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  • Pièges de la femme

    L'expression de "matrice" pour désigner le régime totalitaire dans lequel nous vivons a le mérite de souligner l'importance du préjugé mathématique dans l'inconscient de l'homme moderne robotique.

    Le robot et l'animal ont en partage d'être "inconscients", et que cette inconscience soit profitable à leur mode d'action et de réflexion ; l'humaniste combat au contraire l'inconscience comme l'ignorance. Du point de vue de Shakespeare, voire de Marx, ce combat doit s'achever par la fin du monde. Une image célèbre de la Renaissance illustre parfaitement la mécanique de l'inconscient, c'est celle représentant une femme se mirant dans un psyché, et la mort qui ricane derrière elle ; elle est parfaitement dissuasive de l'art religieux abstrait.

    On trouve l'avertissement contre "les pièges de la femme", dès l'antiquité juive, conforme au récit mythologique de la Genèse. La résistance des mythes au temps incite selon Bacon-Shakespeare à y déceler plus de vérité que dans les spéculations égyptiennes relativistes d'Einstein. C'est la résistance au destin qui résume l'effort de l'humanisme occidental, individualiste, tandis que le régime de la civilisation incline l'homme à s'adapter selon le droit naturel, jusqu'à devenir un singe ou un robot. La théorie de l'évolution elle-même est porteuse d'un négationnisme historique, et sa transposition dans la sociologie ou l'anthropologie est le fait d'esprits criminels. Si l'homme agissait toujours inconsciemment ou religieusement, comme c'est le cas sur le plan économique ou politique, alors le darwinisme pourrait passer pour vrai. Les anarchistes qui soupçonnent légitimement le "darwinisme social" de servir à justifier le régime d'exploitation libéral, après avoir servi le régime nazi, devraient s'interroger plus profondément sur les fondements scientifiques de cette philosophie économique bestiale.

    L'affinité entre le politicien et la femme est qu'ils promettent tous les deux beaucoup, mais tiennent peu ; les enfants ont raison de s'y fier parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. 

  • Solution finale

    Chaos de pétards le soir du 14 juillet. Le sens de la politique est indiqué en France par la fête nationale.

  • Le Logocrate BHL

    ... se fait passer pour un penseur juif humaniste, mais en réalité c'est un logocrate* égyptien, comme tous les juifs convertis à la République. Il n'y a pas d'identité, pas d'éthique juives possibles, c'est un grossier trucage de banquier ou de propriétaire juif, une "lévinasserie" de le faire croire.

    Job s'en plaint d'ailleurs : Le dieu des juifs ne leur accorde aucun droit, il n'est pas généreux comme les dieux païens sont avec leurs peuples. Jean-Paul Sartre est moins faux-cul que BHL : il ne cherche pas à se faire passer pour un juif. Il faut dire que la fausse compassion n'était pas à la mode comme aujourd'hui. Sartre est républicain, donc antisémite.

    - La tactique de BHL est connue : répéter inlassablement à la télé les mêmes slogans, secondé par sa mascotte Yann Moix. De temps en temps BHL cite Isaïe, histoire de clouer le bec à des journalistes, plus habitués à lire Jean d'Ormesson ou Houellebecq. Citons donc Isaïe, lui ne commet pas l'erreur d'amalgamer tous les juifs :

    "Oracle sur Damas,

    Voici Damas retirée du nombre des villes;

    elle ne sera plus qu'un monceau de ruines!

    Les villes d'Aroër sont abandonnées,

    elles sont livrées aux troupeaux,

    ils s'y reposent, et personne ne les chasse.

    La forteresse sera ôtée à Ephraïm,

    et la royauté à Damas;

    il en sera du reste de la Syrie

    comme de la gloire des enfants d'Israël,

    -oracle de Yahvée des armées.

    Et il arrivera en ce jour-là :

    La gloire de Jacob sera flétrie,

    et la graisse de son corps sera amaigrie.

    Il en sera comme lorsque le moissonneur rassemble les gerbes,

    et que son bras coupe les épis;

    il en sera comme lorsqu'on ramasse les épis,

    dans la vallée de Raphaïm.

    Il restera un grappillage, comme lorsqu'on secoue l'olivier,

    deux, trois olives au haut de la cime,

    quatre, cinq aux branches de l'arbre,

    - oracle de Yahweh, le dieu d'Israël.

    -En ce jour-là, l'homme regardera vers celui qui l'a fait,

    et ses yeux contempleront le Saint d'Israël.

    Il ne regardera plus vers les autels, oeuvres de ses mains;

    il ne contemplera plus ce que ses doigts ont façonné,

    les aschérahs et les piliers du Soleil.

    "En ce jour-là ses villes fortes seront

    comme les villes abandonnées dans les bois et les montagnes,

    qui furent abandonnées devant les enfants d'Israël;

    ce sera un désert.

    Car tu as oublié le dieu de ton salut,

    et tu ne t'es pas souvenu du Rocher de ta force.

    C'est pourquoi tu plantes des plantations agréables,

    et tu y mets des ceps de l'étranger.

    Le jour où tu les plantes, tu les entoures d'une clôture,

    et, le lendemain matin, tu fais fleurir tes semences;

    et la moisson t'échappe au jour de la maladie

    et de la douleur mortelle!"

  • L'Antichrist Benoît XVI

    Je répète que la voie la plus sûre, s'agissant de l'antéchrist et du nombre de la bête (666), que les chrétiens sont incités à élucider, est de chercher à reconnaître un principe plutôt qu'une personne.

    - Bien sûr il n'y a pas de principe qui ne procède de la matière, contrairement à ce que le raisonnement anthropologique ou fonctionnel peut inciter à croire, pour le besoin de l'exploitation de la nature ou de l'univers. Ainsi les cartes des géographes aplanissent la terre et on perd le sens de la forme pour le besoin de l'information.

    - C'est-à-dire que le principe peut traduire l'influence d'un astre, ou de plusieurs : la terre, la lune ou le soleil ; ce dernier a toujours brillé au-dessus des grandes théocraties païennes, y compris sous le règne de Louis XIV en France, où certains théologiens introduisirent dans le christianisme le principe de la prédestination, pour le besoin de la cause humaine. La méthode du moraliste qui consiste à mettre dieu à son service est sûrement la meilleure façon de passer théoriquement pour un saint. Comme c'est en outre aussi cette méthode qui interdit de comprendre qui est dieu, son artifice se laisse voir assez facilement.

    - Cela n'empêche pas les personnages perçus a posteriori comme des incarnations du diable : Néron, Louis XIV, Napoléon, Staline, Hitler, etc., ayant tous dominé le monde à un moment donné, avant d'être engloutis par lui, d'être mûs par le principe général que nous recherchons. Nitche, s'exprimant au nom de l'antéchrist, résume ainsi : "volonté de puissance", niant que le dessein des chrétiens ou des anarchistes (pacifistes) d'y échapper absolument puisse être une force. Nitche déplore comme Napoléon la mort des anciens dieux qui confortaient l'élite, sans se rendre compte que le prolétariat est le nouveau souverain, divinisé suivant les mêmes règles que l'aristocratie auparavant, parce que sa volonté de puissance et sa capacité de production sont plus grandes.

    - Ce n'est pas l'appartenance de l'actuel pape aux jeunesses hitlériennes dans sa jeunesse qu'on doit trouver étrange. L'apôtre Paul était lui-même romain avant de devenir chrétien. Les références à l'éthique nationale-socialiste allemande de Benoît XVI et son école de cacouacs de Francfort sont en revanche parfaitement étrangères au christianisme. L'identité juive ou chrétienne n'existe que sur le modèle de l'identité nationale-socialiste. Rien ne dit que la croisade économique menée par la démocratie-chrétienne a été, est, ou sera moins sanglante que celle de Bernard de Clairvaux autrefois.

    La chiennerie du clerc qui prescrit au soldat de trucider autrui dignement excède largement les boucheries commises par des maladroits.

  • Matérialisme

    "Le poème, cette hésitation prolongée entre le son et le sens.", écrit Paul Valéry. Ce magnétographe oublie de préciser qu'il parle là de la poésie religieuse, qui cultive le mystère ou le hasard. Pour les poètes matérialistes, la musique ne compte pas : Salomon, Homère, Lucrèce, Shakespeare, élucident, et s'appuient pour ça sur les symboles.

    Les métaphores de Shakespeare ne doivent rien au hasard. Son art est le plus dépourvu d'effet.

    Laissons la musique aux Allemands, qui font confiance à n'importe qui pourvu qu'il plaide bien, comme les bourgeois de Hamelin.

  • Postérité de Nitche

    Une certaine franchise de la part de Nitche, bien qu'elle va à l'encontre de son apologie du mensonge, le rend moins antipathique que ses disciples. Peut-il franchement ignorer que Shakespeare, qu'il a lu, est à l'opposé de son prêche néo-païen conservateur ?

    Avec les disciples de Nitche, la culture de vie païenne devient presque une science ésotérique. C'est un perfectionnement au sens où le mobile d'une société doit demeurer occulte. S'il n'y a pas des types pour se jeter par la fenêtre quand on le leur ordonne, la société est en péril. Les personnes morales ou éthiques, qui sont les piliers de la société, doivent être rompues au mal.

    L'apologie de Satan par Nitche, notamment, est gênante et trop directe dans un Occident dont la défense des valeurs sonnantes et trébuchantes sont en partie assurée par des soldats et aumôniers catholiques, voire musulmans. Il a fallu gommer cet aspect du nitchéisme pour permettre à des imbéciles d'endosser l'uniforme sans trop faire de cauchemars. Faites lire par exemple "L'Antéchrist" de Nitche à un officier de cavalerie yankee, et il risque d'être un peu surpris de voir sa religion, qu'il croit chrétienne, prônée au nom du diable avec beaucoup plus de raison. Personnellement, je tiens ce procédé pour un crime contre l'humanité plus sournois que ceux des nazis, pour avoir vu des jeunes types bernés de la sorte, à l'état de loques humaines, après avoir éradiqué quelques-uns de leurs contemporains de la surface de la terre, dans des conditions qui situent leur courage physique à peu près au niveau de celui du gosse qui tue un hérisson d'un coup de talon.

    Qu'est-ce qui peut bien unir un entraîneur de footballeur, un auteur de fiches de philosophie laïque républicaine, un avocat véreux, un journaliste libidineux, un universitaire "judéo-chrétien", un philosophe de plateau télé, un curé de paroisse catholique romaine, tous oecuméniquement derrière le nom de Nitche, sans presque tenir compte des principes de Nitche ?

    Leur dénominateur commun, c'est le truc de la "morale pure", prônée par Nitche, c'est-à-dire l'opium du peuple. Exactement le procédé du slogan publicitaire moderne, dont Nitche n'a pas vu qu'il remplace avantageusement les vieilles religions païennes familiales de l'antiquité ; avantageusement, c'est-à-dire que la mécanique sociale moderne ne peut revenir à Dionysos pour subjuguer la masse des hommes. Le pouvoir de l'élite moderne dont Nitche défend les prérogatives, repose sur la croissance économique. Sans elle, le pouvoir religieux s'écroule, et il n'y a rien d'étonnant à ce que l'homme d'élite moderne soit attaché aux choses les plus triviales.

     

  • Dialogue avec l'Athéisme

    - Lapinos : Tu ne crois pas en dieu, je ne crois pas qu'il y ait des athées, voilà un excellent sujet de conversation entre gens sceptiques.

    - L'Athée : Tu plaisantes. A quoi l'humour peut-il bien servir à un croyant ?

    - Lapinos : L'humour ? Il est fait pour prouver l'imbécillité des doctrines sociales, auxquelles les gens se raccrochent. Il en souligne l'absurdité. Sans l'humour, le commerce occuperait toute la place.

    - L'Athée : Soit, mais je ne suis pas assez tartuffe ni bête pour être socialiste.

    - Lapinos : Donc tu ne crois pas en dieu. Mais crois-tu en la nature ?

    - L'Athée : Comment ça ?

    - Lapinos : N'es-tu pas le produit de la nature ?

    - L'Athée : Sans doute.

    - Lapinos : Eh bien tu es comme ces multitudes de païens, qui croient dans la puissance de la nature, créatrice et destructrice.

    - L'Athée : Soit, je suis croyant, comme un païen, admettons. Et après ?

    - Lapinos : Après ? Rien, si ce n'est peut-être ce titre pompeux d'athée, et ces divisions artificielles entre militants des mêmes choses naturelles : les arbres, la famille, les espèces animales menacées, etc., toutes les polémiques inutiles qu'elles engendrent.

    - L'Athée : Quel est selon toi la divinité naturelle à laquelle la plupart des hommes s'accrochent pour se rassurer ?

    - Lapinos : Leur mère, il me semble. Le cordon ombilical est une sorte d'insigne religieux ; au point que je me demande si la cravate du fonctionnaire n'est pas un signe de cette sorte, tant on dit cette espèce frileuse. Il paraît que beaucoup d'hommes, même d'un âge canonique, avant de mourir appellent leur mère.