Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Un problème de maths

Les maths sont le problème et non la solution, si je puis dire.

Sur un plateau de télévision, deux publicistes s'affrontent sur le thème de la mort de l'Occident. Pour le publiciste A, le chiffre du PiB des Etats-Unis prouve que les Etats-Unis sont plutôt en bonne santé économique ; pour le publiciste B, au contraire, le chiffre du PiB est une mesure illusoire de la santé économique d'un pays, et d'autres mesures plus pertinentes montrent au contraire que l'économie des Etats-Unis est dans un piteux état.

L'un des deux se trompe, mais ce n'est pas la question ici. Tous les deux sont convaincus que les chiffres - en l'occurrence les statistiques, sont un outil qui permet de révéler une réalité objective...

Ils n'ont pas lu Einstein, le pape de la pseudo-science statistique (discipline qui ne devrait pas être qualifiée de "science" mais "d'outil"). Les statistiques sont le meilleur moyen de voir midi à sa porte. Un autre exemple familier : les statistiques sur l'immigration :: outre qu'elles sont sujettes à caution en raison de la difficulté de recenser des immigrés clandestins, elles fournissent une indication économique quasiment nulle sur ces flux migratoires.

En posant le principe de la relativité, Einstein n'innove pas (Zénon l'avait illustré plusieurs millénaires avant lui, en démontrant qu'une tortue peut se déplacer relativement plus vite qu'Achille dans un repère orthonormé) ; ce qui est nouveau, c'est le principe de la relativité absolue, qui induit en erreur. La relativité absolue consiste à poser le principe d'universalité de la géométrie algébrique. Einstein enfonce plus ou moins une porte ouverte, puisque la géométrie algébrique est nécessairement un raisonnement "dans l'absolu" : le segment est relatif à la droite infinie. On pourrait dire que la terre est "relativement plate" - les physiciens interviennent heureusement pour rectifier la théorie, purger la philosophie naturelle de la métaphysique, comme dirait Aristote.

On peut définir les mathématiques modernes comme la raison d'Etat technocratique ; on comprend ainsi comment l'économie capitaliste s'articule avec l'organisation technocratique, suivant l'adage de K. Marx : "L'Etat et le Capital sont solidaires".

On comprend en outre l'importance des maths dans le système scolaire français, qui n'a rien d'éducatif, mais qui contribue au contraire à saper l'éducation pour renforcer la tutelle de l'Etat-providence (l'éducation dont le tuteur que l'on appose sur un jeune arbre, avant de l'ôter dès qu'il pousse droit, fournit une image simple).

On peut se représenter la technocratie et le capitalisme comme une sorte de Janus ou de veste réversible. Il est inepte de vouloir contenir l'économie capitaliste dans une formule technocratique et des plans quinquennaux, tout comme il est inepte de vouloir affranchir l'économie capitaliste de l'Etat profond (suivant le slogan anarcho-capitaliste).

Le politique sanitaire de 2020 est une crise de la technocratie et du Capital, puisque les deux sont indissociables. Mais elle est apparue plus nettement que la crise financière de 2008 sous le jour technocratique. Or les chiffres ont joué dans la confusion générale un rôle important, un rôle similaire à celui que joue la question de la dette dans le débat politique superficiel des présidentielles, qui ressemble à un match de catch arbitré par la Commission de Bruxelles.

Des statisticiens parfaitement ignares dans le domaine médical ont multiplié les théories fumeuses au cours de la crise sanitaire... et après. Certains statisticiens obtus sont allés jusqu'à démontrer que la vaccination contre le coronavirus avait sauvé plusieurs dizaines de millions de personnes à l'échelle de l'humanité.

Si l'on faisait a posteriori le bilan des déclarations des épidémiologistes compétents (en médecine), on verrait qu'elles étaient beaucoup moins erratiques. Le rôle de désinformation de l'opinion publique des médias de masse a été dénoncé pendant la crise par des universitaires, mais il n'a pas été dit précisément que les chiffres ont été le principal support de cette désinformation. En même temps que la "guerre au coronavirus", on a eu la propagande de guerre et la propagande présentée comme la science.

La politique sanitaire n'a pas fait l'objet d'un arbitrage scientifique médical, mais d'un arbitrage technocratique. Ce n'est pas complètement insensé puisque la France est une technocratie (un Titanic, comme dit F. Bayrou).

L'erreur de Marx, dont il était conscient*, fut d'opposer au Capital, c'est-à-dire l'âme de la bourgeoisie (1850-2026), une analyse. En réalité K. Marx oppose l'Histoire à l'économie libérale. Marx a ainsi prêté le flanc à ceux qui en ont fait un "économiste alternatif", ce qu'il n'est pas.

Pour les physiocrates libéraux et leurs héritiers, l'homme post-moderne est un "homo economicus" : selon K. Marx il est surtout un "être de désir", ce qui n'a rien à voir. L'homme post-moderne est un être de désir, encouragé à l'être, c'est-à-dire à servir de combustible à ce qui n'est qu'une machinerie économique et non une économie. K. Marx anticipe le phénomène de la société de consommation, dès le milieu du XXe siècle : il n'a rien d'économique.

*Cette conscience de Marx s'exprime dans l'éloge des romans de Balzac, qui illustrent mieux selon lui la contradiction de l'économie capitaliste que le Capital s'efforce de démontrer. L'Etat capitaliste est assis sur cette contradiction explosive, qui pour les anarcho-capitalistes menace de tuer le Capital, et qui pour les sociaux-démocrates menace d'anéantir l'Etat-providence. 

Écrire un commentaire

Optionnel