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  • Nul n'est parfait

    Baudelaire vitupère donc les "modernes professeurs-jurés d'esthétique". Il veut mettre, lui, dans sa contemplation des nouvelles oeuvres proposées à la curiosité du public parisien, le moins de doctrine et d'esprit systématique, bien au contraire, autant de "modestie" qu'il est possible. Et il lâche incidemment cette phrase modeste : "Il m'arrivera souvent d'apprécier un tableau uniquement par la somme d'idées ou de rêveries qu'il apportera dans mon esprit."

    Nul n'est parfait, et tout le monde peut se tromper, surtout lorsqu'il veut exprimer des choses positives, bien au-delà des lieux communs circulaires, c'est le sens principal de cette déclaration de principe.

    Baudelaire prend des risques à parler clair et il le sait. Il ne pouvait prévoir EXACTEMENT l'avènement d'un race d'ânes bâtés de philosophie, dépourvus d'idées, et surtout de rêveries, qui, singeant le dandysme baudelairien, tireraient de cette manière de contempler la peinture une doctrine systématique permettant de disserter en charabia sur N'IMPORTE QUEL support ou sujet, en vue de toucher un salaire à la fin du mois : "ANYTHING CAN BE A WORK OF ART. WHAT MAKES IT A WORK OF ART IS THAT SOMEONE THINKS OF IT AS A WORK OF ART."

    Nul n'est parfait, ça n'empêche qu'on peut être parfaitement nul.