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  • Dr Frankenstein & Mr Epstein

    Après quelques semaines de déballage des dossiers confidentiels de l'affaire Epstein-Maxwell, on constate que le pouvoir oligarchique français est le mieux protégé d'Europe contre le scandale et les compléments d'enquête judiciaires, puisque la démission du président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang, est la seule conséquence à ce jour. Les régimes britannique, norvégien, sont en revanche ébranlés. Quant à l'Allemagne, c'est le seul pays au monde dont la presse est moins indépendante que la presse française : l'Allemagne est le seul membre de l'OTAN qui, attaqué par un autre pays de l'OTAN en mer Baltique, ne s'est même pas émue de cette attaque.

    Mais la zone de non-droit en quoi consiste la Ve République n'est pas le sujet de cette note... Un aspect de l'affaire saute aux yeux à mesure que l'on épluche les pièces du dossier, touchant non pas aux moeurs pédocriminelles d'Epstein et Maxwell directement, mais plutôt à la culture et la mentalité des membres de ce réseau d'influence, qu'ils soient des criminels actifs comme le conseiller spécial du premier ministre britannique Keir Starmer, ou des criminels passifs comme (semble-t-il) Bill Clinton et Bill Gates.

    La mentalité et la culture des membres du cercle Epstein-Maxwell correspondent exactement à la description que fait Aldous Huxley dans "Brave New World" dès 1932 de la mentalité des élites mondialistes. On sait d'ailleurs que le roman d'anticipation d'Huxley a été motivé par son séjour en Californie où il travailla pour les studios hollywoodiens. De là est venue sa conviction d'une rupture de l'Occident avec l'éthique humaniste, c'est-à-dire avec la civilisation ; depuis lors on remarque que, sur le plan du vocabulaire, la civilisation est devenue "modernité", c'est-à-dire quelque chose d'indéfinissable -un slogan.

    Le roman d'Orwell est moins focalisé sur les moeurs des élites, mais il a repris le dispositif sado-masochiste dominants/dominés d'Huxley, qui permet de comprendre le mécanisme psychologique de la pédocriminalité puisque, selon Huxley, une partie de la population est préparée depuis sa plus tendre enfance à être dominée. "Brave New World" explique très bien que la pédophilie ait pu, au cours du XXe siècle, être présentée comme une sexualité "progressiste" par certains intellectuels antihumanistes. Huxley isole même ce qui est sans doute la principale détermination de l'antihumanisme du XXe siècle, sur le plan idéologique : l'antispécisme ou le darwinisme social.

    Plusieurs universitaires états-uniens éminents sont impliqués dans le cercle d'Epstein. Il n'y a pas lieu de s'étonner, si on prend au sérieux Huxley et Orwell, de la persistance de l'idéologie du IIIe Reich dans des cercles qui se disent "libéraux". Il ne s'agit pas de "néonazisme" stricto sensu puisque la description d'Huxley précède l'avènement du IIIe Reich et que la satire d'Orwell tient assez peu compte du nazisme et du fascisme (que Orwell avait vu s'effondrer, vaincus par plus forts qu'eux sur le plan stratégique et militaire).

    La rupture avec l'humanisme n'est pas spécifique à Hitler et Goebbels, Staline : elle est spécifiquement technocratique. Sans déformer "1984", on peut d'ailleurs dire que la Novlangue est la langue des technocrates, quelle que soit leur spécialité. C'est un jargon qui n'a pas de sens commun.

    "Hitler est mort, vive la technocratie !" ont proclamé en quelque sorte les dirigeants occidentaux sortis vainqueurs du conflit mondial. Si Orwell avait cru en une dignité spécifique des élites britanniques, il n'aurait pas situé le siège de Big Brother à Londres.

    Un membre du cercle Epstein-Maxwell semble incarner plus particulièrement cette idéologie technocratique transhumaniste, c'est Ehud Barak, ancien dirigeant du parti travailliste israélien et premier ministre de ce pays. Il ne s'agit pas de faire ici de l'antisionisme primaire, mais au contraire de souligner que l'idéologie transhumaniste est très éloignée du judaïsme, mais aussi de l'utopie sioniste qui présida à la création d'Israël.

    L'accointance d'Israël et de certains de ses cadres avec la culture technocratique s'explique par la militarisation inéluctable et inexorable de cette enclave des Etats-Unis au Moyen-Orient, qui a conduit Israël -à partir de rien-, à développer un Etat plus orienté vers la guerre que n'importe quel autre. Aussi solidaires soient les sionistes de l'extérieur avec les sionistes de l'intérieur, les premiers se disent parfois choqués par le fanatisme des premiers.