Sans me vanter
C’est pas mon genre de me pousser du col ni de raconter des salades, mais comme Nuel m’y pousse – il a eu le blair creux comme un bâton de sureau –, je l’avoue, oui, c’est vrai, j’ai de la branche, et descends bien de ce Lapinos-ci, dit “Le Hardi” (Ma mie m’appelle “Le Pieux”).
Mais ma lignée comme une quenouille ne déviderai, attendu que, chez les lapins, il faut faire fi de généalogie.
Du Hardi, je sais tout de même ceci : Sa descendance, nombreuse, coûtait bonbon, rien que pour le logis : un beau manoir troglodyte près d’un ruisseau. Au point qu’à la bataille de Beaucresson, dût enfourcher un lévrier en place d’un canasson. Pourtant, onc ne vit laporidé plus vaillant, menant moults assauts réitérés contre Raminagrobis, usurpateur du potager. À la fin seulement il fut croqué.
Il ne légua rien à ses petiots, hélas, qu’une coquille d’escarbot. Je l’ai encore dans mon clapier, elle me sert d’encrier (terrier l’été, clapier l’hiver).
