Le chef de l'État en représentant de commerce, c'est la fin du gaullisme. Je ne veux pas dire par là que Jacques Chirac n'a aucune chance de remporter une troisième fois les élections, il faudrait sous-estimer les caprices de la foule pour le croire, à six mois des élections ; non, je veux dire que les tribulations d'un Chirac en Chine, c'est l'aboutissement d'une aventure politique, le gaullisme.
Chirac, c'est le pilote d'une écurie de F1. La compétition électorale, ça coûte un max de pognon, faut bien faire plaisir à ses sponsors de temps en temps, comme on dit dans le milieu. Pour ça, on n'hésite pas à se foutre à poil. Car, là, le roi est vraiment nu. Aujourd'hui, Chirac embrasse les représentants du régime le plus meurtrier de toute l'histoire de l'humanité, et fiers de l'être ; demain, il inaugurera en compagnie de Simone Veil devant un auditoire de vieux barbons repus un monument, une plaque, pour qu'on se souvienne bien à quel point les nazis étaient méchants. Un journaliste à la solde de la République, Patrick Rotman, par exemple, saluera le courage du président, et les gogos applaudiront.
Les Français sont courageux, ils n'hésitent pas à défier bravement les cadavres de l'armée allemande.
Petits clins d'œil entendus des gros industriels : « Mais la Chine, c'est le Pérou ! l'Eldorado !! » Qu'est-ce que ça veut dire, que les taux de profit doivent déterminer la politique étrangère ? La soif de l'or rend fou…
Tous les entrepreneurs français installés en Chine le disent pourtant : ils perdent de l'argent. Ils restent dans l'espoir d'en gagner un jour, mais pour le moment, ils investissent à perte.
Tous les démographes le disent, le taux de fécondité catastrophique de la Chine viendra briser à moyen terme l'élan économique chinois. Si la Chine ne change pas radicalement de philosophie et de mode de vie, elle ne s'éveillera jamais, contrairement au slogan.
Les esprits étriqués qu'on nomme "juristes", ou "avocats", ou "constitutionnalistes", experts en bidouillages de mots, disent parfois que De Gaulle ne voulait pas d'un régime fondé sur les partis. C'est une blague, son coup d'État était une petite révolution partisane, justement. Sa légitimité, il l'a forgée contre "la France d'avant", d'accord avec le parti communiste. "La France d'avant", ça ne veut rien dire, mais la propagande se moque bien du sens des mots. On en est encore aujourd'hui à remplacer l'Histoire par la propagande, à se planquer derrière un rideau de fumée. Le "devoir de mémoire" consiste à calomnier le passé.
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Gare à ta jaguar !
Un jour je me rappelle, c'était il y a vingt ans, ils sont venus chez moi, j'étais petit, je portais encore des culottes courtes. Dès que ma mère a eu le dos tourné, ils se sont servi dans le frigo sans rien demander ; et quand mon père est sorti pour s'acheter du tabac ou un journal, ils ont fouillé dans les tiroirs de son bureau, on ne sait jamais.
Ma mère était colère, elle voulait leur dire deux mots. Mon père a dit que non, ça pouvait être pire, on savait pas de quoi ces fumiers étaient capables. Je crois que ma haine contre les journalistes date de ce jour-là.
J'ai besoin d'allumer la télé pour l'entretenir, cette haine. Je fais autre chose en même temps, comme bouquiner ou pioncer, mais je peux pas me passer de l'allumer une ou deux fois par semaine, au moins.
Les domestiques, les garçons de ferme, les ouvriers, les sans-grade – le populo, il pouvait voir les aristos, eux, les toucher ; les journalistes, sortis de la télé, on dirait qu'ils se planquent… Depuis le temps que je rêve d'en pousser un dans la Seine, eh bien que dalle, je croise des acteurs, des starlettes, mais aucun journaliste ! Ah, si, j'ai déjà croisé Nagui dans le 18e et Stéphane Bern dans le 9e, mais, comment dire… ils sont désarmants ces deux-là !
Hier soir, débat sur la contre-culture et l'"underground", des sous-intellos qui se pignolent en rond pendant une heure sur la définition d'"underground". Tiens, Finkielkraut n'est pas là !? Au milieu du bavardage chiantissime, le présentateur exhibe un "résistant", un type qui résiste, donc, mais sur internet. C'est "underground", internet, il paraît. Ah, ah, quel gag ! Ils pouvaient pas choisir plus miteux comme résistant. Un vrai paumé, tout juste s'il arrive à jacter rapport à un cancer du fumeur. Il dit quand même quelques mots contre l'industrie du tabac. Et pour défendre la couche d'ozone. Me fait pitié, ce bougre, comme un de ces lions tout pelés qu'on montre dans les cirques. D'ailleurs le présentateur, Frédéric Taddéi, il lui manque que la petite moustache pour ressembler à un dompteur de chez Bouglione.
Tu parles d'un résistant ! Les médias utilisent aussi des "collabeurs", comme dit si bien Nabe : Djamel Debbouze, Eric et Ramzy, Lilian Thuram, tous ces "beurs" et ces "blacks" bien propres et aux comptes en banque bien garnis que les médias exhibent pour prouver qu'ils aiment la banlieue, son football, ses graffitis, son verlan, sa musique, ses poètes. En réalité, la banlieue, les médias l'exploitent, pour faire des 20 heures tonitruants, des docus qui pètent, des feuilletons métissés. Les "collabeurs" le savent très bien mais ils se taisent vus qu'ils sont mouillés jusqu'au cou.
Peut-être que Joey Starr, lui, il est plus sincère ? Je pense à Sarkozy, automatiquement. C'est "chaud" pour Sarkozy en ce moment, hein ? Il suffit que les feus de joie reprennent pour que, d'un coup, le ministre de l'Intérieur brille par son inefficacité aux yeux de tous les Français, comme une twingo qui flambe dans la nuit, filmée par les caméras de France 2 ou de TF1.
Ça, c'est si Joey Starr et ses potes veulent que Sarko perde les élections. S'ils veulent le faire gagner, il faut qu'ils foutent le feu dans le centre de Paname ! aux bagnoles des bobos !! Les bobos, le jour où on touchera à leurs meubles, à leurs fringues, à leurs i-pods, ils se précipiteront pour aller voter Adolf Hitler s'il le faut. J'ai aucun doute là-dessus.
Pourquoi Joey Starr voudrait faire gagner Sarko, vous allez me dire ? Eh bien je le sens pourtant hésitant. Il a appris que les immigrés, la gauche les baise depuis trente ans avec ses pin's et ses slogans démagos, elle leur dit ce qu'ils veulent entendre, comme on parle à des enfants gâtés. Sarkozy et Ségolène, donc, pour lui, c'est bonnet blanc et blanc bonnet, il arrive pas à se décider. Ça doit être dur pour les nerfs de Sarko.
Moi, je suis dans le même camp que Joey Starr, les types sincères se font tellement rares ! Bien sûr, on est différents. Ainsi, Joey, lui, quand il était petit, il était communiste comme ses parents. Georges Marchais, il le voyait comme une sorte de Che Guevara français. Tandis que moi, je ne croyais pas à tous ces bobards-là, je me moquais bien de Che Guevara, j'avais pas la permission de regarder la télé. -
Elle est belle l'Humanité !
Il y a une autre chanson de Renaud qui est intéressante au plan sociologique, c’est Elle est facho.
Sur les mœurs typiques d’une “facho”, Renaud est un peu confus, puisque, pêle-mêle, son personnage revient de la Fête de l’Huma, en a marre des posters de Che Guevara, aime la CIA, porte un imper, a peur d’être tondue, aime sa blanche peau (Renaud aurait préféré être noir, lui), lit National-Hebdo, vote Sarko, bref “est con comme un veau [ça c'est pour la rime]”.
Mais on ne peut pas en vouloir à Renaud de ces quelques petites erreurs puisque, lui, sa spécialité c’est les bobos ; les fachos il les fréquente pas, logique.
D’ailleurs quand il fait des erreurs, il s’excuse, Renaud. ll s’est excusé pour Sarko. Il y avait des bobos qui avaient mal compris. Que des fachos votent pour lui ne veut pas dire que Sarko soit facho, ça n’a rien à voir.
La suite est plus révélatrice :
« J'lui souhaite qu'un jour si elle a un môme, y s'retrouve à dix-huit balais,
Plein d'éducation et d'diplômes, d'idées rebelles, d'humanité.
Et qu'il lui dise, “Tes vieux discours manquent singulièrement d'amour.”
Qu’il rajoute à la triste dame : “Reste donc le nez dans ta merde.
J'suis amoureux d'une musulmane, j'vote écolo et j'fume de l'herbe”.
Espérons qu'ça lui fera la peau, à la Facho. »
Il a dû vouloir dire “Espérons qu’ça lui fera LES PIEDS, à la Facho”…
Ou alors c’est comme ça qu’on cause à force d’avoir le monopole du cœur à la place du cœur ?
On peut aussi faire un peu de psychologie : l’agressivité de Renaud Séchan, pourtant au faîte de sa carrière, qui a réussi sa reconversion, à passer des prolos aux bobos, s’explique sans doute par le sevrage et sa nouvelle gonzesse. Bien sûr, il y a de quoi être à cran. Mais aussi le paternel de Renaud était collabo, comme Arletty ou bien Pierre Fresnay, sans plus. Il a oublié d'interrompre sa carrière sous l'Occupation. C’est le genre de truc, soit tu le vis bien au niveau œdipien, ça change pas fondamentalement la gratitude que tu dois à tes parents, soit tu te sens obligé d’en faire des tonnes pour faire oublier cette TACHE IMMONDE.

