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  • Guerre sans trêve

    - Ne jamais compter dans la vie sur personne. Surtout pas sur les personnes qui disent éprouver pour vous des sentiments et qui sont les plus faibles, comme le prouve leur attachement aveugle à l'existence.

    - Chacun pour soi est la règle sociale véritable ; l'apparente cohésion sociale vient du mouvement de fuite.

    - Se méfier des secouristes professionnels. Savoir reconnaître la main vraiment secourable qui sort du magma ordinaire des hommes pour la saisir. Ne pas s'étonner qu'elle soit rare.

  • Croix de Satan

    Il n'y a pas de société qui tienne sans l'éloge de la souffrance par ses clercs. On constate que pour inventer le socialisme chrétien, contre le texte et l'esprit, il a fallu recentrer la théologie autour de la "passion du Christ", c'est-à-dire des souffrances et l'assassinat que Jésus a subi de la part de la société judéo-romaine. L'acte masochiste par excellence dans l'Evangile, c'est le suicide de Judas Iscariote, auquel nombre de clercs chrétiens, tenant d'un christianisme dévoyé, sont susceptibles de s'identifier.

    Il est probable que les insultes dont Jésus-Christ continue d'être la cible, bien que celles-ci ne bravent plus aucun interdit et dénotent même d'un certain conformisme, viennent de personnes entièrement mues par une foi et une raison sociales. L'antichristianisme de Nitche ou de Maurras a le mérite d'être clair : il est fait pour servir la société. Si Shakespeare démasque aussi brutalement les "rois très chrétiens" d'Angleterre, c'est sachant cette vérité constante que ce sont toujours les élites qui sont intéressées au premier chef par le maintien de l'ordre social, ici et maintenant. Le temps présent est le pré carré où jouissent les élites, pendant que le peuple se nourrit de fantasmes et de lendemains qui chantent.

    Au stade capitaliste où nous sommes, époque de maîtres irresponsables de leurs esclaves, l'apologie de la jouissance sans entrave remplace avantageusement celle de la souffrance et du sacrifice, puisqu'elle aboutit au même résultat, à une frustration aussi douloureuse que le travail du paysan ou de l'ouvrier.

  • Purgatoire

    Si être, c'est aimer, tandis qu'avoir n'est que paraître, alors des milliards d'ectoplasmes doivent hanter la terre, âmes des propriétaires du présent, du passé ou du futur.

  • Exit la démocratie

    "La démocratie, c'est un truc de blancs riches pour posséder le monde." : certaines belles consciences républicaines s'étonnent ou s'indignent que les gosses des banlieues gobent de moins en moins la démocratie, préférant se fier aux lois du commerce et de la concurrence. Je prétends que, dans les banlieues, ce sont les musulmans pratiquants les meilleurs défenseurs de la République, c'est-à-dire qui prônent les moeurs les plus éloignées du "deal" ou du gangstérisme libéral. L'essence du libéralisme consiste à faire passer le viol et le vol pour normaux ou éthiques, y compris sur le plan artistique ou intellectuel, puisque le libéralisme procède du pillage d'autres pensées, qu'il s'efforce de faire passer pour originales. Si l'on veut une métaphore, les penseurs libéraux sont des coucous.

    Les musulmans partagent avec les tenants de la laïcité l'idée naïve qu'on peut "encadrer le commerce" et le soumettre à des lois raisonnables, à quoi l'histoire oppose le démenti le plus formel, puisqu'elle montre l'effet d'entraînement sur les lois.

    Les soupçons à l'égard de l'idéal démocratique sont confirmés par les industriels libéraux eux-mêmes, qui viennent de la mettre entre parenthèses en Italie afin de protéger leurs avoirs bancaires. Quand les caisses sont vides, la démocratie flanche, et l'idéal démocratique n'est pas loin d'être aussi stupide que  l'idée d'enrichissement sans cause à l'infini.