S’il y a bien un chanteur à qui l’expression “faire de vieux os” va comme un gant, c’est Johnny Halliday. L’engouement interminable de millions de beaufs pour Halliday est assez mystérieux… Abandonné, yanki, frimeur, subventionné, surtaxé, ringard, lifté, pour finir dans les bras de Sarkozy : l’identification parfaite ?
J’ai fait semblant de croire un instant qu’il coulait encore un peu de satire dans les veines de son confrère Renaud, mais le Renaud nouveau, désintoxiqué, marié, recoiffé, n’est pas très fort de café non plus. Il doit craindre de se mettre à dos les bobos, ces bobos qu’il égratignait dans son dernier tube, son public, alors il préfère s’excuser : « (…) je ne crache pas sur les bobos, c’est juste une chronique sociale. »
Un peu plus loin dans l’interviou, le chanteur à textes décrypte un peu la “Renaud attitude”, quand le baveux lui demande s’il a des scrupules à avoir réussi : « Oui. J’ai été élevé dans une famille protestante un peu puritaine. Inconsciemment, j’ai développé cette idée que la réussite et l’argent, c’était sale.
On m’a aussi reproché de payer l’ISF tout en ayant des idées rebelles. J’ai bien évidemment culpabilisé toute ma vie… mais ça ne m’empêche pas de dormir. »
La formulation est approximative. Sans doute Renaud est-il un peu trop “inconscient” pour s’en rendre compte, mais le protestantisme a justement été inventé pour concilier fortune et idées charitables tout en continuant à dormir sur ses deux oreilles.