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Catholiques zombies

Je lis ceci dans un magazine capitaliste qui se réjouit de la recrudescence de jeunes adultes baptisés en France dans la religion catholique (15.000 en 2025) : "Le politologue Emmanuel Todd fustigeait en 2015 les catholiques zombies..."

E. Todd ne fustige aucunement les catholiques zombies. Le sociologue, à partir des outils de la sociologie wébérienne, tire le constat que l'on ne peut plus, depuis les années 1980, repérer lors des grands scrutins, un "vote catholique", comme c'était le cas auparavant. Autrement dit, les catholiques sont fondus dans la masse des Français depuis près d'un demi-siècle.

Un exemple : l'opposition à la laïcité, qui fut longtemps caractéristique de l'idéologie catholique française, n'est plus spécialement répandue parmi les catholiques ; les catholiques ne divorcent pas moins que les non-catholiques, etc.

E. Todd (lui-même athée) ne reproche absolument pas aux catholiques d'avoir perdu la Foi. Et pour cause, il est l'auteur d'une théorie, dans le prolongement de celle de Max Weber, selon laquelle "l'éthique protestante" aurait permis l'éclosion du capitalisme, et l'effondrement de l'Occident capitaliste serait lié à l'évanouissement de l'éthique protestante. La thèse idéologique wébérienne est erronée, mais ce n'est pas le lieu d'expliquer pourquoi. E. Todd fustige ou déplore la disparition de l'éthique protestante en Occident.

Indéniablement, le capitalisme et le christianisme ont partie liée.

Ajoutons quelques précisions qui ne figurent pas dans l'essai d'E. Todd, dont l'analyse est cependant nettement plus fine que tout ce que l'on peut entendre et lire dans les médias de masse oligarchiques (parce que ces médias sont oligarchiques et attachés par conséquent à préserver ce dispositif avant toute chose)...

Dès les années 1980, les autorités de l'Eglise catholique les plus élevées ont accompagné le mouvement d'assimilation des catholiques européens à la masse en le justifiant. Le cas de Jean-Paul II est le plus frappant, car c'est le pape de la mondialisation heureuse. C'est le pape de la convergence du catholicisme et de la mondialisation heureuse. Son aura était mondiale, son style publicitaire.

La posture politico-religieuse des quatre derniers évêques de Rome est, à peu de choses près, celle de l'ONU. Ils incarnent ce que l'ONU, en raison de sa bureaucratie, a du mal à incarner. La position du nouveau pape Léon XIV est d'autant plus délicate que le Hamas et B. Nétanyahou viennent de faire voler en éclats l'ONU, faisant apparaître sa neutralité politique comme un simulacre. Il devient très difficile pour Léon XIV de savoir sur quel pied danser.

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