Moi qui pensais être débarrassé d’Alain Juppé pendant quelques semaines… Il n’y a guère en effet de politicien qui me dégoûte plus que cet homme de fer qui plia comme du carton, que ce Sancho Pança maigre droit dans ses bottes. À part Michel Noir, peut-être.
Dès ce matin, je déchante en entendant la radio annoncer la création du blogue d’Alain Juppé. Et merde. Juppé est adoubé par un certain Loïc Le Meur, présenté comme une sorte de pionnier, ou comme le pape de la blogosphère, qui m’a l’air de n’être en fait qu’un bobo pontifiant de plus. Ce gugusse-là, qui a “rendu service” à Jean-François Coppé et Dominique Strauss-Kahn en les introduisant dans la blogosphère - merci bien - oublie volontairement l’essentiel sur les blogues dans son petit topo à la radio. Il oublie de dire que tout l’intérêt de ces petites tribunes, c’est qu’elles sont ouvertes à d’autres “citoyens” que ceux qui sont invités tous les quinze jours à la télévision, à la radio ou dans Le Monde, à rabâcher les vérités officielles.
Les blogues d’Alain Juppé, de Strauss Kahn et tutti quanti, ne sont que de vulgaires tracts. Quel intérêt y a-t-il à entendre Juppé dire toute l’empathie qu’il a pour les handicapés, exprimer toute sa compassion pour les victimes des raz-de-marée, etc. ???
Le seul intérêt de ces blogues politiques, c’est qu’ils font faire des économies de papier au contribuable. Bien sûr, je blague, car ces économies pèsent peu au regard des dépenses électorales démentielles engagées par Alain Juppé au cours de sa carrière.
Profitons-en pour botter le cul à la casuistique éthico-juridique que les journalistes-auxiliaires du pouvoir nous resservent régulièrement sur l’absence d’enrichissement personnel. Distinguer les affaires privées des affaires publiques n’a guère de sens en général, encore moins quand il s’agit des affaires d’un politicien. Si Chirac tient la télécommande aujourd’hui, c’est grâce à son parti, doté illégalement. Toute l’ambition personnelle de Chirac depuis sa plus tendre enfance, devenir Président, ainsi l'a-t-il satisfaite.
La corruption a toujours existé, dans tous les régimes, sous toutes les latitudes. Mais jamais auparavant on avait autant pris les Français pour des cons. Flattez le peuple et bientôt vous le méprisez.