On regrette parfois les décisions prises dans la hâte et la confusion. Et Villepin, si on ne peut s'empêcher d'admirer son mâle esprit de décision, la fermeté et la promptitude de sa riposte, en réclamant que soit créé sans barguigner plus longtemps un "Observatoire de l'égalité des chances", a peut-être manqué du sang-froid qui fit tant défaut à Napoléon lui-même (sauf peut-être à la fin de la campagne de Russie, lorsqu'il décida qu'on rentrait à la maison.)
A-t-il seulement songé que son principal rival pour le moment, Nicolas Sarkozy, risque de lui réclamer vingt centimètres de plus, une belle mèche argentée, une paire d'yeux bleu acier, un timbre de voix chaleureux, un profil d'aiglon, et une boîte à coups tordus aussi bien garnie, au nom de l'égalité des chances, justement ?
Il ne fallait pas s'attendre à ce que je traite de manière constructive cette stratégie. En effet, je crains beaucoup trop que du haut de cet "Observatoire" il ne me soit demandé des comptes pour toutes les chances que j'ai laissé passer, et Dieu sait que j'en ai laissé passer, pas seulement avec les filles. Toutes ces chances gaspillées, n'auraient-elles pas pu profiter à d'autres ?
Et puis je suis sans doute un peu vexé que Villepin n'ait pas daigné me consulter. Je lui aurais donné ce conseil de transformer toutes les MJC qui n'ont pas brûlé en lupanars, de cesser de prendre ces gosses pour des niais en leur proposant des tables de ping-pong, des baby-foot et autres passe-temps pour gardiens de la paix.
On irait chercher les filles sur les grands boulevards, ça tombe bien puisque les bobos en ont marre que ces putes les narguent sous leurs fenêtres ; on les inciterait juste à se syndiquer pour éviter les abus sexuels et on leur donnerait ce statut de demi-fonctionnaire que les agriculteurs n'honorent pas en manifestant sans arrêt contre Bruxelles. Toute cette testostérone mal employée serait dissoute immanquablement ! car ces filles de l'Est ont la réputation d'être de redoutables suceuses. On les tiendrait par les couilles, nos jeunes, puisqu'on n'a plus assez de pognon dans les caisses pour les envoyer tous aux sports d'hivers à Cortina, chez cet enfoiré de Berlusconi.