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  • Un reste de galanterie

    Je me suis laissé aller, hier, à commettre un acte de galanterie inhabituel de ma part, puisque j’ai charrié les provisions d’une voisine jusqu’au cinquième étage - et pas qu’un petit sac avec deux boîtes de LU, je vous prie de croire. Un coup à me faire virer du "Club des Misogynes" si je n’en étais pas le président et le seul membre vraiment actif.
    Il faut dire qu’elle est plutôt gironde, cette voisine ; des yeux verts, des cheveux rouges (faux), et un cul canon, bien qu’un peu tordu. Dans l'ensemble, je suis d'ailleurs plutôt gâté question voisines.
    J’ai été étonné que celle-ci ne m’invite pas ensuite à boire un verre, vu qu’elle est célibataire. Les codes ont changé. De mon temps, pas si ancien, une gonzesse qui acceptait qu’un type lui trimballe ses courses jusqu’au cinquième étage, c’était déjà une manière d’accord tacite. Elle savait qu'une jolie fille peut difficilement vivre seule sans faire de compromis, ne serait-ce qu'un petit baiser gentil.

    *

    Je regarde maintenant les gonzesses de moins de vingt-cinq ans comme des êtres venus d’une autre planète et je suis curieux de leurs mœurs nouvelles. Du coup, malgré ma volonté de ne pas tomber dans le panneau, je reste perméable à leur charme, un charme exotique en quelque sorte.
    J’en ai connu une, elle voulait bien que je la baisouille et que je la lèchouille d’un peu partout, mais pour le reste, que dalle !? Pas moyen de savoir exactement le motif ; pas eu le temps, vu que les léchouilles, moi, au-delà d’une semaine, ça me file des crampes. Je l’ai lâchée, ça n'a pas été une décision facile à prendre parce qu’elle me faisait penser à Marie-Antoinette, la reine, un genre plus rare que les imitations de Jackie Kennedy ou de Joan Baez.
    En outre, elle s’enduisait de crème tous les soirs de la tête au pied avant de se coucher ; c'est complètement idiot mais ça m'impressionnait beaucoup.
    Cette jeune génération de gonzesses, à quelques exceptions près, donne le sentiment d’être très très peu sexuelle, de préférer la télé ; on peut comprendre, après, l’agressivité de beaucoup de jeunes types dans la rue, dans le métro, le RER…