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  • Égoïste romantique

    J’aurai trente-et-un ans en juillet, mais je ne me sens pas encore vieux physiquement. Même, je dirais plutôt que mes performances sportives s’améliorent. Je suis plus fort, plus rapide, plus endurant qu’à vingt ans. Il est vrai que l’esprit n’est plus le même ; jamais il y a dix ans je n’aurais pu dire à une fille qui m’annonçait qu’elle me quittait :
    « Très bien, Véronika, au moins tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas laissé ta chance ! » Ça, c’est un signe de vieillissement qui ne trompe pas. Et le signe qu’on est influencé par ses lectures, bonnes ou mauvaises.

    Pour revenir à Beigbeder, et pourquoi je suis relativement indulgent avec lui. C’est que je crois qu’il a encore une marge de progression. Les Rey, Moix et consorts chez Ardisson n’ont aucun talent à faire fructifier, je parle au sens figuré. Tandis que Beigbeder peut améliorer encore sa formule, élaguer un peu, se prostituer moins, arrêter de nous parler d’Edouard Baer, que sais-je encore ?

    J’ai oublié aussi de parler du titre du bouquin “L’Égoïste romantique”, alors que c’est ce qui m’a le plus épaté. L’impact d’un titre comme ça auprès de la ménagère de moins de cinquante ans, ça doit être énorme ! L’auteur aurait voulu nous rappeler que Séguéla est un vieux ringard à côté de lui, il ne s’y serait pas pris autrement.