jeudi, 24 avril 2008
Humeur
Merde, pas moyen de remettre la main sur mon exemplaire de La Femme de trente ans (Balzac), où je voulais vérifier un truc.
C'est pas vrai, même en bouquin il faut que la femme de trente ans trouve le moyen de me faire chier ! Je voulais vérifier si les tares que Balzac attribue à la femme de trente ans ne s'appliquent pas aujourd'hui dès vingt-trois ou vingt-quatre ans.
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Pauvre Sarko, j'entends la rediffusion de son interviou à la radio. Une voix de chien battu. Il n'a pas pigé qu'un président de la République ne doit jamais battre sa coulpe, JAMAIS ! C'est le b.a.-ba. Même Chirac avait compris ça. Avec Carla, ça doit pas être la fête tous les jours. Dans le fond je ne peux pas m'empêcher de plaindre ce pauvre type...
22:30 Publié dans Fier d'être miso | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
lundi, 14 avril 2008
L'aveu
Tandis que je consulte la Critique de l'Etat hégélien de Karl Marx introduite par Kostas Papaioannou en 10/18, mon téléviseur continue d'émettre derrière.
Même s'il majore l'athéisme de Marx, tic fréquent, ce Papaioannou n'est pas mal. Le marxisme en France a beaucoup souffert d'être tombé entre les mains des philosophes. C'est ce qui explique en partie qu'il se résume aujourd'hui à une vague sociologie post-soixante-huitarde : Machin-truc Badiou.
Mai 68 n'a pas porté atteinte aux valeurs chrétiennes, déjà éteintes et qui ne survivaient sous De Gaulle qu'à l'état de folklore. Mai 68 n'a pas porté atteinte aux valeurs bourgeoises non plus, qui ne se sont jamais aussi bien portées que depuis. C'est bien Marx qui a pâti le plus de Mai 68. Ce ne sont pas les réactionnaires qui ont eu la peau de Marx, mais bien les sociaux-traîtres, étudiants travestis en révolutionnaires, bourgeois travestis en bobos, trotskiste travesti en Premier ministre.
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... Quand une bonne femme dans un documentaire attire mon attention : elle vient de dire face à la caméra timidement : "La vérité, souvent, fait peur aux femmes..." Nom d'un chien, ça faisait au moins dix ans que je n'avais pas entendu une parole sincère de femme ! Le trait me frappe tellement que j'en oublie tout le reste, je ne sais même plus sur quoi porte le reportage... la chirurgie esthétique, peut-être ? Bien sûr une femme qui ose un lieu commun plein de bon sens comme celui-là, une critique qui est aussi une autocritique, elle s'élève au-dessus de ses semblables, acharnées bien souvent à étouffer la vérité sous le poids des conventions de toutes sortes, le corset, l'orthographe, la capote, etc.
Le sexe de l'homme effraie la bourgeoise contemporaine qui veut fuir sa condition féminine, son destin de mère. Le sexe de l'homme devient une vérité concrète dont il faut se préserver d'une manière ou d'une autre. Une vérité solide, lancée par surprise à la tête d'une femme peut lui faire perdre la tête, ne serait-ce que momentanément, comme je l'ai expérimenté : pâmoison ou crise d'hystérie.
Bien sûr il n'y a pas que la femme qui a peur de la Vérité. La démocratie aussi hait la vérité de toute sa force institutionnelle et de toute la culture de sa société civile, l'enfouit sous des tonnes d'hypocrisie, de propagande, d'interdits, de cinéma, de syllogismes, de traités de philosophie aussi emmerdants que divertissants, de football et de poker.
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Dans La critique de l'Etat hégélien tout est dit de l'interaction entre la société civile et l'Etat bourgeois modernes, d'où découlent la morale bourgeoise, la mystique laïque, le nationalisme et l'athéisme d'Etat. Le démocrate qui n'est pas strictement laïc, nationaliste et athée, mais aussi chrétien, ou communiste, voire déiste ou sataniste, le démocrate dont la morale est altérée par rapport au schéma directeur fait simplement preuve de nostalgie, de son attachement à ce qui fut, dans l'"ancien régime" ou à des périodes instables, un élément de la "culture populaire".
Le Dieu de la société civile laïque n'est pas un Dieu transcendant, mais immanent. Aussi s'incarne-t-il beaucoup mieux dans la démocratie libérale que dans un homme providentiel, tel que De Gaulle ou Napoléon III ont pu apparaître.
La nostalgie envahit le bourgeois qui ne croit pas à la Vérité, surtout à la veille de crever, aussi sûrement qu'une femme se penche sur ses jeunes années avec nostalgie dès que les premières rides commencent à chagriner sa peau.
On peut dire en quelque sorte en 2008 que tout vire à la nostalgie. En clair : ça pue déjà le cadavre, comme ces petits vieux qui ne sont pas encore morts mais presque lorsqu'ils lèvent les bras.
14:23 Publié dans Fier d'être miso | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : karl marx, hegel, litterature, politique, kostas papaioannou
vendredi, 21 mars 2008
Fœmina complex
Aussi égalitariste soit la société capitaliste, la différence de comportement entre hommes et femmes ne semble altérée qu’en surface.
La caissière de supermarché fournit un bon exemple de femme, non pas "virilisée" mais plutôt "déféminisée" ; et même dans cette branche pourtant, une minorité de spécimens perpétue une attitude de séduction passéiste.
Jusqu’à la féministe Isabelle Alonso : bien que chienne de garde, elle minaude et cligne de l’œil avec fard sans arrêt comme une chatte ibérique en chaleur, refusant pour elle l’androgynie qu’elle réclame pour les autres.
Il n’y a guère que la pomme d’Adam de Christine Ockrent qui soit une signe objectif de mutation propre à satisfaire le préjugé évolutionniste de la science actuelle.
Les revendications féministes, en outre, se présentent souvent comme un renversement du schéma de la domination prétendûment exercée par l’homme sur sa compagne.
Un aïeul à moi, juge de son métier, émut les chroniqueurs locaux en allégeant de moitié la peine d’un garçon qui s’était rendu coupable d’un viol, tenant pour une circonstance atténuante le fait que la victime se tenait sur le bord de la route dans une attitude provocante sur le plan vestimentaire (pas facile pour moi d’avouer un juriste dans ma généalogie).
Désormais la gent féminine a pris une place prépondérante dans la magistrature et elle est, à l’inverse de mon ancêtre, d’une sévérité accrue pour les délinquants sexuels, encore des hommes dans l’écrasante majorité des cas.
Si l’on observe la peinture du XVIIe ou du XVIIIe siècle en général, mettons de Watteau en particulier, on constate que les hommes et les femmes sont plus proches qu’aujourd’hui sur un point au moins, celui de l’élégance et du port distingué, y compris dans les classes subalternes que ce (petit) maître a décrites aussi.
Comment ne pas voir dans le féminisme l’héritage des idées folles qui sont nées au XIXe siècle ? D’une certaine façon, être féministe c’est se réclamer du XIXe siècle - les antiféministes comme moi ayant plutôt de l’admiration pour le siècle des Lumières.
(Dans ces cas-là, il y a toujours un crétin arithméticien pour affirmer que XIX c’est mieux que XVIII, et XX mieux que XIX, ainsi de suite ; mais prendre le parti de s’arrêter à l’opinion de chaque crétin aujourd’hui, c’est se barrer la voie du progrès.)
Un dernier point, plutôt d’interrogation cette fois.
A propos du mouvement “gothique”, que j’interprète comme une contestation plus profonde que celle de Mai 68 des valeurs bourgeoises capitalistes. Affirmer l’existence de Satan au XXIe siècle me paraît nettement plus révolutionnaire que le vague branlement idéologique de Mai 68, tout cet existentialisme sorbonnard porté à bout de bras par une poignée d’intellos oiseux qui compensent l’intelligence par la ténacité.
En même temps que du maquillage et des anneaux aux doigts, les damoiselles gothiques semblent posséder un pouvoir d’attraction érotique que leurs consœurs n’ont pas. C’est du moins la sensation que j’éprouve au contact visuel de la plupart d’entre elles. Idem pour les jeunes musulmanes issues de l’immigration.
Les bobos, elles, lorsqu’elles se piquent de vous séduire, ce qui est plus rare et ne précède jamais au moins une discussion sur un thème d’actualité ou un sujet plus spirituel, les bobos utilisent plutôt leur intelligence comme une arme de séduction, intelligence qu’elles enveloppent dans un regard pénétrant, à la manière des héroïnes de séries nord-américaines ; le but, la séduction, est toujours là, mais le moyen de parvenir au but diffère ; ce qui fait qu’à vingt-neuf ans les bobos échouent sur “Meetic” où elles se prostituent gratuitement.
Je conclus avec mes gothiques. Laissons de côté le maquillage, souvent outrancier chez les bobos aussi, pour nous concentrer sur les anneaux. Qu’est-ce que ça signifie ? Comment le lien se fait-il avec l’érotisme ? Ces bagues sur toutes les phalanges sont-elles portées comme un banal outil de séduction supplémentaire, ou sont elles plus profondément un clin d’œil lancé au tempérament dominateur masculin, destiné à faire chavirer leur cœur ? Est-ce prémédité ou pas ? Si quelqu’une a la solution de cette petite énigme, qu’elle n’hésite pas à m’en faire part (cadres sup. s’abstenir).
11:53 Publié dans Fier d'être miso | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : gothique, erasme, glucksman, finkielkraut, sartre, bhl, sollers
vendredi, 14 décembre 2007
Syndrome à la con
La littérature à succès de Françoise Chandernagor est chiante comme la pluie qui tombe sur Paris un dimanche matin. C'est bien la digne héritière de Marguerite Yourcenar. Ce qui est chiant passe généralement en démocratie pour le comble de l'humanisme et du raffinement. Jeanne Arendt, Kant, Heidegger, Johnatan Littell, ont beau proférer des platitudes extrêmes, du moment qu'ils sont ennuyeux, l'Université contemporaine est prête à tout leur pardonner, le racisme, l'adhésion au parti national-socialiste, l'homophobie, etc.
Si Hitler avait été plus chiant encore qu'il n'était, sapé comme un haut fonctionnaire ou comme le président d'un cartel industriel, probablement serait-il célébré aujourd'hui comme l'égal de Napoléon, un stratège meurtrier mais néanmoins génial.
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L'humanisme contemporain est inséparable d'un certain vocabulaire pseudo-scientifique. Le "syndrome de Stockholm" fait partie de la panoplie. Ainsi, pour Mme Chandernagor, Louis XVII était atteint de ce "syndrome de Stockholm", ce qui explique qu'il a fini par se ranger du côté de ses geôliers.
L'aplomb des psychiatres freudiens, en général, est à pleurer de rire. Comme Boris Cyrulchnik et sa "résilience" à deux balles. Ces gugusses-là, ils font semblant d'avoir inventé la subtilité et d'explorer les confins de la conscience alors qu'ils ressuscitent en réalité le vieux manichéisme païen sous le haut-patronnage d'un puritain autrichien à oeillères, dont les rares observations scientifiques sont un "emprunt" à Charcot. Spéculez, spéculez, ça vous rapportera toujours quelque chose...
Plus caractéristique que l'affaire Louis XVII, dont les tenants et les aboutissants psychologiques demeurent à peu près obscurs, il y a la récente "affaire Natacha Kampusch". Selon toute évidence, cette gosse est tombée amoureuse de son ravisseur et elle continue d'ailleurs de fleurir sa tombe, comme s'il s'agissait de son défunt mari.
Cela correspond au dessein du kidnappeur qui cherchait une femme soumise, si ce n'est de gré alors de force. Quel homme aujourd'hui, à l'exception des invertis et des maquereaux, ne rêve pas de la jolie femme soumise dont l'économie libérale le prive ? Sans oser l'avouer, puisqu'on est en démocratie.
Le ravisseur de Natacha a été banalement décrit par les experts psychiatres comme un type "antisocial", alors qu'en un sens il était plutôt "ultrasocial" : c'est ça qui était original et qu'il convenait de remarquer.
Ce n'était pas incompatible avec le désir de Natacha d'être AUSSI une femme libérée. Simplement son ravisseur a commis l'erreur de lui laisser regarder la télé et faire du "shopping".
Je ne sais pas pour vous, mais moi une chose m'a frappée chez Natacha Kampusch, après cette mise à l'écart de la société prolongée, c'est sa vivacité d'esprit. Surtout si on la compare à ses contemporaines, surtout celles qui vont à l'école jusqu'à trente ans et qui lisent "Libé" dans le métro en faisant une moue intello. Syndrome de Stockholm mon cul !
Le moins que Natacha puisse faire en retour, en secret, c'est d'honorer la mémoire de son ravisseur.
16:45 Publié dans Fier d'être miso | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : francoise chandernagor, natacha kampusch
vendredi, 14 septembre 2007
Où sont les hommes ?
Je veux pour preuve de la féminisation de l’Église cette jeune femme brune qui s’agenouille un rang devant moi à la messe, avec son mari. Elle porte une jupe de tulle blanc si légère qu’elle laisse apparaître un string surligneur et le reste. Comme si de rien n’était, comme si je n’étais pas là, à quelques centimètres derrière, à essayer de me recueillir, de chasser mes pensées profanes, dans une église et non dans un boxon !
Nulle intention de provoquer de la part de cette gonzesse ; c'est ça qui est significatif ; le couple montre en effet tout les signes extérieurs de piété, ce ne sont pas des touristes.
Avec un peu de recul, le mari aurait dû dissuader sa femme de pénétrer dans cette tenue, voire de circuler dans un tel accoutrement sur la voie publique.
“Aux purs tout est pur” ; à la limite, je suis assez bien placé pour comprendre ce qui a pu passer par la tête de cette paroissienne qui s'est sapée comme une pute pour se rendre à l'office. Son buste, ses hanches, ses jambes sont bien dessinés ; son corps a toute la fermeté, la santé que requiert la beauté, tandis qu’elle a un visage assez ingrat, les joues creuses, les yeux ternes. Il a dû lui paraître inconséquent de cacher ce qu’elle avait de plus beau…
Mais, manifestement, elle ignore tout de la façon dont sont faits les hommes et les caractéristiques de leur instinct - malgré son mari (Il faut dire que celui-ci a un peu un physique de démocrate-chrétien à la François Mauriac.)
L’Église ne devrait pas laisser les paroissiennes faire la loi. Ici l’adultère est encouragé dans les murs mêmes de l’Église. Il faut retrouver le bon sens perdu au profit de discours fuligineux. Les hommes ne sont pas faits pour être des chevaliers servants.
10:08 Publié dans Fier d'être miso, Journal intime | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
samedi, 08 septembre 2007
Brocante (4)
En lisant cette page d’Escales parmi les livres, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Sarko. Parce qu’il fut longtemps ministre de l’Intérieur ; parce que, président moderne, il a une épouse moderne (c’est-à-dire que lorsqu’elle a ses menstrues toute la France peut le constater) ; enfin, parce que notre Président cherche désespérément une solution à la crise et que t’Serstevens la possède peut-être, qui sait ? Au point où on en est, il ne faut négliger aucune piste.
Rapports de police
« On ne saurait trop consulter, si l’on veut bien connaître les mœurs de l’ancien régime, les rapports secrets de la police, pieusement conservés dans nos archives.
Un bon nombre ont été publiés, parfois sous le manteau, car ils ne se soucient guère de la morale ; mais j’en ai remué des masses dans le réduit de l’Arsenal, non sans le remplir d’un brouillard de poussière qui m’a obligé, en rentrant chez moi, à changer de vêtements et de linge, après une longue savonnade sous la douche.
« Ce qui m’a le plus étonné dans ces documents sans pudeur, consacrés surtout aux relations entre époux de l’aristocratie et à la prostitution élégante, c’est la précocité des filles, qu’il s’agisse des unions légales ou du dévergondage.
Elles se marient, principalement dans la noblesse, à douze, treize, quatorze, quinze ans, presque toutes avant dix-huit. Dès les seize ans elles sont des femmes accomplies, elles gouvernent leurs gens et leur maison, elles reçoivent avec grâce, elles mènent des intrigues, visitent les ministres et les gens de justice, savent les séduire et en obtenir ce qu’elles souhaitent, sans se compromettre, elles tiennent bureau d’esprit, fréquentent les hommes de lettres et correspondent avec eux sans orthographe mais dans la langue la plus châtiée.
À vingt ans, elles ont connu plusieurs maternités, élèvent leurs enfants à merveille, selon les traditions de l’époque, administrent leurs biens fonciers, sont des compagnes tendres et dévouées ou pratiquent depuis longtemps l’adultère. A vingt-cinq ans, elles finissent dans les procès, le jeu ou la dévotion.
« Presque toutes les filles débauchées dont nous parle dans ses rapports le terrible inspecteur Marais entrent dans la galanterie entre onze et quinze ans ; la moyenne, que j’ai pris la peine d’établir, est de quatorze, mais j’ai trouvé plusieurs cas de dix ans. A ces âges, elles savent déjà berner les amateurs, leur soutirer des rentes et des bijoux, conduire de front plusieurs aventures profitables, sans compter les “guerluchons”, se produire sur la scène du Français ou de l’Opéra, animer les petits soupers, bref mener une vie que pas une courtisane de vingt-cinq ans ne pourrait conduire aujourd’hui.
« Je ne sais par quelles méthodes d’éducation on est arrivé, de notre temps, à retarder le développement physique et moral des jeunes filles, sans doute parce qu’on les farcit de connaissances inutiles, au lieu de leur apprendre à vivre, à être, dès les quinze ans, des épouses attentives ou des maîtresses délurées, à parler avec esprit, à marcher avec élégance, à séduire pour le bon ou le mauvais motif, à tirer parti de l’amour honnête ou malhonnête. Pendant des siècles les filles se sont passées de bachot et de diplômes et ont embelli de leur charme, dès leur puberté, une société plus exigeante que la nôtre, plus raffinée aussi, ce qui pourrait bien être la solution du problème. »
Albert t'Serstevens
08:30 Publié dans Fier d'être miso | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : t'serstevens
mercredi, 22 août 2007
Emblèmes
À chaque époque correspond plus ou moins un type emblématique ; par exemple au XIIe siècle le chevalier errant en quête d’aventure, au XVIIIe la belle Pompadour, à l’Empire Napoléon-le-Sanglant ou son grognard, au XIXe siècle l’agioteur immoral, puis le poilu dans son cul de basse fosse au début du XXe siècle, etc.
C’est la caissière de supermarché qui me paraît le mieux incarner la nôtre, d'époque ; incontestablement elle se tient à un des points névralgiques du système actuel.
Observant dans mon panier à provisions que je me suis ravitaillé pour le pain, le fromage et la barbaque, hors de son magasin, la caissière de la supérette du coin se fait un devoir de me tancer, avec modération, mais de me tancer quand même, pour mon infidélité.
C’est là qu’on se rend compte qu’un siècle d’idéologie féministe, de bouleversements sociaux, travail des femmes et égalitarisme capitaliste, n’a pas fondamentalement changé la nature féminine. Si ma caissière, appelons-la Stéphanie ou Nathalie, engage la conversation avec tous les hommes célibataires apparemment en bonne santé physique et financière, entre vingt et quarante ans, c’est bien sûr qu’elle rêve d’échapper à sa condition d’esclave capitaliste en tee-shirt uniforme. Il s’agit pour Stéphanie de saisir le pigeon au vol. Comment lui en vouloir ? Bien sûr, elle a appris par cœur sa leçon sur les femmes émancipées, mais le décalage est tel entre la légende dorée de l'émancipation et sa réalité, que son bon sens a refait surface.
Et ce reproche qu’elle me fait d'aller m’approvisionner ailleurs que dans sa crèmerie, trop hygiénique à mon goût… comment ne pas y voir une résurgence de la bigoterie féminine ? C’est absolument désintéressé de sa part, elle n’est pas actionnaire de la supérette qui l’emploie - dans des conditions, encore une fois, totalement inesthétiques et donc dégradantes, particulièrement pour une jeune femme ; elle prêche donc bien pour sa paroisse de façon réflexe, elle veut me convertir absurdement à sa religion de fait, sans se poser de questions. Je retrouve là, sans doute parce que je suis misogyne, une constante du caractère féminin à travers les âges, l'absence de doute.
Le temps imparti à Stéphanie à chaque rencontre en caisse avec un homme qui incarne un avenir meilleur, au soleil plutôt que sous les néons, ce temps est très bref - du speed dating, selon l’expression consacrée. Alors, pour me convaincre en un éclair qu’elle a du caractère et de la vertu, Stéphanie ajoute cette confidence : « Ce matin il y a un mec qui m’a mal parlé dans un rayon. Redis-ça encore, je lui ai dit, et je te démonte ta gueule ! Cash ! »
Je suis censé émettre un sifflement admiratif ; je n'y arrive pas. Stéphanie ne peut pas savoir que j’ai vécu quelques mois “à la colle” avec une gonzesse qui, bien qu’elle professât des idées très traditionnelles et antiféministes, était capable de briser des éléments de vaisselle en faïence peints que je lui avais offerts, sur un mur à quelques centimètres de mon visage, lorsque je rentrais du turbin plus tard que prévu ; par conséquent le “caractère” de Stéphanie ne m’impressionne pas ; à vrai dire j’ai même depuis lors une attirance particulière pour les femmes masochistes qui accepteraient par principe de se faire fouetter par leur homme ou qui accouchent huit ou neuf fois à intervalles resserrés sans rechigner (le problème, c’est que ce genre de femme est toujours plus ou moins mariée, et qu’à moins d’une jeune veuve…).
Cependant, bien qu’elle soit encouragée par les tribunaux actuellement, où les magistrats de sexe masculin se font de plus en plus rares, je ne crois pas que la violence des femmes soit un phénomène nouveau. L’amour courtois, les gentilles damoiselles qui tombent en pâmoison pour un rien : c’est déjà les prémices de l’idéologie féministe !
Je tâcherai de changer de caisse la prochaine fois.
08:20 Publié dans Fier d'être miso, Journal intime | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : fier d'etre misogyne
lundi, 06 août 2007
Coexistence pacifique ?
J’aime la femme à la peau de serpent qui prestement se décale afin de se placer entièrement dans mon champ de vision. Profil parfait de haut en bas.
Pas tout à fait un animal : elle sait jouir de sa propre beauté qui se reflète dans mes mirettes ; pas tout à fait un être pensant non plus : elle a obéi à un mouvement instinctif, plus fort qu’elle, plus fort que son planning de femme libérée. Nitche admire l’instinct. Le surhomme de Nitche est une femelle. Sa mère ?
Les femmes idiotes vont aux hommes qui savent apprécier les femmes idiotes ;
les femmes intelligentes vont aux hommes qui ont besoin de renfort ;
les femmes masculines vont aux hommes qui aiment se faire marcher sur les pieds ;
les femmes belles vont aux hommes qui savent louer leur beauté.
Après, tout peut arriver : une idiote peut devenir intelligente, car de l’idiotie à l’intelligence féminine, il n’y a qu’un pas ; une belle femme peut perdre sa beauté, une femme masculine peut virer sa cuti - les femmes intelligentes, elles, réservent peu de surprises.
Une femme idiote, belle et intelligente à la fois ? Fiction, poésie. "Le prince charmant n’existe pas", comme elles disent.
« - Vous permettez ? Je voudrais vous dire deux choses : une chose agréable et une chose désagréable ; je commence par la chose agréable : vous possédez une beauté rare, comme on n’en rencontre qu’une fois par an aux États-Unis, une fois par mois en France, une fois par semaine en Allemagne, une fois par jour à Prague. Mais, quand on est belle comme vous l’êtes, on n’a pas le droit de se fringuer comme ça, avec un jean et un débardeur orange. »
Voilà, je l’ai laissée un peu interloquée ; les femmes le sont pour pas grand-chose. Mon tort c’est de continuer à leur adresser la parole.
14:42 Publié dans Fier d'être miso, Journal intime | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mardi, 05 juin 2007
Un reste de galanterie
Je me suis laissé aller, hier, à commettre un acte de galanterie inhabituel de ma part, puisque j’ai charrié les provisions d’une voisine jusqu’au cinquième étage - et pas qu’un petit sac avec deux boîtes de LU, je vous prie de croire. Un coup à me faire virer du "Club des Misogynes" si je n’en étais pas le président et le seul membre vraiment actif.
Il faut dire qu’elle est plutôt gironde, cette voisine ; des yeux verts, des cheveux rouges (faux), et un cul canon, bien qu’un peu tordu. Dans l'ensemble, je suis d'ailleurs plutôt gâté question voisines.
J’ai été étonné que celle-ci ne m’invite pas ensuite à boire un verre, vu qu’elle est célibataire. Les codes ont changé. De mon temps, pas si ancien, une gonzesse qui acceptait qu’un type lui trimballe ses courses jusqu’au cinquième étage, c’était déjà une manière d’accord tacite. Elle savait qu'une jolie fille peut difficilement vivre seule sans faire de compromis, ne serait-ce qu'un petit baiser gentil.
Je regarde maintenant les gonzesses de moins de vingt-cinq ans comme des êtres venus d’une autre planète et je suis curieux de leurs mœurs nouvelles. Du coup, malgré ma volonté de ne pas tomber dans le panneau, je reste perméable à leur charme, un charme exotique en quelque sorte.
J’en ai connu une, elle voulait bien que je la baisouille et que je la lèchouille d’un peu partout, mais pour le reste, que dalle !? Pas moyen de savoir exactement le motif ; pas eu le temps, vu que les léchouilles, moi, au-delà d’une semaine, ça me file des crampes. Je l’ai lâchée, ça n'a pas été une décision facile à prendre parce qu’elle me faisait penser à Marie-Antoinette, la reine, un genre plus rare que les imitations de Jackie Kennedy ou de Joan Baez.
En outre, elle s’enduisait de crème tous les soirs de la tête au pied avant de se coucher ; c'est complètement idiot mais ça m'impressionnait beaucoup.
Cette jeune génération de gonzesses, à quelques exceptions près, donne le sentiment d’être très très peu sexuelle, de préférer la télé ; on peut comprendre, après, l’agressivité de beaucoup de jeunes types dans la rue, dans le métro, le RER…
07:15 Publié dans Fier d'être miso, Journal intime | Lien permanent | Commentaires (49) | Envoyer cette note
mercredi, 30 mai 2007
Un zeste de tyrannie
Mon caractère, comment dirais-je… mettons “tyrannique”, rend donc mes relations avec les “personnes du sexe” difficiles, pour ne pas dire impossibles, du moins durablement.
Pour ce qui est de l’amitié virile je m’en tire mieux, bien que la plupart de mes potes soient mariés maintenant, alors ça n’est plus tout à fait comme avant.
Reste les enfants. Je m’entends très bien avec les enfants. Ils s’accommodent très bien de la tyrannie, que dis-je, ils la réclament. Dans mon collège, les “châtiments corporels” étaient encore appliqués, et il régnait un climat tout à fait sain qu’on ne retrouve plus guère aujourd’hui où le libéralisme est partout, à gauche et à droite. Même, certains faisaient tout pour se faire rosser régulièrement ! Sans ça, ils auraient été désemparés. Je parle de garçons naturellement, les filles, elles, ne mouftaient pas. Je préfère d’ailleurs les petits garçons aux petites filles, chez qui la ruse, naissante, est perceptible, ce qui empêche un vrai rapport de confiance.
Mais ça serait une erreur d’en déduire, constatant l’évolution des sociétés et des régimes politiques, que le despotisme convient mieux aux états primitifs et la démocratie aux civilisations plus avancées. Dans le fond, on sent bien que les Français d’aujourd’hui ne demanderaient pas mieux que de se faire botter le cul par un brave dictateur plutôt que d’entendre les salamalecs de Sarkozy et de Fillon, toute cette vaseline…
Aussi était-il logique que mon frangin me demande d’apprendre à lire à ses mômes*.
Je n’ai pas pu m’empêcher de me livrer à de petites expériences, de tester différentes méthodes… On sait que, dans ce domaine aussi, en France, règne la philosophie ; deux philosophies, plus exactement : les partisans de la méthode dite "globale" et ceux de la méthode dite "syllabique" s'affrontent. Les philosophes des deux camps prétendent démontrer scientifiquement, “par a + b”, le bien-fondé de leurs techniques d’apprentissage. Je connais de ces philosophes femelles, en particulier, qui sont véritablement enragées de leur système ! Notamment, elles s’appuient sur le fonctionnement du cerveau - vaste blague, puisqu’on n’en sait à peu près rien… Ah, si, on sait vaguement que le cerveau des hommes n’est pas tout à fait organisé comme celui des femmes. Si tout ça était sérieux, le moins serait de proposer une méthode d’apprentissage de la lecture pour les filles et une méthode pour les garçons différentes.
Le résultat de mon expérience, c’est que la variable la plus variable, ce n’est pas la méthode - ni le professeur, en l’occurence -, c’est celle dont évidemment aucun ministre ne parle, c’est l’aptitude du novice. Un novice doué avec une méthode rocambolesque et un prof idiot apprendra plus vite qu’un benoît avec moi.
Au point où j’en suis de mes spéculations, je suis par conséquent fondé à dire que la philosophie est de sexe féminin.
*Mon frangin estime que la lecture relève de la sphère privée et ne souhaite donc pas laisser à l’État le soin d’apprendre à lire à ses enfants.
07:25 Publié dans Fier d'être miso, Journal intime | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note


