Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Mon Journal de guerre

  • La Police de la Pensée en flagrant délit !

    Le projet de loi Yadan (du nom de la députée qui en a assuré la promotion) a le mérite de faire surgir l'Etat profond, non plus sous forme d'une répression policière, comme pendant la grève générale des Gilets jaunes, mais cette fois sous la forme de la police de la pensée.

    Conçu pour restreindre encore un peu plus la critique de la politique d'expansion israélienne, l'assimiler à l'antisémitisme, ce projet de loi n'a rien à voir avec les Juifs, la lutte contre l'antisémitisme, ou même le projet sioniste : il correspond exactement à la description que G. Orwell fait de la police de la pensée dans "1984". La caractéristique menaçante de l'éthique totalitaire selon Orwell est son arbitraire. Autrement dit, elle peut être philosémite un jour et antisémite le lendemain : seu le but de censure compte. Il ne faut pas s'étonner que les personnes inculpées pour antisémitisme continuent d'être accusées d'antisémitisme, quand bien même elles ont été disculpées par un tribunal.

    Un tel projet de loi est impensable en Israël, car il reviendrait à reconnaître que B. Nétanyahou n'est pas le président d'une "grande démocratie", mais un dictateur militaire. Le syndicat des caricaturistes israéliens a protesté contre le limogeage de plusieurs caricaturistes anglo-saxons qui avaient osé caricaturer B. Nétanyahou ou V. Zélenski.

    L'opposition au projet de loi Yadan d'une pétition qui a recueilli en quelques jours plus d'un demi-million de signatures, et sans doute aussi la grossièreté du procédé, ont conduit les actionnaires de l'appareil d'Etat à y renoncer. Cela ne signifie pas qu'on a renoncé à renforcer la censure, bien au contraire.

    La liste des noms des promoteurs de la loi Yadan confirme que le lobby pro-Israël est loin d'être un lobby agissant exclusivement dans l'intérêt d'Israël. Une bonne partie n'a aucun lien identitaire ou religieux avec Israël. Cela s'explique du fait qu'Israël n'est pas une nation souveraine, mais un Etat soutenu par Washington depuis sa fondation.

    La police de la pensée selon la description d'Orwell est adaptée à la formule impérialiste. Le roman national est récrit pour s'adapter à l'évolution de la politique impérialiste. De fait, le régime soviétique initialement "philosémite" est devenu "antisémite" dans le cadre de la Guerre froide impérialiste. S'il peut paraître étrange, voire révoltant, qu'une partie de la classe politique française fasse passer les intérêts d'un groupe de pression étranger avant ceux de la France, il faut se souvenir que Paris est soumis à des pressions étrangères depuis les accords de Yalta, à un "entrisme" qui passe par des journalistes, des intellectuels, des hommes d'affaires bien français.

    Une autre illustration de la nébuleuse pro-Israël est son appel à voter contre Sarah Knafo lors des élections municipales, avant qu'elle ne recueille un maximum de suffrages dans la communauté française juive parisienne. Il est probable que le discours anti-européen et anti-atlantiste d'E. Zemmour dérange le lobby pro-Israël au plus haut point. Ici encore on discerne la logique impérialiste de la police de la pensée.

    Le projet d'Union européenne (2000-2026) est en suspens depuis une dizaine d'années déjà. Son histoire véritable est celle d'une succession de catastrophes économiques, qui horripilent la classe moyenne en France, comme en Italie ou en Allemagne. Depuis la tentative d'annexion de l'Ukraine, qui a révélé l'impuissance politique de l'UE encore plus nettement, la zone monétaire de libre-échange est au bord de l'implosion. L'UE n'a plus qu'une seule carte à jouer : celle du soutien à l'Ukraine, transformée par le bras de fer entre la Russie et les Etats-Unis en Etat mercenaire.

    Le projet de guerre de la Commission de Bruxelles requiert un renforcement de la censure et de la propagande. Déjà, depuis quelques années, la critique du régime ukrainien dans les médias de masse est devenue quasiment impossible. Les rares publicistes qui osaient présenter la situation objectivement ont été écartés des plateaux télé et n'ont plus accès qu'aux médias citoyens.

    Le projet de loi Yadan a été suspendu, mais tant que la relance industrielle par la guerre est programmée, le besoin d'une censure stricte et d'une propagande intensifiée persiste.

  • Le combat des médias citoyens

    La première vague des Gilets jaunes a été repoussée en 2019 sans ménagement par la garde prétorienne de 35.000 CRS protégeant l'appareil d'Etat centralisé... à quoi il faut ajouter une police secrète de 2.000 ou 3.000 policiers qui s'efforcent de contrecarrer les manifestations "en amont", en arrêtant les leaders, en exerçant des pressions sur eux, ou en obtenant la dissolution de groupes Facebook (dont un très important de plusieurs centaines de milliers de membres en 2020).

    Il ne faut pas céder à la mythomanie de la prise du pouvoir par la rue. La chute du monarque ne suffirait pas à rétablir ipso-facto une république, pas plus que le Brexit n'a permis aux Britanniques de retrouver l'indépendance et une marge de manoeuvre politique vis-à-vis de Bruxelles.

    L'élection par les MAGA de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis -contre le système- conforte ceux qui pensent pouvoir mettre au pas l'Etat profond par la voie légale. C'est oublier qu'un gouvernement oligarchique échappe justement au cadre légal, bien qu'il se cache autant que possible derrière le paravent de la légalité constitutionnelle. L'oligarchie s'accorde avec la formule technocratique dans la mesure où celle-ci s'écarte de l'exercice du pouvoir républicain. Il n'est pas rare d'entendre les dirigeants capitalistes faire l'éloge de l'efficacité du régime chinois.

    Pour plusieurs raisons les "médias citoyens" représentent le prolongement du mouvement des Gilets jaunes le plus utile. D'abord parce que, comme on l'a vu au cours du confinement sanitaire, les médias de masse représentent la courroie principale de transmission du pouvoir oligarchique. Les oligarques ne sacrifient pas chaque année quelques dizaines de millions d'euros pour le plaisir d'informer l'opinion publique, mais bien pour prendre part à l'Etat ; leurs médias sont des armes de sidération massive, particulièrement délétères dans la mesure où ils contribuent à abuser l'opinion publique, en particulier dans les domaines économique et industriel. Les candidats à la présidentielle n'existent qu'à travers ces médias, à l'exception de J.-L. Mélenchon qui a choisi de jouer la carte jouée par D. Trump en 2016.

    On constate par ailleurs que les journalistes citoyens, plus ou moins improvisés, et qui pour la plupart désignent les médias de masse comme leurs ennemis, sont nettement plus jeunes, entre 30 et 45 ans, que les journalistes-employés de l'oligarchie pour qui le journalisme est une rente de situation.

    Les médias citoyens travaillent donc à faire sauter le verrou médiatique plus utilement que les utopistes qui conçoivent sur le papier une VIe république parfaite.

    Je compte environ une vingtaine de ces médias indépendants, dont les audiences oscillent entre quelques centaines de milliers d'auditeurs et un million, suivant les émissions et les thèmes abordés. Ce calcul est approximatif en raison de la pluralité des canaux de diffusion (Youtube, podcasts, Facebook...). La preuve qu'ils visent juste est la réaction de Big Brother, qui s'efforce de reprendre le contrôle des réseaux sociaux américains sous divers prétextes, en mettant en place des moyens de censure plus efficaces, et si possible discrets.

    Je donne ci-dessous une petite liste non-exhaustive de ces "médias-citoyens", d'opinions politiques diverses mais dont l'objectif commun est d'élargir le champ de vision des citoyens français ; parmi mes critères de choix : une dissidence assumée, l'indépendance vis-à-vis des partis politiques en lice pour les présidentielles... Ici c'est un point important car la démagogie libérale de droite ou de gauche a pour fonction de transformer les problèmes politiques et sociaux, voire les faits divers, en arguments polémiques au service de discours publicitaires électoraux.

    Je me souviens d'avoir rencontré au début de son mandat de jeunes supporteurs naïfs d'E. Macron, conscients de l'effet néfaste du ping-pong idéologique droite-gauche ; ils m'avaient sollicité pour écrire dans leur publication (ce que j'aurais peut-être fait si j'avais été plus jeune et plus naïf). L'illusion de l'alternance gauche-droite est l'illusion de pluralisme.

    DIEUDONNE

    (En raison de la traque politico-judiciaire dont il fait l'objet depuis plus de dix ans, l'humoriste est la preuve vivante que l'Etat policier existe bel et bien. Dieudonné est au pouvoir mitterrandien ce que "Charlie-Hebdo" fut au pouvoir gaulliiste.)

    ELUCID

    (Olivier Berruyer invite des universitaires connaissant leur sujet, et sait leur poser les bonnes questions.)

    LE CANARD REFRACTAIRE

    (Jeune média citoyen indépendant - directement issu des Gilets jaunes).

    QG - LE MEDIA LIBRE

    (Issu d'une rupture avec LE MEDIA, organe mélenchonien - a gagné en indépendance). 

    IDRISS ABERKANE

    (Focalisé sur les conflits armés à travers le monde - un domaine casse-gueule où règne la désinformation, mais que les citoyens doivent s'approprier impérativement).

    LE MEDIA EN 4-4-2

    (Média soralien.)

    J.-M. JANCOVICI

    (Spécialisé dans les trafics bancaires de l'Etat profond depuis 2008).

    PRAXIS

    (Par le porte-parole des Gilets jaunes rouennais François Boulo, jeune avocat désillusionné par le fonctionnement de l'appareil judiciaire).

    FREQUENCE POPULAIRE MEDIA

    (Contenu éditorial proche d'ELUCiD et QG).

    TOCSIN

    (A prendre avec des pincettes car proche du RN).

    BLAST

    (A prendre avec des pincettes car proche de LFi).

    (Liste non exhaustive.)

    On peut estimer que le combat des médias citoyens contre les médias oligarchiques ressemble à la lutte du pot de terre contre le pot de fer, mais quelques millions de Français, plutôt jeunes, dont la conscience politique progresse contre les discours idéologiques propices à l'inertie, ce n'est pas négligeable dans un système qui repose largement sur le conditionnement. Le journaliste américain Nick Bryant, qui enquête sur le réseau Epstein (trentenaire) depuis une dizaine d'années, estime que 10% des citoyens états-uniens décidés à nettoyer les écuries d'Augias seraient suffisants.

  • Marx contre Proudhon

    Si la critique de l'économie capitaliste par Karl Marx s'est imposée comme la plus pertinente à l'échelle internationale, Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) a conservé en France une certaine aura à laquelle le chauvinisme n'est sans doute pas étranger.

    Marx et Proudhon ont en commun d'avoir voué leur existence à l'émancipation de la classe ouvrière opprimée en élaborant un "socialisme scientifique", afin de dissiper les fictions et les chimères dont la bourgeoisie abreuve la classe ouvrière pour mieux la subjuguer. On mesure le danger que K. Marx représente au milieu du XIXe siècle à l'importance des moyens policiers déployés pour le surveiller à travers l'Europe et tenter de faire interdire ses articles, censés fonder une organisation politique révolutionnaire. Ce qui distingue le socialisme révolutionnaire de Marx et Lénine nettement de celui de Proudhon, c'est l'effort de Marx pour détruire l'utopie, notamment celle véhiculée par le mouvement anarchiste.

    Lire la suite

  • Banalité du Nazisme

    Le propos d'Hannah Arendt sur la "banalité du mal" demeure subversif. Le propos d'Arendt n'est pas conforme au roman national tel qu'il est enseigné depuis la Libération, conçu pour diaboliser le régime nazi, tandis que H. Arendt s'efforce d'élucider le mécanisme ayant conduit à la barbarie des camps de travail.

    On ne peut manquer de remarquer que les deux partis qui dominent la scène politique française à la Libération sont des partis de gouvernement technocratique, à savoir le PCF et le parti gaulliste ; c'est même à peu près leur seul point commun. La conscience antitotalitaire s'est logiquement exprimée en "Mai 68" contre ces deux partis, sans produire de résultat politique. "Mai 68" n'a pas entamé la "société du spectacle" que ce mouvement dénonçait, ni la structure technocratique de l'appareil d'Etat gaulliste.

    Lire la suite

  • La lutte des classes en 2026

    La social-démocratie (honnie par Marx et Lénine) oppose à la lutte des classes la dynamique de "l'ascension sociale" ; ce mécanisme politico-économique joue un rôle crucial dans le système social-démocrate. Marx, Lénine, mais encore Orwell, envisagent ce mécanisme comme un mécanisme contre-révolutionnaire. Big Brother est un Etat social-démocrate dans la mesure où il repose sur une forme de consensus social et non sur la contrainte policière, qui ne s'exerce que sur de rares dissidents.

    On peut même dire que le plan de "l'ascension sociale" est le plan mystico-religieux de la social-démocratie ; comme le paradis, l'enfer et le purgatoire, représentaient l'aspiration religieuse commune au Moyen-âge, l'ascension sociale représente l'aspiration commune. On parle ici de religion au sens social ou horizontal du terme (indiqué par le terme latin "religere", qui signifie relier). Quand Lénine parle de "métaphysique bourgeoise", il ne parle pas directement contre la métaphysique, mais contre une fiction religieuse prêchée pour le compte de la bourgeoisie.

    Lire la suite

  • La vocation d'Hannah Arendt

    Dans mon bouquin sur "Orwell & les Gilets Jaunes", je m'étends peu sur l'étude du phénomène totalitaire par la politologue états-unienne Hannah Arendt en raison d'une erreur d'appréciation que George Orwell ne commet pas, et qui n'est pas sans conséquences.

    Leur vocation commune de penseurs politiques rapproche beaucoup Arendt et Orwell, cependant, et ils ont probablement beaucoup de lecteurs en commun. On sait que H. Arendt revendiquait le terme lourdingue de "politologue". Ils se rejoignent sur certains points importants. Ainsi, en définissant le totalitarisme comme un "process", Arendt rejoint le propos d'Orwell sur la "novlangue", véritable opération de sabotage du langage pour le réduire, justement, à un "process". Le but est que les citoyens d'Océania agissent et pensent en définitive comme des robots. Science sans conscience n'est qu'intelligence artificielle, pourrait-on dire à la suite d'Arendt et Orwell.

    Lire la suite

  • Léon XIV au pied du mur

    Le pouvoir temporel de l'Eglise catholique romaine n'est plus depuis des siècles qu'un "soft power", c'est-à-dire un pouvoir de propagande, ce pouvoir que George Orwell qualifie de "mensonge totalitaire" et dont il montre qu'il cimente l'Etat moderne. Le "soft power" est aussi conçu pour justifier l'impérialisme. La propagande religieuse a pris au cours des XIXe et XXe siècle différentes formes séculières, dont le communisme étatique au XXe siècle, ou encore le cinéma hollywoodien. Dans ce dispositif séculier, l'Etat (Big Brother) occupe la place de Dieu.

    On peut prendre l'expulsion des jésuites par Louis XV en 1764 comme une date-clef en ce qui concerne le recul le pouvoir d'ingérence de Rome en France. Cette expulsion correspond à une opération analogue de la couronne britannique un siècle et demi plus tôt, facilitée par les tentatives de coups d'Etat fomentées par les jésuites. Le "France, fille aînée de l'Eglise", est un slogan catholique qui ne correspond à aucune réalité historique.

    Lire la suite

  • Donald Trump machiavélique ?

    C'est la thèse de certains observateurs, en coulisse (c'est-à-dire à l'écart des plateaux télé des médias de masse). Quoi qu'elle soit peut-être partisane, cette thèse a le mérite de souligner la position dominante des Etats-Unis, malgré l'échec du "blitz" israélien sur Téhéran visant à renverser ses dirigeants. Elle n'est pas sans faire penser à la position dominante de V. Poutine, malgré la résistance de l'Ukraine et son échec à annexer tout ou partie de ce qu'il considérait comme une province russe. V. Poutine a fait plier les Etats-Unis, et il a désormais face à lui une Europe affaiblie et divisée comme jamais.

    Le blocage du détroit d'Ormuz pourrait avoir de graves conséquences économiques s'il perdurait ; l'Europe serait la grande perdante, puisqu'elle ne produit pas ou presque pas d'énergies fossiles.

    Lire la suite

  • La menace Mélenchon

    La candidature de Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles, renforcée par la conquête de quelques villes importantes aux municipales, représente pour l'oligarchie la même menace que la candidature de Donald Trump en 2015. Les Français dont les yeux ne sont pas recouverts d'écailles idéologiques peuvent voir que ces deux candidatures reflètent deux mouvements proches de révolte de la classe moyenne contre l'Etat profond, en dépit de ce qui les oppose superficiellement, sur le plan des slogans.

    Le parti de Jean-Luc Mélenchon n'a aucune politique économique clairement définie. Il y a une bonne raison à cela : compte tenu du coup d'Etat de la Commission de Bruxelles en 2020, aucun projet économique franco-français ne dépasse le niveau du slogan, sans proposer au préalable, comme les partisans britanniques du Brexit, une sortie de l'Union européenne... qui aurait pour effet de condamner le projet d'Union. Tous les candidats à la présidentielle sont à égalité avec J.-L. Mélenchon : aucun ne peut avouer qu'il n'a pas d'autre programme économique que celui d'E. Macron au cours des neuf années écoulées.

    Lire la suite

  • Un cas de racisme intéressant

    De mon expérience personnelle je tire la conclusion que les peuples grégaires sont les plus racistes. Les femmes sont plus racistes que les hommes car elles sont généralement plus grégaires, supportent moins la solitude.

    Un anthropologue décrit plus précisément ce phénomène ainsi : - Dans la société multiculturelle et antiraciste états-unienne, les mariages "mixtes" restent exceptionnels ; ils sont au contraire plus courants en France où les hommes hésitent moins à se reproduire avec des femmes d'origine africaine ou asiatique.

    Cela s'explique par le fait que la société états-unienne capitaliste est entièrement dévirilisée, à un point quasiment métabolique. Les efforts de Donald Trump et ses partisans pour paraître plus virils font penser aux efforts des femmes pour paraître plus féminines. En réalité D. Trump est surtout un acteur, et son goût pour les "sunlights" fait penser à celui de Marilyn.

    Lire la suite

  • Mise au point sur le satanisme

    Les accusations de "satanisme" sont de plus en plus fréquentes sur les réseaux sociaux américains. Les électeurs MAGA de Donald Trump ont remis ce type d'invective à la mode, en particulier la frange issue des nombreuses sectes évangélistes que comptent les Etats-Unis, fédérées par les slogans de D. Trump sur la famille (contre l'avortement) et la moraline d'Etat LGBT (égalitariste).

    L'idéologie libérale est d'ailleurs une idéologie chrétienne dès l'origine. Les formules libérales athées ne sont apparues que tardivement, au stade technocratique, notamment dans le monde de la haute finance états-unienne (Ayn Rand).

    Le satanisme est précisément défini par les évangiles et les prophéties chrétiennes comme une attaque contre la Foi chrétienne au nom de la Foi chrétienne. Le satanisme n'est pas incarné dans les Evangiles par Judas (Judas ne prêche pas), mais par les pharisiens, et Pierre à deux reprises, qui interprète de travers la parole de Dieu. Les apôtres ne sont vraiment des apôtres qu'après la Pentecôte.

    Lire la suite

  • Les Gilets jaunes ont disparu ?

    Emmanuel Macron est sans doute le dernier à le croire ; sans quoi il n'aurait pas demandé à ses adjoints le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau et le préfet de police Laurent Nunez de déployer en septembre 2025 un dispositif policier d'une ampleur probablement inégalée sous la Ve République. Dès le début de la matinée, la police procédait à des arrestations ciblées, plus de cinq heures avant le début des manifestations.

    Les partis de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, dont on sait qu'ils étaient les mieux représentés avec les abstentionnistes parmi les grévistes de 2019 opèrent comme des brise-lames. C'est la fonction qu'ils remplissent principalement, pourquoi ils sont subventionnés au même titre que la télévision d'Etat : scinder idéologiquement la classe moyenne inférieure en deux, pour la tenir éloignée des rênes du pouvoir. Pourquoi l'oligarchie a-t-elle décerné un brevet de respectabilité à Bardella et à Le Pen, qu'elle refuse à J.-L. Mélenchon ? Parce que le parti de Marine Le Pen, en cas de victoire, serait le plus facile à contrôler. Que fait Mme Meloni en Italie depuis qu'elle est élue en dehors d'appliquer la politique de la Commission en la saupoudrant de sucre glacé néofasciste ?

    Lire la suite

  • Sionisme et Etat profond

    Un chapitre de mon bouquin "Orwell & les Gilets jaunes" s'intitule "Israël, Etat terroriste ?". Il a été rédigé avant que l'affaire Epstein-Maxwell de trafic d'influence politique à l'échelle internationale soit révélée au grand public dans toute son ampleur. Sur le fond, l'affaire Epstein-Maxwell ne change pratiquement rien. Sans doute les MAGA passent-ils du statut de "complotistes" à celui de "lanceurs d'alerte" indispensables, mais cela n'élargit pas pour autant la marge de manoeuvre de cette révolution libérale.

    Le journaliste-citoyen Nick Bryant résume ainsi cette marge : - Dix pour cent des citoyens états-uniens désireux d'enrayer le système suffiraient pour faire tomber l'Etat profond.

    On peut mettre en relation ce propos avec celui de "1984" ; Orwell souligne à quel point le pouvoir de Big Brother repose sur l'absence de volonté politique -soigneusement entretenue- de la grande majorité des citoyens, à commencer par les militants. Il ne s'agit pas là d'une théorie du complot, car le phénomène de la culture de masse (nouvel opium des peuples sécularisés), est un phénomène palpable. La Guerre froide apparaît même en filigrane dans la culture de masse : l'inévitable "combat du bien contre le mal" en est la petite musique de fond puérile.

    Lire la suite

  • L'impasse Jancovici

    Jean-Marc Jancovici est un ingénieur français qui s'est fait connaître du grand public grâce à une bande dessinée à fort tirage (près d'un demi-million d'ex.), plaidant pour la décarbonation de la production industrielle grâce à la relance du programme nucléaire français. Son principal argument : le pétrole va bientôt venir à manquer, sa production décroît déjà depuis quelques années - le mode de vie capitaliste-occidental se trouve donc menacé à brève échéance - une bonne moitié des Français éprouve déjà des difficultés à joindre les deux bouts... Je ne décris pas plus en détails un argumentaire biaisé de tous les côtés.

    Le raisonnement presque entièrement mathématique de cet ingénieur est très éloigné de la réalité politique, économique et sociale. Il véhicule une illusion très répandue en France, celle du pragmatisme de la technocratie. Il peut être tentant pour certains Gilets jaunes d'y voir un remède au naufrage du "Titanic".

    Lire la suite

  • Le paradoxe Trump

    L'attaque soudaine de l'Iran par les Etats-Unis de Donald Trump pour tenter de décapiter le régime des mollahs et des "gardiens de la Révolution" a surpris la plupart des observateurs. En effet D. Trump a été élu sur la promesse de ne pas envahir l'Iran, ou du moins de ne pas répéter les erreurs de ses prédécesseurs démocrates et républicains en Irak, en Afghanistan et en Ukraine.

    Les Gilets jaunes et les "médias citoyens" indépendants ont intérêt à scruter la révolution libérale MAGA et la politique de D. Trump, car la grève générale des Gilets jaunes de 2019 est un mouvement similaire à celui qui a porté D. Trump au pouvoir en 2016, contre toute attente. L'alternance républicains/démocrates est un rouage de l'Etat profond libéral à part entière, et la surprise vient donc de ce que D. Trump a réussi à mettre fin à cette "alternance" dès 2016. Les "Gilets jaunes" se heurtent au même verrou médiatique...

    Lire la suite

  • Pour en finir avec le gaullisme

    Le culte du général de Gaulle s'est répandu au XXIe siècle dans presque toute la classe politique. Dans un ouvrage récent de propagande à destination des militants, François Hollande s'emploie ainsi à décrire le général de Gaulle comme "un grand homme de gauche". Le cas de Hollande est remarquable puisqu'il est encarté dans un parti qui ambitionna de rétablir le parlementarisme dans ses droits.

    On peut s'inquiéter d'un tel consensus, y voir un signe de nostalgie, une façon de regarder dans le rétroviseur qui n'est pas sans faire penser au projet de D. Trump de retour à l'âge d'or du capitalisme. Le futurisme de la "mondialisation heureuse" est en échec, vive le passéisme !

    Le mirage gaulliste et le mirage trumpiste sont à peu près équivalents : c'est le mirage des "Trente glorieuses", d'une part, et celui du "Gilded Age" (âge d'or) entre 1865 et 1901, période de forte croissance aux Etats-Unis, d'autre part. Les "Trente glorieuses" sont un slogan. En réalité on ne peut scinder les périodes d'euphorie économique des périodes de grave dépression. Le Capital est parfaitement instable : aucune histoire n'illustre mieux cette instabilité que celle des Etats-Unis depuis 1865, date de la guerre civile dite de "Sécession". Les économistes capitalistes eux-même ne dissocient pas le creux de la vague - la dépression économique - de son sommet - la forte croissance ; ils s'efforcent de justifier a posteriori ces cycles par un raisonnement darwiniste, en prenant soin d'occulter le rôle des guerres dans la sortie de crise. Le darwinisme est l'un des piliers de l'idéologie libérale progressiste.

    Lire la suite

  • Mélenchon osera-t-il ?...

    ...se servir de l'affaire Epstein-Maxwell ?

    Quiconque a parcouru un tant soit peu les dossiers Epstein-Maxwell sait que cette affaire est une véritable bombe. Ce n'est pas pour rien que le ministère de la Justice des Etats-Unis a rendus librement consultables ses pièces par les Européens, en prenant soin d'en filtrer une partie. Ce n'est pas pour rien que les médias français, ceux du service public en particulier, s'appliquent à déminer cette affaire.

    Lire la suite

  • Dr Frankenstein & Mr Epstein

    Après quelques semaines de déballage des dossiers confidentiels de l'affaire Epstein-Maxwell, on constate que le pouvoir oligarchique français est le mieux protégé d'Europe contre le scandale et les compléments d'enquête judiciaires, puisque la démission du président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang, est la seule conséquence à ce jour. Les régimes britannique, norvégien, sont en revanche ébranlés. Quant à l'Allemagne, c'est le seul pays au monde dont la presse est moins indépendante que la presse française : l'Allemagne est le seul membre de l'OTAN qui, attaqué par un autre pays de l'OTAN en mer Baltique, ne s'est même pas émue de cette attaque.

    Mais la zone de non-droit en quoi consiste la Ve République n'est pas le sujet de cette note... Un aspect de l'affaire saute aux yeux à mesure que l'on épluche les pièces du dossier, touchant non pas aux moeurs pédocriminelles d'Epstein et Maxwell directement, mais plutôt à la culture et la mentalité des membres de ce réseau d'influence, qu'ils soient des criminels actifs comme le conseiller spécial du premier ministre britannique Keir Starmer, ou des criminels passifs comme (semble-t-il) Bill Clinton et Bill Gates.

    Lire la suite

  • Catholiques zombies

    Je lis ceci dans un hebdo capitaliste qui se réjouit de la recrudescence de jeunes adultes baptisés en France dans la religion catholique (15.000 en 2025) : "Le politologue Emmanuel Todd fustigeait en 2015 les catholiques zombies..."

    E. Todd ne fustige aucunement les catholiques zombies. Ce sociologue, à partir des outils de la sociologie wébérienne, tire le constat que l'on ne peut plus, depuis les années 1980, repérer à l'occasion des grands scrutins, un "vote catholique", comme c'était le cas auparavant. Autrement dit, les catholiques sont fondus dans la masse des Français depuis près d'un demi-siècle.

    Lire la suite

  • Marginalité

    Je me souviens d'avoir éprouvé en lisant Cioran pour la première fois de la répulsion. Cioran est si éloigné de Molière, qui fut longtemps mon maître à penser ! Sa marginalité fait de Cioran un auteur très moderne, bien plus moderne que Molière évidemment. Cioran est marginal dans tous les sens du terme : il a mené une existence en marge, et son oeuvre est faite de réflexions marginales. C'est une sorte de Diogène sans couilles. Il n'y a aucun Alexandre qui passe devant Cioran et lui fasse un pont d'or que Cioran refuse.

    Si Marx dit vrai et que l'économie capitaliste conduit à l'implosion de la société et de l'état capitalistes, alors la marginalité doit s'étendre à un nombre croissant d'individus, dans la caste supérieure comme chez les intouchables, et la misanthropie doit devenir un état d'esprit de plus en plus répandu. Un tel phénomène doit être encore plus flagrant aux Etats-Unis où, pour citer un moraliste états-unien contemporain, "le dollar est la valeur-étalon de toute chose". Si l'Europe est en bonne voie d'acculturation, un petit écart subsiste encore, qui se manifeste par la résistance de certains milieux au pouvoir de la "Zone euro".

    Le réflexe identitaire est une sorte de réaction à l'implosion sociale, car les conséquences sociales de la marginalité pure et dure sont difficiles à encaisser pour ceux qui n'ont pas les couilles de Diogène. Les mouvements de jeunes crétins fachistes et leurs homologues de jeunes crétins antifachistes, par exemple, sont des mouvements identitaires et non des mouvements politiques. Antifas comme identitaires sont dépourvus de la moindre conscience politique.

    En dehors de la disparition de leurs adversaires, ils n'ont pas de volonté politique définie.

    La religion catholique, qui fut autrefois quelque chose de politique en Europe, disons jusque vers 1870, est devenue un folklore, c'est-à-dire une manière de résister au délitement de la société capitaliste, tout en ignorant sa cause. K. Marx prédisait la destruction à brève échéance des valeurs et des structures traditionnelles en Europe. L'absence ou la quasi-absence d'Etat centralisé aux Etats-Unis avant les années 1940 a permis la constitution de poches de résistance à la mondialisation. Paradoxalement, c'est au pays de la mondialisation capitaliste heureuse que des poches de résistance à cette utopie ont pu subsister, sans unité idéologique : on peut aussi bien y inclure les "hippies" écologistes que certaines communautés évangélistes fondamentalistes, les Mormons, etc. Le "communautarisme" décrié en Europe est l'expression juridique de la résistance identitaire à l'éthique capitaliste moderne. A. Huxley a parfaitement résumé ce phénomène dans son personnage caricatural de John Le Sauvage.

    Pendant très longtemps, les homosexuels ont très bien supporté leur marginalité, formant des communautés discrètes ou souterraines dans les grandes villes, largement suffisantes. Depuis la fin du XXe siècle aux Etats-Unis, ils font comme tout le monde, ils ont créé un mouvement identitaire homosexuel sous la bannière arc-en-ciel : ils ont leurs processions, leurs messes, tout le barnum ; ils ont obtenu tout cela, puisque dans la société capitaliste tout s'achète, y compris l'honorabilité.

    Je crois que l'on peut définir Houellebecq comme le premier romancier identitaire états-unien de langue française, qui s'adresse au public des "white trash" (petits blancs en voie de déclassement). Les Etats-Unis ont Steve Bannon, les Français ont Houellebecq, ou plutôt les Françaises car Houellebecq est lu à 90% par des femmes.