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  • Chasse au sorcier

    Le parti socialiste peut-il remporter des élections sans l’appui de Jean-Marie Le Pen ? Loin de moi l’idée de faire à Le Pen un procès d’intention, mais il aurait voulu mettre Chirac et sa clique de politiciens gominés à la Perben dans l’embarras, il ne s’y serait pas pris autrement…

    Ce qu’il y a de bien avec les blogues, c’est qu’on peut s’élever au-dessus du niveau des querelles politiciennes, des slogans éculés du Monde, de Libé ou du Figaro.
    En effet, les propos de Le Pen, que tout esprit désireux d’être éclairé entièrement aura pris soin de lire in extenso dans l’hebdomadaire Rivarol, ne se démarquent guère des études historiques sérieuses, un peu CHIFFRÉES, sur l’Occupation allemande… Là, je sens qu’un certain nombre de bobos se désabonnent de mon blogue… mais n’était-ce pas inéluctable ?

    Je disais donc que, lorsqu’on se penche posément sur le passé de la France, de l’Europe, et que l’on COMPARE les occupations, on peut conclure en vérité que cette Occupation allemande ne fit pas tant souffrir nos grands-parents, au regard de ce que leurs contemporains polonais ou hongrois endurèrent. Si je voulais ajouter une dose de soufre à mon propos, je dirais que les Palestiniens souffrent davantage de l’occupation israélienne, les Irakiens de l’occupation américaine, ou que les Kurdes souffrirent plus de l’occupation irakienne ; mais vouloir rivaliser avec Le Pen dans la provocation ne serait pas raisonnable de ma part.

    D’abord, parce que l’occupation allemande ne fut que partielle, dans un premier temps, et puis qu’on pouvait en pères peinards aller au théâtre voir les pièces de Sartre ou les concerts d’Arletty. Si plusieurs centaines de milliers (les chiffres sont là) de jeunes Françaises copulèrent avec des feldgraus, c’est après tout parce que l’envahisseur barbare fleurait bon l’après-rasage parfumé à l’edelweiss, qu’il n’était pas si farouche que ça.

    Je parle d’autant plus à mon aise de tout ça que je n’ai aucune goutte de sang teuton dans les veines et que mes grands-parents ne furent, ni de près ni de loin, mêlés à une quelconque exaction au cours des plus sombres années de notre histoire. Pas plus que les parents de Le Pen, en fait. Précision à l’attention de ceux qui croient à l’hérédité des crimes, et, surtout, à celle des vertus.

    Avant-hier, au BHV, j’assistai à cette scène étrange : je vis un jeune homme coiffé en crête, manifestement à la pointe du progrès, essayer sur lui un ticheurte blanc et rouge estampillé CCCP, sans qu’il se trouve personne dans le bazar, pas même moi, pour venir lui cracher à la gueule en mémoire des millions de victimes du goulag.

    Maintenant que les derniers bobos ont zappé sur un autre blogue intellectuellement plus confortable, je peux me permettre cette analyse plus subtile. Le Pen n’a sans doute pas bien digéré que Gollnisch lui dispute la palme de l’incorrection, dernièrement. Il y a des gens comme ça qui ne peuvent pas s’empêcher de faire du hors-piste quand tout le monde fait la queue-leu-leu devant le télésiège.