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Lire dans le jeu d'E. Macron

Comme Donald Trump Emmanuel Macron est un joueur de poker qui passe son temps à bluffer, et les Gilets jaunes essaient de voir clair dans son jeu. Plusieurs médias citoyens indépendants s'efforcent d'analyser la tactique présidentielle ; je propose ici une lecture personnelle.

E. Macron a convoqué les représentants de chaque parti politique à une réunion exceptionnelle consacrée à la défense "en format Saint Denis" (sic) (18 sept.). A la sortie, tous les représentants ont récité un discours à peu près identique et creux sur "la menace russe hybride inquiétante", incités par les médias à en rajouter. Le parti unique en Chine n'a qu'un représentant : grosse économie. L'opposition vient de donner quitus au chef de l'Etat pour prendre les mesures défensives qui s'imposent. 

Il semble qu'E. Macron a deux nouveaux cailloux dans sa botte : le vote du budget 2027 et la campagne des présidentielles : ces échéances ont l'inconvénient de placer le président dans le collimateur des critiques, mais aussi de contribuer à la paralysie de l'appareil d'Etat... au plus mauvais moment.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen s'agite simultanément et multiplie les déclarations "chocs", comme son intention de réquisitionner l'épargne des Français (livrets A) pour l'effort de guerre ukrainien. Jusqu'ici l'effort de guerre ukrainien pèse principalement sur les contribuables allemands.

Les drones russes ne sont probablement pour rien dans l'inquiétude subite des dirigeants de l'axe Berlin-Bruxelles-Paris... on hésite à inclure Londres, compte tenu de la fragilité de l'exécutif anglais.

La conquête du Länder de Saxe-Anhalt (ex-RDA) par le parti "Alternativ für Deutschland" est la principale cause de l'émoi de nos dirigeants. Le programme de l'AfD, similaire à celui des trumpistes aux Etats-Unis, représente une menace sérieuse d'éclatement pour l'Union européenne. Comme D. Trump promettait à ses électeurs de couper l'aide militaire et financière à l'Ukraine, l'AfD a fait la même promesse aux siens.

Le soutien à l'Ukraine est donc devenu existentiel pour l'Union européenne. Les industriels allemands, italiens et français, espèrent ainsi sortir l'économie européenne du marasme. Il n'y a pas de plan B.

On retrouve le schéma orwellien : l'UE monétaire fut pendant trente ans une zone de libre-échange et de paix relative, mais elle ne fut une zone sans tête ; ses dirigeants faisaient semblant... par exemple A. Merkel et F. Hollande en signant à Minsk une trêve, alors qu'ils n'avaient aucun moyen de la faire respecter. La guerre froide ou larvée extérieure que mènent Océania et Eurasia constitue un exosquelette. L'UE est le quatrième empire qui n'existe pas.

E. Macron se pose donc en co-leader du projet de guerre UE, et les élections présidentielles tombent au plus mauvais moment : elles compliquent la mobilisation psychologique des Français.

La résistance des Français au pouvoir technocratique arbitraire, qui s'est cristallisée en 2018 sous la forme des Gilets jaunes, est la seule opposition réelle.

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