Comme Donald Trump Emmanuel Macron est un joueur de poker qui passe son temps à bluffer, et les Gilets jaunes essaient de voir clair dans son jeu. Plusieurs médias citoyens indépendants s'efforcent d'analyser la tactique présidentielle ; je propose ici une lecture personnelle du jeu du chef de l'Etat.
E. Macron a convoqué les représentants de chaque parti politique à une réunion exceptionnelle consacrée à la Défense en "format Saint Denis" (sic) (18 sept.). A la sortie, tous les représentants ont récité un discours à peu près identique et creux sur "la menace russe hybride inquiétante", incités par les médias complaisants à en rajouter. Le parti unique en Chine n'a, lui, qu'un représentant : grosse économie !
L'opposition vient de donner quitus au chef de l'Etat pour prendre les mesures défensives qui s'imposent. La méthode est similaire à celle de l'urgence sanitaire. Seul le spectre de la crise financière empêche l'appareil d'Etat de prendre de nouveau des mesures policières aussi radicales qu'en 2020.
Il semble qu'E. Macron a deux nouveaux cailloux dans sa botte : le vote du budget 2027 et la campagne des présidentielles : ces échéances ont l'inconvénient de placer le président dans le collimateur des critiques, mais aussi de contribuer à la paralysie de l'appareil d'Etat... au plus mauvais moment.
La présidente de la Commission Ursula von der Leyen s'agite simultanément et multiplie les déclarations "chocs", comme son intention de réquisitionner l'épargne des Français (livrets A) pour l'effort de guerre en Ukraine. Jusqu'ici l'effort de guerre ukrainien pèse principalement sur les contribuables allemands.
Les drones russes ne sont probablement pour rien dans l'inquiétude subite des dirigeants de l'axe Berlin-Bruxelles-Paris... on hésite à inclure Londres, compte tenu de la fragilité de l'exécutif anglais.
La conquête du Länder de Saxe-Anhalt (ex-RDA) par le parti "Alternativ für Deutschland" est la principale cause de l'émoi de nos dirigeants. Elle a fait l'effet d'une bombe. Le programme de l'AfD, similaire à celui des trumpistes aux Etats-Unis, représente une menace sérieuse d'éclatement pour l'Union européenne. Comme D. Trump promettait à ses électeurs de couper l'aide militaire et financière à l'Ukraine, l'AfD a fait la même promesse aux siens.
Le soutien à l'Ukraine est donc devenu existentiel pour l'Union européenne. Les industriels allemands, italiens et français, espèrent ainsi sortir l'économie européenne du marasme. Il n'y a pas de plan B. Il n'y a pas d'opposition politique institutionnelle au plan A : afin d'éviter le discrédit total, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont diligentés leurs lieutenants à cette réunion de Défense.
On retrouve le schéma orwellien : la zone monétaire UE fut pendant trente ans une zone de libre-échange et de paix relative, mais elle fut une zone sans tête ni volonté politique propre ; ses dirigeants faisaient semblant : par exemple A. Merkel et F. Hollande en signant à Minsk une trêve, alors qu'ils n'avaient aucun moyen de faire respecter cette trêve. La Guerre froide ou larvée extérieure que mènent Océania et Eurasia constitue un exosquelette. L'UE est le quatrième empire qui n'existe pas.
E. Macron se pose donc en co-leader du projet de guerre UE, et les élections présidentielles tombent au plus mauvais moment : elles entravent la propagande de guerre, qui requiert "l'unité nationale".
La résistance des Français au pouvoir technocratique arbitraire, qui s'est cristallisée en 2018 sous la forme des Gilets jaunes, est la seule opposition réelle. Comme Jean Jaurès était seul en 1913, trahi par ses propres "camarades" socialistes, les Gilets jaunes sont seuls en 2026.
Commentaires
Sortir de la zone euro est impossible, c'est ce que ne veulent pas Mélenchon et Le Pen. La France serait lâchée par ses créanciers.
C'est exactement ce que l'on peut reprocher aux souverainistes-gaullistes quand on est Gilet jaune : - ne pas tenir compte de la question monétaire. L'euro c'est du deutschmark : les Français sont Allemands par la monnaie, et le franc n'existe plus.
Les Gilets jaunes doivent envisager une dévaluation de la nouvelle monnaie nationale avant toute réforme constitutionnelle. Ils doivent proposer un programme de salut public simple et efficace aux Français qui refusent que la France soit transformée par Bruxelles et Berlin en Länder allemand.