Sous pression
Dans Métro, quotidien officiellement gratuit, il y a ce baromètre qui me permet de mesurer la santé mentale de mes concitoyens - du “peuple” comme certains disent sans rire.
En effet, tous les jours Métro pose une question en rapport avec l’actualité à des quidams dans la rue qui ne se font pas prier pour répondre vu qu’on est en démocratie.
La bêtise des questions posées excuse peut-être un tantinet les sondés, mais ne fait pas moins d’eux de la chair à médias.
Jeudi 21 septembre, à la question : « Que vous inspire l’agression des CRS ? », Thibault, 23 ans, étudiant en anglais, répond :
« Je pense que si j’avais été là, j’aurais fait la même chose que les jeunes. Il y a deux camps, les policiers sont dans un camp ; moi dans l’autre. »
Voilà un étudiant qui a parfaitement bien appris sa leçon d’histoire. C’est pas certain qu’il saura un jour la réciter en anglais, mais on ne lui en demande pas autant.
On ne lui demande même pas, d’ailleurs, s’il se fait chouraver son i-pod ou ses lunettes de soleil de bobo (fumées saumon), de pas aller porter plainte chez les flics. La révolution est une cause qui vaut que l’on ne s’arrête pas à des détails moraux de ce genre.
