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  • Gérontocratie

    Près de 9 millions de téléspectateurs ont regardé l'allocution du président de la république jeudi soir. C'est beaucoup. Il suffit en effet de 20 millions de Français pour faire un monarque légitime, dans le cadre monarchique de la 5e république, renforcé par les médias de masse oligarchiques. Rappelons que, aux Etats-Unis, dans un contexte moins monarchique, Donald Trump a été élu et réélu grâce à des médias alternatifs.

    C'est beaucoup car E. Macron a enchaîné comme à son habitude les grandes phrases creuses, avec la complicité de deux animateurs jouant le jeu du creux, face à un président presque déchu. On comprend que c'est une sorte de rituel qui se rapproche, compte tenu de sa périodicité, du sermon du dimanche. Un politicien au creux de la vague s'adresse au noyau dur de son électorat, 7 ou 8 millions de retraités, hors Ehpad ou en Ehpad. Qu'est-ce que demande ce noyau dur ? A être rassuré. Surtout pas de changement politique ; l'électorat de Macron se passerait bien des présidentielles, ce qui est un point commun avec les Gilets jaunes.

    Le gasoil ! J'allais oublier le gasoil. Il fallait se montrer rassurant sur ce point aussi, qui ne touche pas que les retraités. La conjoncture internationale n'est pas rassurante, et E. Macron ne peut rien faire d'autre que de ne pas l'aggraver, comme Donald Trump.

    Je prends rarement le temps de regarder le président. Je suis plutôt l'actualité internationale, ou les interventions d'U. von der Leyen, au niveau hiérarchique supérieur. Le court-circuit qu'elle a mis en place en 2022 est une manoeuvre brillante. Ursula, c'est le "mâle alpha" ! (comme dit Trump) ; son principal handicap : elle est détestée aussi bien en Allemagne qu'en France.

    E. Macron a passé pas mal de temps à faire le bilan de son action, un peu comme un PDG qui s'apprête à se faire débarquer par le conseil d'administration. Tout ce qui a été mal fait n'était pas de sa faute, et on n'a pas à le remercier pour tout ce qu'il a fait de bien, car il l'a fait par amour de la France et des Français. Moins amer, donc, que le général de Gaulle quand les Français l'ont renvoyé à la vie civile ; moins amer mais beaucoup trop sucré. Comme les gosses, les personnes âgées ont tendance si on ne les arrête pas à se gaver de trucs sucrés.

    On ne règle pas par une nouvelle constitution le problème de la vacuité du discours politique, caractéristique d'une fausse démocratie.