Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • La Police de la Pensée en flagrant délit !

    Le projet de loi Yadan (du nom de la députée qui en a assuré la promotion) a le mérite de faire surgir l'Etat profond, non plus sous forme d'une répression policière, comme pendant la grève générale des Gilets jaunes, mais cette fois sous la forme de la police de la pensée.

    Conçu pour restreindre encore un peu plus la critique de la politique d'expansion israélienne, l'assimiler à l'antisémitisme, ce projet de loi n'a rien à voir avec les Juifs, la lutte contre l'antisémitisme, ou même le projet sioniste : il correspond exactement à la description que G. Orwell fait de la police de la pensée dans "1984". La caractéristique menaçante de l'éthique totalitaire selon Orwell est son arbitraire. Autrement dit, elle peut être philosémite un jour et antisémite le lendemain : seu le but de censure compte. Il ne faut pas s'étonner que les personnes inculpées pour antisémitisme continuent d'être accusées d'antisémitisme, quand bien même elles ont été disculpées par un tribunal.

    Un tel projet de loi est impensable en Israël, car il reviendrait à reconnaître que B. Nétanyahou n'est pas le président d'une "grande démocratie", mais un dictateur militaire. Le syndicat des caricaturistes israéliens a protesté contre le limogeage de plusieurs caricaturistes anglo-saxons qui avaient osé caricaturer B. Nétanyahou ou V. Zélenski.

    L'opposition au projet de loi Yadan d'une pétition qui a recueilli en quelques jours plus d'un demi-million de signatures, et sans doute aussi la grossièreté du procédé, ont conduit les actionnaires de l'appareil d'Etat à y renoncer. Cela ne signifie pas qu'on a renoncé à renforcer la censure, bien au contraire.

    La liste des noms des promoteurs de la loi Yadan confirme que le lobby pro-Israël est loin d'être un lobby agissant exclusivement dans l'intérêt d'Israël. Une bonne partie n'a aucun lien identitaire ou religieux avec Israël. Cela s'explique du fait qu'Israël n'est pas une nation souveraine, mais un Etat soutenu par Washington depuis sa fondation.

    La police de la pensée selon la description d'Orwell est adaptée à la formule impérialiste. Le roman national est récrit pour s'adapter à l'évolution de la politique impérialiste. De fait, le régime soviétique initialement "philosémite" est devenu "antisémite" dans le cadre de la Guerre froide impérialiste. S'il peut paraître étrange, voire révoltant, qu'une partie de la classe politique française fasse passer les intérêts d'un groupe de pression étranger avant ceux de la France, il faut se souvenir que Paris est soumis à des pressions étrangères depuis les accords de Yalta, à un "entrisme" qui passe par des journalistes, des intellectuels, des hommes d'affaires bien français.

    Une autre illustration de la nébuleuse pro-Israël est son appel à voter contre Sarah Knafo lors des élections municipales, avant qu'elle ne recueille un maximum de suffrages dans la communauté française juive parisienne. Il est probable que le discours anti-européen et anti-atlantiste d'E. Zemmour dérange le lobby pro-Israël au plus haut point. Ici encore on discerne la logique impérialiste de la police de la pensée.

    Le projet d'Union européenne (2000-2026) est en suspens depuis une dizaine d'années déjà. Son histoire véritable est celle d'une succession de catastrophes économiques, qui horripilent la classe moyenne en France, comme en Italie ou en Allemagne. Depuis la tentative d'annexion de l'Ukraine, qui a révélé l'impuissance politique de l'UE encore plus nettement, la zone monétaire de libre-échange est au bord de l'implosion. L'UE n'a plus qu'une seule carte à jouer : celle du soutien à l'Ukraine, transformée par le bras de fer entre la Russie et les Etats-Unis en Etat mercenaire.

    Le projet de guerre de la Commission de Bruxelles requiert un renforcement de la censure et de la propagande. Déjà, depuis quelques années, la critique du régime ukrainien dans les médias de masse est devenue quasiment impossible. Les rares publicistes qui osaient présenter la situation objectivement ont été écartés des plateaux télé et n'ont plus accès qu'aux médias citoyens.

    Le projet de loi Yadan a été suspendu, mais tant que la relance industrielle par la guerre est programmée, le besoin d'une censure stricte et d'une propagande intensifiée persiste.

  • Le combat des médias citoyens

    La première vague des Gilets jaunes a été repoussée en 2019 sans ménagement par la garde prétorienne de 35.000 CRS protégeant l'appareil d'Etat centralisé... à quoi il faut ajouter une police secrète de 2.000 ou 3.000 policiers qui s'efforcent de contrecarrer les manifestations "en amont", en arrêtant les leaders, en exerçant des pressions sur eux, ou en obtenant la dissolution de groupes Facebook (dont un très important de plusieurs centaines de milliers de membres en 2020).

    Il ne faut pas céder à la mythomanie de la prise du pouvoir par la rue. La chute du monarque ne suffirait pas à rétablir ipso-facto une république, pas plus que le Brexit n'a permis aux Britanniques de retrouver l'indépendance et une marge de manoeuvre politique vis-à-vis de Bruxelles.

    L'élection par les MAGA de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis -contre le système- conforte ceux qui pensent pouvoir mettre au pas l'Etat profond par la voie légale. C'est oublier qu'un gouvernement oligarchique échappe justement au cadre légal, bien qu'il se cache autant que possible derrière le paravent de la légalité constitutionnelle. L'oligarchie s'accorde avec la formule technocratique dans la mesure où celle-ci s'écarte de l'exercice du pouvoir républicain. Il n'est pas rare d'entendre les dirigeants capitalistes faire l'éloge de l'efficacité du régime chinois.

    Pour plusieurs raisons les "médias citoyens" représentent le prolongement du mouvement des Gilets jaunes le plus utile. D'abord parce que, comme on l'a vu au cours du confinement sanitaire, les médias de masse représentent la courroie principale de transmission du pouvoir oligarchique. Les oligarques ne sacrifient pas chaque année quelques dizaines de millions d'euros pour le plaisir d'informer l'opinion publique, mais bien pour prendre part à l'Etat ; leurs médias sont des armes de sidération massive, particulièrement délétères dans la mesure où ils contribuent à abuser l'opinion publique, en particulier dans les domaines économique et industriel. Les candidats à la présidentielle n'existent qu'à travers ces médias, à l'exception de J.-L. Mélenchon qui a choisi de jouer la carte jouée par D. Trump en 2016.

    On constate par ailleurs que les journalistes citoyens, plus ou moins improvisés, et qui pour la plupart désignent les médias de masse comme leurs ennemis, sont nettement plus jeunes, entre 30 et 45 ans, que les journalistes-employés de l'oligarchie pour qui le journalisme est une rente de situation.

    Les médias citoyens travaillent donc à faire sauter le verrou médiatique plus utilement que les utopistes qui conçoivent sur le papier une VIe république parfaite.

    Je compte environ une vingtaine de ces médias indépendants, dont les audiences oscillent entre quelques centaines de milliers d'auditeurs et un million, suivant les émissions et les thèmes abordés. Ce calcul est approximatif en raison de la pluralité des canaux de diffusion (Youtube, podcasts, Facebook...). La preuve qu'ils visent juste est la réaction de Big Brother, qui s'efforce de reprendre le contrôle des réseaux sociaux américains sous divers prétextes, en mettant en place des moyens de censure plus efficaces, et si possible discrets.

    Je donne ci-dessous une petite liste non-exhaustive de ces "médias-citoyens", d'opinions politiques diverses mais dont l'objectif commun est d'élargir le champ de vision des citoyens français ; parmi mes critères de choix : une dissidence assumée, l'indépendance vis-à-vis des partis politiques en lice pour les présidentielles... Ici c'est un point important car la démagogie libérale de droite ou de gauche a pour fonction de transformer les problèmes politiques et sociaux, voire les faits divers, en arguments polémiques au service de discours publicitaires électoraux.

    Je me souviens d'avoir rencontré au début de son mandat de jeunes supporteurs naïfs d'E. Macron, conscients de l'effet néfaste du ping-pong idéologique droite-gauche ; ils m'avaient sollicité pour écrire dans leur publication (ce que j'aurais peut-être fait si j'avais été plus jeune et plus naïf). L'illusion de l'alternance gauche-droite est l'illusion de pluralisme.

    DIEUDONNE

    (En raison de la traque politico-judiciaire dont il fait l'objet depuis plus de dix ans, l'humoriste est la preuve vivante que l'Etat policier existe bel et bien. Dieudonné est au pouvoir mitterrandien ce que "Charlie-Hebdo" fut au pouvoir gaulliiste.)

    ELUCID

    (Olivier Berruyer invite des universitaires connaissant leur sujet, et sait leur poser les bonnes questions.)

    LE CANARD REFRACTAIRE

    (Jeune média citoyen indépendant - directement issu des Gilets jaunes).

    QG - LE MEDIA LIBRE

    (Issu d'une rupture avec LE MEDIA, organe mélenchonien - a gagné en indépendance). 

    IDRISS ABERKANE

    (Focalisé sur les conflits armés à travers le monde - un domaine casse-gueule où règne la désinformation, mais que les citoyens doivent s'approprier impérativement).

    LE MEDIA EN 4-4-2

    (Média soralien.)

    J.-M. JANCOVICI

    (Spécialisé dans les trafics bancaires de l'Etat profond depuis 2008).

    PRAXIS

    (Par le porte-parole des Gilets jaunes rouennais François Boulo, jeune avocat désillusionné par le fonctionnement de l'appareil judiciaire).

    FREQUENCE POPULAIRE MEDIA

    (Contenu éditorial proche d'ELUCiD et QG).

    TOCSIN

    (A prendre avec des pincettes car proche du RN).

    BLAST

    (A prendre avec des pincettes car proche de LFi).

    (Liste non exhaustive.)

    On peut estimer que le combat des médias citoyens contre les médias oligarchiques ressemble à la lutte du pot de terre contre le pot de fer, mais quelques millions de Français, plutôt jeunes, dont la conscience politique progresse contre les discours idéologiques propices à l'inertie, ce n'est pas négligeable dans un système qui repose largement sur le conditionnement. Le journaliste américain Nick Bryant, qui enquête sur le réseau Epstein (trentenaire) depuis une dizaine d'années, estime que 10% des citoyens états-uniens décidés à nettoyer les écuries d'Augias seraient suffisants.