Une page d'Histoire
Déphilosopher, y'a pas de méthode plus efficace pour déphilosopher que de se plonger dans l'Histoire, la vraie. Et je recopie cette page, comme pour mieux m’en imprégner :
« Au XIIe siècle, prêtres et guerriers attendaient de la dame qu’après avoir été fille docile, épouse clémente, mère féconde, elle apportât dans sa vieillesse, par la ferveur de sa piété et par la rigueur de ses renoncements, quelque relent de sainteté dans la maison qui l’avait accueillie.
C’était le don ultime qu’elle offrait à cet homme qui l’avait toute jeune déflorée, qui s’était adouci dans ses bras, dont la piété s’était réchauffée à la sienne et qui avait à maintes reprises déposé en son sein le germe des garçons qui, plus tard, dans le veuvage, la soutiendraient et qu’elle aiderait par ses conseils à se mieux conduire.
Dominée certes. Cependant dotée d’une singulière puissance par ces hommes qui la craignaient et qui se rassuraient en clamant très haut leur supériorité native, qui la jugeaient toutefois capable de guérir les corps, de sauver les âmes, et qui s’en remettaient aux femmes pour que leur dépouille charnelle après leur dernier soupir fût convenablement apprêtée et leur mémoire fidèlement conservée dans les siècles des siècles. »
(Georges Duby, In : Les Dames du XIIe siècle)
C’est beau, bandant presque, on dirait du Pound. Mais où sont les dames du temps jadis, et les preux chevaliers bardés de métal et de cuir ?
