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  • La France au pied du mur (de Berlin)

    Dans un français impeccable, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen vient d'annoncer la mobilisation de l'épargne des Français au service de la relance du consortium militaro-industriel franco-italo-allemand. On comprend mieux pourquoi elle est surnommée par Donald Trump "le mâle alpha".

    Le paradoxe est que le plan de relance industrielle d'U. von der Leyen par le soutien à l'Ukraine est plus impopulaire encore en Allemagne qu'il n'est en France. La découverte par les Allemands de la complicité passive d'U. von der Leyen dans le sabotage par la CiA du gazoduc géant NordStream n'y est peut-être pas pour rien...

    Le temps presse car l'industrie allemande est en pleine déconfiture. Principale adversaire d'U. von der Leyen (et ses sous-fifres E. Macron et G. Meloni) en Europe, Alice Weidel a promis à ses électeurs de s'accorder avec Poutine. C'était déjà le plan allemand AVANT la tentative d'annexion de l'Ukraine par V. Poutine, qui a lamentablement échoué sur le plan militaire (la défaite diplomatique des Russes est moins certaine).

    Les élections présidentielles 2027 se présentent, dans ce contexte, comme une opération de diversion. Cette élection oppose des clones d'E. Macron -acquis d'avance au plan d'U. von der Leyen-, à deux opposants à cette stratégie, qui ne lui opposent que des mots, sachant qu'elle est très impopulaire.

    J.-L. Mélenchon et Mme Le Pen brillent par l'absence de programme économique sérieux. Depuis des mois, on entend les acolytes de Mélenchon rabâcher que les Français ne sont pas responsables de la crise économique, ce qui est en partie inexact (le train de vie somptuaire de l'Etat bénéficie à une partie des Français) et, même si cela était vrai, ne changerait rien à la donne de l'anémie de l'économie française. Quant à Marine Le Pen, elle dissimule à ses électeurs que l'immigration de masse est la botte secrète de l'économie capitaliste : la politique démentielle de Margaret Thatcher a fait du Royaume-Uni le principal pôle d'attraction en Europe de l'immigration clandestine.

    La conviction est heureusement assez répandue chez les Gilets jaunes (et dans la jeune génération abstentionniste) que les élections présidentielles ne sont que de la poudre aux yeux. Il est regrettable que de petits candidats "souverainistes", "gaullistes" ou "constituants" contribuent à l'illusion du suffrage universel et des présidentielles comme moyen d'action politique. Ils affaiblissent la volonté de résistance passive, qui depuis 2018 s'est avérée la plus efficace. En même temps qu'ils ont subi la répression, les Gilets jaunes ont éprouvé la force de leur mouvement.

    Les électeurs MAGA de Donald Trump viennent d'éprouver la limite du suffrage universel en accordant mandat à leur candidat pour démanteler l'Etat profond, c'est-à-dire l'organe de coordination de la politique impérialiste des Etats-Unis. Est-ce la faute de D. Trump s'il est empêtré, ou bien son électorat républicain n'a-t-il pas été naïf de croire qu'un homme providentiel pouvait changer la donne politique aux Etats-Unis et rétablir seul un régime républicain, c'est-à-dire d'intérêt général ?

    Au pied du mur de Berlin (ou plutôt de Bruxelles) se trouvent désormais les Français. Ils sont de trois sortes : les adhérents à la stratégie d'U. von der Leyen de galvanisation de l'UE dans l'effort de guerre industrielle (l'Ukraine fournit la chair à canons, l'UE les canons). Cette stratégie s'inscrit dans la continuité de la constitution d'une Union européenne depuis un quart de siècle : c'est ce qui explique l'adhésion massive de la classe politique au projet von der Leyen : il est pratiquement programmatique. L'opposition de Mme Le Pen et J.-L. Mélenchon a toute les apparences d'un simulacre. Alice Weidel est la seule opposante un tant soit peu crédible.

    Les Français dissidents du projet d'investissement massif dans l'armement sont généralement plus jeunes : les institutions gaullistes ont engendré une véritable gérontocratie : les partis de J.-L. Mélenchon et Mme Le Pen recueillent la plupart des suffrages exprimés par la jeune génération, en même temps qu'ils sont taxés "d'extrémistes". Les Français dissidents sont sans doute plus nombreux, mais les médias de masse sont principalement conçus pour les faire taire. Ils doivent en outre relever le défi, non pas d'une nouvelle constitution magique, mais d'un changement de paradigme.

    La part des Français passifs, "matrixés" par les chaînes d'info privées ou publiques, comptent pour du beurre. Le contrôle des masses par les écrans prend ici tout son sens, la "société du spectacle", le droit de l'Etat nazi à fabriquer une opinion publique servile, etc.

  • La valeur divertissement

    On aurait tort d'opposer la "valeur divertissement" libérale à la "valeur travail" nazie. Cela n'a pas plus de sens que d'opposer le néolibéralisme au libéralisme, ou la métastase au cancer. Si le divertissement est désormais sacré au XXIe siècle, comme dans le Brave New World, ce n'est qu'indirectement, par rapport au travail, comme la lune emprunte sa lumière au soleil.

    Un capitaliste qui pleurniche sur la désindustrialisation est un hypocrite ou un imbécile. La désindustrialisation fait partie du processus quasiment mécanique de division du travail à l'échelle mondiale. Le président national-socialiste indien qui prône la "valeur travail" et le président libéral français qui prône le divertissement et les plumes dans le cul sont sur la même longueur d'onde internationale. L'esclavage en Inde ou en Asie (l'enfer) est le principal pilier du divertissement de l'Occident (le paradis). Aldous Huxley était assez civilisé pour comprendre que ce monde-là, régi par l'instinct et la culture de vie primaire, ne l'est pas. De façon humoristique, John Le Sauvage qui préfère mettre fin à son existence, est la seule personne un minimum civilisée. Winston Smith et Julia, s'ils ne se suicident pas positivement, renoncent à leur humanité sous l'effet de la torture. 

    L'économiste David Graeber ("Bullshit Jobs") a utilement décrit la menace majeure que représente aujourd'hui cette division du travail à l'échelle mondiale mise en place par les élites ploutocratiques : les flux migratoires incontrôlés et le tourisme de masse n'en sont qu'une conséquence. Mais D. Graeber ne souligne pas comme A. Huxley l'immoralité profonde de la valeur divertissement ("Le libéralisme est pire que le nazisme" explique Huxley dans "Retour au Meilleur des Mondes"). Il ne s'agit pas "d'accueillir la misère du monde", selon la formule ignoble : de très nombreux immigrés cherchent tout simplement à atteindre le nirvana occidental, à s'affranchir de leur condition d'epsilons : l'immigration de masse est avant tout un mouvement religieux.

    Le régime nazi avait le mérite de la franchise, puisqu'il affichait la "valeur travail" au fronton des camps de travail où étaient parqués les esclaves juifs et polonais du régime, assignés à l'effort de guerre du Reich. L'hypocrisie libérale est celle de la mondialisation et de ses dispositifs illusoires, à commencer par l'ONU et le pape catholique. Si Donald Trump est aussi brutal, c'est largement parce les Etats-Unis n'ont plus les moyens de gaspiller des centaines de milliards dans le "soft power", c'est-à-dire l'impérialisme éthique.

    L'Antiquité grecque associait le travail à l'esclavage, c'est pourquoi elle ne sanctifie pas la "valeur travail" ; la bourgeoisie capitaliste industrieuse "wébérienne", au stade de l'esclavage sournois du prolétariat déguisé en salariat, n'a de cesse de vanter la valeur rédemptrice du travail ; s'il y a bien quelques bourgeois à faire des "burn-out" pour donner l'exemple du stakhanovisme, la bourgeoisie trahit quand même son penchant pour le divertissement, c'est-à-dire la consommation des biens culturels produits par des ouvriers enchaînés à leur outil de travail. Le paradis démocrate-chrétien, ce sont les vacances, cet instant où le temps semble s'arrêter (la fin de l'Histoire).

    L'oisiveté grecque n'a donc rien à voir avec le divertissement bourgeois, aussi nécessaire et contraignant que le travail. La dimension doublement nihiliste et contraignante du divertissement et de la culture de masse bourgeois est d'ailleurs assez flagrante.

    "Réindustrialiser", suivant le programme économique de Donald Trump (très vite abandonné, semble-t-il), c'est faire faire marche arrière à l'économie capitaliste, remettre les citoyens epsilons au travail pour créer cette richesse que l'économie tertiaire, largement parasitaire, ne crée pas, mais des esclaves-salariés indiens, chinois ou vietnamiens... Il faut pour croire possible une telle inversion concevoir l'économie capitaliste comme un mécanisme bien huilé, une locomotive. L'histoire du capitalisme états-unien enseigne que l'économie capitaliste dicte leur conduite aux hommes d'affaires et aux oligarques, et non l'inverse. Les technocrates du G20 ont tout intérêt à faire croire qu'ils gardent la main, mais l'histoire enseigne que les dirigeants capitalistes naviguent à vue, tout comme le commandant du "Titanic".

    La guerre -divertissement suprême des élites barbares- se présente comme la seule solution pour s'extraire de la crise capitaliste. Les dirigeants de l'UE y aspirent pour cette raison. L'opération spéciale d'annexion de Poutine dissimule probablement une crise de l'économie capitaliste russe bridée par les sanctions internationales. Pour tenir la promesse faite à ses électeurs de démanteler l'Etat profond totalitaire actionné par les faucons depuis un quart de siècle, D. Trump devrait renoncer à la politique impérialiste des Etats-Unis, ce qui aurait pour effet de plonger cette nation de citoyens assujettis au dollar dans l'inconnu.

  • Sur l'éclipse scientifique

    Le culte de la personnalité trahit au yeux des citoyens les moins endormis un mode d'organisation politique primitif déguisé en "république" ou en "démocratie". Le culte de la personnalité de de Gaulle a posteriori est conçu par les pouvoirs publics pour étouffer la critique du régime de restauration bonapartiste qu'il incarne.

    Les critiques contemporains de la Ve république vacillante s'accordent à dire que le chef de l'Etat n'a presque plus aucun pouvoir désormais. L'exécutif français a passé le flambeau à l'exécutif bruxellois. Le chef de l'Etat conserve tout de même le pouvoir de détourner l'attention d'une fraction de l'opinion publique - un pouvoir de diversion par conséquent. L'hostilité que suscite E. Macron n'est pas moins utile que l'idolâtrie primaire, car les personnes haineuses sont aussi privées de jugement que les dévots. L'échec de la révolution bourgeoise de 1789 est largement imputable à la haine du peuple de Paris, sur laquelle la Convention s'est appuyée. La restauration républicaine doit être "de sang-froid" : jusqu'à présent, on peut dire que les Gilets jaunes ont brillé par cette qualité, privant à peu près les médias de masse d'images d'exactions violentes susceptibles d'effrayer les citoyens passifs devant leurs écrans de télé.

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  • Ulysse revient

    Admirateur d'Homère, je n'ai pas vu "L'Odyssée" de Christopher Nolan au cinoche, dont les médias se sont fait largement l'écho. Je me suis contenté de lire une interview de ce metteur en scène, qui déclare s'être appliqué à faire ressortir le caractère épique du poème. Mais l'épopée est un genre grandiloquent assez creux. Si le diptyque d'Homère a fait couler autant d'encre au cours des millénaires, ce n'est pas en raison de son caractère épique mais ALLEGORIQUE, qui est une provocation à l'interprétation.

    Si je devais démontrer dans une conférence que l'art états-unien (démocrate-chrétien) n'existe pas sous une autre forme que la propagande (genre qui prolonge l'épopée), je m'efforcerais d'apporter la preuve qu'il n'est pas allégorique - par exemple qu'il n'y a pas de romancier états-unien qui, comme Balzac, soit fondé sur l'allégorie (la "peau de chagrin" est la plus fameuse des métaphores balzaciennes).

    Je n'ignore pas qu'il existe un cinéma hollywoodien "symboliste", mais ce symbolisme est onirique, comme la peinture de S. Dali, qui peint une montre molle pour signifier la plasticité du temps. Or, il n'y a pas moins onirique que l'Iliade et l'Odyssée - il suffit de voir sur quelle déception s'achève le rêve de gloire infinie d'Achille. Quelle invitation au rêve la mer ne représente-t-elle pas ! Or, précisément, la mer s'interpose entre Ulysse et Ithaque.

    - Le moraliste & philologue italien Léopardi impute curieusement au hasard la longévité d'Homère, pratiquement inoxydable. Mais l'Odyssée n'est pas seulement, comme une de ces momies égyptiennes miraculeusement conservées ou le Parthénon, un morceau d'Antiquité : la résistance des aventures d'Ulysse à l'usure du temps est probablement due à sa cohérence, qui en fait la force. Au demeurant il importe peu que la logique des poèmes d'Homère soit le fait d'un auteur unique, comme cela est discuté, ou qu'elle soit due à la critique littéraire.

    Esprit pragmatique, le savant anglais Francis Bacon (1561-1626) réduit dans "La Sagesse des Anciens", la question de la paternité du diptyque à une question oiseuse. N'importe qui ou presque peut écrire un poème épique, beaucoup plus rares sont les oeuvres qui reposent sur la logique. En échafaudant la "Comédie humaine", Balzac s'est efforcé de donner à son oeuvre une cohérence que les ouvrages de style n'ont pas forcément.

    J'ai fait mon premier pas en avant dans la compréhension des métaphores d'Homère le jour où j'ai compris que l'hostilité de Platon était très profonde. L'accusation d'impiété visant Homère n'est pas une simple accusation visant une oeuvre populaire pour la discréditer. La vision "impie" du monde selon Homère s'oppose diamétralement à celle de Platon.

    L'orientalisme de Nietzsche, érigé en symbole par le IIIe Reich (la croix gammée), est par conséquent complètement à côté de la plaque. Il n'y a rien de plus oriental et de moins occidental que le pouvoir technocratique moderne. Le cyclope Polyphème peut presque passer pour une allégorie de l'Etat totalitaire : son oeil unique évoque la science luciférienne des élites technocratiques, largement fondée sur l'optique. Qui sait s'il n'y a pas, dans la méthode d'Ulysse pour échapper à ce monstre, une leçon pour les Gilets jaunes ?

  • La canicule a bon dos

    Pour les Français capables de prendre du recul sur le cirque médiatique lors de la crise sanitaire de 2020, ce qui revient à peu près à porter des lunettes teintées lors d'une éclipse solaire, un phénomène totalitaire correspondant à la description de "1984" fut observable : la nécessité pour l'Etat de terroriser et de rassurer ses administrés. Julia fait observer à Winston Smith que certains bombardements de Londres sont opérés par Big Brother lui-même, et non par Eurasia ou Estasia, comme les citoyens d'Océania le croient.

    La psychose répandue par les médias d'Etat à propos de la pandémie de coronavirus, "traitée" comme s'il s'agissait d'une épidémie d'Ebola, a été suivie de peu par les propos extrêmement rassurants sur les nouveaux vaccins permettant à nouveau de circuler librement. Terroriser et rassurer : il est étonnant que les services publics hospitaliers psychiatriques ne discernent pas ce dispositif de gestion des masses. On peut le repérer dans la culture de masse totalitaire.

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  • Le bénéfice de l'immigration massive

    Les dernières villes états-uniennes industrielles prospères ont été les premières à protester contre la politique de remigration de Donald Trump, que certains politiciens européens présentent comme une solution à "la crise migratoire".

    La France est (avec le Royaume-Uni) l'une des nations les plus hostiles culturellement à la "mondialisation", en même temps qu'elle est la plus obstinée à ignorer son mécanisme capitaliste de base ; cette obstination résulte bien sûr d'une propagande intensive, non seulement des médias oligarchiques, mais aussi de l'Education nationale (étatique) : les soi-disant professeurs d'Histoire-Géo qui enseignent aux gosses la "décolonisation" sont en réalité des propagandistes de la mondialisation : au cours de cette période de "décolonisation", l'esclavage industriel s'est au contraire renforcé à l'échelle mondiale.

    Le sentimentalisme de gauche et la bêtise de droite sont donc ligués pour déconnecter les Français d'une réalité politique et économique qui les touche indirectement. La paralysie politique de la France tient largement à ce qu'une proportion non négligeable de Français consent à la gouvernance technocratique centralisée : la résistance des Gilets jaunes est minoritaire ; néanmoins, ce sont toujours les minorités agissantes qui infléchissent le cours de l'Histoire.

    L'histoire des Etats-Unis illustre le bénéfice extraordinaire de l'immigration de masse du point de vue capitaliste - extraordinaire dans la mesure où l'afflux de main-d'oeuvre bon marché a permis aux Etats-Unis de combler rapidement leur retard sur les puissances industrielles du continent européen, puis de les dépasser. Si les Etats-Unis ne sont pas un "Etat-nation" sur le modèle européen, c'est très largement parce qu'ils sont issus de l'immigration massive. L'erreur de Tocqueville est d'avoir ignoré, comme les Lumières avant lui, les conséquences politiques décisives du développement industriel capitaliste.

    La mise en concurrence des ouvriers immigrés allogènes et des ouvriers indigènes est le b.a.-ba de l'effort de la bourgeoisie industrielle pour conserver une position dominante. L'immigration massive entrave le développement du syndicalisme, mais elle dilue aussi l'expression politique de la classe moyenne sur quoi repose l'utopie libérale de Tocqueville : le bipartisme, aux Etats-Unis, est l'instrument de base du pouvoir oligarchique. Le mécanisme social-démocrate de "l'ascenseur social" a pour principale fonction de dissimuler la réalité de la lutte des classes à l'échelle mondiale au XXe siècle.

    L'immigration massive a toujours posé des problèmes politiques au stade du krach capitaliste, lorsque le chômage augmente nettement et que les caisses de l'Etat sont vides : le surendettement de l'Etat permet d'y remédier ; ici la comparaison avec un élastique qui se tend permet de voir le risque auquel la politique de surendettement de l'Etat expose l'Etat. A ce stade le Capital finance des partis anti-immigrés pour détourner l'attention et fustiger le symptôme comme la maladie elle-même : il n'a jamais été sérieusement question d'interdire le FN, et sa dédiabolisation ne coïncide pas par hasard avec la crise économique majeure qui frappe l'Union européenne depuis 2008.

    Tout citoyen marxiste ou anticapitaliste devrait considérer l'économie "tertiaire" comme une économie parasitaire. Les MAGA ont élu Donald Trump pour remédier aux conséquences délétères d'une telle économie, tout en restant aveugle sur sa cause profonde.

    L'économiste D. Graeber ("Bullshit Jobs") démontre utilement que ce parasitisme excède largement le problème d'une fonction publique pléthorique, et qu'il ne touche pas moins le secteur privé. La chasse aux fonctionnaires inutiles dont a été chargé Elon Musk aurait dû logiquement s'accompagner d'une chasse aux agents de change et aux avocats d'affaires parasites. Elon Musk a lui-même bâti sa fortune sur les commandes militaires et paramilitaires : c'est un libertarien-impérialiste (et les libertariens qui ne le sont pas ne sont rien d'autre que des crétins).

    Il n'est pas inutile de rappeler que la révolution marxiste-léniniste s'est heurtée principalement à la mondialisation, une mondialisation dont Marx avait anticipé avec précision les conséquences dévastatrices pour l'humanité (la réification de l'être humain).

    Le destin capitaliste de l'humanité n'est jamais, suivant l'éclairage de "1984", que le sort infligé par une petite élite technocratique barbare au restant de l'humanité.

    Un mot sur le cas du Japon, dans lequel les politiciens capitalistes xénophobes, partisans de la remigration, voient la preuve qu'un capitalisme racialement pur est possible : le Japon est une ancienne puissance coloniale, entièrement soumise à l'empire états-unien depuis sa défaite, de sorte qu'il est impossible de parler de l'économie japonaise sans tenir compte du fait que le Japon est une nation-satellite. Le Japon n'est rien d'autre qu'une armée d'ouvriers spécialisés et de contremaîtres au service des Etats-Unis ; par ailleurs la situation économique du Japon n'est pas aussi brillante qu'il y paraît, et la récession démographique comme la stagflation poussent les gouvernements japonais depuis des décennies à ouvrir le Japon à l'immigration.