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Déclin et Chute

La vision du déclin et de la chute a parfois la réputation d'être le fait d'esprits pessimistes ou en mauvaise santé qui "broient du noir" ; à l'instar des vieillards qui pleurnichent sur le passé quand ils ne parviennent plus à bander (Romain Gary) ou à téter (P. Muray), se mettent à revendiquer le titre pompeux de "misanthropes".

Moins nuls que Gary ou surtout Muray, on peut citer Baudelaire, Delacroix ou Nitche dans ce cas-là, revenus de leurs illusions libérales (l'abandon des préjugés libéraux est toujours une forme de passage à l'âge adulte, ce qui explique le goût prononcé du libéralisme chez les pédérastes, les curés, ou les curés-pérérastes*). Je cite exprès ce trio d'inventeurs de la "modernité", parfois prise pour "l'optimisme" ou la "bonne humeur" des nations, alors qu'elle traduit en réalité la nostalgie de l'âge d'or ; c'est presque une méthode Coué, inventée par des esprits préoccupés par la chute et la mort de la civilisation, bien que tous les trois incapables de comprendre ou d'admettre que le culte de la musique est un signe de débilité de l'Occident, à laquelle ils contribuent donc. L'importance de la musique dans les sociétés totalitaires est dû à son caractère fonctionnel, tandis que la pensée occidentale conçoit l'émancipation contre la fonction publique ou personnelle (autrement dit l'identité).

C'est plutôt amusant que sur ce terrain musical ou oriental, mêlant foi et raison, dans la même proportion où le risque et la garantie sont amalgamés dans l'argent, ceux qui éprouvent le plus grand doute soient pris comme des modèles de foi dans l'avenir et l'ordre.

Mais en réalité les vieillards -académiciens, retraités-, ou encore les femmes et les gosses, sont tout aussi inaptes à regarder le déclin et la chute en face, trop préoccupés par leur tuyauterie et leur santé, ne pouvant supporter, en plus de leur propre faiblesse, celle du monde. Encore une fois : malheur aux gosses gouvernés par des vieillards ; la peur sera maintenue dans leur coeur, comme le meilleur gage de soumission.

Un esprit matérialiste ou classique se préoccupera peu du déclin et de la chute. Elles sont les choses les plus prévisibles. Et les choses prévisibles, comme la psychologie ou les rituels religieux, n'ont que peu d'intérêt.

*Par "pédérastie" je n'entends pas tel ou tel goût sexuel particulier, mais au sens primordial la "passion furieuse de l'enfance", qu'il s'agisse de sa propre enfance, ou que ce sentiment soit sublimé dans le goût des arts primitifs et des civilisations barbares.

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C'est ici le plus bel emblème démoniaque qu'un chrétien peut contempler. Le blason de Judas Iscariote.

Presque rien n'y manque. La devise "Deus meumque Jus", où "dieu" n'est autre que satan, est la plus diabolique incitation à la perversion humaine, destinée à libérer si nécessaire l'instinct meurtrier de l'homme.

La référence à dieu pourra surprendre le citoyen républicain moderne, qui croit la République athée ou agnostique. Il faut comprendre que la divinité laïque républicaine est à géométrie variable ; sa puissance transcendentale a perdu sa raison d'être en Europe au gré des métamorphoses du droit et de la mondialisation. Pour ce qui est de l'adhésion juridique à satan, d'ailleurs, elle est naturelle et n'impose pas de grands sacrifices de la part des maîtres du monde.

Si Karl Marx est saint, c'est pour avoir fait voler en miettes un tel culte, avec d'autant plus de mérite qu'il ne connaît quasiment aucun frein dans la nation allemande, à peine plus qu'aux Etats-Unis.

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