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Mort de l'art

La virtuosité est à la fois ce qui produit la plus forte impression sur le public, et le défaut qu'un artiste doit éviter ou corriger. Pour traduire cette idée de virtuosité, qualifions-là de "fausse vertu", ou bien de faiblesse déguisée en force ; ou encore disons que le virtuose n'a pas conscience des limites de son art.

La musique dite "classique" est insupportable pour cette raison qu'elle est à 90% le fait de virtuoses, aussi stupides que ces sportifs qui tirent gloire d'avoir franchi la ligne d'arrivée avec un dixième de seconde d'avance sur leur poursuivant immédiat.

Il n'y a rien d'étonnant à voir des petits génies de la musique ou de la peinture surgir, ici ou là, à peine sortis du berceau. Un régime totalitaire pourrait fort bien, si ce n'est déjà le cas, organiser l'élevage de petits génies en batterie.

Mais l'art est mort, toute cette virtuosité en est le symptôme, et notre souci n'est pas de ressusciter l'art (entreprise vouée à l'échec à cause du Jugement dernier) ; néanmoins, ce qui est valable pour l'art est valable sur le plan moral - il y a une forme de virtuosité sur le plan moral qui peut être corrigée ; cette virtuosité coïncide souvent avec la souffrance physique ou morale. L'immoralité généralisée dans les sociétés modernes, avec les conséquences catastrophiques que l'on sait, tient justement à cette méconnaissance des limites de la morale. Espérant beaucoup trop de celle-ci (parce qu'on le leur fait espérer), les sociétés modernes n'obtiennent pas même les effets d'une loi morale raisonnable.

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