shakespeare un auteur baroque et de le mêler au culte bourgeois de la musique, des horloges, de la balistique et des miroirs, sans compter le concile &quot;tridentin&quot;. Le franc-maçon Joseph de Maistre a vu juste en marquant Shakespeare comme un ennemi de son christianisme ottoman ; grâce soit rendue à de Maistre pour une sincérité dont ses héritiers, adeptes d'une théocratie chrétienne en apparence plus molle, parfaitement narcissique mais non moins meurtrière, sont incapables aujourd'hui. L'avantage des cercles délimités par le compas de de Maistre, c'est qu'ils sont nets.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Shakespeare peint dans &lt;i&gt;&quot;Troïlus et Cresside&quot;&lt;/i&gt; Ajax en héros diabolique ; du crâne fendu d'Ajax jaillirait de la musique. Nul hasard chez Shakespeare.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;III. ORAISON (&quot;Thrène&quot;)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Beauté, Vérité et Excellence, la Grâce en toute simplicité, dans ces scories sont incluses :&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La mort désormais est là où niche le phénix ; tandis que la poitrine de la loyale colombe repose bel et bien dans l'Eternité.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sans laisser de postérité : non pas à cause de leur infirmité, mais du mariage dans la chasteté.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La Vérité peut paraître sans être ; la Beauté triomphe, mais ce n'est pas elle. Vérité et Beauté peuvent être enterrés.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A cette urne laissons se rendre ceux qui sont, ou beaux, ou vrais ; murmurons pour ces oiseaux morts une prière.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La gloire pour le phénix, le salut éternel pour la colombe du sionisme chrétien. Shakespeare, rompu aux sciences naturelles comme aux Saintes Ecritures reprend le symbole de la colombe, oiseau incarnant l'Esprit chrétien de sagesse charitable, déjà présent dans les écrits prophétiques juif ou grec en tant que tel. Persée vainqueur de la Méduse est ainsi représenté sur certains cratères antiques, escorté d'une colombe. Athéné, plus souvent associée à la chouette et sa vision nocturne, l'est aussi parfois à une colombe ; le pouvoir de retourner la tête de Méduse contre ses ennemis est d'ailleurs offert par Persée à la déesse qui incarne l'esprit de Zeus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Shakespeare fait certainement partie des humanistes jusqu'à Voltaire inclus qui pensent que les Grecs, d'une manière ou d'une autre, ont élaboré une religion dont l'imaginaire provient largement de l'Ancien Testament, prophéties apocalyptiques incluses. Le plus sérieux de ces savants humanistes est François Bacon puisqu'il jette les bases historiques de cette thèse, tout en énonçant une des plus anciennes théories de la dérive des continents (C. Darwin s'y serait rallié à la fin de sa vie, ce qui si cela est vrai implique la mort du darwinisme dans l'esprit de Darwin lui-même, car il n'y a pas hormis celle d'Aristote de science naturelle moins radicalement opposée à l'idée de transformisme et de progrès par mutation, la mutation étant pour Bacon, ontologiquement et symboliquement, un fait statique.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le phénix, lui, oiseau du Sud (l'emblème du Mexique, par exemple, et qui signifie &quot;rouge sang&quot;, &quot;écarlate&quot;) est pris comme un symbole luciférien en raison de son rapport avec le soleil (Apollyon est le nom de l'ange de l'abîme, Abaddon en hébreu) et de son pouvoir mythique de régénération dans le temps. Le culte du soleil et la pratique des sacrifices humains dans l'Antiquité comme dans les religions du Nouveau Monde ont été rapportées aux humanistes de la Renaissance dont l'eschatologie ne peut se passer de cette géographie. Est-il besoin d'insister sur le fait que l'esprit de la Renaissance que Shakespeare exprime est à mille lieues de l'existentialisme nazi, du cartésianisme ou du christianisme antitrinitaire du dernier pape ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La régénération dans le temps est bien sûr liée à l'engendrement et à la postérité. Les sonnets ont pu être traduits parfois comme l'incitation par Shakespeare à la procréation de tel ou tel hypothétique amant !!! Alors que la strophe invite à la chasteté, à l'imitation du Christ ou de la vierge Marie ; on peut aussi citer l'Apocalypse de saint Jean, principale source d'inspiration de l'auteur du chant (&lt;i&gt;&quot;Et ils chantaient comme un chant nouveau devant le trône (...) et nul ne pouvait apprendre ce cantique, si ce n'est les cent quarante-quatre mille qui ont été rachetés de la terre. Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges. Ce sont eux qui accompagnent l'Agneau partout où il va.&quot;&amp;nbsp;Ap. XIV, 3 ;&lt;/i&gt; ces cent quarante-quatre mille qui ont leur place au ciel sont précisément appelés &quot;martyrs&quot; dans la vision de l'évangéliste.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le culte du temps, s'il est un des aspects essentiels d'une philosophie germanique nazie que Joseph Ratzinger n'hésite pas à recycler (le sinistre Hans Küng a publiquement invité son confrère à adopter totalement l'anti-histoire de Hegel - Hitler excepté), ce culte est interprété -au-delà de Shakespeare- par la science de la Renaissance comme étant démoniaque et lié au débordement d'âme animiste, facteur de superstitions et de croyance païenne dans la métempsycose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'antimonachisme de Shakespeare, à la suite de Rabelais, indique qu'il impute aux clercs le retour en force de l'animisme. Difficile pour nous qui sommes contemporains du pacte entre la religion républicaine &quot;laïque&quot; et les églises chrétiennes, objets d'un mépris croissant et proportionnel au nombre de &quot;paroissiens&quot; qu'elles comptent, de comprendre que l'Eglise pour les humanistes qui la critiquent est devenue une puissance séculière, et que c'est cet aspect qu'ils combattent le plus vigoureusement ; d'autant plus difficile que la scolastique laïque tente de faire croire que la religion de l'Etat actuelle est héritière de l'humanisme &quot;via&quot; la Révolution française, hypothèse parfaitement chronologique et absurde, renforcée par la muséographie boche de Freud, Nitche, Panofsky ou Malraux, suborneurs de l'art dont l'astuce consiste à assimiler l'art de la Renaissance à l'architecture jusqu'à aboutir au plus pédérastique fétichisme que le Capital se charge de fourguer à l'aide de sa vaseline médiatique et de ses petits caporaux éditorialistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quant aux &quot;oiseaux morts&quot;, le lien dans la sagesse des Anciens entre le vent et la puissance de Typhon, facteur des tremblements de terre selon Aristote, ce lien n'incite pas Shakespeare en dehors de la colombe ou de l'aigle à regarder les oiseaux comme des créatures liées à l'Esprit saint. Une pénétration plus forte de la pensée matérialiste d'Aristote, distingué de Platon (L'université aujourd'hui qualifie de &quot;néo-platonicien&quot; un savant comme François Bacon qui rejette Socrate et Platon en tant que porteurs d'un paganisme presque aussi ésotérique que celui de la secte pythagoricienne !) implique que la Renaissance accorde au symbolisme une valeur scientifique plus grande qu'aux signes mathématiques (dont la svastika est un résumé plus-que-parfait). Comme la poésie charrie des éléments mathématiques, le genre tragique que Shakespeare préfère repose au contraire sur une physique matérialiste.&amp;nbsp;Le tyrannie au cours des siècles est aussi indissociable des mathématiques qu'elle l'est de la musique, langages qui exaltent tous deux la vertu et la puissance, une harmonie factice qui dissimule le chaos et l'entropie spirituelle. Les &quot;trous noirs&quot; cinématiques ne font que refléter le néant de l'âme de ces fonctionnaires du culte de soi-même. On ne calcule des &quot;théories des cordes&quot; que pour mieux aller se pendre...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour la science baroque, l'éternité est remplie du sifflement des astres. Pour la Renaissance au contraire, le requiem n'est pas le fracas des instruments de l'hystérique Mozart, qui feront le régal du bourgeois. Mais revenons au début du cantique :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;I.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que l'oiseau du plus sublime cantique, sur le seul arbre d'Arabie, soit le héraut triste et trompette pour les chastes ailes obéissant à son appel.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais toi, strident messager, nuisible annonciateur de Satan, augurant la fin de la fièvre, de cette troupe ne t'approche pas !&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Proscrit soit de cette assemblée tout volatile au plumage tyrannique - hors l'aigle, sa plume royale, qui garde la règle sévère de ces obsèques.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que le prêtre en surplis blanc sache de cette musique funèbre être le cygne devin de mort, de peur que le requiem ne perde son droit.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quant à toi, corbeau triplement archaïque que fabrique le genre noir, avec le souffle que tu donnes et reprends, retourne plutôt à nos convois funèbres.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est le &quot;Cantique des cantiques&quot; de Salomon qui est évoqué d'emblée (&lt;i&gt;&quot;Oui, tu es belle, mon amie ; oui, tu es belle ! Tes yeux sont des yeux de colombe.&quot;&lt;/i&gt; Cant. I,15) ; ou encore : &lt;i&gt;&quot;Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens ! Car voici que l'hiver est fini ; la pluie a cessé, elle a disparu. Les fleurs ont paru sur la terre, le temps des chants est arrivé ; la voix de la tourterelle s'est fait entendre dans nos campagnes ; le figuier pousse ses fruits naissants, la vigne en fleur donne son parfum. Lève-toi mon amie, ma belle, et viens ! Ma colombe, qui te tiens dans la fente du rocher, dans l'abri des parois escarpées.&quot;&lt;/i&gt; Cant. II,10).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- L'arbre d'Arabie renvoie, lui, à l'olivier dont la colombe dans la Genèse ramène une branche à Noé après la défaillance du corbeau. L'olivier est fréquemment associé dans l'Ancien Testament au pays de Canaan. On pense là encore bien sûr à Athéné et au fait que l'olivier est lui aussi symbole de l'Esprit (le palmier a été évoqué par certains commentateurs, mais Shakespeare précise le &quot;seul&quot; -sole- arbre d'Arabie et le palmier pousse sous toutes les latitudes).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- L'intérêt de la Renaissance pour les écrits prophétiques, que ses plus grands peintres ont traduit en peinture, a poussé certains humanistes à rapprocher le dialogue entre le sage Salomon et son épouse aux yeux de colombe, de la femme de l'apocalypse de saint Jean, épouse du Christ. La &quot;mariolâtrie&quot; du XIXe siècle assez largement satanique, et celle qui l'est plus encore de la bourgeoisie gaulliste qui n'hésitent pas à mettre le Nouveau Testament au service de son dessein nationaliste, ont conduit à interpréter nombre d'oeuvres médiévales ou renaissantes comme des représentations de Marie, la servante du Seigneur, là où l'épouse du Christ est représentée (typiquement lorsque celle-ci est revêtue par Jésus son époux d'un vêtement blanc, symbole de la pureté et de la virginité des élus à la veille de la seconde résurrection).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- L'aigle accompagne non seulement saint Jean, &quot;fils du Tonnerre&quot;, mais Zeus, que l'humanisme chrétien incorpore fréquemment comme le Dieu de l'Ancien Testament à sa théologie chrétienne. Les autres oiseaux symboles de tyrannie : coq, paon, etc. sont pris par Shakespeare pour des oiseaux qui, jusque dans leurs couleurs, évoquent le diable (A. Hitchcock s'est-il inspiré de Shakespeare ?).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Le corbeau, oiseau vain depuis la Genèse et sa substitution par une colombe, symbolise dans l'imaginaire chrétien la synagogue de Satan et un clergé temporel dont le pouvoir repose sur le monopole d'ensevelissement des morts. Certain spécialiste de la religion romaine a pu écrire aussi que l'aigle romain est en réalité un corbeau, ce qui est plausible compte tenu du goût des Romains pour le carnage, les pompes funèbres et les divertissements macabres. Il est en outre prêté au corbeau comme au phénix la vertu de renaître trois fois dans le temps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Le cygne, dans lequel le christianisme romantique (Villiers de l'Isle-Adam) a pu voir un symbole de la poésie étranglée par la bourgeoisie industrielle, Shakespeare en fait un symbole du prêtre annonciateur de la fin du temps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vient ensuite l'antienne, où Shakespeare développe une théologie que Léon Bloy essaiera en vain de relever au XIXe siècle, malgré l'hostilité du clergé à toute théologie extra-sulpicienne. Le &quot;Pilate XV&quot; de Léon Bloy précède notre &quot;Pilate XVI&quot; et ses conférences face à des parterres de notables plus compromis les uns que les autres dans la prostitution capitaliste baptisée &quot;valeurs actuelles&quot;, le christianisme social de Mauriac bâti sur un noeud de vipères. Cette eschatologie se concentre sur l'étrange propension de Lucifer à parodier le Christ. Tous les deux sont dits &quot;porteurs de lumière&quot; dans les saintes écritures et &quot;étoiles du matin&quot;. Le coït est dit &quot;amour&quot; bien qu'il soit plutôt appétit ou possession. Il est logique que le prolongement de l'accident du temps ait entraîné Shakespeare à élucider ce mystère qui laisse l'apôtre des Gentils lui-même perplexe et constitue la toile de fond de l'histoire (&lt;i&gt;&quot;C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et de deux ils deviendront une seule chair.&quot; Ce mystère est grand ; je veux dire, par rapport au Christ et à l'Eglise.&quot;&lt;/i&gt; Eph. V,31-32)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;II. ANTIENNE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Ainsi aimèrent-ils comme doublon, l'être étant présent mais en un seul. Deux personnes, aucune division. Le nombre ici dans l'amour anéanti.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Coeurs scindés, mais non encore écartés ; un vide, mais pas d'espace visible entre la colombe et sa maîtresse. Mais en eux il y avait un étonnement.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ainsi l'amour entre eux brillait-il tel que la colombe pouvait voir brûler son droit dans le regard du phénix. Chacun était le moi de l'autre et réciproquement.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le principe ravageur était donc que la personne n'était unie ; deux noms pour une seule nature. Mais ni une ni double n'étant appelée.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La logique elle-même brouillée voyait la division s’accroître de la multiplication par cette double négation commune.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;[Il ne faut pas s’étonner de lire dans Shakespeare des sentences qui paraissent sonner comme une condamnation prophétique du capitalisme en tant que poésie luciférienne ; il n’est pas en cela un homme très différent de Dante Alighieri, déjà lui-même témoin scandalisé trois siècles auparavant de la corruption de l’Eglise et sa collusion avec le pouvoir politique entre les mains des marchands de Florence. On n’est pas loin de l’attitude de Ben Laden vis-à-vis de l’Arabie Saoudite aujourd’hui, de ses chefs religieux et politiques qui compromettent l’islam dans le trafic d’armes avec les nations occidentales impies… à cette différence que Shakespeare comme Dante va en chrétien se tourner logiquement vers les écrits prophétiques ; car comme dit le chancelier François Bacon : &lt;i&gt;« La prophétie est comme l’histoire. »&lt;/i&gt; Dans le sens de l'opposition par Shakespeare de la logique matérialiste au rationalisme luciférien, voir aussi les sonnets n°69 et 144.]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Le simple fut si bien composé, qu'elle se lamenta : &quot;Comment un couple peut-il simuler la concorde de l'unité ?&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’amour a sa raison mais la raison aucune, si elle s'avère être ce qui peut causer la perte.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'oraison ci-dessous est dédiée à&amp;nbsp;la Colombe et au Phénix, co-divinités et astres d'amour, formant le choeur de la scène tragique.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;La véritable &quot;théorie de la relativité&quot; que Shakespeare élabore dans ce passage n'est pas surprenante dans la mesure où une telle théorie est déjà présente dans la &lt;i&gt;&quot;Physique&quot;&lt;/i&gt; d'Aristote (déjà sous-jacente au poème de l'Alighieri, dont la Béatrice n'est autre que &quot;l'Eglise des bienheureux&quot; elle aussi, et non une vulgaire donzelle dont Dante se serait entiché). Il a fallu tout le culot du philosophe nazi Heidegger et de sa secrétaire très particulière Hannah Arendt pour inclure le matérialisme d'Aristote aux spéculations de la philosophie boche luciférienne, alors même que la &lt;i&gt;&quot;Physique&quot;&lt;/i&gt; d'Aristote représente à peu près la négation de la culture italo-boche. Il ne paraît pas inutile de souligner que la trahison du matérialisme d'Aristote est passée par la philologie de traduction en traduction superposées, juxtaposées, comparées, ressuscitant ainsi la gnose médiévale moisie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Chaque mot semble pesé dans cette opposition de la foi et de la raison luciférienne à la charité et à la logique véritable de l'Esprit. Dans cette opposition de l'amour vertueux, légal mais fatal, à l'amour-vrai, don de l'Esprit. Cette théologie inspire aussi les &quot;Sonnets&quot;. Et renvoie aux réactions divergentes entre Hamlet et Horatio -ange ou démon ?- face au spectre sur le chemin de ronde d'Elseneur, au milieu de la nuit.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;L'étonnement (&quot;wonder&quot;), que l'on retrouve aussi chez Dante, entre la colombe et sa maîtresse, fait allusion à : &lt;i&gt;&quot;(...) Je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus ; et, en la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement. (...) Et les habitants de la terre, dont le nom n'est pas écrit dès la fondation du monde dans le livre de la vie, seront étonnés en voyant la bête, parce qu'elle était, qu'elle n'est plus, et qu'elle reparaîtra.&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Ap. XVII, 6-7-8.&lt;/span&gt;&quot;&lt;/i&gt; L'épouse du Christ est décrite sous des jours très différents dans l'Apocalypse, y compris sous les traits d'une putain (La Gertrude d'&quot;Hamlet&quot; ; Dante dans son&amp;nbsp;&lt;i&gt;&quot;Enfer&quot;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&quot;A vous, bergers, mirait l'Evangéliste, quand la putain qui sied dessus les eaux avec les rois lui parut s'enivrer...&quot;&lt;/i&gt;). L'étonnement est pour le pêcheur d'hommes Jean, fils de Zébédée, de voir l'épouse du Christ en si mauvaise posture.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;La &quot;scène tragique&quot; est bien sûr l'histoire, pour Shakespeare comme pour Eschyle ou Homère. Il faut pour déblatérer à propos de la fin de l'Histoire comme le cuistre moderne/antimoderne, n'y être jamais entré.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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