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Lapinos

  • Demain la guerre civile ?

    On peut estimer que les Etats-Unis sont au bord de la guerre civile. Non plus entre les propriétaires fonciers du Sud et les industriels du Nord, mais entre l'Etat profond et la classe moyenne cette fois. Il faut rappeler qu'à chaque crise économique majeure, les Etats-Unis ont frôlé la guerre civile. Le dollar joue aux Etats-Unis à peu près le rôle stabilisateur rempli par l'Etat-providence en Europe. La crise économique peut, pour cette raison, précipiter rapidement cette nation dans le chaos. L'élection de D. Trump intervient seulement huit ans après le krach financier de 2008. Dix-huit ans plus tard l'Etat profond français, et plus largement européen, résiste toujours, même si les Gilets jaunes représentent une très sérieuse alerte. La différence des méthodes de répression policière aux Etats-Unis et en France reflète exactement la différence entre les deux sortes de capitalisme en vigueur des deux côtés de l'Atlantique. 

    La politique impérialiste d'intervention en Irak, puis en Afghanistan, puis en Ukraine, puis au Moyen-Orient, n'est pas dans l'intérêt de la classe moyenne, mais seulement des Etats-Uniens qui vivent aux crochets de l'Etat, qui se situent tout en haut de l'échelle... ou tout en bas, suivant la stratégie clientéliste du parti démocrate vis-à-vis des minorités (ethniques, religieuses, sexuelles...).

    Il faut ajouter parmi les actionnaires de l'Etat profond états-unien Israël, tributaire de l'aide militaire du Pentagone. Le blitz de D. Trump sur l'Iran peut paraître incohérent, au regard de la volonté isolationniste de son électorat, qui se divise à propos de cette décision. Tant que les Etats-Unis se contentent de bombardements aériens (assez inefficaces), D. Trump peut encore convaincre son électorat que son intervention se limite à une "opération spéciale".

    Un échec aux élections de novembre, qui mettrait fin au programme de réforme économique de D. Trump, rapprocherait sans doute encore un peu plus les Etats-Unis de la guerre civile. On peut observer à l'occasion de cette crise politique que l'armée et la police aux ordres de D. Trump n'ont pas une fonction plus "régalienne" que la police ou l'armée soviétique.

    En Europe, le Royaume-Uni paraît plus proche de la guerre civile que la France. L'Etat profond britannique résiste, mais il a usé trois premiers ministres en six ans, dont les prérogatives sont équivalentes de celles de notre chef de l'Etat, confronté à une opposition-fantôme. Le Brexit a échoué, de l'avis même des "brexiters", à réguler l'immigration. Le Royaume-Uni combine crise économique et effondrement des services publics, volontairement minés par la politique thatchérienne, services publics qui contribuent au maintien relatif de l'ordre public en France.

    Les Gilets jaunes qui entendent restaurer un régime authentiquement républicain contre un Etat profond surendetté et vassalisé par l'Allemagne ont toutes les raisons de se méfier des élections présidentielles : non seulement elles sont conçues pour procurer une légitimité à une bande de technocrates en roue libre, mais encore elles ont pour but de fracturer idéologiquement la classe moyenne : à cette seule fin les oligarques français entretiennent un clergé médiatique coûteux.

  • Marx contre Freud

    L'essayiste slovène Slavoj Zizek combine la critique marxiste et la psychanalyse freudienne. C'est le signe qu'il méconnaît les deux car la critique marxiste sape le fondement scientifique de la psychanalyse. Il y a bien au coeur de l'économie capitaliste une détermination "inconsciente" selon K. Marx, un processus "aliénant", mais ce processus démode le schéma "oedipien".

    Du point de vue marxiste, S. Freud n'est pas un penseur "prométhéen" - et il ne prétend d'ailleurs pas l'être.

    La psychanalyse freudienne contribue-t-elle comme Karl Marx à mettre en évidence la violence capitaliste industrielle, qui s'est manifestée au XXe siècle par les camps de travail nazis, que les négationnistes démocrates-chrétiens et soviétiques se sont efforcés de faire passer pour des "camps d'extermination", en dépit de l'évidence de l'intégration des Juifs, des Polonais et des prisonniers de guerre à la machine de guerre industrielle du IIIe Reich ?

    Le tort de Marx est d'avoir cru que le darwinisme était une explication matérialiste de l'Histoire. La critique marxiste a ultérieurement rectifié ce préjugé en constatant que le darwinisme fournissait une justification au modèle totalitaire technocratique. Le fait est que le succès public du transformisme darwinien est d'abord dû à la caution qu'il fournit à différents modèles de développement technocratiques. Il y a ici une rupture nette avec l'humanisme occidental, que le pamphlet d'Aldous Huxley permet de dater précisément : 1932. En comparaison, Hannah Arendt est assez peu consciente des dégâts du darwinisme social sur la pensée politique (qu'elle entendait pourtant restaurer).

    Or Huxley concevait que la psychanalyse freudienne comme le darwinisme puissent être mis au service de l'abus de pouvoir des élites modernes barbares. La psychanalyse freudienne et le darwinisme ne sont pas nécessairement des instruments du totalitarisme occidental, selon Huxley, mais des outils disponibles. Il est vrai que Huxley estime aussi que le marxisme-léninisme peut être un outil totalitaire : c'est toute la différence entre Huxley et Orwell. Huxley décrit un complot des élites mondialisées, qui agissent consciemment pour annihiler la volonté individuelle et transformer l'espèce humaine en espèce animale. Tandis que Big Brother, l'Etat totalitaire, canalise inconsciemment le désir des citoyens d'Océania.

    Par conséquent, si elle ne débouche pas sur une théorie politique à proprement parler, la psychanalyse freudienne contribue à renforcer le déterminisme biologique de la morale du surhomme nazi, soviétique ou libéral.

    Quant à la culture mondialiste propice à la partouze et à sexualité ludique, suivant la description de "Brave New World", elle ressemble beaucoup à la psychanalyse mystique de Carl Jung. Elle s'écarte de la psychanalyse freudienne par un caractère ésotérique plus marqué. La caractérisation par Freud de l'homosexualité comme une déviance sexuelle est certainement peu propice au libre-échangisme et au consumérisme capitalistes ; la psychanalyse jungienne est, en quelque sorte, la version populiste de la psychanalyse freudienne.

    La lecture approfondie de Shakespeare est peut-être le seul point commun entre K. Marx et S. Freud. On ne peut pas, selon Shakespeare, scinder le problème de la folie du problème de la condition humaine. Or c'est précisément ce que la psychanalyse freudienne fait. Freud est un lecteur de Shakespeare qui, comme Nietzsche, ne tient pas compte de la dimension politique de l'oeuvre de Shakespeare, représentée par ses tétralogies historiques.

    La théorie de l'aliénation de l'individu par la richesse proposée par K. Marx et, partant, de l'aliénation de la société bourgeoise capitaliste, qui ne se connaît pas elle-même, est directement puisée par Marx dans Shakespeare. L'Etat capitaliste, impensé par la philosophie des Lumières, n'est pas un Etat "régalien" car il est conçu pour capter le profit avant tout : l'histoire de la conquête coloniale reflète cette démarche cupide et non économique.

    S. Freud pour sa part s'appuie sur une théorie de l'instinct sexuel (le complexe d'Oedipe), déduite de la culture grecque antique ; cette culture est bien prométhéenne, mais elle méconnaît en revanche l'organisation étatique moderne, qui n'a rien de traditionnelle ou de patriarcale. Pourquoi l'homosexualité fait-elle figure de sexualité idéale à la fin du XXe siècle ? Marx, Orwell, Huxley, répondent à cette question -et non la psychanalyse freudienne.

    Le combat du clergé moderne contre le "patriarcat" a pour fonction de détourner l'attention de la violence de l'Etat capitaliste : la plupart des cas de violence conjugale masculine, et plus rarement féminine, sont liés à l'alcoolisme et n'ont rien à voir avec le "patriarcat". Involontairement la psychanalyse freudienne fournit des arguments de mise en cause du "patriarcat", quand bien même le droit capitaliste est beaucoup plus indulgent avec la criminalité féminine.

  • La Police de la Pensée en flagrant délit !

    Le projet de loi Yadan (du nom de la députée qui en a assuré la promotion) a le mérite de faire surgir l'Etat profond, non plus sous forme d'une répression policière, comme pendant la grève générale des Gilets jaunes, mais cette fois sous la forme de la police de la pensée.

    Conçu pour restreindre encore un peu plus la critique de la politique d'expansion israélienne, l'assimiler à l'antisémitisme, ce projet de loi n'a rien à voir avec les Juifs, la lutte contre l'antisémitisme, ou même le projet sioniste : il correspond exactement à la description que G. Orwell fait de la police de la pensée dans "1984". La caractéristique menaçante de l'éthique totalitaire selon Orwell est son arbitraire. Autrement dit, elle peut être philosémite un jour et antisémite le lendemain : seu le but de censure compte. Il ne faut pas s'étonner que les personnes inculpées pour antisémitisme continuent d'être accusées d'antisémitisme, quand bien même elles ont été disculpées par un tribunal.

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  • Le combat des médias citoyens

    La première vague des Gilets jaunes a été repoussée en 2019 sans ménagement par la garde prétorienne de 35.000 CRS protégeant l'appareil d'Etat centralisé... à quoi il faut ajouter une police secrète de 2.000 ou 3.000 policiers qui s'efforcent de contrecarrer les manifestations "en amont", en arrêtant les leaders, en exerçant des pressions sur eux, ou en obtenant la dissolution de groupes Facebook (dont un très important de plusieurs centaines de milliers de membres en 2020).

    Il ne faut pas céder à la mythomanie de la prise du pouvoir par la rue. La chute du monarque ne suffirait pas à rétablir ipso-facto une république, pas plus que le Brexit n'a permis aux Britanniques de retrouver l'indépendance et une marge de manoeuvre politique vis-à-vis de Bruxelles.

    L'élection par les MAGA de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis -contre le système- conforte ceux qui pensent pouvoir mettre au pas l'Etat profond par la voie légale. C'est oublier qu'un gouvernement oligarchique échappe justement au cadre légal, bien qu'il se cache autant que possible derrière le paravent de la légalité constitutionnelle. L'oligarchie s'accorde avec la formule technocratique dans la mesure où celle-ci s'écarte de l'exercice du pouvoir républicain. Il n'est pas rare d'entendre les dirigeants capitalistes faire l'éloge de l'efficacité du régime chinois.

    Pour plusieurs raisons les "médias citoyens" représentent le prolongement du mouvement des Gilets jaunes le plus utile. D'abord parce que, comme on l'a vu au cours du confinement sanitaire, les médias de masse représentent la courroie principale de transmission du pouvoir oligarchique. Les oligarques ne sacrifient pas chaque année quelques dizaines de millions d'euros pour le plaisir d'informer l'opinion publique, mais bien pour prendre part à l'Etat ; leurs médias sont des armes de sidération massive, particulièrement délétères dans la mesure où ils contribuent à abuser l'opinion publique, en particulier dans les domaines économique et industriel. Les candidats à la présidentielle n'existent qu'à travers ces médias, à l'exception de J.-L. Mélenchon qui a choisi de jouer la carte jouée par D. Trump en 2016.

    On constate par ailleurs que les journalistes citoyens, plus ou moins improvisés, et qui pour la plupart désignent les médias de masse comme leurs ennemis, sont nettement plus jeunes, entre 30 et 45 ans, que les journalistes-employés de l'oligarchie pour qui le journalisme est une rente de situation.

    Les médias citoyens travaillent donc à faire sauter le verrou médiatique plus utilement que les utopistes qui conçoivent sur le papier une VIe république parfaite.

    Je compte environ une vingtaine de ces médias indépendants, dont les audiences oscillent entre quelques centaines de milliers d'auditeurs et un million, suivant les émissions et les thèmes abordés. Ce calcul est approximatif en raison de la pluralité des canaux de diffusion (Youtube, podcasts, Facebook...). La preuve qu'ils visent juste est la réaction de Big Brother, qui s'efforce de reprendre le contrôle des réseaux sociaux américains sous divers prétextes, en mettant en place des moyens de censure plus efficaces, et si possible discrets.

    Je donne ci-dessous une petite liste non-exhaustive de ces "médias-citoyens", d'opinions politiques diverses mais dont l'objectif commun est d'élargir le champ de vision des citoyens français ; parmi mes critères de choix : une dissidence assumée, l'indépendance vis-à-vis des partis politiques en lice pour les présidentielles... Ici c'est un point important car la démagogie libérale de droite ou de gauche a pour fonction de transformer les problèmes politiques et sociaux, voire les faits divers, en arguments polémiques au service de discours publicitaires électoraux.

    Je me souviens d'avoir rencontré au début de son mandat de jeunes supporteurs naïfs d'E. Macron, conscients de l'effet néfaste du ping-pong idéologique droite-gauche ; ils m'avaient sollicité pour écrire dans leur publication (ce que j'aurais peut-être fait si j'avais été plus jeune et plus naïf). L'illusion de l'alternance gauche-droite est l'illusion de pluralisme.

    DIEUDONNE

    (En raison de la traque politico-judiciaire dont il fait l'objet depuis plus de dix ans, l'humoriste est la preuve vivante que l'Etat policier existe bel et bien. Dieudonné est au pouvoir mitterrandien ce que "Charlie-Hebdo" fut au pouvoir gaulliiste.)

    ELUCID

    (Olivier Berruyer invite des universitaires connaissant leur sujet, et sait leur poser les bonnes questions.)

    LE CANARD REFRACTAIRE

    (Jeune média citoyen indépendant - directement issu des Gilets jaunes).

    QG - LE MEDIA LIBRE

    (Issu d'une rupture avec LE MEDIA, organe mélenchonien - a gagné en indépendance). 

    IDRISS ABERKANE

    (Focalisé sur les conflits armés à travers le monde - un domaine casse-gueule où règne la désinformation, mais que les citoyens doivent s'approprier impérativement).

    LE MEDIA EN 4-4-2

    (Média soralien.)

    J.-M. JANCOVICI

    (Spécialisé dans les trafics bancaires de l'Etat profond depuis 2008).

    PRAXIS

    (Par le porte-parole des Gilets jaunes rouennais François Boulo, jeune avocat désillusionné par le fonctionnement de l'appareil judiciaire).

    FREQUENCE POPULAIRE MEDIA

    (Contenu éditorial proche d'ELUCiD et QG).

    TOCSIN

    (A prendre avec des pincettes car proche du RN).

    BLAST

    (A prendre avec des pincettes car proche de LFi).

    (Liste non exhaustive.)

    On peut estimer que le combat des médias citoyens contre les médias oligarchiques ressemble à la lutte du pot de terre contre le pot de fer, mais quelques millions de Français, plutôt jeunes, dont la conscience politique progresse contre les discours idéologiques propices à l'inertie, ce n'est pas négligeable dans un système qui repose largement sur le conditionnement. Le journaliste américain Nick Bryant, qui enquête sur le réseau Epstein (trentenaire) depuis une dizaine d'années, estime que 10% des citoyens états-uniens décidés à nettoyer les écuries d'Augias seraient suffisants.

  • Marx contre Proudhon

    Si la critique de l'économie capitaliste par Karl Marx s'est imposée comme la plus pertinente à l'échelle internationale, Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) a conservé en France une certaine aura à laquelle le chauvinisme n'est sans doute pas étranger.

    Marx et Proudhon ont en commun d'avoir voué leur existence à l'émancipation de la classe ouvrière opprimée en élaborant un "socialisme scientifique", afin de dissiper les fictions et les chimères dont la bourgeoisie abreuve la classe ouvrière pour mieux la subjuguer. On mesure le danger que K. Marx représente au milieu du XIXe siècle à l'importance des moyens policiers déployés pour le surveiller à travers l'Europe et tenter de faire interdire ses articles, censés fonder une organisation politique révolutionnaire. Ce qui distingue le socialisme révolutionnaire de Marx et Lénine nettement de celui de Proudhon, c'est l'effort de Marx pour détruire l'utopie, notamment celle véhiculée par le mouvement anarchiste.

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  • Banalité du Nazisme

    Le propos d'Hannah Arendt sur la "banalité du mal" demeure subversif. Le propos d'Arendt n'est pas conforme au roman national tel qu'il est enseigné depuis la Libération, conçu pour diaboliser le régime nazi, tandis que H. Arendt s'efforce d'élucider le mécanisme ayant conduit à la barbarie des camps de travail.

    On ne peut manquer de remarquer que les deux partis qui dominent la scène politique française à la Libération sont des partis de gouvernement technocratique, à savoir le PCF et le parti gaulliste ; c'est même à peu près leur seul point commun. La conscience antitotalitaire s'est logiquement exprimée en "Mai 68" contre ces deux partis, sans produire de résultat politique. "Mai 68" n'a pas entamé la "société du spectacle" que ce mouvement dénonçait, ni la structure technocratique de l'appareil d'Etat gaulliste.

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  • La lutte des classes en 2026

    La social-démocratie (honnie par Marx et Lénine) oppose à la lutte des classes la dynamique de "l'ascension sociale" ; ce mécanisme politico-économique joue un rôle crucial dans le système social-démocrate. Marx, Lénine, mais encore Orwell, envisagent ce mécanisme comme un mécanisme contre-révolutionnaire. Big Brother est un Etat social-démocrate dans la mesure où il repose sur une forme de consensus social et non sur la contrainte policière, qui ne s'exerce que sur de rares dissidents.

    On peut même dire que le plan de "l'ascension sociale" est le plan mystico-religieux de la social-démocratie ; comme le paradis, l'enfer et le purgatoire, représentaient l'aspiration religieuse commune au Moyen-âge, l'ascension sociale représente l'aspiration commune. On parle ici de religion au sens social ou horizontal du terme (indiqué par le terme latin "religere", qui signifie relier). Quand Lénine parle de "métaphysique bourgeoise", il ne parle pas directement contre la métaphysique, mais contre une fiction religieuse prêchée pour le compte de la bourgeoisie.

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  • La vocation d'Hannah Arendt

    Dans mon bouquin sur "Orwell & les Gilets Jaunes", je m'étends peu sur l'étude du phénomène totalitaire par la politologue états-unienne Hannah Arendt en raison d'une erreur d'appréciation que George Orwell ne commet pas, et qui n'est pas sans conséquences.

    Leur vocation commune de penseurs politiques rapproche beaucoup Arendt et Orwell, cependant, et ils ont probablement beaucoup de lecteurs en commun. On sait que H. Arendt revendiquait le terme lourdingue de "politologue". Ils se rejoignent sur certains points importants. Ainsi, en définissant le totalitarisme comme un "process", Arendt rejoint le propos d'Orwell sur la "novlangue", véritable opération de sabotage du langage pour le réduire, justement, à un "process". Le but est que les citoyens d'Océania agissent et pensent en définitive comme des robots. Science sans conscience n'est qu'intelligence artificielle, pourrait-on dire à la suite d'Arendt et Orwell.

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  • Léon XIV au pied du mur

    Le pouvoir temporel de l'Eglise catholique romaine n'est plus depuis des siècles qu'un "soft power", c'est-à-dire un pouvoir de propagande, ce pouvoir que George Orwell qualifie de "mensonge totalitaire" et dont il montre qu'il cimente l'Etat moderne. Le "soft power" est aussi conçu pour justifier l'impérialisme. La propagande religieuse a pris au cours des XIXe et XXe siècle différentes formes séculières, dont le communisme étatique au XXe siècle, ou encore le cinéma hollywoodien. Dans ce dispositif séculier, l'Etat (Big Brother) occupe la place de Dieu.

    On peut prendre l'expulsion des jésuites par Louis XV en 1764 comme une date-clef en ce qui concerne le recul le pouvoir d'ingérence de Rome en France. Cette expulsion correspond à une opération analogue de la couronne britannique un siècle et demi plus tôt, facilitée par les tentatives de coups d'Etat fomentées par les jésuites. Le "France, fille aînée de l'Eglise", est un slogan catholique qui ne correspond à aucune réalité historique.

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  • Donald Trump machiavélique ?

    C'est la thèse de certains observateurs, en coulisse (c'est-à-dire à l'écart des plateaux télé des médias de masse). Quoi qu'elle soit peut-être partisane, cette thèse a le mérite de souligner la position dominante des Etats-Unis, malgré l'échec du "blitz" israélien sur Téhéran visant à renverser ses dirigeants. Elle n'est pas sans faire penser à la position dominante de V. Poutine, malgré la résistance de l'Ukraine et son échec à annexer tout ou partie de ce qu'il considérait comme une province russe. V. Poutine a fait plier les Etats-Unis, et il a désormais face à lui une Europe affaiblie et divisée comme jamais.

    Le blocage du détroit d'Ormuz pourrait avoir de graves conséquences économiques s'il perdurait ; l'Europe serait la grande perdante, puisqu'elle ne produit pas ou presque pas d'énergies fossiles.

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  • La menace Mélenchon

    La candidature de Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles, renforcée par la conquête de quelques villes importantes aux municipales, représente pour l'oligarchie la même menace que la candidature de Donald Trump en 2015. Les Français dont les yeux ne sont pas recouverts d'écailles idéologiques peuvent voir que ces deux candidatures reflètent deux mouvements proches de révolte de la classe moyenne contre l'Etat profond, en dépit de ce qui les oppose superficiellement, sur le plan des slogans.

    Le parti de Jean-Luc Mélenchon n'a aucune politique économique clairement définie. Il y a une bonne raison à cela : compte tenu du coup d'Etat de la Commission de Bruxelles en 2020, aucun projet économique franco-français ne dépasse le niveau du slogan, sans proposer au préalable, comme les partisans britanniques du Brexit, une sortie de l'Union européenne... qui aurait pour effet de condamner le projet d'Union. Tous les candidats à la présidentielle sont à égalité avec J.-L. Mélenchon : aucun ne peut avouer qu'il n'a pas d'autre programme économique que celui d'E. Macron au cours des neuf années écoulées.

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  • Un cas de racisme intéressant

    De mon expérience personnelle je tire la conclusion que les peuples grégaires sont les plus racistes. Les femmes sont plus racistes que les hommes car elles sont généralement plus grégaires, supportent moins la solitude.

    Un anthropologue décrit plus précisément ce phénomène ainsi : - Dans la société multiculturelle et antiraciste états-unienne, les mariages "mixtes" restent exceptionnels ; ils sont au contraire plus courants en France où les hommes hésitent moins à se reproduire avec des femmes d'origine africaine ou asiatique.

    Cela s'explique par le fait que la société états-unienne capitaliste est entièrement dévirilisée, à un point quasiment métabolique. Les efforts de Donald Trump et ses partisans pour paraître plus virils font penser aux efforts des femmes pour paraître plus féminines. En réalité D. Trump est surtout un acteur, et son goût pour les "sunlights" fait penser à celui de Marilyn.

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  • Mise au point sur le satanisme

    Les accusations de "satanisme" sont de plus en plus fréquentes sur les réseaux sociaux américains. Les électeurs MAGA de Donald Trump ont remis ce type d'invective à la mode, en particulier la frange issue des nombreuses sectes évangélistes que comptent les Etats-Unis, fédérées par les slogans de D. Trump sur la famille (contre l'avortement) et la moraline d'Etat LGBT (égalitariste).

    L'idéologie libérale est d'ailleurs une idéologie chrétienne dès l'origine. Les formules libérales athées ne sont apparues que tardivement, au stade technocratique, notamment dans le monde de la haute finance états-unienne (Ayn Rand).

    Le satanisme est précisément défini par les évangiles et les prophéties chrétiennes comme une attaque contre la Foi chrétienne au nom de la Foi chrétienne. Le satanisme n'est pas incarné dans les Evangiles par Judas (Judas ne prêche pas), mais par les pharisiens, et Pierre à deux reprises, qui interprète de travers la parole de Dieu. Les apôtres ne sont vraiment des apôtres qu'après la Pentecôte.

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  • Les Gilets jaunes ont disparu ?

    Emmanuel Macron est sans doute le dernier à le croire ; sans quoi il n'aurait pas demandé à ses adjoints le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau et le préfet de police Laurent Nunez de déployer en septembre 2025 un dispositif policier d'une ampleur probablement inégalée sous la Ve République. Dès le début de la matinée, la police procédait à des arrestations ciblées, plus de cinq heures avant le début des manifestations.

    Les partis de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, dont on sait qu'ils étaient les mieux représentés avec les abstentionnistes parmi les grévistes de 2019 opèrent comme des brise-lames. C'est la fonction qu'ils remplissent principalement, pourquoi ils sont subventionnés au même titre que la télévision d'Etat : scinder idéologiquement la classe moyenne inférieure en deux, pour la tenir éloignée des rênes du pouvoir. Pourquoi l'oligarchie a-t-elle décerné un brevet de respectabilité à Bardella et à Le Pen, qu'elle refuse à J.-L. Mélenchon ? Parce que le parti de Marine Le Pen, en cas de victoire, serait le plus facile à contrôler. Que fait Mme Meloni en Italie depuis qu'elle est élue en dehors d'appliquer la politique de la Commission en la saupoudrant de sucre glacé néofasciste ?

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  • Sionisme et Etat profond

    Un chapitre de mon bouquin "Orwell & les Gilets jaunes" s'intitule "Israël, Etat terroriste ?". Il a été rédigé avant que l'affaire Epstein-Maxwell de trafic d'influence politique à l'échelle internationale soit révélée au grand public dans toute son ampleur. Sur le fond, l'affaire Epstein-Maxwell ne change pratiquement rien. Sans doute les MAGA passent-ils du statut de "complotistes" à celui de "lanceurs d'alerte" indispensables, mais cela n'élargit pas pour autant la marge de manoeuvre de cette révolution libérale.

    Le journaliste-citoyen Nick Bryant résume ainsi cette marge : - Dix pour cent des citoyens états-uniens désireux d'enrayer le système suffiraient pour faire tomber l'Etat profond.

    On peut mettre en relation ce propos avec celui de "1984" ; Orwell souligne à quel point le pouvoir de Big Brother repose sur l'absence de volonté politique -soigneusement entretenue- de la grande majorité des citoyens, à commencer par les militants. Il ne s'agit pas là d'une théorie du complot, car le phénomène de la culture de masse (nouvel opium des peuples sécularisés), est un phénomène palpable. La Guerre froide apparaît même en filigrane dans la culture de masse : l'inévitable "combat du bien contre le mal" en est la petite musique de fond puérile.

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  • L'impasse Jancovici

    Jean-Marc Jancovici est un ingénieur français qui s'est fait connaître du grand public grâce à une bande dessinée à fort tirage (près d'un demi-million d'ex.), plaidant pour la décarbonation de la production industrielle grâce à la relance du programme nucléaire français. Son principal argument : le pétrole va bientôt venir à manquer, sa production décroît déjà depuis quelques années - le mode de vie capitaliste-occidental se trouve donc menacé à brève échéance - une bonne moitié des Français éprouve déjà des difficultés à joindre les deux bouts... Je ne décris pas plus en détails un argumentaire biaisé de tous les côtés.

    Le raisonnement presque entièrement mathématique de cet ingénieur est très éloigné de la réalité politique, économique et sociale. Il véhicule une illusion très répandue en France, celle du pragmatisme de la technocratie. Il peut être tentant pour certains Gilets jaunes d'y voir un remède au naufrage du "Titanic".

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  • Le paradoxe Trump

    L'attaque soudaine de l'Iran par les Etats-Unis de Donald Trump pour tenter de décapiter le régime des mollahs et des "gardiens de la Révolution" a surpris la plupart des observateurs. En effet D. Trump a été élu sur la promesse de ne pas envahir l'Iran, ou du moins de ne pas répéter les erreurs de ses prédécesseurs démocrates et républicains en Irak, en Afghanistan et en Ukraine.

    Les Gilets jaunes et les "médias citoyens" indépendants ont intérêt à scruter la révolution libérale MAGA et la politique de D. Trump, car la grève générale des Gilets jaunes de 2019 est un mouvement similaire à celui qui a porté D. Trump au pouvoir en 2016, contre toute attente. L'alternance républicains/démocrates est un rouage de l'Etat profond libéral à part entière, et la surprise vient donc de ce que D. Trump a réussi à mettre fin à cette "alternance" dès 2016. Les "Gilets jaunes" se heurtent au même verrou médiatique...

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  • Pour en finir avec le gaullisme

    Le culte du général de Gaulle s'est répandu au XXIe siècle dans presque toute la classe politique. Dans un ouvrage récent de propagande à destination des militants, François Hollande s'emploie ainsi à décrire le général de Gaulle comme "un grand homme de gauche". Le cas de Hollande est remarquable puisqu'il est encarté dans un parti qui ambitionna de rétablir le parlementarisme dans ses droits.

    On peut s'inquiéter d'un tel consensus, y voir un signe de nostalgie, une façon de regarder dans le rétroviseur qui n'est pas sans faire penser au projet de D. Trump de retour à l'âge d'or du capitalisme. Le futurisme de la "mondialisation heureuse" est en échec, vive le passéisme !

    Le mirage gaulliste et le mirage trumpiste sont à peu près équivalents : c'est le mirage des "Trente glorieuses", d'une part, et celui du "Gilded Age" (âge d'or) entre 1865 et 1901, période de forte croissance aux Etats-Unis, d'autre part. Les "Trente glorieuses" sont un slogan. En réalité on ne peut scinder les périodes d'euphorie économique des périodes de grave dépression. Le Capital est parfaitement instable : aucune histoire n'illustre mieux cette instabilité que celle des Etats-Unis depuis 1865, date de la guerre civile dite de "Sécession". Les économistes capitalistes eux-même ne dissocient pas le creux de la vague - la dépression économique - de son sommet - la forte croissance ; ils s'efforcent de justifier a posteriori ces cycles par un raisonnement darwiniste, en prenant soin d'occulter le rôle des guerres dans la sortie de crise. Le darwinisme est l'un des piliers de l'idéologie libérale progressiste.

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  • Mélenchon osera-t-il ?...

    ...se servir de l'affaire Epstein-Maxwell ?

    Quiconque a parcouru un tant soit peu les dossiers Epstein-Maxwell sait que cette affaire est une véritable bombe. Ce n'est pas pour rien que le ministère de la Justice des Etats-Unis a rendus librement consultables ses pièces par les Européens, en prenant soin d'en filtrer une partie. Ce n'est pas pour rien que les médias français, ceux du service public en particulier, s'appliquent à déminer cette affaire.

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  • Dr Frankenstein & Mr Epstein

    Après quelques semaines de déballage des dossiers confidentiels de l'affaire Epstein-Maxwell, on constate que le pouvoir oligarchique français est le mieux protégé d'Europe contre le scandale et les compléments d'enquête judiciaires, puisque la démission du président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang, est la seule conséquence à ce jour. Les régimes britannique, norvégien, sont en revanche ébranlés. Quant à l'Allemagne, c'est le seul pays au monde dont la presse est moins indépendante que la presse française : l'Allemagne est le seul membre de l'OTAN qui, attaqué par un autre pays de l'OTAN en mer Baltique, ne s'est même pas émue de cette attaque.

    Mais la zone de non-droit en quoi consiste la Ve République n'est pas le sujet de cette note... Un aspect de l'affaire saute aux yeux à mesure que l'on épluche les pièces du dossier, touchant non pas aux moeurs pédocriminelles d'Epstein et Maxwell directement, mais plutôt à la culture et la mentalité des membres de ce réseau d'influence, qu'ils soient des criminels actifs comme le conseiller spécial du premier ministre britannique Keir Starmer, ou des criminels passifs comme (semble-t-il) Bill Clinton et Bill Gates.

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