Au début je crois pouvoir mettre à profit cette grippe pour approfondir un peu la philosophie et l'économie de Marx. Très vite, le pus accumulé dans quelque cavité de mon occiput provoque des douleurs, assez supportables, mais qui m'empêchent de me concentrer.
Désespoir… À quoi bon vivre quand on ne peut même pas bouquiner ? Mes nerfs sont mis à rude épreuve. Combien de temps vais-je perdre à cause de cette stupide grippe ? J'essaie de becqueter pour pas trop maigrir mais je constate avec humeur que mes perceptions gustatives sont changées. C'est comme si je goûtais séparément les différentes saveurs qui composent chaque aliment, ce qui leur donne un goût étrange et désagréable. Je ne peux même plus boire mon vin de Fronton ! Quant au café, c'est vrai qu'il n'est pas de très bonne qualité, mais là il est devenu carrément infect… Je me rabats sur de la soupe de poissons pimentée brûlante qui passe.
Dans la nuit de dimanche à lundi, avec un peu de fièvre, j'ai une crise de misogynie aiguë. Je me jure de ne plus jamais entretenir de commerce rapproché avec le sexe féminin à l'avenir. Tous nos malheurs ne viennent-ils pas des femmes ? Je repense à cette assertion de Le Pen qu'il y a déjà eu des femmes dans l'histoire de France à tenir les rênes et qu'elles s'en sont aussi bien sorti que des hommes… À qui pensait-il ? À Anne de Beaujeu ?