Je suis passé très vite de l’âge où tous mes potes se mariaient les uns après les autres, faisant fi de mes conseils amicaux de prudence, à l’âge où ils sont contraints désormais d’entamer de douloureuses procédures de divorce.
Compte tenu de la crise de la féminité*, pas sûr que j’atteindrai l’étape suivante un jour, l’âge où ils se remarieront ! À vrai dire, je prie même pour que ça leur serve de leçon, que ce soit “la der des der”. Parce que moi, un homme aux prises avec des avocats et des magistrats, ça m’émeut comme l’hallali (Les femmes sont faites pour s’entendre avec la gent judiciaire, bavarde, procédurière, irrationnelle, en robe, mais les hommes se perdent facilement dans les arcanes de la Justice, eux.)
Qu’est-ce qui a donc poussé mes potes à se jeter dans la gueule du loup, à se marier, au fait, je tâche de me rappeler aujourd'hui ? Il faudrait que j'examine leurs raisons spéciales, à Didier, Erwan, Pierre et Sébastien…
Mais avant ça, je tiens à mettre les points sur les “i”, à préciser que mes potes ne sont pas des lopettes, qu’ils ont pas hésité à embrasser la logique maritale : après avoir rempli toutes les formalités civiles et religieuses, promis au maire, à leurs parents, à Dieu, etc., zou, ils n’ont pas hésité à faire à leurs femmes autant de gosses qu’elles voulaient. Ils n’ont pas pris prétexte du trou dans la couche d’ozone ou de je ne sais quelle transformation hypothétique de la planète en pomme-de-terre radio-active pour se branler confortablement à l’intérieur de leurs gonzesses en attendant la fin du monde.
Non, mes potes se sont mariés comme les pious-pious de 1914 montaient au front, la fleur au fusil, le sourire aux lèvres ! Et moi j’aimerais être leur général Pétain, quelque chose comme ça, mobiliser toute mon astuce pour éviter la débâcle totale, pendant que le Haut Commandement tire des plans sur la comète.
*Bien sûr, je balaie d’un revers l’argument qu’inévitablement quelque bonne femme qui se targue d’être un peu cartésienne ne manquera pas de m’opposer, pour tenter de me déstabiliser, que la crise de la féminité se double d’une crise de la virilité. Mais de quoi et à qui croit-elle causer, cette féministe ? On ne peut pas être plus convaincu que moi que le commandement revient à l’homme. Et, par conséquent, si tout est parti en quenouille, a dégénéré jusqu'au "mariage gay", c'est forcément à l’homme qu'il faut l'imputer, il n'a pas su tenir son rang (l'homme en général, parce qu'en particulier il y a des cas de résistance héroïque notoires).
Je ne m’inquiète pas de chercher des coupables mais de trouver une solution ou des remèdes. Dans cette perspective le redressement de la femme par l’homme me paraît être la seule voie- clouer le bec aux hystériques un préalable sine qua non.