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Lapinos

  • Satan ou la Culture

    Je propose cette définition chrétienne de la "culture" : Ce qui sépare l'homme de Jésus-Christ.

    La culture empêcha ainsi Judas Iscariote de suivre Jésus-Christ jusqu'au bout. La culture peut se résumer à l'argent, comme dans le cas du jeune homme riche mentionné dans l'évangile de Marc, ou encore de la société occidentale judéo-chrétienne, dont on voit que le mobile principal est l'argent, c'est-à-dire le plus anthropologique qui soit.

    Si les "sciences humaines" sont aussi honorées dans la société occidentale, en dépit de l'impasse à laquelle elles conduisent, c'est pour la raison que l'argent est devenu le principal MODE DE JUSTIFICATION. A peu de choses près, est juste l'homme dans nos sociétés à mesure des biens qu'il possède ; quel meilleur exemple que l'abolition du clivage sexuel par l'argent ?

    Notons ce phénomène : à mesure que les contours de la notion de culture se sont estompés, le mot "culture" a pris de l'importance - une importance mystique, pour ne pas dire superstitieuse. On parlera par exemple avec déférence d'un "homme de culture", sans bien savoir ce que recouvre la notion de culture. Cela fait penser au bourgeois gentilhomme de Molière et son ravissement de découvrir qu'il a manié la prose sans le savoir. Entre l'homme cultivé et l'homme inculte, la différence s'est donc estompée.

    Rares sont les philosophes qui, à l'instar de Nietzsche, ont fait un effort pour définir et préciser cette notion de culture, pour la préciser avec un minimum de rigueur. Nietzsche n'est pas seulement un cas isolé, il est aussi censuré comme si sa rigueur était devenue excessive ou impardonnable ; pourtant, c'est Nietzsche qui a raison du point de vue culturel : une culture qui n'a pas de limites équivaut à la barbarie, c'est-à-dire au point où nous sommes parvenus, dont les massacres entre peuples européens du XIXe et XXe siècles sont le témoignage.

    La culture occidentale moderne - mettons le cinéma ou la musique, pour prendre deux éléments promotionnels caractéristiques - a ceci de particulier qu'elle "magnétise" plutôt qu'elle plaît vraiment, opérant comme la lumière des phares sur les papillons.

    On conçoit donc qu'il y a quelque chose de "positif" qui nous sépare de dieu et de sa parole ; c'est le sens caché du récit de la Genèse, et on pourrait prendre le "fruit défendu" (figue ou pomme) comme le symbole de la culture ; la culture est une façon discrète d'exalter ou de faire-valoir le péché. Pourquoi cette discrétion ? Parce que la culture, telle que nous la connaissons, a été inventée par de soi-disant chrétiens, et non par des athées déclarés comme Nietzsche, franchement hostile à Jésus-Christ et ses apôtres.

    Le caractère subversif de la culture occidentale, sa fonction d'exaltation discrète du péché, est d'ailleurs largement ce qui la prive de produire les fruits de la culture païenne, telle que Nietzsche rêva de la restaurer.

    Les djihadistes mahométans nous semblent révoltés contre la culture occidentale moderne, bien plus que par un autre mobile. A cet égard, ils ressemblent beaucoup aux milices communistes issues du prolétariat, et leur erreur est sans doute la même : comme la nature, la culture a horreur du vide, de sorte que l'on ne peut détruire une culture sans y mettre autre chose à la place. A la place de la culture bourgeoise inique qu'elles ont détruite, les milices communistes ont instauré une culture bureaucratique et égalitaire qui ne valait guère mieux. Par quoi les milices mahométanes veulent-elles remplacer le veau d'or qui règne sur les nations occidentales judéo-chrétiennes ?

    La même erreur consiste, de la part de certains chrétiens, à vouloir anéantir le pouvoir de Satan sur leurs actions, d'un seul geste ou à l'aide de quelques exercices. C'est sans doute sous-estimer le maître de la destinée humaine, mal le connaître, et s'exposer à l'échec. Prenons la musique, par exemple, en qui les femmes trouvent souvent le réconfort et un remède à leur inquiétude native : on aura tort de s'en priver complètement, presque autant que de se priver d'une nourriture véritablement spirituelle. Il faut, comme le héros grec Ulysse, ne jamais perdre à l'esprit le but et ne pas se laisser entamer par les échecs ou les détours.

    Ce que Jésus-Christ propose, c'est la vérité, face à laquelle toute forme de culture fond comme neige au soleil - voyez comme la culture se nourrit du rêve, ne peut se résoudre à y renoncer, tandis que la science réduit le rêve au bête murmure des organes. De même la mort fait office d'argument culturel : on augmente ses mérites, tandis que du point de la vérité et des évangiles, la mort est la sanction des erreurs humaines.

  • L'enjeu de l'oecuménisme

    Au mois d'octobre prochain, l'actuel évêque de Rome (François) et les représentants des fédérations luthériennes feront une déclaration conjointe afin de mettre symboliquement un terme à un schisme multiséculaire ; l'antagonisme entre luthériens et catholiques romains est une cause de scandale ancienne parmi les chrétiens, consécutive à la rébellion de Luther contre la doctrine catholique romaine.

    L'accord est symbolique, car ses termes demeurent confus ; il y a fort à parier qu'ils le resteront.

    Au préalable il faut dire que l'Eglise est théoriquement indivisible, car elle repose sur dieu et la parole divine (les évangiles), non les interprétations divergentes que les hommes peuvent en faire, à cause de la chair (l'humaine faiblesse est résumée par Jésus-Christ dans ce mot : la chair) ; sont chrétiens et unis ceux qui demeurent fidèles à la parole divine et ne détournent pas son usage à des fins que Jésus-Christ a proscrites.

    Ce ne sont pas les désaccords sur l'interprétation de tel ou tel dit de Jésus-Christ, ni encore moins sur telle ou telle pratique religieuse qui sont la plus grande cause de scandale, mais le prétexte qu'ils ont fourni à des querelles, le plus souvent sanglantes et qui contredisent l'ordonnance principale de Jésus : - Aimez-vous les uns les autres.

    Le grand schisme qui opposa luthériens et catholiques romains peut n'avoir aucun effet sur un coeur pur et simple, obéissant à Jésus. La mission assignée par Jésus aux apôtres, ses frères, est de répandre l'évangile et non de contraindre à adhérer à une institution en usant de la force ou de méthodes violentes plus modernes comme la propagande, où entre une part de séduction.

    - Qu'en est-il aujourd'hui des différences entre le culte luthérien et le culte catholique romain ? Certaines ont été abolies par l'effet du temps, qui a privé l'Eglise romaine du pouvoir de coercition dont elle disposa autrefois ; pour autant, l'Eglise romaine a-t-elle renoncé à l'exercice du pouvoir temporel ? On le croira difficilement dans la mesure où bon nombre de catholiques véhiculent une idéologie séculière... sans même paraître se rendre compte qu'ils le font, confondant ainsi la guerre sainte spirituelle menée par les apôtres contre Satan avec une sorte de folklore païen, de culture nationaliste assez grossière.

    La nation américaine, qui ne relève pas en principe de l'autorité romaine, illustre semblable aliénation nationaliste. Le rêve ou la fantasmagorie est le but poursuivi par la nation américaine, non la vérité.

    Nous vivons une période de trouble, dans la mesure où les choses les plus simples demandent à être éclaircies ; dans la mesure aussi où le christianisme est présenté parfois comme un folklore nationaliste, alors qu'il est le contraire.

    - Une revue luthérienne, à propos de cette future déclaration commune d'unité, fait état d'un relatif scepticisme, notamment en ce qui concerne la question de la pratique religieuse ; le culte catholique romain est en effet organisé autour de la célébration de l'eucharistie par le prêtre catholique ; or cet office, du point de vue luthérien, est le lieu et le moyen d'un détournement de pouvoir au profit du clergé. Le rituel de l'eucharistie se substitue à la découverte de la parole divine. Sans conteste, la hiérarchie catholique romaine est tributaire du rituel de la messe.

    La volonté oecuménique commune des chefs des Eglise catholique et luthériennes paraît donc, elle aussi, assez trouble. On comprend la volonté de mettre un terme à une ancienne querelle ; cependant, en l'occurrence, la querelle est forclose, d'une part, comme une vieille plaie que le temps a refermée ; d'autre part, en revanche, elle demeure ouverte sur certains points cruciaux comme la signification véritable du rituel catholique - points cruciaux qu'il n'est pas question ici de trancher.

    Par ailleurs, les chefs des Eglises chrétiennes institutionnelles ne semblent pas décidés à vouloir prendre des mesures beaucoup plus simples, significatives et symboliques, comme la rupture des liens qu'elles entretiennent avec les élites politiques à travers le monde, entretenant ainsi l'idée antichrétienne que l'on peut servir deux maîtres à la fois, et refusant de "rendre à César ce qui est à César". C'est pourtant le mélange d'une querelle religieuse avec une querelle politique qui rendit le schisme entre l'Eglise catholique et l'Eglise luthérienne aussi violent et néfaste.

    Le christianisme n'est un aspect majeur de la culture occidentale que par l'effet d'un tour de passe-passe et d'un mensonge éhonté auquel les chefs de Eglises autoproclamées chrétiennes ne semblent pas vouloir renoncer.

    Le chef de l'Eglise romaine se présente comme "l'homme de la situation", le plus capable d'amener le processus de mondialisation à une fin heureuse. Il est troublant de constater à quel point ce mobile contredit l'Evangile, sa description réaliste de l'affrontement et de la division des nations sous l'emprise de Satan.

  • Preuve de Dieu

    "Le suicide prouve Dieu." Léopardi

    J'ai déjà écrit sur ce blog comment la pensée de Léopardi réduit à néant la doctrine athée de Nietzsche, qui doit être comprise comme un néo-paganisme, c'est-à-dire comme une "culture de vie" (le mot "culture" ne fait pas partie du vocabulaire chrétien) différente du nihilisme athée contemporain (qui repose surtout sur l'argent, et que l'on peut définir sommairement comme une "culture du hasard").

    Il importe de comprendre pourquoi Léopardi a tenté de se suicider, ce qui n'était pas seulement un moyen de mettre fin à la souffrance inhérente à la condition humaine ; les amis de ce poète italien ont écrit que cette volonté n'était pas teintée d'amertume, ni de misanthropie - en quoi elle était d'autant plus surprenante.

    Bien qu'il fût malade et difforme (à l'inverse de sa poésie), la mélancolie de Léopardi ne venait pas tant de sa maladie, qu'il avait apprivoisée, que de sa difficulté à se résoudre à l'absurdité de la vie, qui est comme une blessure ouverte pour un homme de science, bien que la parole divine contribue largement à refermer cette blessure ; contrairement à l'estomac d'un imbécile, celui d'un homme de science ne se rassasie pas avec des paradoxes.

    Face à cette absurdité, que les religions superstitieuses ou absurdes ne font qu'accroître, resserrant encore plus l'étau de la condition humaine, Nietzsche propose une forme de conciliation, un moyen terme, à savoir l'Art ; un art qui, contrairement à la tendance moderne, vise avant tout la jouissance (l'art moderne est plus religieux, qui vise la démonstration). C'est pourquoi Nietzsche a proclamé l'art supérieur à la science, sachant ou devinant que celle-ci n'ouvre pas droit à un compromis. Pour Nietzsche il n'importe pas tant de triompher de l'absurdité de la condition humaine (suivant l'invitation de Jésus-Christ), que de s'en accommoder de la meilleure manière, en quoi l'art pur consiste.

    D'une certaine façon, on peut dire que Léopardi a moins craint de s'exposer à la métaphysique que son homologue allemand Nietzsche, pour qui la vertu et la jouissance qui en découle furent d'abord une question de survie, avant de devenir un système et une doctrine utopiques (le nazisme a prouvé qu'ils l'étaient), dans la mesure où il ne suffit pas de nier les choses métaphysiques pour qu'elles soient privées d'effet.

    A l'inverse, Léopardi a démontré l'absurdité et le paradoxe de la quête de jouissance, sans pour autant nier que l'homme ne soit contraint de se soumettre à cette quête.

    Cela n'a pas empêché Léopardi, paradoxalement, de produire une poésie plus belle et limpide que celle de Nietzsche, et de se raffermir grâce à elle.

    - De la même façon nous pouvons dire que "le suicide de la civilisation occidentale prouve Dieu", car l'Occident est écartelé entre des aspirations aussi contradictoires que la jouissance et la liberté, dieu et l'humanité, etc.

    Au chrétien les preuves de dieu ne manquent pas plus qu'au païen, en raison de l'histoire qui se déroule sous ses yeux.

     

  • Des vicissitudes des choses

    Extrait des "Essais" du très chrétien savant Francis Bacon Verulam :

    Quand la religion antérieurement reçue est déchirée de discordes, et quand la sainteté des docteurs de la religion est déchue et scandaleuse, quand de surcroît les temps sont stupides, ignorants et barbares, on peut prévoir l'apparition d'une secte nouvelle, pour peu qu'il surgisse également alors quelque esprit extravagant et bizarre pour en être le fauteur.

    (...) Dans la jeunesse d'un Etat, les armes florissent ; dans son âge mûr, c'est le savoir ; puis tous les deux ensemble pendant quelque temps ; dans son déclin, les arts mécaniques et le commerce.

     

  • L'Education chrétienne

    Il n'y a pas d'éducation chrétienne à proprement parler. On peut enseigner la vertu, mais non l'amour ou la vérité.

    La vertu n'est pas un principe universel ; chaque civilisation promeut sa conception de la vertu, et les civilisations sont mortelles.

    L'éducation s'adresse aux enfants suivant le sexe ; elle leur impose, par exemple, une soumission plus grande à l'autorité, en même temps qu'elle s'efforce de préparer leur émancipation. Les vérités évangéliques s'adressent à tout le monde, sans distinction d'âge ni de sexe ; contrairement à l'éducation, les vérités évangéliques sont impropres à servir de cadre à la vie civile.

    Que penserait-on d'un médecin qui inscrirait sur sa plaque professionnelle : "Médecin chrétien" ? On penserait qu'il mélange l'art de soigner et la question du salut.

    Il est important d'opérer cette distinction entre les choses relatives et la vérité éternelle car l'erreur de l'homme moderne découle largement de la confusion entre les choses temporelles ou séculières et la vérité éternelle. Ainsi, dans l'idée de démocratie moderne, la nécessité politique et une aspiration spirituelle, à la liberté et la vérité, se télescopent.

    Est-ce à dire que la vertu est inutile dans la perspective du salut chrétien ? Les évangiles enseignent que le salut n'est pas réservé aux hommes vertueux. L'amour et le salut se situent donc par-delà les efforts que font les hommes pour trouver l'équilibre et se sentir heureux. C'est une chose difficile à comprendre pour l'homme, dont le mobile inné est une quête de puissance ou de force naturelle. Pour autant, le christianisme n'est pas, comme certain fameux athée l'a prétendu, un culte rendu à la faiblesse ou une morale laxiste.

    En matière de vertu ou d'éducation, on peut faire la même réponse que Jésus-Christ fit à une question similaire qui lui fut posée par des Juifs sournois : "Rendez à César ce qui est à César !". Jésus n'est pas venu dans ce monde pour enseigner la vertu, qui se peut très bien déduire de la nature, mais pour enseigner la vérité, qui échappe naturellement largement à l'homme, en raison de sa quête désespérée de puissance.

  • Sur la religion

    Quelques maximes sur la religion extraites des "Essais" du très chrétien savant Francis Bacon Verulam (1561-1626) :

    Athéisme

    - Il est exact que peu de philosophie incline les esprits vers l'athéisme, mais la profondeur philosophique ramène à la religion.

    - On lit dans l'Ecriture : "L'insensé a dit dans son coeur : Il n'y a point de Dieu.", et non "L'insensé a pensé dans son coeur" ; si bien qu'il se le répète par coeur en lui-même plutôt comme une chose qu'il souhaite qu'une chose qu'il puisse croire pleinement et dont il soit persuadé ; car nul ne nie l'existence d'un Dieu hors ceux qui ont intérêt qu'il n'y en ait point.

    - On verra même des athées s'évertuer à faire des disciples comme les autres sectes, et, qui plus est, on en verra qui se font supplicier pour leur athéisme sans se rétracter ; alors que s'ils pensaient vraiment qu'il n'y a point de Dieu, pourquoi s'en inquiéteraient-ils ?

    - Ceux qui nient Dieu ruinent la noblesse de l'homme, car sans contredit l'homme s'apparente aux animaux par le corps, et s'il ne s'apparente à Dieu par son esprit, c'est un être vil et misérable.

    Impiété

    - L'impiété n'est pas de nier le dieu du vulgaire, mais de prêter à Dieu les sentiments du vulgaire.

    Schisme

    - Les causes de l'athéisme sont les schismes, s'ils sont nombreux, car un seul schisme important ajoute à l'ardeur des deux partis, mais des schismes multiples introduisent l'athéisme. Une autre cause est le scandale causé par les prêtres. Une troisième cause est l'habitude impie de se gausser des choses saintes, qui viennent petit à petit souiller le respect dû à la religion. Et en dernier lieu la culture, surtout quand elle coïncide avec la paix et la prospérité ; car les troubles et les calamités inclinent davantage les esprits vers la religion.

    Scolastique

    Au concile de Trente, où la doctrine scolastique fut prépondérante, certains prélats eurent une sentence profonde : "Que les scolastiques ressemblaient aux astronomes, qui imaginaient des excentriques et des épicycles et des mécaniques similaires de cercles, pour sauvegarder les phénomènes, tout en sachant fort bien qu'ils n'existaient pas", et que de même pour sauvegarder l'unité de l'Eglise, ils avaient imaginé quantité d'axiomes compliqués et subtils.

    Superstition

    - Mieux vaut n'avoir aucune idée de Dieu qu'une idée indigne de lui ; car si l'une est incroyance, l'autre est insolence ; et la superstition sans nul doute est un blâme à la divinité. Et plus l'insolence est grande à l'égard de Dieu, plus elle est grande à l'égard des hommes.

    - L'athéisme vaut mieux que la superstition, car l'athéisme laisse à l'homme le bon sens, la philosophie, la charité naturelle, les lois et l'honneur, qui peuvent tous, à défaut de religion, lui servir de guides vers une moralité extérieure ; mais la superstition les détrône tous pour ériger dans l'esprit des hommes une monarchie absolue.

    - Les causes de la superstition sont les rites et cérémonies qui flattent agréablement les sens : l'abus de la piété extérieure est pharisaïque ; le respect excessif des traditions qui ne peuvent qu'accabler l'Eglise ; les manèges des prélats en vue de leurs ambitions et de leurs profits ; l'indulgence aux intentions, qui ouvre la porte aux rêveries et aux nouveautés ; l'accès aux choses divines par l'assimilation aux choses humaines qui engendre forcément des confusions et des fantaisies ; enfin la barbarie des temps, notamment quand les calamités et les désastres viennent s'y ajouter.

  • Barbarin est-il coupable ?

    L'évangile ne condamne pas les crimes sexuels ou autres délits de droit commun. La justice divine frappe seulement ceux qui portent atteinte à la vérité, c'est-à-dire la travestissent, la contredisent, la nient, font dire à Jésus-Christ ce qu'il n'a pas dit, par exemple : - Tu pourras porter les armes pour une cause que tu estimes bonne.

    Le pacifisme de Jésus est inconditionnel : le Christ a proscrit à Pierre de porter une arme afin de défendre la meilleure "cause" qui soit, lui-même, son maître. Le Christ a aussi dit : "N'ayez pas peur !" ; or, qu'est-ce qui peut justifier le port d'une arme, si ce n'est la peur ?

    Au regard du droit commun, Jésus-Christ peut apparaître laxiste dans la mesure où il se montre indifférent à l'égard des valeurs humaines : la propriété, les bonnes moeurs en vigueur dans tel ou tel pays ou époque, l'ordre public, etc. En réalité l'évangile expose l'homme à la vérité, en quoi il est ferme et non laxiste. Les apôtres ont éprouvé la fermeté du Christ dès lors qu'ils l'ont trahi dans leur coeur.

    Le prélat catholique Barbarin, qui a la prétention d'exercer un ministère au nom de Jésus-Christ sur une partie du territoire français (quand bien même l'apôtre Paul a aboli le monopole du clergé et la hiérarchie sacerdotale), ce prélat s'est retrouvé pris dans une nasse judiciaire à la suite d'attentats à la pudeur et de diverses agressions sexuelles perpétrées sur son territoire ; il a été accusé de couvrir ces crimes de droit commun par une partie de l'opinion publique, avant qu'un tribunal républicain ne le juge irresponsable dans cette affaire.

    Un chrétien n'a pas à commenter les décrets de la justice républicaine ou civile, dans la mesure où il n'en relève pas vraiment. Des poursuites auraient porté atteinte à l'honneur du sieur Barbarin ? Peu importe puisque le chrétien ne porte pas le masque de l'honneur.

    Le piège terrible où se trouve pris le sieur Barbarin consiste, pour pouvoir s'exprimer au nom de l'institution dont il dépend, à renoncer à s'exprimer au nom de Jésus-Christ. En effet, le sieur Barbarin a été contraint de prendre un avocat et d'accepter de se placer sur le terrain de la justice civile ; il n'a pas exprimé son indifférence ou son mépris de la justice civile républicaine, comme Jésus-Christ au cours de son procès face au procurateur romain Ponce Pilate. L'ordre des choses humaines est une chose entièrement différente de la justice divine ; en bénissant un larron condamné à mort, Jésus-Christ nous montre que dieu peut acquitter ce que l'homme condamne.

    LA PAROLE DIVINE NE PEUT ETRE ABAISSEE AU PLAN SOCIAL ! Les chrétiens doivent condamner avec la plus grande fermeté le complot catholique romain, orthodoxe, etc., comme un nouveau pharisaïsme. Que fut le pharisaïsme, si ce n'est un travestissement de la loi de Moïse, dorénavant caduque ? On le constatera en lisant les évangiles : Jésus-Christ déboute les Juifs qui viennent l'interroger sur le mariage, les impôts, organisent le trafic des offrandes et prières dans le Temple dont son père n'a cure.

    Quand le sieur Barbarin déclare que : - C'est un devoir chrétien de voter, le chrétien doit répondre fermement : - Non monsieur, vous n'êtes qu'un menteur, la démocratie n'a rien de chrétien. La foi chrétienne exclut la croyance dans telle ou telle sorte d'utopie politique.

    On ne peut s'empêcher de remarquer la coïncidence entre la sanction qui frappe le sieur Barbarin - une forme d'opprobre -, et le mobile qui le guide d'autre part - le désir d'être apprécié dans le monde -, la mondanité à quoi peut se résumer la "démocratie-chrétienne".

     

  • L'anti-Nietzsche

    Depuis mon plus jeune âge, j'ai toujours voulu cultiver la force. C'est une chose assez banale, en particulier chez les jeunes garçons. Qui veut être un lâche ? Même les intellectuels cultivent la ruse, qui est une sorte de force typiquement féminine.

    Je m'interrogeais : - Qui est le plus fort, d'Alexandre qui possède la richesse, ou de Diogène qui la méprise ? La réponse vient d'Alexandre, qui a conscience de ses limites, et s'incline devant la science d'Aristote. L'exemple d'Alexandre incite d'ailleurs à regarder la politique et les politiciens modernes comme une chose futile, car toute la force du politicien moderne consiste à dissimuler qu'il ne peut mais.

    A un certain point de ma quête, il m'est apparu que la force peut s'exprimer de deux façons diamétralement opposées, au contraire de Nietzsche qui ne conçoit que la puissance de la nature, et la vertu de l'homme qui, au prix d'un exercice acharné, parvient à être en harmonie avec la nature.

    La puissance que les nations et leurs élites politiques tirent de la nature n'explique pas tout ; elle n'explique pas, en particulier, pourquoi la force politique ne cesse de décliner. Nietzsche porte des oeillères, comme les chevaux de trait ; jusqu'à un certain point de faiblesse, l'ignorance, une explication toute faite comme "l'éternel retour", peut être une force.

    L'explication chrétienne du monde, comme le théâtre de l'affrontement entre deux forces inégales mais concurrentes, le mensonge et la vérité, correspond donc à mon expérience.

  • La Compassion

    La compassion pour autrui n'est souvent qu'une manière de s'apitoyer sur soi.

    On peut le constater avec le massacre au camion perpétré à Nice, qui a ému les Français et les téléspectateurs ; des milliers de personnes meurent de faim dans le monde chaque jour, dans l'indifférence, ou encore tué dans des conflits armés. Plus la victime d'un drame est proche, plus la compassion est grande.

    Cette compassion, réelle ou feinte, n'est pas une preuve d'amour mais de faiblesse. Quand s'ajoute à cette compassion un désir de vengeance ou de représailles, l'hypocrisie est avérée et parfaite.

    L'orchestration de la compassion et de l'émotion par les médias s'explique par la manière démagogique de gouverner les peuples désormais, probablement au moins aussi dangereuse que les méthodes terroristes.

    Voyons maintenant en quoi la compassion de Jésus-Christ diffère de ce que nous avons décrit, et qui n'est autre qu'un sentiment superficiel.

    D'abord, Jésus-Christ ne compatit pas "en général", mais tel homme ou telle femme suscite sa compassion - Lazare, un aveugle, un homme rossé et laissé pour mort dans la parabole du bon Samaritain...

    Jésus-Christ ne prononce pas des discours inutiles d'hommage aux victimes, au contraire des politiciens démocrates-chrétiens qui ne sont pas avares de simagrées.

     

  • Du Socialisme

    Je n'aime pas entendre dire que Karl Marx est socialiste ; le mépris des élites bourgeoises et de leurs calculs n'entraîne pas forcément l'amour de la société.

    La religion du progrès social est la plus fanatique et la plus ennuyeuse de toute ; or Marx n'est pas ennuyeux, c'est la vie bourgeoise qui l'est. Marx est historien, non socialiste, du côté de la réalité et non du rêve.

     

  • Du Socialisme

    Comme le socialisme est une doctrine paradoxale, je ne serais pas plus étonné que ça si le socialisme devait causer la destruction définitive de l'humanité, sous prétexte de l'améliorer ou de la rendre plus heureuse.

  • Argent et Temps

    Un adage populaire dit : "Le temps, c'est de l'argent". Ou encore : "L'argent est le nerf de la guerre."

    Quand un bourgeois, l'un des membres de cette caste inféodée à l'argent, veut paraître moins ignoble que le Juif Shylock, il fait l'éloge du Temps plutôt que de l'argent.

    Le dieu du Temps dévore ses enfants, il en va de même du veau d'or qui préside au destin de l'Occident.

  • Religion du Foot

    La religion du foot et le catholicisme sont deux religions de même profondeur.

    Le football n'est même pas du sport, impropre qu'il est à inculquer la vertu ou la maîtrise de soi ; c'est d'abord un spectacle destiné à fasciner le peuple et le maintenir au stade infantile.

    Quant au catholicisme, il a fait du Hasard un dieu, afin que l'humanité ne puisse pas s'approcher de la vérité.

    Pitié pour ceux qui se délectent du football et de toutes les communions factices - ils sont déjà morts et ne le savent pas.

  • Le Juif Shylock

    Une fois n'est pas coutume, avant de rédiger ce billet j'ai consulté la notice Wikipédia consacrée au personnage de Shylock dans "Le Marchand de Venise". C'est un concentré de remarques stupides, comme chaque fois que cette encyclopédie ne se contente pas de mentionner les faits et détails.

    En deux mots, disons pourquoi Wikipédia est scientifiquement nul : parce que Wikipédia, ses "modérateurs", tentent de donner, sur tel ou tel sujet, un avis balancé ; or, la moyenne ou la médiocrité, qui du point de vue politique représente le point de vue raisonnable, ne vaut rien en matière de science. Cette contamination de l'esprit critique scientifique par la raison politique est typique des temps modernes... depuis le moyen-âge.

    Refermons cette parenthèse, qui n'en est pas tout à fait une, car Shakespeare, en faisant table rase de la culture médiévale, fournit le remède à la culture moderne, qui accorde une très large part à la spéculation dans tous les domaines : religieux, scientifique et politique.

    *

    Pourquoi l'odieux usurier Shylock est-il Juif ? Cela traduit-il le préjugé antisémite de Shakespeare ? On peut répondre catégoriquement non, car les fables de Shakespeare n'ont pas d'abord une valeur éthique ou une signification politique (contrairement à "La Divine Comédie" de Dante par exemple). Or l'antisémitisme, qu'il soit populiste (Hitler), ou plus raffiné (Nietzsche, Maurras, S. Freud), a une fonction éthique et politique. Il en va de même de l'antiracisme, antidote supposé de l'antisémitisme ; il est tout aussi vain de chercher à faire de Shakespeare un tragédien humaniste antiraciste.

    Le but de Shakespeare, après Homère ou Moïse, est de fournir une explication du monde, en particulier du monde moderne qui semble en proie à une aliénation excessive. Ce diagnostic de la folie moderne par Shakespeare pourquoi il a eu des lecteurs aussi différents que Marx et Nietzsche : sur la bêtise et la férocité propres aux temps modernes, Shakespeare semble en effet en savoir plus long que quiconque.

    Il fallait que Shylock soit Juif à cause de l'argent et du veau d'or. Exactement comme est catholique ce cardinal, fils de boucher, Th. Wolsey, cardinal-conseiller du roi Henri VIII, alors même que Jésus-Christ maudit quiconque servira un autre maître que dieu, son père, tout en se disant "chrétien".

    D'antisémitisme il n'y a pas, sauf chez le lecteur qui ne voit pas que le "traitement" réservé par Shakespeare à certains soi-disant chrétiens est le même que le traitement réservé au Juif Shylock : ils sont peints comme des monstres ou des possédés.

    Ce que Shakespeare met en scène, c'est la contradiction radicale incarnée par le Juif usurier, ou bien par le catholique-conseiller d'un prince de ce monde. Ce que Shakespeare nous montre, contrairement à beaucoup d'artistes qui s'emploient à le dissimuler, c'est le faciès satanique de Richelieu, pour prendre un exemple français.

    Ces types parfaitement contradictoires sont la clef pour comprendre le monde moderne et de la domination occidentale sur le reste du monde. On note que ces "types" sont nombreux chez Shakespeare, non seulement Shylock ou Th. Wolsey, mais aussi Th. More, Ophélie, Polonius, etc.

    L'antisémitisme de S. Freud est facile à comprendre : c'est un bourgeois allemand qui vitupère Moïse et les Hébreux, représentatifs à ses yeux du désordre et de l'anarchie (menace pour la propriété). Quant à Nietzsche, sa thèse antisémite et antichrétienne selon laquelle judaïsme et christianisme ont engendré une société de sous-hommes, n'est pas corroborée par Shakespeare, mais seulement par une lecture superficielle de Shakespeare, lui ôtant arbitrairement sa dimension métaphysique.

    L'aliénation excessive des temps modernes, leur éloignement tragique de la vérité, incarnés par des personnages tel que Shylock, n'est autre que la manifestation de l'Antéchrist, prophétisée par les apôtres.

    La mythologie de Shakespeare épouse les explications de l'apôtre Paul de Tarse à propos de l'Antéchrist de la fin des temps.

     

     

  • Blasphèmes

    Pour certains, le blasphème ne doit pas être sanctionné, car la liberté d'expression est illimitée ; d'autres, au contraire, plaident le respect des convictions d'autrui, en public, et jugent les paroles blasphématoires blâmables.

    Le blasphème contre dieu est devenu, dans les pays occidentaux, une chose assez banale. D'une certaine façon, on peut dire que la "liberté d'expression" est devenue plus sacrée que dieu. Cette liberté d'expression est d'ailleurs une notion assez indéfinissable, comme souvent les choses sacrées. Cependant, les insultes visant l'Etat et ses représentants légaux demeurent en principe répréhensibles, et c'est là une forme de censure du blasphème contre l'ordre et l'autorité.

    Le caractère sacré de l'argent s'impose assez naturellement en Occident, plus facilement que le culte de l'Etat (dont la puissance dépend largement). Rares sont les athées qui ne croient pas dans l'Argent.

    On note que la concurrence entre dieu et l'argent dans le coeur des hommes est un vieux thème biblique, repris dans les temps modernes par Shakespeare ou Karl Marx.

    Mais le blasphème le plus banal dans l'Occident moderne me semble le blasphème contre l'amour. C'est pratiquement comme si la survie du monde moderne dépendait de ce blasphème.

    En effet il y a bien pire que nier l'amour, comme font les savants biologistes qui n'en décèlent pas la moindre trace dans leurs éprouvettes ; invoquer l'amour en toutes circonstances est sans doute bien pire que nier son existence, ce qui relève d'une observation générale assez exacte, puisque l'amour est l'exception et non la norme.

    Est-il exagéré de dire que la culture occidentale moderne, plus qu'aucune autre, est un complot contre l'amour ? Un phénomène propre à l'Occident comme la société de consommation, qui est aussi une manière politique d'asservir les masses, me paraît explicable du seul point de vue du blasphème contre l'amour.

  • Satan dans l'Eglise

    La démocratie-chrétienne, dans la mesure où le christianisme est spirituellement pur de tout idéal politique (c'est notamment cet aspect de la parole divine que Judas et les pharisiens ne voulurent pas entendre), se présente comme la subversion du christianisme la plus subtile aux yeux des chrétiens instruits des vérités divines. Ce qui est visiblement satanique également, c'est la façon dont les représentants de la démocratie-chrétienne ont assumé au nom de Jésus-Christ les entreprises sociales les plus criminelles au cours des temps modernes.

    On peut traduire la démocratie-chrétienne, qui déborde les limites de sa matrice catholique romaine, comme le triomphe des mythes politiques platoniciens sur le message évangélique au sein de l'Eglise institutionnelle. Le démocrate-chrétien, le catholique ordinaire, raisonne suivant les idées de Platon, bien que la lecture de la parole divine, même parcellaire, soit un danger permanent pour ses convictions platoniciennes, en particulier dans le domaine de la morale, car Jésus ne tient aucun compte de la vertu dans son enseignement. C'est en cela que le message chrétien est universel, et en cela qu'il est un bouleversement majeur et définitif : parce qu'il met fin au bonheur comme but ultime, il se situe par-delà la jouissance.

    Comment ne pas croire que l'histoire a un sens, quand on constate à quel point la bourgeoisie démocrate-chrétienne contredit le message évangélique, s'interpose entre l'homme et le salut, affirmant par exemple les droits de la mort sur l'homme quand les évangiles et l'apôtre Paul combattent la mort ?

    De l'évêque de Rome on comprend qu'il contribue à cet antichristianisme en raison de son effort pour affirmer ou réaffirmer sa position de chef de la démocratie-chrétienne, réajustant ainsi le discours catholique romain au niveau de propagande et de démagogie qui convient.

    "Politiquement, la conséquence la plus décisive de l'amalgame des institutions politiques romaines et de la philosophie grecque fut qu'il permit à l'Eglise d'interpréter les notions plutôt vagues et contradictoires du premier christianisme sur la vie dans l'au-delà à la lumière des mythes politiques platoniciens, et d'élever ainsi au rang d'une certitude dogmatique un système élaboré de récompenses et de châtiments pour les faits et les méfaits qui n'ont pas trouvé leur juste rétribution sur terre. (...) cela coïncida avec la chute de Rome, la disparition d'un ordre séculier assuré, la prise en charge des affaires séculières par l'Eglise, et l'émergence de la papauté comme puissance temporelle."

    (Hannah Arendt, "La crise de la culture").


    H. Arendt dissipe ici utilement le préjugé selon lequel l'"au-delà" serait une "invention des religions monothéistes" ; c'est en effet une conception qui découle des mythes politiques platoniciens, c'est-à-dire d'une philosophie païenne.
    H. Arendt donne la raison de cet emprunt parfaitement illégitime à la philosophie de Platon. Le message évangélique ne permet pas de fonder une éthique, ni d'endosser une quelconque politique.
    Le caractère temporel de l'idéologie platonicienne explique d'ailleurs que les cultures athées ou laïques proposent des substituts ou des équivalents au paradis et à l'enfer, comme la démocratie, promesse de récompense future faite au(x) peuple(s) par les élites politiques.

  • Dans la Matrice

    Le totalitarisme trouve sa justification dans la philosophie moderniste. Celle-ci ne fournit pas forcément une caution positive à l'économie capitaliste, mais elle constitue la moindre entrave à son développement.

    - Prenons quelques exemples : l'idéologie communiste ne s'oppose pas au capitalisme ; on peut même penser, à la suite de Lénine, que le communisme a contribué involontairement au progrès du capitalisme, à la manière des despotes français des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ; en ce qui concerne l'idéologie nazie, il n'est pas difficile de discerner derrière l'argument néo-païen ou écologiste (darwiniste) un régime bourgeois capitaliste comme les autres, moderne avant tout. Quant à l'idéologie démocrate-chrétienne, la moins opposée au capitalisme, quand elle paraît s'y opposer en telle ou telle circonstance où l'exploitation (coloniale, par exemple) paraît au grand jour, ce n'est que par de vains discours et sermons populistes.

    Par conséquent il n'est pas étonnant que certains penseurs contre le totalitarisme viennent du courant réactionnaire ou aient été inspirés par lui. Plusieurs essayistes réactionnaires ont ainsi fait remarquer l'irrationalité de la pensée moderniste, ou encore son intellectualisme.

    Parmi ces essayistes, Hannah Arendt, dont la remarque la plus utile est pour indiquer que la nécessité politique diverge de l'exigence de vérité. H. Arendt ajoute que cette divergence a toujours passé pour une évidence, que nul penseur ou philosophe n'a jamais songé à nier avant l'avènement des temps modernes. Ainsi, on peut concevoir l'argument scientifique comme une caractéristique du totalitarisme, et préciser ainsi la définition du régime totalitaire : c'est un régime qui paraît se soumettre à l'exigence scientifique. En pratique, c'est la technologie qui est présentée comme le fruit de la science, et non la vérité ou la connaissance, la résolution de l'énigme de la condition humaine.

    On constate ainsi que le régime communiste a vidé Marx de sa substance, pour n'en retenir que le leitmotiv scientifique et le très maigre apport politique, que l'on peut presque résumer à l'emploi de la terminologie moderniste. 

     

  • Sur la chute de Rome

    Le sermon d'Augustin d'Hippone est célèbre, dans lequel il exprime son indifférence chrétienne à la chute de l'Empire romain en même temps que sa confiance en Dieu.

    Des pans entiers de la théologie d'Augustin d'Hippone sont sujets à caution, car le résultat d'une spéculation philosophique. Augustin s'interroge à propos de certains aspects mystérieux de la parole divine, et formule quelques hypothèses.

    Mais le dédain de la politique et de la civilisation d'Augustin s'appuie sur l'évangile, qui énonce de façon claire, univoque et répétée que "le royaume de dieu n'est pas de ce monde".

    Il ne saurait y avoir par conséquent de royaume, d'empire ou de nation chrétienne que selon la ruse de Satan, afin d'empêcher l'accomplissement de la vérité. La démocratie-chrétienne n'est autre que la dénomination courante de l'antichristianisme, dans la mesure où la démocratie-chrétienne assume l'asservissement de la vérité chrétienne à la cause de la bourgeoisie.

    Il arrive au clergé catholique romain de citer Augustin d'Hippone, mais en réalité le césarisme catholique romain et la doctrine sociale de l'évêque de Rome contredisent la démonstration d'Augustin qu'il n'y a rien à attendre de la civilisation, du point de vue chrétien ; la civilisation est un pacte scellé entre Satan et l'homme selon la Genèse.

  • Vertu et Vérité

    L'homme vertueux n'est qu'un outil bien graissé et bien aiguisé déposé sur un établi s'il ne se met pas au service de la Vérité.

    Comme dans la culture totalitaire moderne, la hiérarchie entre la politique et la science n'est pas respectée, la culture totalitaire engendre des sous-hommes qui se rapprochent moralement de plus en plus du singe. L'éthique, synonyme de vertu, et la science, synonyme de vérité, sont idolâtrées dans la culture totalitaire, c'est-à-dire exaltées en pure perte.

  • Religion et spiritualité

    On parle parfois de "spiritualité", par opposition à "religion" qui a une connotation péjorative ; de même l'on préfère dire "éthique" plutôt que "morale", dans certains milieux. Beaucoup de soi-disant réformateurs ne font que changer le vocabulaire.

    Du point de vue juif ou chrétien, la spiritualité exclut la question du pouvoir et de la politique ; une religion qui se mêle de ces questions n'est pas spirituelle, mais une religion "horizontale". "Rendez à César ce qui est à César !" est très facile à comprendre, mais beaucoup moins à appliquer, car l'instinct est dans chaque homme, comme le péché. Judas avait compris, mais il ne voulut pas suivre.

    Satan précipite les masses dans l'Enfer à l'aide de la fausse spiritualité de l'avenir, c'est-à-dire d'une sorte de mirage de chair.

    On peut s'étonner d'entendre des hommes d'âge mûr déclarer le monde absurde et la vie incompréhensible, comme si l'inclinaison de la chair n'était pas repérable dans la plupart des activités humaines ; ces hommes sont mûrs dans le sens où les fruits sont pourris, et ils serviront de fumier aux générations suivantes.