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  • Urgence de la révolution française

    En préambule un rappel s'impose : la bourgeoisie est une classe issue de la révolution. Elle ne s'appuie pas pour rien sur le roman national, enseigné à l'école, qui entretient la légende dorée de la révolution de 1789.

    On peut dire que la bourgeoisie française a statufié la révolution de 1789, exactement comme l'Union soviétique a statufié Marx, Engels et Lénine. Statufier veut dire confisquer : quelques jours après les premières manifestations des Gilets jaunes, les plus hautes autorités morales de la république interdisaient à ce mouvement de se dire "révolutionnaire", le réduisant à une jacquerie d'automobilistes sevrés de taxes. On entend parler souvent de l'arrogance ou du mépris d'E. Macron. Je ne crois pas qu'il soit méprisant : l'Education nationale est d'abord au service de cet esprit de caste, contraire à l'esprit républicain. Certains parlent de "jacobinisme", mais cette expression a l'inconvénient de dissimuler le transfert de compétence à l'Union européenne de nos "premiers de cordée", ainsi que le mobile technocratique de cet organigramme.

    On pourrait dire que la bourgeoisie s'est transformée en aristocratie pour conserver sa position dominante, mais ce serait une conception simplificatrice romanesque. L'aristocratie n'était pas spécialement hostile aux réformes libérales de Louis XVI - seule une petite partie de l'aristocratie, plutôt provinciale, le fut.

    K. Marx conçoit l'Etat capitaliste comme un instrument de conservation des privilèges acquis par les puissances industrielles et financières. Les dirigeants des puissances financières et industrielles eux-mêmes ont-ils intérêt à une redistribution des profits aussi inégale, à ce que leur situation prospère pendant que 80% de la population subit la crise ? Probablement pas. Mais l'Etat capitaliste joue son rôle conservateur.

    Peut-il en être autrement, suivant le postulat des économistes sociaux-démocrates, théoriciens du partage des richesses ? Il ne pourrait pas en être autrement répond K. Marx, car dans ce cas le besoin de l'Etat et des milliers d'apparatchiks qu'il emploie disparaîtrait.

    Le mouvement libéral MAGA s'affirme comme un mouvement révolutionnaire, qui veut en revenir à l'esprit de la constitution de 1776 : les MAGA désignent l'Etat profond technocratique comme la formule (européenne) du pouvoir antirépublicain.

    Le mouvement MAGA a pris le pouvoir en mandatant Donald Trump pour démanteler l'Etat profond. Il y a dans le demi-succès des MAGA une leçon à tirer pour les Gilets jaunes : la première est que la prise du pouvoir est loin d'être l'étape la plus difficile. Le démantèlement de l'Etat profond, au-delà du licenciement symbolique de quelques fonctionnaires, représente pour Donald Trump des difficultés économiques majeures. L'Etat profond n'est pas "profond" pour rien, enraciné dans un exercice totalitaire du pouvoir décrit par G. Orwell dans "1984".

    La leçon à en tirer est qu'aucune constitution n'a le pouvoir de rétablir un régime républicain, car l'objectif capitaliste de croissance, qui fait office de "raison d'Etat", est littéralement "hors-la-loi" (1). Quand bien même les MAGA proclameraient une constitution parfaitement républicaine, cela ne changerait pas ce que les Etats-Unis sont devenus au fil des décennies : une sorte d'empire romain aux pieds d'argile. La dépendance de la France au contexte impérialiste est un paramètre à prendre en compte : une société comme "Total" est largement une société "de type impérialiste", c'est-à-dire apatride.

    La révolution française est nécessaire pour tous les Français qui estiment que le plan de relance d'Ursula von der Leyen est un cul-de-sac - que ce nouveau plan quinquennal ne peut qu'aggraver la dépendance de la France vis-à-vis de l'Allemagne. Il s'agit pour U. von der Leyen de provoquer par la mobilisation de l'appareil industriel ce que l'Union européenne a échoué à faire en vingt-cinq ans. Si l'UE a échoué, c'est à cause des peuples qui n'en veulent pas : tel est à peu près le raisonnement des technocrates européens, auquel ils croient dur comme fer.

    La révolution est nécessaire pour éviter l'élection d'un homme providentiel au suffrage universel, dont la légitimité et le pouvoir seraient les mêmes que ceux d'E. Macron, déchu après un an de gouvernement.

    La révolution est aussi nécessaire car le suffrage universel est le principal instrument du pouvoir gérontocratique. On a vu récemment un démagogue élu sur la promesse faite aux vieillards de remettre la jeune génération au travail, alors même que le "marché du travail" est devenu un véritable marché aux esclaves.

    La révolution est aussi nécessaire pour éviter la guerre civile, qu'une nouvelle crise financière pourrait déclencher, après les crises de 2008 et 2020, déclenchées par la gabegie du système technocratique. Les candidats à la présidentielle, tous autant qu'ils sont, sont d'abord des spécialistes de la fabrique du bouc émissaire : quand il n'est pas "fachiste", ou "extrémistes", il est "islamo-gauchiste" ou "antisémite". Une constitution populiste a engendré des candidats démagogues.

    (1) La décroissance est une raison d'Etat tout aussi aberrante que la croissance, pour les raisons énoncées plus haut.

  • Un problème de maths

    Les maths sont le problème et non la solution, si je puis dire.

    Sur un plateau de télévision, deux publicistes s'affrontent sur le thème de la mort de l'Occident. Pour le publiciste A, le chiffre du PiB des Etats-Unis prouve que les Etats-Unis sont plutôt en bonne santé économique ; pour le publiciste B, au contraire, le chiffre du PiB est une mesure illusoire de la santé économique d'un pays, et d'autres mesures plus pertinentes montrent au contraire que l'économie des Etats-Unis est dans un piteux état.

    L'un des deux se trompe, mais ce n'est pas la question ici. Tous les deux sont convaincus que les chiffres - en l'occurrence les statistiques, sont un outil qui permet de révéler une réalité objective...

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  • Gérontocratie

    Près de 9 millions de téléspectateurs ont regardé l'allocution du président de la république jeudi soir. C'est beaucoup. Il suffit en effet de 20 millions de Français pour faire un monarque légitime, dans le cadre monarchique de la 5e république, renforcé par les médias de masse oligarchiques. Rappelons que, aux Etats-Unis, dans un contexte moins monarchique, Donald Trump a été élu et réélu grâce à des médias alternatifs.

    C'est beaucoup car E. Macron a enchaîné comme à son habitude les grandes phrases creuses, avec la complicité de deux animateurs jouant le jeu du creux, face à un président presque déchu. On comprend que c'est une sorte de rituel qui se rapproche, compte tenu de sa périodicité, du sermon du dimanche. Un politicien au creux de la vague s'adresse au noyau dur de son électorat, 7 ou 8 millions de retraités, hors Ehpad ou en Ehpad. Qu'est-ce que demande ce noyau dur ? A être rassuré. Surtout pas de changement politique ; l'électorat de Macron se passerait bien des présidentielles, ce qui est un point commun avec les Gilets jaunes.

    Le gasoil ! J'allais oublier le gasoil. Il fallait se montrer rassurant sur ce point aussi, qui ne touche pas que les retraités. La conjoncture internationale n'est pas rassurante, et E. Macron ne peut rien faire d'autre que de ne pas l'aggraver, comme Donald Trump.

    Je prends rarement le temps de regarder le président. Je suis plutôt l'actualité internationale, ou les interventions d'U. von der Leyen, au niveau hiérarchique supérieur. Le court-circuit qu'elle a mis en place en 2022 est une manoeuvre brillante. Ursula, c'est le "mâle alpha" ! (comme dit Trump) ; son principal handicap : elle est détestée aussi bien en Allemagne qu'en France.

    E. Macron a passé pas mal de temps à faire le bilan de son action, un peu comme un PDG qui s'apprête à se faire débarquer par le conseil d'administration. Tout ce qui a été mal fait n'était pas de sa faute, et on n'a pas à le remercier pour tout ce qu'il a fait de bien, car il l'a fait par amour de la France et des Français. Moins amer, donc, que le général de Gaulle quand les Français l'ont renvoyé à la vie civile ; moins amer mais beaucoup trop sucré. Comme les gosses, les personnes âgées ont tendance si on ne les arrête pas à se gaver de trucs sucrés.

    On ne règle pas par une nouvelle constitution le problème de la vacuité du discours politique, caractéristique d'une fausse démocratie.

  • Lire dans le jeu d'E. Macron

    Comme Donald Trump Emmanuel Macron est un joueur de poker qui passe son temps à bluffer, et les Gilets jaunes essaient de voir clair dans son jeu. Plusieurs médias citoyens indépendants s'efforcent d'analyser la tactique présidentielle ; je propose ici une lecture personnelle du jeu du chef de l'Etat.

    E. Macron a convoqué les représentants de chaque parti politique à une réunion exceptionnelle consacrée à la Défense en "format Saint Denis" (sic) (18 sept.). A la sortie, tous les représentants ont récité un discours à peu près identique et creux sur "la menace russe hybride inquiétante", incités par les médias complaisants à en rajouter. Le parti unique en Chine n'a, lui, qu'un représentant : grosse économie !

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  • Macron et les présidentielles

    Comme la mythomanie gaulliste bat son plein, sur le thème de la préservation de la souveraineté de la France par de Gaulle, rappelons ce que fut principalement le général de Gaulle : un habile manoeuvrier politique. On ne peut contester qu'il a su éliminer ses rivaux pour s'emparer des rênes du pouvoir. Le bilan de l'action politique du général de Gaulle reste à faire, sans doute pas très éloigné du bilan de Clemenceau, qui ne remporta avec Pétain qu'une victoire "à la Pyrrhus" (le commandement militaire allemand estimait que Clemenceau et Pétain étaient leurs seuls adversaires coriaces).

    Il y a peut-être une leçon d'habileté à retenir pour E. Macron dans la ruse de de Gaulle, mais le culte bonapartiste de "l'homme providentiel" est, du point de vue de la reconquête de la citoyenneté française représenté par les Gilets jaunes, du niveau de la foule allemande. Seuls des citoyens peuvent mettre fin à un régime qui repose sur l'infantilisation par les écrans de télévision.

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  • L'Histoire comme conscience politique

    La conception de l'Histoire comme "conscience politique" n'est pas exclusivement marxiste ou léniniste. Le projet d'un historien comme Thucydide était bien d'éclairer l'action politique en rapportant le plus fidèlement possible les évènements historiques, en s'écartant ainsi du culte des grands hommes et du récit de leurs exploits, c'est-à-dire du genre archaïque de l'épopée lyrique ("L'Enéide").

    Beaucoup plus près de nous se situent Machiavel et Shakespeare, dans le sillage desquels Karl Marx et Frédéric Engels s'inscrivent. K. Marx voyait dans la "Comédie humaine" de Balzac la formulation romanesque du propos du "Capital", mais le contexte politico-religieux d'où émerge le capitalisme est encore plus nettement cerné dans "Le Marchand de Venise", au début du XVIIe siècle. La postulat wébérien de la rationalité du capitalisme est démoli par Shakespeare plus de deux siècles avant qu'il soit formulé par M. Weber.

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  • Le cinéma gaulliste

    Je signale dans mon bouquin sur "Orwell et les Gilets Jaunes" que l'esprit de "Mai 68" est "orwellien" - la plupart des slogans de "Mai 68" semblent en effet tirés de "1984". Il est indispensable de mesurer l'antériorité de l'Etat profond, resté tapi dans l'ombre tout au long des "Trente glorieuses". Le slogan de la jouissance était dirigé contre la société de consommation, qui repose sur la frustration. La jouissance raisonnable est le pire ennemi des publicitaires.

    La crise et le marasme capitalistes, en fragilisant l'appareil d'Etat totalitaire, l'ont contraint à sortir du bois.

    Les Gilets jaunes qui voient dans l'organisation technocratique la confiscation de la citoyenneté, ne peuvent pas voir en de Gaulle un modèle politique. Si la 5e république est antirépublicaine, c'est avant tout parce qu'elle est, en réalité, un régime technocratique. On ne peut pas reprocher à E. Macron de trahir l'esprit des institutions en s'affranchissant de la volonté populaire, car c'est précisément l'esprit bonapartiste de la constitution de 1958 que de neutraliser la volonté populaire à travers le plébiscite plus ou moins truqué.

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  • L'Ordalie Epstein

    Le sujet de l'affaire Epstein-Maxwell n'est pas celui des moeurs pédophiles des élites mondialistes, dévoilées dès 1932 par A. Huxley dans son "Brave New World", moeurs qui s'avancent très souvent masquées derrière la "protection de l'enfance".

    L'illusion d'Huxley était de croire que cette bestialité pouvait s'accorder avec la non-violence, et que le libéralisme perfectionnerait le nazisme grâce à des méthodes de conditionnement plus sophistiquées, telles que celles que le réseau Epstein a mises en oeuvre à une échelle réduite, dans un but de trafic d'influence politique.

    Orwell, lui, n'évacue pas comme Huxley le ressort historique fondamental de la lutte des classes : "1984" illustre la domination sadienne par les élites dirigeantes des citoyens entraînés au masochisme (la culture totalitaire de la "résilience" et de la "valeur travail"). Orwell ne conçoit pas que le totalitarisme puisse être non-violent.

    Huxley fut bien obligé d'admettre en 1958 que l'eugénisme libéral transhumaniste n'avait pas tenu ses promesses d'un être humain fabriqué en éprouvette à grande échelle. Ce cauchemar n'a pas eu lieu, mais les eugénistes libéraux continuent d'en rêver au XXIe siècle. Le régime totalitaire chinois a poussé le curseur de l'eugénisme d'Etat au maximum, tandis que les sectes évangélistes aux Etats-Unis représentent la seule opposition en Occident à cette politique eugéniste étatique.

    J. Epstein, c'est le marquis de Sade expert-comptable, qui gère la traite des blanches avec le scrupule d'un rond-de-cuir. Il y a quelque chose de puéril dans la sexualité des violeurs d'enfants ou de fillettes, que l'on retrouve aussi dans le clergé catholique immature, autre cas de pédophilie criminelle systémique à grande échelle.

    Sommé de se justifier en raison de ses liens avec le couple Epstein-Maxwell, Jack Lang s'est défaussé sur l'idéologie de "Mai 68", comme Joseph Ratzinger il y a quelques années, confronté aux crimes du clergé catholique. Mais on pourrait démontrer sans peine que le mouvement de "Mai 68" est le plus hostile qui soit à la culture de masse infantilisante pédomaniaque. "Mai 68" oppose la jouissance aux moeurs sado-masochistes totalitaires et à la "valeur travail", tout comme Orwell. Si la pédophilie criminelle est caractéristique de l'élite, c'est en raison du dispositif totalitaire qui affranchit la caste dirigeante de la morale commune.

    L'homosexualité est avant tout emblématique d'une sexualité sado-masochiste, et elle n'a jamais été idéalisée en Occident en dehors du contexte totalitaire et de la société de consommation. Le médecin puritain S. Freud la considère comme une "déviance", ce qui est médicalement contestable mais permet de dater assez précisément le dispositif totalitaire. Il faut ajouter que les moeurs homosexuelles sont très répandues dans l'armée, ce qui s'explique aussi par la culture sado-masochiste sur laquelle est fondée la hiérarchie militaire.

    Epstein s'installe donc à Paris en 2002 après avoir purgé une courte peine de prison aux Etats-Unis, et y développe son entreprise de trafic d'influence politique sans se heurter au moindre obstacle, ce qui implique la complicité des autorités judiciaires françaises ou leur gabegie. Il fait de même de l'autre côté de la Manche au Royaume-Uni, capitale secondaire de l'empire néo-barbare anglo-saxon (Océania).

    L'ex-conseiller de N. Sarkozy, Alain Bauer, est la seule personnalité publique de premier plan à oser s'exprimer sur l'affaire Epstein-Maxwell. Il tient peut-être à préserver son honneur intact, dans la mesure où l'inertie du système judiciaire fait peser le soupçon sur l'ensemble de la classe politique ? Ou bien l'exécution politique de N. Sarkozy par le système judiciaire lui reste-t-elle en travers de la gorge ? N. Sarkozy aurait donc agi pour le compte de Washington "à l'insu de son plein gré", comme son complice Alain Juppé ?

    L'affaire Epstein opère comme une véritable ordalie, en particulier aux Etats-Unis où Elon Musk a introduit une (relative) liberté d'expression : le limogeage de la procureure générale Pam Bondi (garde des sceaux) indique qu'un Etat profond ne peut pas enquêter sur un Etat profond. Cette démission forcée a eu pour effet de semer le doute dans l'électorat MAGA de D. Trump. Ce doute profite au parti démocrate à la veille des élections de mi-mandat : du banc des accusés, il est passé à celui d'accusateur.

    L'affaire Epstein souligne le mobile impérialiste de l'Etat profond, pourquoi l'utopie libérale démocratique a fait long feu dès la fin du XIXe siècle.

    Dans le contexte français moins démocratique, où les médias sont contrôlés à 100% par des oligarques, il s'est avéré plus facile de déminer l'affaire Epstein pour la presse française (tandis que le premier ministre anglais a été contraint de démissionner). Le peu d'empressement des leaders de l'opposition "d'extrême-droite" et "d'extrême-gauche" à réclamer une enquête parlementaire peut être interprété comme un signe de leur dépendance vis-à-vis d'un Etat profond coordonné depuis Bruxelles depuis le confinement sanitaire et le coup d'Etat du surendettement de 800 milliards d'E. Macron et U. von der Leyen.

    Cependant la campagne des présidentielles françaises coïncide avec les élections aux Etats-Unis, où l'affaire Epstein joue un rôle crucial. Si les dirigeants de l'UE ne parviennent pas à contrôler les réseaux sociaux américains, l'ordalie Epstein pourrait parasiter les élections françaises, destinées à élire le ou la remplaçante idéale d'Emmanuel Macron aux yeux d'U. von der Leyen et de la Commission.