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  • Le goût des femmes virtuelles

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    Transport en commun forcé avec une jeune Eurasienne ce matin. Ça pousse et ça tremble de toute part et la pucelle ne peut faire autrement que de se caler au creux de mon épaule.

    À mon hommage discret à sa beauté, ses yeux vitraux, ses lèvres rouge vif, ses chevilles graciles et arquées, elle répond poliment par un sourire à peine perceptible, rosit sous son métissage original. Ah, le charme spécial des étrangères ! Quoi qu'elles fassent, quoi qu'elles pensent, quoi qu'elles disent, d'où qu'elles viennent, sauf d'Amsterdam, bien entendu, un peu du nécessaire mystère subsiste. Pareil pour les femmes virtuelles. Et les filles ordinaires, françaises et abonnées à Marie-Claire, ne font pas le poids.
    Surtout ne pas communiquer avec elle verbalement. Tout doit passer par le regard pour que l'illusion de l'amour dure. Tout s'achève à "La Motte-Piquet". C'était bon…

    « S'ajoute une force plus ténébreuse. Pour les guerriers de ce temps, bardés de fer et de cuir et qui vivaient entre eux, les femmes qu'ils croisaient étaient des êtres étranges. Ils les supposaient reliées par de sensibles attaches aux puissances invisibles, capables d'attirer le mal - pour cela ils les redoutaient -, mais aussi le bien - pour cela ils les vénéraient. Ils attribuaient en effet au féminin un pouvoir secret, très précieux, le pouvoir d'intercéder en leur faveur auprès du Père, du juge. (…) »

    Curieux mélange de science historique marxiste et de simplicité médiévale, le style de Duby. Dames du XIIe siècle… Je me dis que je devrais lire ça dans le métro, dans un souci de provocation permanente.