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  • Théorèmes

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    Je sais bien que Houellebecq ne publie pas de bouquin, cette année, mais on va quand même pas parler de Yannick Moix !?
    Il y a Angot, aussi. Au moins, elle, elle me fait marrer. J’ai vu presque tous ses sketches. Le dernier sur sa naissance à Châteauroux était très drôle, mais difficile à raconter ici, c’est au-delà du “non-sense”. Elle est beaucoup plus drôle que Bigard.
    Est-ce qu’il existe un dévédé des sketches de Christine Angot, un zapping, quelque chose comme ça ? Il y a certains sketches que je reverrais bien. Elle restera, Angot, contrairement à Bèguebédé ou Lola Pille : parce qu’elle est vraiment trop, Angot !

    À propos de Houellebecq, deux trucs m’amusent. Comment il a réussi à se mettre tous les médias à dos rien qu’en disant qu’il trouvait les Allemands plus sympas que les Français. C’était très fort. Très intéressant aussi. Ça en dit long sur le chauvinisme des Français, leur immobilisme, encore plus cons que les Français de 1920 qui avaient, eux, quelques petites raisons d’avoir de tels préjugés.
    Bien sûr, la presse a été choquée aussi par les réflexions misogynes ; ses vannes sur la médiocrité de la civilisation musulmane ont fait sauter au plafond les militants antiracistes - mais St-Germain-des-prés, assez anti-arabe dès qu’il se sent vaguement menacé, a fini par trouver ça plutôt drôle. Le coup des Allemands plus sympas que les Français, c’était très bon.

    Et puis ce qui est amusant aussi, c’est cette histoire que raconte Nabe dans son dernier bouquin à propos de Sollers qui n’a pas vu venir le succès de Houellebecq. En gros, Sollers pose l’axiome selon lequel il est impossible d’avoir du succès en librairie aujourd’hui sans écrire des trucs qui plaisent aux femmes puisqu’elles représentent quatre-vingt pour cent des lecteurs ; et comme Houellebecq est misogyne, assez abstrait, politiquement incorrect, ses bouquins sont condamnés d’avance. Raisonnement cartésien, rien à dire. On connaît la suite, les centaines de milliers d’exemplaires vendus, essentiellement achetés par des gonzesses, donc. Et Sollers, le plus grand préfacier de la littérature française, sans doute, mais dont la veulerie est quasi-légendaire (On connaît la chanson : (« Avec sa gueule de Tartuffe, de moine errant, de patron grec, et ses cheveux tout plein d’argent… lalala »), Sollers se rallie bien sûr à la cause de Houellebecq.

    Au-delà des histoires de clones chiantissimes, ce mystère me titille. La théorie de Chardonne, également éditeur, c’est que le succès est imprévisible en littérature. Il a lui-même fondé sa maison Stock sur le succès inattendu en France du récit d’un pilote allemand après guerre, Pilote de Stukas. Pourquoi les femmes se sont-elles mises à lire Houellebecq contre toute prévision. Est-ce :

    1. Parce que les femmes, de plus en plus masculines, ont désormais des goûts qui se rapprochent de ceux des hommes.
    2. Parce que les femmes sont restées dans le fond majoritairement plutôt masochistes et que les propos sadiques de Houellebecq les ont excitées, incitées à acheter le livre.
    3. Pour une troisième raison qui m’échappe.