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  • Vous avez dit funèbre ?

    Dans le genre funèbre, j'allais oublier Mgr Lustiger. On a dit que c'était un homme d'action ; admettons, mais pour le reste, ses sermons - de deux pages dans Le Figaro, ou d'une plombe à la télé -, étaient parfaitement imbitables. C'était tout sauf un écrivain, un artiste. Aucune dynamique dans ce qu'il disait, il arrivait à condamner l'avortement et en même temps à ne pas vraiment le condamner, par exemple. Et puis si "lustig" veut dire "gai", en voilà un qui ne méritait pas son nom ! Il est vrai que les noms juifs, la plupart du temps, étaient des sobriquets ; on peut imaginer qu'il a été attribué à un ancêtre du cardinal particulièrement peu porté sur la gaudriole, par dérision.

    Un prêtre libanais a témoigné qu'il était très gentil. Il faut avoir le culot d'un Libanais pour oser dire ça ! Son tempérament irrascible, au contraire, était connu dans tout Paris. Ce n'est pas une critique de ma part, juste un constat. "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" : au train où ça va, il sera bientôt considéré comme "fachiste" d'annoncer de la pluie ou de la grêle à la météo.

    *

    On a beaucoup glosé sur la réconciliation des catholiques et des Juifs, que Mgr Lustiger aurait permise : poudre aux yeux, évidemment. En ce qui concerne les préjugés antisémites, évidemment on ne les efface pas avec quelque discours théologiquement nébuleux sur la choa.
    La vérité, c'est que la pression médiatique interdit l'antisémitisme. Tant que cette pression durera, la fiction selon laquelle les rapports entre catholiques et Juifs sont bons, cette fiction durera ; après, eh bien après ça sera mieux ou pire. La campagne de Sarkozy a montré à quelle vitesse les discours officiels peuvent changer. Ce fut une leçon pour la gauche. Une bonne partie des journalistes, qui jusque là professaient des opinions de gauche, pensant que Sarkozy était le bon cheval, ont adapté leur discours au candidat Sarkozy. Et on peut penser que le jour où Sarkozy sera affaibli, les baveux tourneront leur veste une fois de plus.

    En ce qui concerne les raisonnements catholiques antisémites cette fois, les arguments de Léon Bloy ou de Simone Weil, par exemple, et leurs pendants anticatholiques, Mgr Lustiger ne les a pas approfondis. Autant dire que ses discours ont été des discours de circonstance. « Vanité des vanités… » : la théologie est parfois (souvent ?) d'une vanité extraordinaire.
    D'ailleurs Mgr Lustiger ayant des parents Polonais, c'est sur l'antisémitisme des Polonais qu'il était qualifié pour parler précisément, l'antisémitisme des parents de Jean-Paul II, par conséquent, pas sur l'antisémitisme de mes parents ou de mes grands-parents.

  • Pas d'éloge funèbre

    Antonioni et Bergman, deux représentants du cinéma chiant qui cassent leur pipe la même semaine : je suis gâté en ce moment ! Je m’offre un verre de bon pinard de Cahors pour fêter l’événement, en solitaire. En temps normal, j’aurais trouvé un ou deux potes pour lever leur verre avec moi, mais là ils se sont tous barrés en vacances, les lâches, les traîtres… je leur pardonne parce qu’ils sont mariés : ils doivent faire des concessions.

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    S’il y a bien quelque chose que je ne pardonne pas au cinéma, c’est d’être ennuyeux. Superficiel, passe encore, c’est dans sa nature, mais quand par-dessus le marché le cinéma est rébarbatif, ça devient une vraie torture.
    Si les démocrates s’efforcent de convaincre que l’art DOIT être philosophique et ennuyeux, c’est en réalité parce qu’ils ne savent pas faire autrement que philosophique et ennuyeux.
    Certes, l’art nazi est emmerdant, mais l’art démocratique l’est encore plus.

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    Je suis de ceux qui pensent que le cinéma atteint son apogée avec les frères Lumière, ou avec Buster Keaton si on veut. Déjà chez Chaplin, il commence à y avoir des longueurs. Idem pour la photographie, il y a Nadar et puis plus rien ; Nadar, avant de se recycler dans la photographie, était caricaturiste ; ça explique pourquoi, mieux qu’un autre, il arrive à faire passer la photo pour une production artistique. Cartier-Bresson aussi était artiste d’abord, mais d’un niveau très inférieur à Nadar ; autant dire que pour Cartier-Bresson, le recyclage était obligatoire ; et puis la morgue de Cartier-Bresson est insupportable, tandis que Nadar était un brave type.
    Après, dans le cinéma, il y a quelques rares types un peu malin qui parviennent à s’adosser à une technique littéraire ou à une œuvre littéraire et à faire une transposition - en général un pastiche - passable. Je ne pense pas ici à Godard, Godard n’abuse que les gogos avec son discours, ses films, eux, sont mortellement rasoirs et vains.

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    Même comme spectacle, comme pur divertissement, le cinéma est très limité. L’autre jour, j’ai regardé quelques minutes de ce film, Casablanca, sur Arte, ce film qui passe pour un chef-d’œuvre immortel du “7e art”, comme ils disent. De l’eau de boudin… Une bluette jouée par des acteurs médiocres sur fond de propagande hollywoodienne, voilà ce que j’ai vu ; et qu’est-ce que ça traîne ! Dès les cinq premières minutes, on a tout pigé de la psychologie des personnages et de l’intriguette. Et l’actrice principale n’est pas mon genre. J’ai coupé court.

    Un autre exemple : La Passion de Mel Gibson. Je ne serais pas allé voir ce truc seul, mais une belle Américaine (du Sud, bien sûr), a insisté pour que je l’accompagne, en utilisant des arguments quasi-religieux. Ah, et puis le truc d’entendre des acteurs parler latin, vu que les acteurs de cinéma ont souvent du mal à parler leur langue maternelle correctement, je me suis dit que ça pourrait être drôle. Quel nanard ! La moitié de la salle poussait des cris en voyant le sang qui giclait dans tous les sens, y compris (surtout) l’Américaine, qui a même dû aller se remaquiller après aux toilettes. Cette débauche de jus de tomate ne m’a fait ni chaud ni froid. Une simple petite bagarre de rue dégage plus d’émotion que cette torture de cinoche. Pour suggérer la vérité ou la beauté, un acteur de théâtre dispose de beaucoup plus de moyens.

    Pourquoi, dans ce cas, ces longues queues devant les cinémas, dira-t-on, ou cette affluence devant les "bacs" de dévédés ? Dame, c’est que les gens vont où on leur dit d’aller, surtout en démocratie. Quant aux Américaines, mieux que les Françaises encore, elles savent pleurer sur commande.

  • Drieu et moi

    À la bibliothèque, je tombe sur le Journal de Drieu La Rochelle (1939-45). Sur la page de titre intérieure, un "résistant" a rajouté au stylo bille après “Journal” : “…D'UN TRAÎTRE !” - pour prouver que l’esprit de résistance n'est pas mort en France.
    Ça me décide à louer Drieu. J’avais reporté jusqu’ici cette lecture, estimant que j'avais trop de choses en commun avec cet écrivain, notamment le fait d'être et de me sentir “Français de souche”, comme lui. Disons que Drieu n’était pas une priorité, ma curiosité me pousse plutôt en effet vers des écrivains au tempérament sensiblement différent du mien comme Chardonne, Diderot, Waugh, Céline, Marx, Simone Weil…
    Ça ne fait rien, je m’amuserai avec le “Journal” de Drieu au jeu des sept différences.

    *


    L’avertissement de Pierre Nora confirme ce que je pensais de ce type, à savoir que ce n’est pas la moitié d’un hypocrite ! Il défend la liberté d’expression en justifiant le lynchage des historiens révisionnistes, il publie Drieu “pour qu’on puisse mieux le juger”, tout en le condamnant dès la préface. On peut penser : « Mais au moins il le publie… » ; je ne crois pas à cette ruse ; s’il y a ruse de la part de P. Nora, c’est pour mieux se mettre, lui, en avant, et prendre une pose “voltairienne”, ce qu’il n’est pas ; pas plus que Voltaire, d'ailleurs.
    Pauvre Drieu, il aurait été furieux qu’on lui impose un tel “préfacier”. Mais on ne se suicide qu’une fois.

    Le mot “couverture” prend ici tout son double sens puisque l'éditeur a choisi une photo qui montre Drieu en compagnie de Brasillach et de deux officiers allemands.

    PS : Je ferme momentanément ma “boîte à messages”, n’ayant pas ces jours-ci le temps de répondre un petit mot gentil à chacun, comme d’habitude, ou presque. Surcroît de travail : je prépare avec un pote un "calendrier réactionnaire" illustré pour 2008.

  • Paris libre

    L’abstinence, la chaleur orageuse, l’exode des bobos, remplacées par des Allemandes, des Tchèques, des Japonaises, tout ça fait que je suis victime d'hallucinations en ce moment. Plusieurs fois par jour.

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  • Coexistence pacifique ?

    J’aime la femme à la peau de serpent qui prestement se décale afin de se placer entièrement dans mon champ de vision. Profil parfait de haut en bas.
    Pas tout à fait un animal : elle sait jouir de sa propre beauté qui se reflète dans mes mirettes ; pas tout à fait un être pensant non plus : elle a obéi à un mouvement instinctif, plus fort qu’elle, plus fort que son planning de femme libérée. Nitche admire l’instinct. Le surhomme de Nitche est une femelle. Sa mère ?

    Les femmes idiotes vont aux hommes qui savent apprécier les femmes idiotes ;
    les femmes intelligentes vont aux hommes qui ont besoin de renfort ;
    les femmes masculines vont aux hommes qui aiment se faire marcher sur les pieds ;
    les femmes belles vont aux hommes qui savent louer leur beauté.
    Après, tout peut arriver : une idiote peut devenir intelligente, car de l’idiotie à l’intelligence féminine, il n’y a qu’un pas ; une belle femme peut perdre sa beauté, une femme masculine peut virer sa cuti - les femmes intelligentes, elles, réservent peu de surprises.
    Une femme idiote, belle et intelligente à la fois ? Fiction, poésie. "Le prince charmant n’existe pas", comme elles disent.

    « - Vous permettez ? Je voudrais vous dire deux choses : une chose agréable et une chose désagréable ; je commence par la chose agréable : vous possédez une beauté rare, comme on n’en rencontre qu’une fois par an aux États-Unis, une fois par mois en France, une fois par semaine en Allemagne, une fois par jour à Prague. Mais, quand on est belle comme vous l’êtes, on n’a pas le droit de se fringuer comme ça, avec un jean et un débardeur orange. »
    Voilà, je l’ai laissée un peu interloquée ; les femmes le sont pour pas grand-chose. Mon tort c’est de continuer à leur adresser la parole.