Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • À l'école de Madiran

    Marie Drücker, qui présente l'actualité tardivement sur France 3, faisait son devoir de journaliste il y a quelques jours en dénonçant à Serge Klarsfeld l'existence de blogues "négationnistes" (Ah bon, où ça ? Et suis-je moi même un "négationniste" si j'ose dire que de tels blogues n'existent pas ?).
    Mademoiselle Drücker suggérait ainsi à Serge Klarsfeld d'aller à la chasse aux nazis sur internet… Quand elle sera enfin purifiée de toute trace de nazisme, la France se portera mieux, semble penser cette petite dinde médiatique hors prompteur. S'il n'y a pas un fond de protestantisme hygiénique dans cette idée-là…

    Mais Klarsfeld, de l'air magnanime de celui qui a d'autres chats à fouetter, de répondre à la novice qu'on peut assimiler ce qui se dit sur les blogues à de la correspondance privée, et donc laisser pisser.
    Ce décret de Klarsfeld résume bien l'esprit de la censure démocratique. Ce qui caractérise les blogues, ce n'est pas leur caractère privé. Ne nous répercute-t-on pas les lapalissades de Loïc Le Meur à longueur de semaine dans tous les médias officiels ? Non, ce qui caractérise la plupart des blogues, c'est la confidentialité.
    Le critère de Klarsfeld, ce n'est pas le respect de la vie privée ni même opinions privées, ce qui compte c'est que ce qui se dit sur la plupart des blogues, "a fortiori" s'ils sont anticonformes, ne rencontre pas d'écho. Pour renforcer ce système, il conviendra de faire l'apologie du journaliste officiel, qui, lui, en professionnel, contrôle ses sources (Et Timisoara ?).
    Tandis que sous Louis XV, pour prendre un exemple sur lequel je me suis aussi documenté, le souci d'être efficace est déjà là, bien sûr, mais ce n'est pas le seul souci. Lorsque Louis XV fait arrêter Diderot à cause d'un petit conte érotico-philosophique, Diderot n'est pas très connu ; c'est aussi pour le principe qu'on lui met le grappin dessus. Il suffira ensuite à Diderot de faire ses plus plates excuses et de jurer de ne pas recommencer pour être libéré assez rapidement. L'affaire est presque un bon coup de pub pour le philosophe qui n'a pas souffert, loin s'en faut, de ses conditions de détention à Vincennes, accédant même à la bibliothèque du Gouverneur de la prison, et faisant le mur pour aller surveiller sa maîtresse au bal. Tout ça ne fait pas très sérieux, n'est-ce pas ? En démocratie, on est beaucoup plus efficace - sans être à l'abri de la gaffe d'un fonctionnaire zélé pour autant, nul n'est parfait. Tel David Irving qui lorsqu'il fut arrêté l'année dernière et jeté en prison en Autriche, était quasiment inconnu et a ainsi accédé à une petite notoriété qu'il n'aurait pas récoltée si on l'avait laissé circuler librement.

    La "déontologie journalistique", comme disent les démagogues qui parlent de morale en termes techniques comme s'ils parlaient de lavements, la déontologie devrait bientôt nous priver de l'air de chien de race battu que prend Marie Drücker pour égrener le chapelet des bonnes et des mauvaises nouvelles, entre deux débats truqués organisés par le cocker Taddéi. On a en effet découvert que la Drücker était la maîtresse de François Baroin, l'ex-jeune premier chiraquien, maire de Troyes, l'andouillette la plus triste qu'on ait jamais servi depuis longtemps en politique…
    Scandale médiatique ! Non que la République soit prude, certes pas, elle est tolérante, c'est leur affaire à Marie et François s'ils veulent coucher ensemble dans leur Sphère privée***, mais l'électeur, ont-ils seulement pensé à l'électeur dans leur élan ? C'est qu'il est si sensible, l'électeur, un rien le fait foncer comme un mouton affolé d'un extrême à l'autre du champ !
    Il y a bien des juristes, des messieurs en apparence très sérieux, donc, qui planchent sur une solution constitutionnelle pour éviter à l'électeur ces funestes écarts de conduite et pour l'aider à voter comme il faut. Le modèle américain séduit beaucoup. Mais tant qu'on n'a pas trouvé la recette miracle, il convient d'être prudent. Après ça, il y aura grande partouze filmée entre ministres et animateurs du JT, entre élus locaux et correspondants de la presse locale ! Il y aura du champagne, de l'andouillette et du caviar pour plaire à tout le monde ! Parole d'homme politique/journaliste !