Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Gare à ta jaguar !

    medium_jaguar.gif

    Un jour je me rappelle, c'était il y a vingt ans, ils sont venus chez moi, j'étais petit, je portais encore des culottes courtes. Dès que ma mère a eu le dos tourné, ils se sont servi dans le frigo sans rien demander ; et quand mon père est sorti pour s'acheter du tabac ou un journal, ils ont fouillé dans les tiroirs de son bureau, on ne sait jamais.
    Ma mère était colère, elle voulait leur dire deux mots. Mon père a dit que non, ça pouvait être pire, on savait pas de quoi ces fumiers étaient capables. Je crois que ma haine contre les journalistes date de ce jour-là.

    J'ai besoin d'allumer la télé pour l'entretenir, cette haine. Je fais autre chose en même temps, comme bouquiner ou pioncer, mais je peux pas me passer de l'allumer une ou deux fois par semaine, au moins.
    Les domestiques, les garçons de ferme, les ouvriers, les sans-grade – le populo, il pouvait voir les aristos, eux, les toucher ; les journalistes, sortis de la télé, on dirait qu'ils se planquent… Depuis le temps que je rêve d'en pousser un dans la Seine, eh bien que dalle, je croise des acteurs, des starlettes, mais aucun journaliste ! Ah, si, j'ai déjà croisé Nagui dans le 18e et Stéphane Bern dans le 9e, mais, comment dire… ils sont désarmants ces deux-là !

    Hier soir, débat sur la contre-culture et l'"underground", des sous-intellos qui se pignolent en rond pendant une heure sur la définition d'"underground". Tiens, Finkielkraut n'est pas là !? Au milieu du bavardage chiantissime, le présentateur exhibe un "résistant", un type qui résiste, donc, mais sur internet. C'est "underground", internet, il paraît. Ah, ah, quel gag ! Ils pouvaient pas choisir plus miteux comme résistant. Un vrai paumé, tout juste s'il arrive à jacter rapport à un cancer du fumeur. Il dit quand même quelques mots contre l'industrie du tabac. Et pour défendre la couche d'ozone. Me fait pitié, ce bougre, comme un de ces lions tout pelés qu'on montre dans les cirques. D'ailleurs le présentateur, Frédéric Taddéi, il lui manque que la petite moustache pour ressembler à un dompteur de chez Bouglione.

    Tu parles d'un résistant ! Les médias utilisent aussi des "collabeurs", comme dit si bien Nabe : Djamel Debbouze, Eric et Ramzy, Lilian Thuram, tous ces "beurs" et ces "blacks" bien propres et aux comptes en banque bien garnis que les médias exhibent pour prouver qu'ils aiment la banlieue, son football, ses graffitis, son verlan, sa musique, ses poètes. En réalité, la banlieue, les médias l'exploitent, pour faire des 20 heures tonitruants, des docus qui pètent, des feuilletons métissés. Les "collabeurs" le savent très bien mais ils se taisent vus qu'ils sont mouillés jusqu'au cou.

    Peut-être que Joey Starr, lui, il est plus sincère ? Je pense à Sarkozy, automatiquement. C'est "chaud" pour Sarkozy en ce moment, hein ? Il suffit que les feus de joie reprennent pour que, d'un coup, le ministre de l'Intérieur brille par son inefficacité aux yeux de tous les Français, comme une twingo qui flambe dans la nuit, filmée par les caméras de France 2 ou de TF1.
    Ça, c'est si Joey Starr et ses potes veulent que Sarko perde les élections. S'ils veulent le faire gagner, il faut qu'ils foutent le feu dans le centre de Paname ! aux bagnoles des bobos !! Les bobos, le jour où on touchera à leurs meubles, à leurs fringues, à leurs i-pods, ils se précipiteront pour aller voter Adolf Hitler s'il le faut. J'ai aucun doute là-dessus.

    Pourquoi Joey Starr voudrait faire gagner Sarko, vous allez me dire ? Eh bien je le sens pourtant hésitant. Il a appris que les immigrés, la gauche les baise depuis trente ans avec ses pin's et ses slogans démagos, elle leur dit ce qu'ils veulent entendre, comme on parle à des enfants gâtés. Sarkozy et Ségolène, donc, pour lui, c'est bonnet blanc et blanc bonnet, il arrive pas à se décider. Ça doit être dur pour les nerfs de Sarko.

    Moi, je suis dans le même camp que Joey Starr, les types sincères se font tellement rares ! Bien sûr, on est différents. Ainsi, Joey, lui, quand il était petit, il était communiste comme ses parents. Georges Marchais, il le voyait comme une sorte de Che Guevara français. Tandis que moi, je ne croyais pas à tous ces bobards-là, je me moquais bien de Che Guevara, j'avais pas la permission de regarder la télé.