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  • K.-O.

    Le virus de la grippe m’a fait passer en quelques heures de l’état de jeune homme athlétique qui s’efforce de garder la tête haute à l’état de vieillard tout juste ingambe qui masse ses articulations douloureuses.

    Il n’y pas d’autre remède que d’avaler des litres d’eau bouillante pour rôtir toutes ces bestioles ! Ah, si, la copulation, surtout si elle s’accompagne de sentiments, entraîne elle aussi une augmentation brutale et bénéfique de la température corporelle (penser à bien s’hydrater). Mais quelle femme accepterait en 2006 de contracter le virus de la grippe pour soulager un homme ?

    Je décide que ma fièvre ne doit pas m’empêcher de regarder Le Pen à la télé. Comme je boycotte Canal+, la chaîne des bobeaufs (du foot, du cul et du cinéma), les occasions sont rares d’assister à un match de boxe, mon sport favori.

    C’est Bayrou qui relève le gant cette fois-ci. Pas le temps de me demander combien de temps il va tenir avant d’aller au tapis qu’il est déjà au tapis. Il placera même pas un petit crochet du gauche de toute la soirée. Première leçon de boxe élémentaire : quand on peut l’éviter, on boxe pas dans une catégorie supérieure à la sienne. Le poids-coq Chirac au moins avait compris ça et refusé le combat.
    Au bout d’une demi-heure, le Béarnais n’a plus les idées très claires : un petit coup d’éponge d’Arlette Chabot serait pas de trop.

    Un match déséquilibré comme ça permet de mieux comprendre ce qui fait la force de Le Pen - Bayrou essaie un peu d’imiter ce ton "naturel", mais on ne se refait pas comme ça -, Le Pen n’est pas un homme d’idées, c’est un artiste. Il joue avec des images, des sentiments, il a des effets comiques. C’est pas avec ses quelques pauvres idées démocrates-chrétiennes que Bayrou pouvait marquer des points.

    Pour assurer la deuxième partie du spectacle rappliquent ensuite Patrick Devedjian et Arnaud Montebourg. La déconfiture de Bayrou met des paillettes de joie dans leurs yeux. Le premier, Devedjian, est trop fin juriste pour être vraiment intelligent. La prestation du deuxième larron, Montebourg, n’est pas mauvaise, il est assez fringant. Peut-être s’il veut séduire au-delà des bobos parisiens devra-t-il néanmoins prendre quelques leçons de diction pour gommer son ton gourmé de notaire UMP ?

    On peut toujours rêver d’un match entre Le Pen et Ségolène maintenant…