L’hiver la sélection se fait toute seule, naturellement ; quelques belles plantes rares qui se moquent des saisons continuent à fleurir à travers le frimas.
Mais par ce temps radieux, faut bien s’obliger à avoir des préjugés, à faire le tri soi-même… Ce n’est pas très masculin, mais dame tant pis, sinon toutes ces chairs dorées à point, ces épaules nues, ces fesses qui sourient me dispersent la sensibilité aux quatre coins en deux minutes d’innocente flânerie et je me sens tout raplapla.
Donc j’élimine, je trie. Pas un regard pour les peaux roussies, d’abord : j’aime les filles piquantes mais pas croustillantes ; j’élimine aussi les strings qui dépassent, les “fixe-crevette” ; qu’on souhaite épurer la ligne de son cul, c’est pas saugrenu, mais l’artifice doit rester caché, nom d'un pétard ! Tout aussi absurde, la robe ou la jupe par-dessus le pantalon (j’espère au moins qu’elles ne portent pas de culotte) ; j’élimine aussi celles qui traînent au rayon “Développement personnel” de la Fnac, celles qui ont des écouteurs dans les oreilles, et les bobos bien entendu - je les flaire de plus en plus loin.
À la fin, il ne reste plus que cette grande blonde au nez busqué, mais elle est accompagnée. Bien ou mal, c’est pas à moi d’en décider. Je reste seul.
Je ne vais tout de même pas insérer une annonce dans le Chasseur français ?
Si tu parles couramment quatre langues, que tu nages le 50 mètres en moins de trente secondes, que tu sais faire un “tumble turn” sans éclaboussures, que tu te déhanches comme un ex-petit rat (pieds menus souhaités), n’hésite pas à me rejoindre sur MSN-Messenger (le téléphone m’écorche les oreilles).