La critique est un art difficile au point qu’il ne se trouve à ma connaissance dans ce pays plus aucun type assez sérieux pour l’exercer dignement et enrayer ainsi les épidémies galopantes d'éric-emmanuelschmitterie (très grave), de paulaustérisme (très chiant), de chloédelaumisme (très con), aso (and so one)…
Un critique sérieux par exemple, ça serait un critique qui, dans le souci de faciliter la vie aux lecteurs amateurs, fournirait des conseils pratiques précis.
Par exemple : dans “La Conscience de Zeno” (La Coscienza di Zeno), ne pas se laisser rebuter par le titre du chapitre intitulé : “Histoire d’une association commerciale” ; lire en priorité les passages suivants, les plus savoureux : pp. 30-33, 98-102, 195-197, 321-23, etc.
Euh, le hic, c’est que j’ai acheté “Zeno” dans la collection “Livre de Poche”, truffée de fautes d’orthographe et qu’il vaut mieux donc éviter. Tout le boulot est à refaire. Un critique sérieux n’hésiterait pas à se remettre au travail. Moi j’ai un peu chaud.
Au lieu de ça, il faut se farcir la critique homosexuelle d’Angelo Rinaldi ou de Dominique Fernandez -un bon bouquin est un bouquin de pédé-, ou la critique hétérosexuelle de Patrick Besson -un bon bouquin est un bouquin qui a des couilles.