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        <title>Lapinos - journal_intime</title>
        <description>Le dernier des...</description>
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        <lastBuildDate>Fri, 10 Oct 2008 11:16:35 +0200</lastBuildDate>
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        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
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                <title>Soupape</title>
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                <author>noreply@ (Xavier JASSU)</author>
                                                <category>Journal intime</category>
                                                <pubDate>Tue, 29 Jul 2008 11:14:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Déjà depuis quelques semaines, les gonzesses&amp;nbsp;ont changé ; ce n'est plus : &lt;em&gt;&quot;Arrête de me dévisager ou j'appelle la police !&quot;&lt;/em&gt;, mais : &lt;em&gt;&quot;Prends-moi si tu l'oses...&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le régime capitaliste, il est&amp;nbsp;transparent que l'été, les &quot;grandes vacances&quot;, jouent le rôle de soupape au &lt;em&gt;&quot;Travailler plus pour gagner plus&quot;&lt;/em&gt; du sous-Guizot démocrate-chrétien qui nous gouverne, ou plutôt nous distrait par l'étalage de ses sentiments en couverture de &lt;em&gt;Paris-Match.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette parenthèse&amp;nbsp;procure l'illusion de la liberté : le Dieu soleil relègue un instant dans l'ombre le patron, le plan de carrière, les objectifs du mois, le crédit sur vingt ans à taux préférentiel, la thèse universitaire plus ou moins foireuse, la vie de couple - on relâche d'un cran le corset. Si le changement est encore plus net chez les femmes, si d'un seul coup leur libido&amp;nbsp;gagne le niveau de celle des hommes, c'est parce qu'elles constituent un soutien plus ferme au régime capitaliste. On peut dire que le corset ne leur fait pas peur, ni le sado-masochisme et l'anorexie-boulimie. Qui d'autre qu'une jeune femme pleine d'ambition, sillonnant un quartier d'affaires bille en tête,&amp;nbsp;est prête à travailler plus même sans l'espoir de gagner plus ? Un immigré polonais ou bulgare, sans doute, mais lui n'a pas trop le choix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et combien de femmes parmi tous ces parias, les rebuts de la démocratie toujours plus nombreux qu'on nomme SDF, incapables de s'adapter à la morale démocratique ? Très peu, c'est beaucoup trop mal vu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                            </item>
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                <guid isPermaLink="true">http://lapinos.hautetfort.com/archive/2008/07/25/sans-hate.html</guid>
                <title>Sans hâte</title>
                <link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2008/07/25/sans-hate.html</link>
                <author>noreply@ (Xavier JASSU)</author>
                                                <category>Journal intime</category>
                                                <pubDate>Fri, 25 Jul 2008 10:48:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Je profite de l'été pour rédiger un bouquin qui me tient à coeur, &lt;em&gt;&quot;Critique de l'esthétique de Hegel&quot;.&lt;/em&gt; Afin de ridiculiser le goût national-socialiste dont l'architecture totalitaire de Jean Nouvel, par exemple, n'est qu'un avatar.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Installé à la terrasse d'un café, je poursuis les plus belles filles du regard en me retenant de leur adresser la parole, je ne me hâte pas : avant 2030 ou 2040, mon bouquin ne devrait intéresser personne.&lt;/p&gt; 
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                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://lapinos.hautetfort.com/archive/2008/06/19/mon-cinoche.html</guid>
                <title>Camera obscura</title>
                <link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2008/06/19/mon-cinoche.html</link>
                <author>noreply@ (Xavier JASSU)</author>
                                                <category>Journal intime</category>
                                                <pubDate>Fri, 20 Jun 2008 09:52:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Enfant, je n'éprouvais pas le même malaise qu'aujourd'hui au cinéma : un sentiment de mort insidieux, comme si le temps était arrêté et l'espace, contenu. La présence à l'écran d'une jolie putain à poil n'y peut mais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela dit depuis la cour de récréation je fuis le type assez commun&amp;nbsp;qui insiste pour raconter au premier venu sa dernière expérience cinématographique et se montre incapable de résumer l'intrigue ; le type même du mythomane.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a des énergumènes qui pensent que le cinéma est l'art du XXe siècle ; et du XXIe siècle, sur la lancée. Et même des philosophes chrétiens, il est vrai peu qualifiés, qui prêchent que le cinoche est le meilleur moyen d'évangéliser le monde ! Sans blague. Comme si la salle obscure n'était pas une métaphore de la caverne de Platon. Je précise, pour les &quot;cinéphiles&quot; : la métaphore n'est pas dans le cinéma mais l'englobe. Ça serait pécher contre la science que d'affirmer que le cinéma est vierge de toute métaphore, alors disons plutôt que le &quot;Septième Art&quot;, comme tous les systèmes puritains, est iconoclaste, imperméable à l'imagination. Je vois sortir des salles obscures des têtes de zombis. Ils secouent leur hébétude sur le pas, avant de réintégrer l'espace-temps avec un soupir, persuadés que la fiction dépasse la réalité.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;CENTER&gt;*&lt;/CENTER&gt;&lt;br /&gt;Si je n'ai pas vu le film &lt;i&gt;Matrix&lt;/i&gt;, j'ai quand même entendu parler de son argument. Je crois qu'il y a des Russes derrière cette idée de monde dédoublé. Or, depuis que je suis doté d'une cervelle marxiste, c'est comme si j'étais passé complètement de l'&quot;autre côté&quot;. Lorsque je cause avec un esprit &quot;kantien&quot;, une paroi de verre blindé se forme entre nous. Je m'agite, je déploie des efforts insensés pour trouver la faille et faire sauter le vitrage, et le mec en face me regarde, un peu interloqué. C'est plus facile d'organiser une évasion d'un quartier de haute sécurité ; au moins les gars à l'intérieur ne vous mettent pas des bâtons dans les roues.&lt;br /&gt;Dans un cocktail mondain où je reprenais des forces, me nourrissant sur la bête, un architecte de profession me toise et me confie en sourdine : &lt;I&gt;« Qu'est-ce qu'un arbre, mon lapin ? Si ce n'est… du… langage ! »&lt;/I&gt; Je m'appuie au platane pour y noyer mon chagrin de tous ces mal-logés, dans le vin.
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                <guid isPermaLink="true">http://lapinos.hautetfort.com/archive/2008/06/02/en-avoir-ou-pas.html</guid>
                <title>En avoir ou pas</title>
                <link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2008/06/02/en-avoir-ou-pas.html</link>
                <author>noreply@ (Xavier JASSU)</author>
                                                <category>Journal intime</category>
                                                <pubDate>Mon, 02 Jun 2008 15:38:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Avant que Me X. Serre-Pollet ne soit publiquement et unanimement reconnu du grand public grâce à l’affaire du “serial killer” Henri Bienfourny, les effractions de clôtures, conflits de garde d’enfant et autres attentats à la pudeur avaient été le pain quotidien du jeune avocat. Il avait ainsi rongé son frein au barreau de Nantes pendant dix longues années - le temps pour son physique de jeune premier de s’affermir et pour ses effets de manche de gagner en crédibilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grâce à un maton de la centrale de Nantes, ex-copain de promo, Serre-Pollet avait pu approcher Bienfourny dans sa cellule et le convaincre de le choisir, lui, plutôt qu’une célébrité comme Me Mollard. Puis il n’avait pas déçu son client, lui trouvant même des circonstances atténuantes inattendues en fouillant un peu dans son passé.&lt;br /&gt;En 2001 et 2002 en effet, Bienfourny avait été bénévole à la Banque alimentaire, avant d’en être chassé pour apologie de crime contre l’humanité. Un matin qu’il était seul présent pour la distribution des invendus du Centre Leclerc de la Beaujoire aux chômeurs du quartier, Marcel avait effectué toute la distribution avec un brassard frappé d’une croix gammée qu’il s’était procuré sur internet.&lt;br /&gt;L’habileté de Me Serre-Pollet fut de passer sous silence cet incident, ce geste aussi inexcusable qu’inexplicable, mais d’émouvoir cependant le jury avec l’engagement de son client dans cette cause humanitaire.&lt;br /&gt;Bienfourny évita d’écoper d’une incompressibilité aussi oiseuse qu’humiliante. Et vu qu’il avait quand même fait sept victimes, c’était une issue inespérée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;CENTER&gt;*&lt;/CENTER&gt;&lt;br /&gt;Selon le rapport de l’expert-psychiatre, le schéma criminel du “serial killer” Bienfourny le poussait à s’attaquer à de jeunes filles au pair danoises, qu’il séquestrait dans un vieux “blockhaus” de la côte Atlantique, théâtre de ses jeux de môme, puis de ses ébats amoureux d’ado ; ça durait quelques jours au cours desquels Bienfourny violait sa proie à plusieurs occasions avant de la noyer une nuit de pleine lune et de grande marée, et cela systématiquement, même si on comptait aussi une femme de ménage portuguaise de quarante-deux ans dans la série.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’extraordinaire perversité des crimes sexuels de Bienfourny auraient dû lui valoir le dégoût et la haine bien mérités des médias et des téléspectateurs, mais, curieusement, cette haine se focalisa sur son avocat.&lt;br /&gt;Etait-ce l’air insolent de Me Serre-Pollet ? Sa façon désinvolte de répondre aux questions des journalistes par-dessus la jambe et en mimant le geste de se dépoussiérer les ongles ? Toujours est-il que Serre-Pollet ne put bientôt plus poser les pieds sur un plateau de télévision sans être hué dans tout l’Hexagone, de Lille à Marseille et de Brest à Strasbourg. Hélas sans que cette désapprobation générale n’incite le moins du monde le cynique avocat à se remettre en question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même lorsque Bienfourny fit paraître, après six mois d’emprisonnement seulement, un livre de confessions intimes intitulé - &lt;I&gt;Morale du Tueur en série&lt;/I&gt; -, le scandale rejaillit sur son avocat, qu’on accusa d’avoir servi d’intermédiaire entre les éditions du “Gallinacée” et son ex-client. Me Serre-Pollet eut beau se défendre en jurant ses grands dieux qu’il n’avait jamais acheté un livre neuf de sa vie, et surtout pas un livre publié par le “Gallinacée”, il ne fut pas cru.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;CENTER&gt;*&lt;/CENTER&gt;&lt;br /&gt;La mobilisation médiatique et l’indignation des Français autour de l’affaire Bienfourny étaient à peine retombées qu’éclatait à son tour le scandale de la chapelle Saint-Brandon. Un couple d’étudiants à la fac de Droit de Brest, Erwan Marcheznouar et Clémentine Legazoal, après avoir célébré une messe noire dans la chapelle Saint-Brandon, petit joyau d’art gothique des XIIIe-XIVe siècle, qui justifiait largement l’afflux de touristes venu chaque été pour la visiter, le jeune couple avait entièrement recouvert le monument classé d’inscriptions sataniques rose fluo, avant d’y mettre le feu en enflammant un bidon d’essence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne sera pas étonné que Me Serre-Pollet saute dans le premier train en partance pour Brest afin de proposer ses services à Clémentine et à Erwan. Compte tenu du succès de Serre-Pollet dans la délicate affaire Bienfourny et de la maigreur de leurs comptes en banques à l’un et à l’autre, les prévenus acceptèrent sans hésiter ses services.&lt;br /&gt;Me Serre-Pollet n’était pas de ces avocats qui conseillent à leurs clients de plaider coupable, comme en témoignent les larges extraits de sa plaidoirie reproduits dans un numéro spécial illustré de &lt;I&gt;Ouest-France&lt;/I&gt; consacré à l’affaire des “Diaboliques de Tréguenon” :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;I&gt;« Mesdames et Messieurs, Mesdemoiselles les Jurés, cher public… Sommes-nous, oui ou non, dans un régime authentiquement laïc et républicain ? Oui, en vérité, je vous le demande, la laïcité est-elle toujours le meilleur rempart contre la superstition et les croyances ésotériques de religions qui remontent jusqu’au Moyen-âge ?&lt;br /&gt;Au nom des seuls intérêts touristiques d’un canton, d’un département ou même d’une région, qui disposent par ailleurs d’une vue unique sur le large, faut-il reléguer les principes les plus sacrés à un rôle de figuration ? Les Droits de l’Homme à bénéficier d’une éducation entièrement dépourvue de préjugés religieux… ces droits inaliénables, en vertu de quoi devraient-ils demeurer virtuel pour celui qui vit dans l’ombre d’une chapelle et dans l’écho de son carillon dominical ? Comment opposer demain ce droit aux jeunes barbus fanatiques de l’Islam, qui réclameront de vos filles qu’elles soient vierges, si on ne le fait pas respecter &lt;I&gt;hic et nunc&lt;/I&gt; !? Comment ??&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« (…) Ce que l’Etat n’ose pas faire, afin de ménager une certaine frange de la population qui vit encore dans les mythes du passé, Clémentine et Erwan n’ont-ils pas eu, eux, au contraire le courage de l’accomplir, malgré le vent, malgré les flammes, et malgré le vent qui soufflait sur les flammes, nous renvoyant ainsi à nos petites lâchetés quotidiennes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A titre personnel, permettez-moi d’exprimer une opinion : il y a toujours eu une petite frange d’esprits réactionnaires tournés vers le passé obscurantiste de notre pays, freinant des quatre fers comme des brutes. Les mutations nécessaires au progrès, s’il avait fallu attendre l’assentiment de cette minorité de fanatiques, n’auraient jamais eu lieu. Ce n’est que mon sentiment, bien sûr, mais je voulais vous le faire partager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« (…) Permettez-moi donc, Mesdames et Messieurs, et Mesdemoiselles les Juré(e)s, de rendre hommage à la foi sincère de Clémentine et Erwan dans l’avenir de la laïcité. Au moins on peut dire qu’ils n’ont pas renié les principes qui leur furent enseignés il y a quinze ans à l’école communale Yves Coppens de Kerguenon où ils effectuèrent leur maternelle, côte-à-côte, déjà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’ici dix, quinze, vingt ans, il n’est pas dit que le conseil municipal de Kerguenon - gardons-nous d’insulter l’avenir ! -, que ce conseil ne décide de baptiser une rue du nom composé de ce jeune couple de pionniers laïcs ici présent, sous vos yeux, dans le boxe des accusés. Souvenez-vous de l’affaire Dreyfus : il en a fallu du temps !&lt;br /&gt;En attentant, Mesdames et Messieurs, Mesdemoiselles les Jurés, je réclame pour mes clients Clémentine et Erwan l’acquittement pur et simple ! »&lt;/I&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un tonnerre d’applaudissement suivit cette plaidoirie où Me Serre-Pollet avait mis, outre ses arguments, tout son cœur et tout son allant. Comme leur avocat le leur avait recommandé, Erwan et Clémentine n’ajoutèrent pas un mot, se contentant de regarder le Président du Tribunal droit dans les yeux sans ciller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un arrêt de non-lieu fut d'abord rendu. Mais le syndicat d’initiative, ainsi que la municipalité, ayant demandé et obtenu un procès en révision, firent venir un avocat de Paris. Celui-ci argua du distinguo entre une saine “laïcité” qui ne nuit à personne, pas même au patrimoine immobilier, et le “laïcisme”, dérive dangereuse du droit qui entraîne les individus à se croire détenteurs d’un principe supérieur ; pire : à ne pas dissocier la forme du fond et à se priver par conséquent de la principale ressource du droit civil laïc !&lt;br /&gt;Le premier jugement fut cassé, Erwan et Clémentine finalement condamnés à un euro de dommages-intérêts et à ne plus s’approcher des édifices religieux du département à moins de cinquante mètres.
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                <guid isPermaLink="true">http://lapinos.hautetfort.com/archive/2008/05/13/entre-cygnes.html</guid>
                <title>Entre cygnes</title>
                <link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2008/05/13/entre-cygnes.html</link>
                <author>noreply@ (Xavier JASSU)</author>
                                                <category>Journal intime</category>
                                                <pubDate>Tue, 13 May 2008 15:35:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Alors étudiant en propédeutique à B***, petite capitale de province à demi figée dans la routine moderne, un fait divers avait frappé l’esprit en friche du jeune Xavier de J.&lt;br /&gt;Précisons que la Philosophie, choisie au hasard entre plusieurs sujets d’étude possibles, la Philosophie était loin de combler la curiosité tous azimuts de notre héros ; aussi pour compenser l’aridité de cette matière et se distraire de ses professeurs lisait-il les dépêches des canards locaux ou nationaux avec assiduité, en quête d’un supplément de métaphysique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;I&gt;« L’assassin,&lt;/I&gt; disait le “Petit Rapporteur de l’Ouest” en “Une”, &lt;I&gt;s’est introduit à la faveur de la nuit dans le parc d’enceinte du Palais de Justice ; il s’est attaqué dans le plan d’eau baptisé “lac des cygnes” par les riverains aux trois spécimens, deux blancs et un noir, de cette espèce de palmipèdes décoratifs. Après les avoir exécutés par strangulation, sans autre forme de procès il a pendu ensuite les pauvres bêtes par le col aux grilles du parc. »&lt;/I&gt;&lt;br /&gt;Une photographie était censée renforcer la description de l’article, mais elle était floue et peu explicite avec ses trois taches blanches informes sur fond de frondaisons glauques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le bec du cygne du milieu, les enquêteurs retrouvèrent un billet coincé, où le criminel avait griffonné quelques revendications. Conformément au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’indépendance de la Cornouaille sous quinzaine était exigée, ainsi que, et là la revendication était directement adressée au futur gouvernement de la Cornouaille libre et indépendante, l’enseignement de l’idiome cornouaillais aux jeunes enfants dès la classe de maternelle supérieure. Sinon le militant indépendantiste n’était pas près de déposer les armes et il fallait s’attendre à d’autres représailles sur la faune des espaces verts du département.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;I&gt;« - Tout ça est parfaitement idiot et recèle sûrement autre chose… »&lt;/I&gt; songea le jeune homme perplexe. Il avait néanmoins tiré de F. Hegel et A. Allais, ses auteurs favoris, que l’absurdité, malgré les apparences, n’est pas dénuée de sens pour peu qu’on ait bon pied, bon œil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une promenade de reconnaissance dans le parc qui avait servi de cadre au drame s’imposait. Y pique-niquer aussi par la même occasion vu qu’une éclaircie venait juste de se déclarer au-dessus de B*** serait une bonne idée.&lt;br /&gt;Un sandwich composé de mie de pain et de jambon sec d’Italie à la main, une canette de bière en poche, Xavier de J. parcourut toutes les allées en plissant les yeux. Mais nul détail révélateur ne vint éclaircir pour lui l’énigme, serait-ce d’un iota.&lt;br /&gt;Ce jardin public était on ne peut plus banal, avec ses parterres de fleurs criardes soigneusement entretenus, ses grappes de vieillards qui trompaient le temps en jouant aux boules, son théâtre grec en béton, ses balançoires abandonnées à l’heure de l’école, ses pelouses d’un vert désespérant, sa mare aux cygnes tristement vide…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu’à l’architecture du Tribunal sis au milieu, qui n’était ni spécialement dissuasive ni spécialement acceuillante ; sur le côté gauche du palais, on avait érigé le buste de quelque écrivain natif de B*** afin d’entretenir sa gloire, comme font toutes les municipalités. L'étudiant passa devant sans même s'arrêter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;CENTER&gt;*&lt;/CENTER&gt;&lt;br /&gt;Douze années plus tard, Xavier de J. avait relégué cette anecdote dans le vide-poche de sa mémoire et poursuivait ses études dans une ville plus grande lorsque, feuilletant distraitement un bouquin extrait de la bibliothèque de son dentiste, assortiment d’ouvrages jugés propices à endormir l’impatience et l’angoisse d’une clientèle aux nerfs en pelote et qui pouvait, de l’antichambre où elle se trouvait confinée, percevoir le son agaçant d’une roulette ou d’une perceuse, il se ressouvint soudain, butant sur un long couplet, de ce fait divers ancien, par association d’idées et de couleurs (la moquette de la salle d'attente était verte, elle aussi) :&lt;br /&gt;&lt;I&gt;« …étant allé jusqu’à la mare de Montjouvain où j’aimais revoir les reflets du toit de tuile… en grand deuil car son père était mort depuis peu… c’est assommant, quelque chose insignifiante qu’on fasse, de penser que des yeux vous voient. »&lt;/I&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec ses phrases-boa, Proust, car il s’agissait d’une édition bon marché de &lt;I&gt;Du Côté de chez Swann&lt;/I&gt;, Proust n’était-il pas lui aussi un redoutable tueur de signes sous des dehors bonhomme ? Par réflexe Xavier de J. porta une main inquiète à son cou alors qu'on l'appelait à son tour dans le cabinet rempli d'appareils plus monstrueux les uns que les autres.&lt;br /&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://lapinos.hautetfort.com/archive/2008/05/07/aimer-rembrandt.html</guid>
                <title>Aimer Rembrandt</title>
                <link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2008/05/07/aimer-rembrandt.html</link>
                <author>noreply@ (Xavier JASSU)</author>
                                                <category>Journal intime</category>
                                                <pubDate>Wed, 07 May 2008 13:33:07 +0200</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;em&gt;“ Je vous le dis, sans aucun doute, si Rembrandt vivait aujourd’hui il ne serait pas peintre… il choisirait plutôt de faire du cinéma ! ”&lt;/em&gt; Le peintre Charles Marron avait attendu qu’on soit rendu entre la poire et le fromage pour essayer ce trait d’esprit provocant sur ses convives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un ange passa, avant que les réactions ne fusent :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;“ - Ah oui ?&amp;nbsp;c’est ce que tu penses vraiment, Charles ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;- Eh, eh, pas mal observé…&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;- Oh oui, joli “travelling”, Charles ! ”&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La&amp;nbsp;dernière répartie était de Flora, qui avait posé pour Marron autrefois dans sa période figurative. Il y avait en sus autour de la table dressée dans la courette du peintre, d’où on pouvait voir le quart Sud-Est du Sacré-Cœur : Anne-Elisabeth, une galeriste réputée l’amie intime de Flora, quai Voltaire ; Patrick, un voisin sans profession fixe avec qui Charles jouait souvent à la pétanque dans le quartier ; Axel, neveu unique de l’artiste accompagné de sa petite amie Ophélie ; enfin Me Bonneteau - dont Marron attendait surtout l’avis. Nicolas Bonneteau comptait en effet beaucoup pour l’artiste. Il était son agent et ami depuis plus de trente ans, l’avait toujours conseillé intelligemment. Mieux : si la peinture de Marron avait triplé sa cote et franchi un cap, c’était pour une part aux conseils de son meilleur ami que Marron le devait. Si Bonneteau acquiescait, alors Marron n’hésiterait plus, il relancerait sa formule sur Rembrandt et le cinéma lors de son prochain passage dans “Cultures en fusion”, l’émission du compositeur-animateur Frédérick Peticouly-Decaille.&lt;/p&gt; &lt;center&gt;*&lt;/center&gt; &lt;p&gt;Bonneteau, un peu en retard sur les autres, fit descendre en force la bouchée de pain Poilâne et de fourme de Montbrison qui lui restait en travers, vu que tous les regards après celui du “maestro” s’étaient tournés vers lui :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;“ - Eh, bien, comment dirais-je, Charles… ta métaphore est on ne peut plus “hégélienne”… et, même si Heidegger ou Houellebecq sont plus à la mode aujourd’hui, au niveau du concept, étant donné que tu vas précisément faire la promo d’un film, je trouve ça plutôt subtil… d’ailleurs Houellebecq et Heidegger sont déjà un peu “out”, donc… ”&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Là-dessus Bonneteau attaqua le tiramisu “fait maison”, dépassant ainsi les autres. Le peintre avait en effet décidé de se diversifier, de se consacrer au Septième art à son tour, tout en gardant un pied dans la peinture. Consacrer un long métrage à Rembrandt constituait une bonne transition. Il faudrait être fou en 2008 pour ne pas aimer Rembrandt ! Même les cons qui votent Le Pen ou Sarkozy aiment Rembrandt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l’on examine en détail l’œuvre de R., ce que Marron n’avait pas manqué de faire avant le tournage du film, on se rend compte du soin particulier qu’il apporte à la mise en scène et à l’éclairage, un peu comme Fritz Lang, le grand cinéaste juif chassé d’Allemagne par les nazis… Si Vermeer préfigure les grands photographes actuels qui savent mettre la vie quotidienne en abyme, Brassayas, J. Meese, ou même Ronald W. Stuart, on peut se permettre de faire le parallèle entre Rembrandt et le cinéma expressionniste allemand, David Flynch compris évidemment…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;“ - Mais, mon Oncle,&lt;/i&gt; fit le neveu de Marron, pris d’une inspiration subite et court-circuitant la méditation qui prolongeait la réponse de Bonneteau, &lt;i&gt;mon Oncle comment peux-tu être aussi sûr que Rembrandt eût pu s’habituer à tenir une caméra après avoir fait usage auparavant d’un pinceau et d’une palette de couleurs&amp;nbsp;une partie de sa vie durant&amp;nbsp;? Ça fait quand même un grand changement, non ?! En fait t’es bien placé pour le savoir ! ”&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le “mon Oncle”, autant que la naïveté du propos, fit sourire le reste des convives sauf Ophélie qui ne souriait pratiquement jamais. Marron ne pouvait pas avoir d’enfants, étant donné sa vocation de peintre, mais sa sœur lui avait confié avant de mourir son fils Axel, qui rêvait de percer dans les arts plastiques lui aussi après avoir mis fin à ses études de commerce. Mais ce pauvre Axel était d’un terre-à-terre !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;“ - Cher Neveu,&lt;/i&gt; Marron imitait le style de son émule, &lt;i&gt;j’espère que tu n’attends tout de même pas sérieusement que je réponde à cette question ? Le métier de peintre, vois-tu, tout le monde ou presque peut l’apprendre, avec un minimum d’entêtement, et je sais que tu en as un maximum ; mais pour ce qui est du concept… là c’est autre chose le concept… quasiment de l’ordre de… de l’inné ! Il n’y pas un seul génie dans l’histoire de l’art qui n’ait peint avec un concept puissant par-derrière… Léonardo ? On ne peut pas faire plus conceptuel ! Et Dürer, l’abstraction de Dürer !! Dürer est tellement abstrait qu’il a besoin de savoir à quoi ressemble un corps à l'intérieur avant d'en dessiner&amp;nbsp;l’extérieur ; je ne parle même pas de Pottock, qui pense plus qu’il ne peint, Pottock qui est tout “intériorité” !… ”&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais Axel n’écoutait même plus, il s’était jeté sur la dernière part de tiramisu qui restait et semblait trouver un intérêt plus grand à la mastication de son dessert italien, les yeux levés au ciel en signe d’extase, qu’aux explications de son oncle, confirmant le mauvais pressentiment du tuteur quant aux chances de son pupille de se faire un nom dans l’art contemporain de demain.&lt;/p&gt; 
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                <title>Promixité</title>
                <link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2007/12/29/promixite.html</link>
                <author>noreply@ (Xavier JASSU)</author>
                                                <category>Journal intime</category>
                                                <pubDate>Sat, 29 Dec 2007 20:30:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Cinquième fois en vingt-quatre heures que ma voisine se fait baiser par son amant et que les boiseries font remonter leurs gémissements et beuglements jusqu’à moi. Comme quoi en plein Paris on peut avoir l’impression d’habiter à la campagne. Qu’est-ce que ça va être au printemps !&lt;br /&gt;À tout prendre dans les esgourdes, j’aime mieux ça que d'entendre les &lt;I&gt;Beatles&lt;/I&gt; ou &lt;I&gt;Madonna&lt;/I&gt; qu’ils mettent parfois à pleine sauce pour se donner le moral en dehors du coït.&lt;br /&gt;Pour les spécialistes du comportement que ça intéresse, je relève que ces étreintes à répétition sont brèves, deux à trois minutes grand maximum, suivies de longues conversations enjouées (dont la teneur exacte m’échappe), et que la femelle s’est mise à gémir et à beugler à son tour à la quatrième reprise seulement (Si je n’avais pas su que mademoiselle était là, j’aurais pu croire que monsieur se branlait.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-on dans ce cas aussi parler de gaspillage et d’existentialisme exacerbé ? Ou faut-il se garder, en l’espèce, de faire une moyenne entre les tempéraments, au risque d’accréditer les thèses de Le Pen sur l’inégalité entre les races (Il est basané et ma voisine, elle, est très blanche de peau.)&lt;br /&gt;En tout cas moi je suis présent, contrairement à son amant vigoureux, dans les mauvais moments comme dans les bons, lorsque ma voisine se met à gémir de douleur aussi, et pleure à gorge déployée son dernier “bon coup” envolé vers de nouveaux ciels de lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est reparti pour un sixième coup ! Peut-être une sorte de défi ou un record à battre… L’ennui ne mène-t-il pas aux pires extrémités ?
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                <title>Au crépuscule</title>
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                <author>noreply@ (Xavier JASSU)</author>
                                                <category>Journal intime</category>
                                                <pubDate>Tue, 25 Dec 2007 02:43:19 +0100</pubDate>
                <description>
                    Je sais pas si c’est l’appel de Sarkozy à se convertir à la foi catholique, mais la basilique était pleine comme un œuf pour la messe de minuit ! Un peu plus et on refusait du monde à l’entrée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le curé parle de la “joie de Noël” ; faut croire que je suis un peu pisse-vinaigre vu que personnellement je ne me sens pas joyeux mais plutôt las ; trop de folklore dans ces agapes. Les païens évolutionnistes n’ont pas su inventer leurs propres cérémonies, leurs propres cantiques, alors ils se rabattent sur ceux de leurs grands-parents, sans grande conviction, ils pointent leur nez à la messe de minuit, histoire de.&lt;br /&gt;Il y a des regards curieux tournés vers les grandes orgues, vers les enfants de chœur en aubes blanches et les volutes d’encens. Ils n’ont jamais vu le &lt;I&gt;Jour du Seigneur&lt;/I&gt; à la télé, ou quoi ? En vrai c’est jamais pareil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour me protéger du courant d’air près de la porte, je me suis agglutiné à un groupe d’une trentaine de personnes, parmi lesquelles il y a quelques jeunes couples, qui se tiennent debout enlacés ; ils ont l’air contents d’être là et se pelotent même un peu pour marquer le coup. L’ambiance est bizarre, je me sens comme un étranger dans cette foule. Je suis soulagé de sortir dans le froid et de déambuler seul dans les rues recouvertes de givre, quelques glissades en fredonnant des cantiques : &lt;I&gt;« Vexilla regis… »&lt;/I&gt;. Serais-je vraiment en train de devenir misanthrope ? Au début j’avais pourtant un côté boute-en-train…
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                <guid isPermaLink="true">http://lapinos.hautetfort.com/archive/2007/12/21/candidat .html</guid>
                <title>Candidat !</title>
                <link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2007/12/21/candidat .html</link>
                <author>noreply@ (Xavier JASSU)</author>
                                                <category>Journal intime</category>
                                                <pubDate>Fri, 21 Dec 2007 10:35:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Une amie me fait cette remarque impertinente que j’aurais tendance à me prendre pour le pape. Ça vaut toujours mieux que de se prendre pour le président de la République !&lt;br /&gt;Elle réplique que je me prends AUSSI pour le président de la République !&lt;br /&gt;Tant que les femmes vivront plus longtemps que nous, elles auront le dernier mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du reste, je suis théoriquement éligible au trône de Pierre, qui n’est pas réservé à un cardinal ni même un ecclésiastique. La date du prochain scrutin et ses conditions sont entre les mains de Dieu, mais je ne vois pas ce qui pourrait m’empêcher de dévoiler les grandes lignes de mon programme à l’avance, pour ne pas être pris au dépourvu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;CENTER&gt;*&lt;/CENTER&gt;&lt;br /&gt;Parmi les mesures d’urgence que je prendrais, il y aurait l’interdiction faite au clergé de prononcer des sermons jansénistes ou existentialistes. Evidemment, parler en paraboles comme Jésus exige un sens de l’épopée et du conte qui n’est pas une vertu très répandue parmi les curés contemporains qui n’étudient pas Cervantès à l’école, hélas.&lt;br /&gt;Mais la littérature chrétienne regorge de passages magnifiques, de Bossuet, de Baudelaire, de Bloy - ou de Péguy, de Claudel, pour prendre des auteurs plus modernes ; on pourrait se contenter d’en lire des morceaux au lieu d’infliger à des assemblées démocrates-chrétiennes, c’est-à-dire déjà à moitié païennes, des dissertations complètes de philo. J’observe que dans ma paroisse, le mauvais penchant à philosopher n’a fait qu’augmenter depuis l’élection de Benoît XVI. Il n’est plus un curé, aussi petite et reculée soit son “secteur”, qui ne se prenne désormais pour saint Thomas d’Aquin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De façon pratique et vu le paganisme galopant en France, le clergé s’efforçant dans sa grande majorité de contredire les ordres du Vatican, le plus efficace serait de prendre un décret interdisant carrément aux prêtres de prêcher et d’abandonner ce petit jeu aux protestants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;CENTER&gt;*&lt;/CENTER&gt;&lt;br /&gt;Deuxième mesure d’urgence, vu que refaire de la politique est essentiel et urgent pour l’Eglise catholique, et qu’on ne peut pas faire de politique sans hommes, j’ordonnerais une conscription générale pour remplir de nouveau les séminaires. Tous les catholiques de sexe masculin de vingt à cinquante ans seraient mobilisés, détournés pour leur plus grand profit et celui de la société de la “vie de couple”. On serait d’ailleurs surpris de constater que les hommes de trente à cinquante ans sacrifient, si ce n’est la sexualité, du moins cette merveilleuse “vie de couple”, sans trop de regrets.&lt;br /&gt;Seuls les pères de familles vraiement nombreuses seraient acquittés, ainsi que ceux qui s’acquitteraient d’une taxe qui financeraient les études et le logement des séminaristes les plus déshérités&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;CENTER&gt;*&lt;/CENTER&gt;&lt;br /&gt;Un dernier point d’actualité. Recevrais-je au Vatican si j’étais élu pape Nicolas Sarkozy et sa bande de potes, Jean-Marie Bigard, Alain Delon ou Bernard Arnault ? Bien sûr, mais à condition qu’ils soient vêtus comme les bourgeois de Calais et non en costumes rayés de maquereaux ripoublicains. Dans ces conditions il n’y a aucune raison d’interdire à Zachée de pénétrer dans la ville sainte.
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                <title>Ma conversion</title>
                <link>http://lapinos.hautetfort.com/archive/2007/12/19/ma-conversion.html</link>
                <author>noreply@ (Xavier JASSU)</author>
                                                <category>Journal intime</category>
                                                <pubDate>Wed, 19 Dec 2007 12:35:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Petit retour en arrière sur ma conversion au marxisme qui date d’il y a deux ans tout au plus. A dire vrai, j’ai toujours eu une conception marxiste de l’art, sans le savoir. J’ai toujours tenu les artistes contemporains pour des valets du capitalisme et l’artiste, au sens noble du terme, comme un artisan politique.&lt;br /&gt;Mon&amp;nbsp;retard à découvrir Marx, à trente ans passés (!), a plusieurs causes&amp;nbsp;; un préjugé religieux, d’abord&amp;nbsp;: je croyais que Marx était un de ces athées stupides comme Nitche, à cause des idées assez fausses que le parti communiste propage sur Marx&amp;nbsp;; alors que Marx et Nitche divergent complètement ! C’est la mort de la philosophie que Marx décrète ou appelle de ses vœux.&lt;br /&gt;Ce qu’il y a de séduisant au premier abord dans le marxisme pour quiconque a une «&amp;nbsp;disposition artistique&amp;nbsp;», c’est sa cohérence, comparé aux billevesées libérales.&lt;br /&gt;Les artistes sont amoureux de l’ordre. Il n’y a qu’à regarder une eau-forte de Rembrandt pour le comprendre. Je suis persuadé que ce qui a dégoûté Baudelaire de la révolution, alors qu’il était proche de son principe, c’est l’anarchie qui en découla. Idem pour Delacroix.&lt;br /&gt;Quand je tombe sur Finkielkraut à la télé, pas plus tard qu’hier soir, j’ai une réaction quasiment épidermique de rejet. Finkielkraut tient à la fois du caméléon, ses vues s’adaptent à celles de son interlocuteur ou aux circonstances, et de l’anguille pour sa façon d’éviter de se mouiller en faveur de tel ou tel, et de la volaille pour son arrogance et sa superficialité. En dernier ressort, lorsqu’il se sent acculé, et n’importe quel sous-réthoricien a les moyens d’engluer Finkielkraut dans sa propre toile, en dernier ressort Finkielkraut n’a qu’un seul argument, racial&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Oui, mais je suis Juif&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Au plan ethnologique un cas d’espèce intéressant à condition de surmonter son dégoût. BHL fait figure de Philistin «&amp;nbsp;classique&amp;nbsp;» à côté.&lt;br /&gt;Mais une telle hybridation, si elle a un côté burlesque «&amp;nbsp;médiéval&amp;nbsp;», est trop révélatrice du degré de médiocrité de l’élite bourgeoise pour prêter à sourire franchement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;CENTER&gt;*&lt;/CENTER&gt;&lt;br /&gt;La sûreté du jugement littéraire de Marx n’est pas un mince argument en sa faveur non plus. Shakespeare est une des figures de proue de la bibliothèque de Karl Marx. Au point qu’il fit apprendre par cœur à ses filles des actes entiers de Shakespeare. Les lettres de sa fille Laura sont étonnantes&amp;nbsp;! On a là l’idée du résultat que peut donner une éducation aristocratique. Quel rapport avec ces mères qui se débarrassent de leurs gosses entre les mains d'instituteurs à demi-savants pour aller glaner un peu d’oseille par ailleurs et qui ont le culot de se plaindre ensuite de&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; récupérer à la sortie de cette usine à gaz des nouilles mal élevées&amp;nbsp;? Fossé aussi entre Marx et les bourgeois contemporains qui font lire à leurs enfants des mièvreries comme Harry Potter, «&amp;nbsp;pour leur donner le goût de la lecture&amp;nbsp;», ah, ah&amp;nbsp;! - bouquins que les gamins en général, pas si cons, s’empressent de refourguer par-derrière en échange de quelques bonbons, quand ce n’est pas un téléphone portable pour singer leurs parents.&lt;br /&gt;L’exemple de Shakespeare est important car il contient le principal malentendu à propos de Marx, une galéjade en réalité, mais dans la société où nous sommes il faut TOUT expliquer. En effet, de la même manière que Marx, Shakespeare est suspect aux yeux des bourgeois d’être «&amp;nbsp;matérialiste&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;cynique&amp;nbsp;», alors que c’est l’écrivain le plus spirituel de l’Occident moderne&amp;nbsp;!&lt;br /&gt;Enthousiasme de Marx pour Balzac également. En ce qui me concerne, je préfère Barbey d’Aurevilly, plus aiguisé à mon avis que Balzac. Mais on reste en famille. Pour être équitable, Marx aimait aussi se distraire avec les enfantillages d’Alexandre Dumas. Comme quoi nul n’est parfait, même pas Marx.
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