« - En ce moment ? Mmmh, eh bien je suis plongé dans les souvenirs de Witold Gombrowicz. » : à lâcher entre la passe-crassane bio et le salers fermier, pour frimer dans un dîner bobo.
« - En ce moment ? Mmmh, eh bien je suis plongé dans Ferdydurke… de Gombrowicz, Gombro quoi… », c'est encore mieux, si possible. Moi, je ne peux pas : la peur de m'enslaver dans des steppes brumeuses, sans doute. Je ne suis pas un lecteur-voyageur, tout au plus traversé-je la Manche aussi souvent que possible pour embrasser mes chers cousins anglais ("God bless them !"), mais la Pologne, hum, je doute que ma francitude puisse s'acclimater.
Donc je ne voyais pas de raison d'insister avec Gombro, avec ces Souvenirs de Pologne que j'avais repoussés dans l'enfer de ma bibliothèque. Et puis Constantin C. s'est mis à le citer sur son blogue, et comme je suis très influençable… Ah, il y avait aussi cette observation que j'avais tirée des Souvenirs pour la noter soigneusement dans mon calepin :
« (…) n’oubliez pas que l’artiste possède un sens inné de la hiérarchie, de la supériorité, du raffinement et que l’art consiste à opérer une ségrégation impitoyable des valeurs, à choisir toujours le meilleur, le supérieur, et à rejeter avec mépris ce qui est commun et vulgaire. »
Alors j'ai pris mon courage à deux mains et j'y suis retourné, prêt à tout, même à tomber sur un ours.
