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Mon Journal de guerre

  • Donald Trump machiavélique ?

    C'est la thèse de certains observateurs, en coulisse (c'est-à-dire à l'écart des plateaux télé des médias de masse). Quoi qu'elle soit peut-être partisane, cette thèse a le mérite de souligner la position dominante des Etats-Unis, malgré l'échec du "blitz" israélien sur Téhéran visant à renverser ses dirigeants. Elle n'est pas sans faire penser à la position dominante de V. Poutine, malgré la résistance de l'Ukraine et son échec à annexer tout ou partie de ce qu'il considérait comme une province russe. V. Poutine a fait plier les Etats-Unis, et il a désormais face à lui une Europe affaiblie et divisée comme jamais.

    Le blocage du détroit d'Ormuz pourrait avoir de graves conséquences économiques s'il perdurait ; l'Europe serait la grande perdante, puisqu'elle ne produit pas ou presque pas d'énergies fossiles.

    Le "coup de poker" de Donald Trump et B. Netanyahou pourrait donc avoir des conséquences bien plus graves pour l'Union européenne que pour les Etats-Unis, qui ne risquent pas de manquer de pétrole et de gaz, et ont déjà saisi l'occasion de la guerre en Ukraine pour vendre leur pétrole à prix d'or aux industriels allemands ; par ailleurs les Etats-Unis sont très loin du Moyen-Orient où l'armée israélienne sème le chaos.

    Autrement dit, Donald Trump ne mènerait pas une guerre contre l'Iran, mais contre ses principaux rivaux économiques européen et chinois.

    D. Trump aurait ainsi été convaincu de rééditer son coup de force du Vénézuéla, qui comporte un risque limité pour son pays ; en comparaison des centaines de milliers de jeunes Russes sacrifiés dans les combats sur le front ukrainien, les dégâts apparaissent en effet limités.

    Trump aurait pris le risque de faire voler "l'ordre mondial" en éclats. On sait qu'il ne cesse de critiquer cette gouvernance mondiale depuis des années, comme le principe même du déclin économique des Etats-Unis entre 2008 et 2026, déclin dissimulé derrière la puissance financière.

    Un aspect économique cependant est dissuasif de croire Trump "machiavélique" : la mondialisation ou le capitalisme financier qu'il combat (deux façons de parler de la même chose) répondent à une logique capitaliste, la même logique qui a évincé très tôt, dès la guerre civile de Sécession, le projet libéral démocratique, substituant à la démocratie un système oligarchique reflétant l'organisation monopolistique du Capital. La locomotive capitaliste ne peut pas faire machine arrière : une trop grande part de l'économie des Etats-Unis est tributaire de la mondialisation, en particulier les GAFAM. L'approvisionnement en carburant ne suffit pas à la croissance capitaliste.

    On peut se demander plutôt si D. Trump ne s'est pas précipité dans la guerre pour tenter de sortir de l'impasse dans laquelle se trouve le mouvement révolutionnaire MAGA. La guerre n'est pas "le prolongement de la politique par un autre moyen" (cette citation de Clausewitz est d'ailleurs souvent mal interprétée), mais la conséquence d'une politique économique irrationnelle. A six mois des élections, le bilan de D. Trump était quasiment nul, la résistance de l'Etat profond consistante. La figure de "l'homme providentiel", très banale au XXe et XXIe siècles, est d'ailleurs une figure archaïque et antirépublicaine, caractéristique du pouvoir oligarchique.

  • La menace Mélenchon

    La candidature de Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles, renforcée par la conquête de quelques villes importantes aux municipales, représente pour l'oligarchie la même menace que la candidature de Donald Trump en 2015. Les Français dont les yeux ne sont pas recouverts d'écailles idéologiques peuvent voir que ces deux candidatures reflètent deux mouvements proches de révolte de la classe moyenne contre l'Etat profond, en dépit de ce qui les oppose superficiellement, sur le plan des slogans.

    Le parti de Jean-Luc Mélenchon n'a aucune politique économique clairement définie. Il y a une bonne raison à cela : compte tenu du coup d'Etat de la Commission de Bruxelles en 2020, aucun projet économique franco-français ne dépasse le niveau du slogan, sans proposer au préalable, comme les partisans britanniques du Brexit, une sortie de l'Union européenne... qui aurait pour effet de condamner le projet d'Union. Tous les candidats à la présidentielle sont à égalité avec J.-L. Mélenchon : aucun ne peut avouer qu'il n'a pas d'autre programme économique que celui d'E. Macron au cours des neuf années écoulées.

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  • Un cas de racisme intéressant

    De mon expérience personnelle je tire la conclusion que les peuples grégaires sont les plus racistes. Les femmes sont plus racistes que les hommes car elles sont généralement plus grégaires, supportent moins la solitude.

    Un anthropologue décrit plus précisément ce phénomène ainsi : - Dans la société multiculturelle et antiraciste états-unienne, les mariages "mixtes" restent exceptionnels ; ils sont au contraire plus courants en France où les hommes hésitent moins à se reproduire avec des femmes d'origine africaine ou asiatique.

    Cela s'explique par le fait que la société états-unienne capitaliste est entièrement dévirilisée, à un point quasiment métabolique. Les efforts de Donald Trump et ses partisans pour paraître plus virils font penser aux efforts des femmes pour paraître plus féminines. En réalité D. Trump est surtout un acteur, et son goût pour les "sunlights" fait penser à celui de Marilyn.

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  • Mise au point sur le satanisme

    Les accusations de "satanisme" sont de plus en plus fréquentes sur les réseaux sociaux américains. Les électeurs MAGA de Donald Trump ont remis ce type d'invective à la mode, en particulier la frange issue des nombreuses sectes évangélistes que comptent les Etats-Unis, fédérées par les slogans de D. Trump sur la famille (contre l'avortement) et la moraline d'Etat LGBT (égalitariste).

    L'idéologie libérale est d'ailleurs une idéologie chrétienne dès l'origine. Les formules libérales athées ne sont apparues que tardivement, au stade technocratique, notamment dans le monde de la haute finance états-unienne (Ayn Rand).

    Le satanisme est précisément défini par les évangiles et les prophéties chrétiennes comme une attaque contre la Foi chrétienne au nom de la Foi chrétienne. Le satanisme n'est pas incarné dans les Evangiles par Judas (Judas ne prêche pas), mais par les pharisiens, et Pierre à deux reprises, qui interprète de travers la parole de Dieu. Les apôtres ne sont vraiment des apôtres qu'après la Pentecôte.

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  • Les Gilets jaunes ont disparu ?

    Emmanuel Macron est sans doute le dernier à le croire ; sans quoi il n'aurait pas demandé à ses adjoints le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau et le préfet de police Laurent Nunez de déployer en septembre 2025 un dispositif policier d'une ampleur probablement inégalée sous la Ve République. Dès le début de la matinée, la police procédait à des arrestations ciblées, plus de cinq heures avant le début des manifestations.

    Les partis de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, dont on sait qu'ils étaient les mieux représentés avec les abstentionnistes parmi les grévistes de 2019 opèrent comme des brise-lames. C'est la fonction qu'ils remplissent principalement, pourquoi ils sont subventionnés au même titre que la télévision d'Etat : scinder idéologiquement la classe moyenne inférieure en deux, pour la tenir éloignée des rênes du pouvoir. Pourquoi l'oligarchie a-t-elle décerné un brevet de respectabilité à Bardella et à Le Pen, qu'elle refuse à J.-L. Mélenchon ? Parce que le parti de Marine Le Pen, en cas de victoire, serait le plus facile à contrôler. Que fait Mme Meloni en Italie depuis qu'elle est élue en dehors d'appliquer la politique de la Commission en la saupoudrant de sucre glacé néofasciste ?

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  • Sionisme et Etat profond

    Un chapitre de mon bouquin "Orwell & les Gilets jaunes" s'intitule "Israël, Etat terroriste ?". Il a été rédigé avant que l'affaire Epstein-Maxwell de trafic d'influence politique à l'échelle internationale soit révélée au grand public dans toute son ampleur. Sur le fond, l'affaire Epstein-Maxwell ne change pratiquement rien. Sans doute les MAGA passent-ils du statut de "complotistes" à celui de "lanceurs d'alerte" indispensables, mais cela n'élargit pas pour autant la marge de manoeuvre de cette révolution libérale.

    Le journaliste-citoyen Nick Bryant résume ainsi cette marge : - Dix pour cent des citoyens états-uniens désireux d'enrayer le système suffiraient pour faire tomber l'Etat profond.

    On peut mettre en relation ce propos avec celui de "1984" ; Orwell souligne à quel point le pouvoir de Big Brother repose sur l'absence de volonté politique -soigneusement entretenue- de la grande majorité des citoyens, à commencer par les militants. Il ne s'agit pas là d'une théorie du complot, car le phénomène de la culture de masse (nouvel opium des peuples sécularisés), est un phénomène palpable. La Guerre froide apparaît même en filigrane dans la culture de masse : l'inévitable "combat du bien contre le mal" en est la petite musique de fond puérile.

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  • L'impasse Jancovici

    Jean-Marc Jancovici est un ingénieur français qui s'est fait connaître du grand public grâce à une bande dessinée à fort tirage (près d'un demi-million d'ex.), plaidant pour la décarbonation de la production industrielle grâce à la relance du programme nucléaire français. Son principal argument : le pétrole va bientôt venir à manquer, sa production décroît déjà depuis quelques années - le mode de vie capitaliste-occidental se trouve donc menacé à brève échéance - une bonne moitié des Français éprouve déjà des difficultés à joindre les deux bouts... Je ne décris pas plus en détails un argumentaire biaisé de tous les côtés.

    Le raisonnement presque entièrement mathématique de cet ingénieur est très éloigné de la réalité politique, économique et sociale. Il véhicule une illusion très répandue en France, celle du pragmatisme de la technocratie. Il peut être tentant pour certains Gilets jaunes d'y voir un remède au naufrage du "Titanic".

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  • Le paradoxe Trump

    L'attaque soudaine de l'Iran par les Etats-Unis de Donald Trump pour tenter de décapiter le régime des mollahs et des "gardiens de la Révolution" a surpris la plupart des observateurs. En effet D. Trump a été élu sur la promesse de ne pas envahir l'Iran, ou du moins de ne pas répéter les erreurs de ses prédécesseurs démocrates et républicains en Irak, en Afghanistan et en Ukraine.

    Les Gilets jaunes et les "médias citoyens" indépendants ont intérêt à scruter la révolution libérale MAGA et la politique de D. Trump, car la grève générale des Gilets jaunes de 2019 est un mouvement similaire à celui qui a porté D. Trump au pouvoir en 2016, contre toute attente. L'alternance républicains/démocrates est un rouage de l'Etat profond libéral à part entière, et la surprise vient donc de ce que D. Trump a réussi à mettre fin à cette "alternance" dès 2016. Les "Gilets jaunes" se heurtent au même verrou médiatique...

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  • Pour en finir avec le gaullisme

    Le culte du général de Gaulle s'est répandu au XXIe siècle dans presque toute la classe politique. Dans un ouvrage récent de propagande à destination des militants, François Hollande s'emploie ainsi à décrire le général de Gaulle comme "un grand homme de gauche". Le cas de Hollande est remarquable puisqu'il est encarté dans un parti qui ambitionna de rétablir le parlementarisme dans ses droits.

    On peut s'inquiéter d'un tel consensus, y voir un signe de nostalgie, une façon de regarder dans le rétroviseur qui n'est pas sans faire penser au projet de D. Trump de retour à l'âge d'or du capitalisme. Le futurisme de la "mondialisation heureuse" est en échec, vive le passéisme !

    Le mirage gaulliste et le mirage trumpiste sont à peu près équivalents : c'est le mirage des "Trente glorieuses", d'une part, et celui du "Gilded Age" (âge d'or) entre 1865 et 1901, période de forte croissance aux Etats-Unis, d'autre part. Les "Trente glorieuses" sont un slogan. En réalité on ne peut scinder les périodes d'euphorie économique des périodes de grave dépression. Le Capital est parfaitement instable : aucune histoire n'illustre mieux cette instabilité que celle des Etats-Unis depuis 1865, date de la guerre civile dite de "Sécession". Les économistes capitalistes eux-même ne dissocient pas le creux de la vague - la dépression économique - de son sommet - la forte croissance ; ils s'efforcent de justifier a posteriori ces cycles par un raisonnement darwiniste, en prenant soin d'occulter le rôle des guerres dans la sortie de crise. Le darwinisme est l'un des piliers de l'idéologie libérale progressiste.

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  • Mélenchon osera-t-il ?...

    ...se servir de l'affaire Epstein-Maxwell ?

    Quiconque a parcouru un tant soit peu les dossiers Epstein-Maxwell sait que cette affaire est une véritable bombe. Ce n'est pas pour rien que le ministère de la Justice des Etats-Unis a rendus librement consultables ses pièces par les Européens, en prenant soin d'en filtrer une partie. Ce n'est pas pour rien que les médias français, ceux du service public en particulier, s'appliquent à déminer cette affaire.

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  • Dr Frankenstein & Mr Epstein

    Après quelques semaines de déballage des dossiers confidentiels de l'affaire Epstein-Maxwell, on constate que le pouvoir oligarchique français est le mieux protégé d'Europe contre le scandale et les compléments d'enquête judiciaires, puisque la démission du président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang, est la seule conséquence à ce jour. Les régimes britannique, norvégien, sont en revanche ébranlés. Quant à l'Allemagne, c'est le seul pays au monde dont la presse est moins indépendante que la presse française : l'Allemagne est le seul membre de l'OTAN qui, attaqué par un autre pays de l'OTAN en mer Baltique, ne s'est même pas émue de cette attaque.

    Mais la zone de non-droit en quoi consiste la Ve République n'est pas le sujet de cette note... Un aspect de l'affaire saute aux yeux à mesure que l'on épluche les pièces du dossier, touchant non pas aux moeurs pédocriminelles d'Epstein et Maxwell directement, mais plutôt à la culture et la mentalité des membres de ce réseau d'influence, qu'ils soient des criminels actifs comme le conseiller spécial du premier ministre britannique Keir Starmer, ou des criminels passifs comme (semble-t-il) Bill Clinton et Bill Gates.

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  • Catholiques zombies

    Je lis ceci dans un hebdo capitaliste qui se réjouit de la recrudescence de jeunes adultes baptisés en France dans la religion catholique (15.000 en 2025) : "Le politologue Emmanuel Todd fustigeait en 2015 les catholiques zombies..."

    E. Todd ne fustige aucunement les catholiques zombies. Ce sociologue, à partir des outils de la sociologie wébérienne, tire le constat que l'on ne peut plus, depuis les années 1980, repérer à l'occasion des grands scrutins, un "vote catholique", comme c'était le cas auparavant. Autrement dit, les catholiques sont fondus dans la masse des Français depuis près d'un demi-siècle.

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  • Marginalité

    Je me souviens d'avoir éprouvé en lisant Cioran pour la première fois de la répulsion. Cioran est si éloigné de Molière, qui fut longtemps mon maître à penser ! Sa marginalité fait de Cioran un auteur très moderne, bien plus moderne que Molière évidemment. Cioran est marginal dans tous les sens du terme : il a mené une existence en marge, et son oeuvre est faite de réflexions marginales. C'est une sorte de Diogène sans couilles. Il n'y a aucun Alexandre qui passe devant Cioran et lui fasse un pont d'or que Cioran refuse.

    Si Marx dit vrai et que l'économie capitaliste conduit à l'implosion de la société et de l'état capitalistes, alors la marginalité doit s'étendre à un nombre croissant d'individus, dans la caste supérieure comme chez les intouchables, et la misanthropie doit devenir un état d'esprit de plus en plus répandu. Un tel phénomène doit être encore plus flagrant aux Etats-Unis où, pour citer un moraliste états-unien contemporain, "le dollar est la valeur-étalon de toute chose". Si l'Europe est en bonne voie d'acculturation, un petit écart subsiste encore, qui se manifeste par la résistance de certains milieux au pouvoir de la "Zone euro".

    Le réflexe identitaire est une sorte de réaction à l'implosion sociale, car les conséquences sociales de la marginalité pure et dure sont difficiles à encaisser pour ceux qui n'ont pas les couilles de Diogène. Les mouvements de jeunes crétins fachistes et leurs homologues de jeunes crétins antifachistes, par exemple, sont des mouvements identitaires et non des mouvements politiques. Antifas comme identitaires sont dépourvus de la moindre conscience politique.

    En dehors de la disparition de leurs adversaires, ils n'ont pas de volonté politique définie.

    La religion catholique, qui fut autrefois quelque chose de politique en Europe, disons jusque vers 1870, est devenue un folklore, c'est-à-dire une manière de résister au délitement de la société capitaliste, tout en ignorant sa cause. K. Marx prédisait la destruction à brève échéance des valeurs et des structures traditionnelles en Europe. L'absence ou la quasi-absence d'Etat centralisé aux Etats-Unis avant les années 1940 a permis la constitution de poches de résistance à la mondialisation. Paradoxalement, c'est au pays de la mondialisation capitaliste heureuse que des poches de résistance à cette utopie ont pu subsister, sans unité idéologique : on peut aussi bien y inclure les "hippies" écologistes que certaines communautés évangélistes fondamentalistes, les Mormons, etc. Le "communautarisme" décrié en Europe est l'expression juridique de la résistance identitaire à l'éthique capitaliste moderne. A. Huxley a parfaitement résumé ce phénomène dans son personnage caricatural de John Le Sauvage.

    Pendant très longtemps, les homosexuels ont très bien supporté leur marginalité, formant des communautés discrètes ou souterraines dans les grandes villes, largement suffisantes. Depuis la fin du XXe siècle aux Etats-Unis, ils font comme tout le monde, ils ont créé un mouvement identitaire homosexuel sous la bannière arc-en-ciel : ils ont leurs processions, leurs messes, tout le barnum ; ils ont obtenu tout cela, puisque dans la société capitaliste tout s'achète, y compris l'honorabilité.

    Je crois que l'on peut définir Houellebecq comme le premier romancier identitaire états-unien de langue française, qui s'adresse au public des "white trash" (petits blancs en voie de déclassement). Les Etats-Unis ont Steve Bannon, les Français ont Houellebecq, ou plutôt les Françaises car Houellebecq est lu à 90% par des femmes.

  • De quoi Epstein est-il le nom ?

    Le comédien Dieudonné M'Bala M'Bala, harcelé par la police d'Etat française depuis 2013, présente l'affaire Epstein-Maxwell comme un tournant décisif. Du point de vue orwellien, on ne peut le contredire, car l'opacité de l'Etat profond est une condition même de sa survie ; la corruption se développe dans l'obscurité.

    L'idéal de transparence démocratique qui animait Julian Assange -ou la révolution culturelle MAGA en cours- est aussi utopique que la Fraternité qui séduit Winston Smith, utopie dont Orwell indique qu'elle est vouée à l'échec. Non loin d'Hannah Arendt sur ce point, Orwell présente la dissolution de l'action politique dans l'utopie comme le phénomène majeur du XXe siècle. L'utopie ne s'oppose pas efficacement à l'Etat profond, elle le conforte.

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  • Saint Augustin contre Zemmour

    Dans son sermon "sur la chute de Rome", le célèbre évêque africain d'Hippone, Augustin (354-430), tenait à rassurer ses ouailles en leur rappelant que la Foi chrétienne était éternelle et non liée à un empire qui venait soudainement de s'effondrer. Même la civilisation grecque, remarquait Karl Marx, qui l'admirait plus que d'autres en raison de son caractère prométhéen, même la civilisation athénienne a fini par sombrer.

    Le Juif Zemmour, obscur publiciste à qui ses talents d'animateur télé ont procuré une large audience, et il faut bien dire un certain culot, est tombé amoureux de la France éternelle, car on ne tombe jamais amoureux que des choses éternelles. Et cette France, il ne la conçoit que "catholique", précisément quand - et c'est là que ça devient comique - elle ne l'est plus du tout. On comprend que cela contrarie son désir !

    On a beaucoup glosé sur le désir pervers d'Emmanuel Macron de ne pas quitter la France en dépit du rejet des "forces vives" de la nation (par "forces vives" j'entends tout ce qui n'est pas cuit d'une façon où d'une autre, ni acheté par une puissance étrangère)... le désir d'E. Zemmour ne paraît pas moins pervers ; compte tenu de son inspiration gaullienne, on peut parler de syndrome de "l'homme providentiel". De Gaulle en était frappé, presque autant que Jeanne d'Arc. Est-ce que ce n'est pas l'erreur de Judas Iscariote, d'avoir pris Jésus-Christ pour un homme providentiel, capable de bouter les Romains hors de Palestine et de restaurer la souveraineté d'Israël ?

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  • L'action des Gilets jaunes en 2025

    Je compare dans mon essai sur "Orwell & les Gilets jaunes" le mouvement historique de grève générale de 2019 à la révolution MAGA aux Etat-Unis. Si les Gilets jaunes sont désunis sur le plan des idées et des remèdes, nombre d'entre eux ont conscience d'avoir débusqué "l'Etat profond", qui jusque-là était resté tapis dans l'ombre. Big Brother est invisible selon G. Orwell, et il ne paraît abusif ou totalitaire qu'à une frange infime des citoyens.

    Comparer n'est pas admirer, mais comprendre que le mouvement des Gilets jaunes est un mouvement révolutionnaire, tout comme le mouvement MAGA. La crise économique qu'affrontent les Etats-Unis, aggravée par le bras de fer avec Poutine en Ukraine, ressemble à la crise que traverse la France, sous la tutelle de l'Union européenne allemande, qui agit ostensiblement depuis 2020 comme l'Etat fédéral états-unien.

    D. Trump a des admirateurs en France parmi les Gilets jaunes, convaincus que sa volonté de redressement économique est la meilleure politique possible. Pour un Gilet jaune marxiste, elle est vouée à l'échec : aucune révolution mieux que la révolution MAGA n'a fait éclater au grand jour la contradiction qui, selon Marx, entraîne l'économie capitaliste à s'autodétruire : le programme économique de D. Trump consiste en effet à essayer de revenir à un état antérieur du capitalisme, comme si la désindustrialisation des Etats-Unis ne participait pas à la mécanique du capitalisme.

    Même les plus trumpistes, s'ils sont honnêtes, devront reconnaître que l'entreprise politique de D. Trump en est à ses balbutiements. Remporter l'élection présidentielle est loin d'être une étape décisive ; la révolution MAGA n'est donc pas plus avancée que celle des Gilets jaunes. Les MAGAs se heurtent à la résistance pugnace de l'Etat profond états-unien, qui semble loin d'avoir dit son dernier mot. Les Etats-Unis n'ont jamais été un "Etat-nation", comme leur organisation "communautaire" le souligne, ce qui aggrave en cas de crise économique le risque de guerre civile.

    La guerre civile qui tend les bras aux MAGAs n'est pas une option pour les Gilets jaunes, mais bien plutôt un comité de salut public représentant les intérêts de la classe moyenne. Si la bureaucratie capitaliste française est très étendue, bien au-delà des seuls fonctionnaires de police et du personnel de l'Education nationale (principal acteur du culte de Big Brother), elle ne représente qu'une minorité de Français éparpillés dans tous les partis.

    La pression des Gilets jaunes sur les partis d'opposition (RN et LFI) est telle qu'elle a entraîné la chute de Michel Barnier, puis de François Bayrou, et bientôt de Sébastien Lecornu. Depuis 2019 Le Pen & Mélenchon sont tenus de donner des gages à leurs électeurs qu'ils constituent réellement une force d'opposition ; leurs attermoiements au parlement de Bruxelles permet de douter de la réalité de cette opposition. La politique économique catastrophique de l'UE au cours des dernières années n'a rencontré aucune opposition réelle d'aucun parti.

    La nasse des Gilets jaunes se referme peu à peu sur E. Macron. Son projet de guerre, aux côtés du chancelier allemand F. Merz est, pratiquement, sa dernière chance de se tirer de la nasse par le bas.

    Si les Gilets jaunes ne représentaient pas encore, en 2025, une épée de Damoclès suspendue au-dessus de l'ensemble de la classe politique, non seulement le chef de l'Etat profond n'aurait pas mobilisé, sous la houlette du premier flic de France Retailleau, toutes les forces de police disponibles devant la menace d'une nouvelle grève générale.

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  • L'illusion souverainiste

    La souveraineté d'une nation n'est pas d'abord constitutionnelle ou juridique, elle est d'abord économique. Dans "Orwell et les Gilets jaunes", j'explique comment l'impératif de croissance économique l'emporte sur toutes les règles constitutionnelles. Le rôle du président du conseil constitutionnel est de faire croire à un maximum de Français que l'action du chef de l'Etat s'inscrit dans un cadre constitutionnel. Il se trouve que l'actuel président du conseil constitutionnel (Laurent Fabius) est l'un des principaux artisans du passage à la monnaie unique européenne au début du XXIe siècle, qui a opéré dans l'organisation politique un changement substantiel ; on peut ici parler de "coup d'Etat bancaire".

    Nul n'est censé ignorer la loi, mais la plupart des Français ignorent le b.a.-ba du fonctionnement économique. Tout est fait par la presse économique, largement détenue par des oligarques, pour maintenir les Français au niveau d'ignorance le plus bas, ou pour organiser de faux débats économiques "pour ou contre la taxe Zucman" qui parasitent dangereusement l'action politique.

    L'illusion souverainiste consiste à croire que l'on peut réparer par le droit ce qui a été entamé par l'économie. Il m'arrive de discuter avec des souverainsistes-gaullistes sur les réseaux sociaux ; je leur fais immédiatement observer l'inanité du Brexit des Anglais, resté lettre morte ou presque. Si l'oligarchie financière britannique n'a pas entièrement défait le Brexit, c'est seulement en raison de l'incertitude que fait peser la guerre en Ukraine sur l'avenir du consortium bancaire européen. Aux électeurs de Mélenchon qui prônent une VIe République, je fais remarquer l'annulation du résultat des élections grecques en 2015 par les instances dirigeantes de l'Union européenne - encore un "coup d'Etat bancaire", qui a eu pour conséquence de transformer la Grèce en "lānder touristique" allemand.

    Le droit consitutionnel s'oppose à l'économie capitaliste comme une charge de cavalerie polonaise à des panzers allemands. Les médias oligarchiques ne sont pas les seuls à maintenir les Français dans l'ignorance des questions économiques, les cours d'Education civiques poursuivent à peu près le même but : on continue d'enseigner des âneries la théorie utopique de l'équilibre des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, alors même que la constitution de 1958 visait à transformer le parlement en chambre d'enregistrement, suivant un dispositif bonapartiste antirépublicain.

    La division du travail à l'échelle mondiale entraîne une perte de souveraineté des nations, dont l'afflux de migrants n'est qu'un des aspects. Les nations les plus puissantes et les mieux armées - les Etats-Unis, la Chine et la Russie -, subissent les conséquences de la mondialisation. Celle-ci porte atteinte à leur souveraineté. Derrière le slogan "Make America great again" se cache une crise de la souveraineté des Etats-Unis. Que dire de l'Union européenne qui n'est rien qu'un marché unique ?

    La révolution des Gilets jaunes est la prise de conscience par les passagers de troisième classe du "Titanic" que les experts qui pilotent le navire ont été formés pour l'envoyer droit sur un iceberg. Il ne s'agit pas de boucher la voie d'eau comme le suggère l'ex-premier ministre démissionnaire sous la pression des Gilets jaunes, il s'agit d'empêcher que le "Titanic" ne reprenne sa croisière infernale comme si de rien n'était.

    L'effort des oligarques français et allemand pour consolider l'Union européenne dans la guerre n'est pas un projet économique, c'est un projet désespéré.

  • Les gros sabots du féminisme

    Je visionnais l'autre jour un débat entre deux féministes, l'une homosexuelle et l'autre hétérosexuelle, arbitré par un homme : elles divergeaient sur le point de savoir s'il faudrait couper les couilles aux hommes ou non ? La féministe hétérosexuelle était un peu plus hésitante. C'est le niveau du débat politique en France sur bien des sujets ; les femmes et les hommes n'y sont pour rien, c'est la télévision qui produit ça. Les écrans ne jouent-ils pas à peu près le même rôle dans "1984" de détourner l'attention ?

    Ces deux féministes se rejoignaient en revanche sur la statistique suivante : "92% des violeurs sont des hommes".

    En dehors des statistiques de l'industrie pharmaceutique, il n'y a pas de stats plus bidons que les stats de la police, quasiment toutes bidonnées ; une très large part des affaires criminelles ne sont pas élucidées.

    La dernière chose à faire si l'on s'attaque à un problème social quelconque est de partir d'une étude statistique. Les statistiques sont étroitement liées au populisme libéral, qui est à peu près l'idéologie dénoncée par Aldous Huxley dans "Le Meilleur des Mondes". Un économiste (proche des Gilets jaunes) a récemment montré que les statistiques sur l'immigration permettent de fonder deux démagogies radicalement opposées.

    La diffamation de George Orwell par une journaliste féministe australienne, Anna Funder, ne m'a donc pas étonné, mais plutôt le procédé, à la fois original et sournois.

    On pourrait écrire un bouquin sur les tentatives de diffamer ou de saboter Orwell entre 1960 et 2019 ; je me suis contenté dans mon essai sur "Orwell & les Gilets jaunes", d'évoquer les plus significatives.

  • Une première histoire du trumpisme

    Une histoire des Etats-Unis, au-delà de la réaction populiste à la crise mondiale de 2008, devrait s’efforcertrumpisme,donald trump,maga,histoire,steve bannon,tocqueville,libéral,capitalisme,gilets jaunes,george orwell,essai,maya kandel d’expliquer pourquoi l’espoir d’avènement d’une démocratie aux Etats-Unis, formulé à la fin du XIXe siècle par le publiciste libéral A. de Tocqueville, pourquoi cet espoir a été très tôt déçu ? Autrement dit, comment un régime oligarchique démagogique a-t-il pu s’imposer au lieu de la démocratie espérée ?

    Il n’est pas inutile de rappeler certaines caractéristiques de l’utopie démocratique de Tocqueville. Cet aristocrate normand est peut-être le seul Français à jamais avoir été (sincèrement) enthousiasmé par le projet de démocratie en Amérique du Nord, teinté de rousseauisme.

    Néanmoins Tocqueville n'était pas un optimiste béat ; il avait entrevu le risque que la jeune confédération d’Etats courait d’évoluer vers un régime oligarchique ; il qualifie cette menace dans « De la Démocratie » « d’aristocratie de l’argent ». Tocqueville avait foi aussi dans l’adoucissement des mœurs démocratiques, à quoi la guerre dite « de Sécession », quelques années à peine après la mort de l’essayiste, oppose un démenti cinglant ; les historiens tiennent en effet cette guerre civile comme l’une des premières, si ce n’est LA première guerre « totale », engageant cruellement toutes les forces vives des deux partis opposés. Le fait de la violence démocratique est établi dès la fin du XIXe siècle, et ne se démentira pas par la suite.

    La violence verbale de Donald Trump, pour ne pas dire sa vulgarité, qui galvanise son électorat, ne doit pas faire oublier que l’hypocrisie du parti oligarchique adverse contribue largement, elle aussi, à la violence, notamment sur le plan international où les « droits de l’homme » servent à maquiller la cause impérialiste de motifs humanistes. Agressée verbalement par D. Trump, l’actuelle présidente du Mexique a répliqué en rappelant tout ce que l’extraordinaire violence qui règne au Mexique (nation officiellement « en paix ») doit à son puissant voisin, trafiquant d'armes international.

    Les médias européens oublient de rappeler que le droit de détenir des armes à feu est un droit essentiellement démocratique. Si le parti démocrate apparaît comme moins violent, plus policé, c’est parce qu’il est le parti de la délégation de la violence au pouvoir exécutif., suivant le droit européen. La violence des MAGA est bel et bien « révolutionnaire ».

    Significativement, l’utopie démocratique de Tocqueville est une utopie anti-européenne, en rupture avec la formule politique de l’Etat moderne (théorisé vers 1650). Tocqueville ne se satisfaisait pas de l’Etat « tout-puissant », tel qu’il s’était imposé en France en dépit de la Révolution bourgeoise et des aspirations des Lumières à la décentralisation. Cet aspect « anti-européen » se retrouve dans la révolution MAGA, les électeurs de D. Trump étant enclins à voir dans les nations européennes des nations colonialistes belliqueuses, pour ne pas dire génocidaires.

    L’ouvrage de Maya Kandel est focalisé sur les campagnes et les victoires successives de Donald Trump, et fait assez largement fi du contexte historique. L’inconvénient de cette méthode est qu’elle accorde à l’idéologie MAGA/trumpiste une importance excessive. Qu’il soit antisémite ou au contraire sioniste comme celui de Trump, « wokiste » ou « antiwokiste », le discours démagogique opère comme un levain sur les masses, suivant l’observation de George Orwell ; l’idéologie est la carrosserie du populisme, non son moteur. M. Kandel dit bien que le trumpisme n’est pas assimilable au fascisme, mais elle ne dit pas précisément pourquoi : le trumpisme n’est pas assimilable au fascisme car les Etats-Unis ne sont pas une nation en expansion industrielle comme le IIIe Reich ou l’Italie de Mussolini, mais au contraire une nation en récession.

    Steve Bannon, dont M. Kandel explique comment il est devenu l’idéologue en chef de Donald Trump, à qui il a inspiré les slogans politiques les plus efficaces, n’est jamais qu’un publicitaire de plus au pays du marketing politique. Le krach de 2008, dont M. Kandel sous-estime les répercussions, a joué en la faveur des slogans de Steve Bannon et Donald Trump dans la mesure où la démagogie wokiste antagoniste peut se résumer au slogan de la mondialisation heureuse (dont A. Huxley a produit la caricature dès 1932).

    Le capitalisme sans filtre en vigueur aux Etats-Unis a eu pour conséquence de mobiliser une large partie de la classe moyenne, frappée durement par la crise, contre l’appareil d’Etat de Washington, qui finance la propagande wokiste par le biais de fondations philanthropiques privées ou publiques. L’ascension politique de Donald Trump résulte donc autant de la sclérose des partis institutionnels, absorbés par leurs visées impérialistes, que de l’opportunisme de S. Bannon, sa capacité à canaliser les aspirations des « White Trash » (petits blancs déclassés) et d’une partie de la communauté hispanique au sein de laquelle les slogans wokistes n’ont que peu d’écho.

    M. Kandel se laisse happer par l’idéologie et entre trop dans le détail du « marketing politique » MAGA ; l’étude d’un phénomène idéologique ou politique, isolé de son contexte historique, revient à n’étudier que la partie visible de l’iceberg. Le seul intérêt de cette enquête fouillée sur la stratégie électorale des MAGA est qu'elle souligne à quel point l’électorat de D. Trump est hétéroclite : contrairement à la promesse de restauration de l’économie américaine sur le déclin, les slogans antiwokistes mobilisent surtout le noyau dur des fondamentalistes évangélistes, hostiles à la société de consommation en laquelle ils voient le prolongement du satanisme européen (catholique romain). D. Trump, qui n’a rien lui-même d’un fondamentaliste, a paradoxalement su capter cet électorat puritain, qui reste sans doute très méfiant (le jeune assassin de D. Trump était lui-même membre d’une secte chrétienne fondamentaliste, et la thèse de sa manipulation par les services secrets est peu probable).

    La diversité de cet électorat, regroupé derrière le slogan fourre-tout « Make America Great Again » rendra la mission que s’est assigné D. Trump de restaurer la suprématie des Etats-Unis d’autant plus difficile. Cette fragilité électorale pourrait entraîner le camp MAGA à se radicaliser encore plus ; le camp démocrate adverse, « éparpillé » par la répression des Palestiniens de la bande de Gaza, d’une violence inouïe, cautionnée par le président Joe Biden et la candidate Kamala Harris, pourrait lui aussi se radicaliser pour faire oublier sa contribution à une guerre impérialiste brutale.

    Un détail surprenant dans l’analyse de M. Kandel, à la limite de la mauvaise foi, est l’accusation lancée à D. Trump d’opposer systématiquement la fiction à la réalité. Ce procédé n’est pas celui de Donald Trump, mais celui des Etats-Unis tout entier ! Les Etats-Unis sont une nation de plaideurs, et ils l’ont toujours été. A qui D. Trump devrait-il demander la permission de s’affranchir de la réalité ? A Hollywood ?

    M. Kandel considère le trumpisme comme le phénomène politique majeur du début du XXIe siècle ; c’est d’autant plus vrai que la crise mondiale a entraîné, dans l’ensemble des pays occidentaux, des bouleversements sociaux analogues à ceux qui ont produit la victoire de D. Trump : on l’a déjà presque oublié, mais la première campagne d’E. Macron était largement « antisystème », avant que le président français n’apparaisse rapidement comme un champion de la politique économique planifiée à partir de Bruxelles, à l’instar de ses prédécesseurs. La promesse de réindustrialiser la France fut faite AVANT celle de Donald Trump d’en faire de même.

    Plutôt que de révolution « libérale-conservatrice », suivant la dénomination retenue par l’essayiste, on caractérisera mieux la conquête du pouvoir fédéral par les MAGA comme "une révolution capitaliste anticapitaliste" ; ainsi la contradiction du programme politique MAGA apparaît comme étant plus économique qu’idéologique. L’utopie MAGA est une sorte de retour vers le futur.

    (Dans mon essai "Orwell & les Gilets jaunes", je reviens de façon moins partisane que Maya Kandel sur la révolution MAGA, dans un chapitre intitulé "C'est quoi Trump ?" : le phénomène Trump est en effet intéressant à observer en raison des analogies entre la révolution MAGA et celle des Gilets jaunes, qui ont débordé en 2019 les digues des partis politiques institutionnels, comme les MAGA en 2016.)

  • Edwy Plenel ou la Fraternité

    Je me suis donné dans mon essai sur "Orwell & les Gilets jaunes" pour but de montrer comment "1984" permet de ne pas se laisser abuser par les codes de la politique contemporaine. Orwell est un caillou dans la botte du totalitarisme libéral, en particulier, qu'il soit "de gauche" ou de "droite", puisque cette variante du totalitarisme est, en 2025, l'idéologie dominante d'Océania (le bloc anglo-saxon) dans "1984", non plus le fascisme ou le stalinisme démodés. L'aptitude à la mue idéologique est une aptitude caractéristique de Big Brother.

    Cela explique les nombreuses tentatives pour diffamer Orwell des élites libérales au cours des dernières décennies, qui vont de la grossière censure (caractéristique de l'intelligentsia française) à des sabotages plus subtils (j'en évoque quelques-unes dans mon essai).

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