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  • Encore une question

    On dit que telle ou telle femme a "du charme". Qu'est-ce que le charme ? Une laideur qui ne fait pas fuir, une laideur "rachetée".
    La beauté sans le charme, est-ce possible ? Il ne semble pas, sauf à parler de la beauté des photographes, des mathématiciens ou des chirurgiens esthétiques - formules magiques.

    Notre époque, qui caricature la Renaissance, surtout les critiques d'art kantiens ou heideggeriens, totalement ineptes, fait de Léonard de Vinci un théoricien de la beauté, alors que Léonard est tout sauf un professeur de beauté. Léonard est avide de beauté, en quête de beauté et de vérité, ce n'est pas la même chose ; il n'a pas trouvé la beauté, il la cherche. De la même façon, Ingres, observant qu'un des canons qui fait un bel homme, c'est d'avoir le cou large… ou lorsqu'il conseille à ses élèves de ne pas hésiter à exagérer la "santé" de ses modèles. Quand on pense qu'Ingres est pris de haut par notre époque de cinéphiles et de petites cervelles kantiennes qui se pâment devant les navets de Bergman ou d'Antonioni ! Il y a de quoi être sardonique !

    À part ça j'ai encore eu une hallucination, à la piscine cette fois…

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    (Toute ressemblance avec une blogueuse célèbre pour ses thèses complètement fumeuses est presque fortuite.)

  • Question sans réponse

    Pourquoi Sartre a-t-il tenté de régler son compte à Baudelaire ? Par pure méchanceté, comme le collégien qui, mû par l’instinct, tente de mutiler une statue en lui jetant une pierre à la figure ? Ou est-ce à cause de cette sentence de B., qui concerne Simone de Beauvoir : « Une petite sotte et une petite salope ; la plus grande imbécillité unie à la plus grande dépravation. Il y a dans la jeune fille toute l’abjection du voyou et du collégien. » ("Fusées")

  • Explication de texte

    Toujours à propos de Baudelaire, voici un exemple, tiré de Patrick Besson, de la façon dont certains auteurs contemporains lui font dire n'importe quoi. « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire. » (dans "Fusées") : de cette tirade de Baudelaire, Patrick Besson déduit que le bon goût est "bourgeois". Il a dû lire Baudelaire par-dessus la jambe d'une petite pintade.
    (C’est souvent comme ça avec les Serbes, j'ai l'impression ; au début on les trouve amusants, mais au bout d'un moment ils finissent par vous agacer ; ils n'ont pas le sens du paradoxe comme les Français, mais l'esprit de contradiction.)

    Le contresens ou l'anachronisme est parfait : en effet l'idée que le bon goût est l'apanage des bourgeois est une idée on ne peut plus à la mode aujourd'hui… dans la bourgeoisie ; alors que Baudelaire dénonce justement le conformisme bourgeois et loue l'indépendance d'esprit aristocratique.

    Le plus dur, et ça l'histoire contemporaine nous le montre bien, c'est de distinguer le bon goût du mauvais goût, le diamant du strass, un amateur d'art de Bernard Arnault. Et ça Baudelaire savait le faire. Était-il plus bourgeois que Patrick Besson pour autant ? Rien n'est moins sûr.

  • Baudelaire ne ment pas

    La lettre de Baudelaire à sa mère, où il dit qu’il aimerait posséder une photographie d’elle, est grossièrement interprétée comme une contradiction par rapport au discours rageur de Baudelaire contre la photographie.
    De la même façon avec Ingres et Delacroix, la propagande a essayé d’adoucir leurs propos résolument hostiles aux premiers “artistes photographes”, arguant par exemple que ces deux peintres s’étaient eux-mêmes servis de photos.
    En ce qui concerne les anathèmes de Barbey d’Aurevilly, c’est plus simple, on en a fait un auteur entièrement aristocratique et ringard dans son ensemble. C’est tout juste si le cinéma ne lui a pas “rendu service” en l’adaptant.

    C’est après la confusion des genres que Baudelaire en a, cette confusion des genres que, il le voit bien, la démocratie favorise.
    Il n’a rien contre l’usage documentaire de la photographie, il faut être un idéologue borné comme Finkielkraut pour penser que la technique est mauvaise en elle-même. Baudelaire est un moraliste.
    Après, au plan documentaire, il faut voir ce qui est le mieux, une photo d’entomologiste ou un croquis d’entomologiste ? Ça se discute. La photo se détériore très vite. Un reportage de guerre illustré par des photos, ou un reportage de guerre illustré par des croquis ? Derrière la photo, il y a l’idée, naïve, que la photo ne ment pas. Il se trouve qu’une des photos de guerre les plus connues, de Robert Capa, d’un partisan communiste espagnol fauché par une balle pendant la guerre civile d’Espagne, est une photo “posée”. La technique photographique n’est pas plus “vraie” en elle-même que la technique graphique, tout dépend de l’honnêteté de celui qui met en œuvre la technique.

    Ce qui est paradoxal et amusant en même temps, dans l’exemple de Capa, c’est que c’est justement parce que la photographie n’est pas un art qu’il a été obligé de tricher. La photo est un résultat, on ne peut pas beaucoup agir sur un résultat, on peut juste essayer de l’anticiper, et rajouter quelques effets, mais l’art, ça n’est pas (peu) ça. Capa, donc, voyant qu’il ne parviendrait jamais à photographier un mort sur le vif, que l’instant était quasi insaisissable, a demandé à un soldat de prendre la pose. Pour ma part je crois qu’il y a plus de vérité dans un croquis tiré d’une observation attentive que dans une photographie.

  • Trêve

    Tâchons de considérer Sarkozy deux minutes autrement que comme le symbole du capitalisme et de l'américanisme arrogant en costume deux pièces à rayures, ou encore comme l'espoir du quatrième âge et des Alsaciens d'une France un peu plus calme où les rues seront mieux balayées (Il ne faut pas demander à un Alsacien ou à un Allemand une vue politique à long terme, ils ont d'autres qualités, pas celle-là), bref prenons le président Sarkozy en tant qu'homme, pour une fois…

    Du point de vue humain, il m'inspire plutôt la pitié, je dois dire, Sarkozy. Ses petits bécots, ses petits mots doux à l'attention de Cécilia, sa volonté de lui trouver une occupation digne d'elle, etc. : il a suivi une préparation au mariage chrétien avec le cardinal Lustiger lui-même, ma parole ! Ça m'en a tout l'air et je suis inquiet pour lui. Car ces sermons qui ne mangent pas de pain sur la communication dans le couple et les nouveaux pères, ça va bien quand on est marié avec une brebis, mais la Cécilia a l'air d'une autre trempe que celle dont on fait les gentilles crémières ou les gentilles boulangères. À sa place, moi, je m'empresserais de l'engrosser derechef, Cécilia, afin de l'immobiliser au moins quelques mois, de la priver d'initiatives pendant un certain temps. Et puis ça serait excellent pour son image, pour la campagne de 2012 (il n'est pas trop tôt pour y songer), un petit Sarkozy ou une petite Sarkozy à promener devant les caméras. Je vois d'ici Jean-Pierre Elkabbach, sérieux comme un pape, au premier rang à l'église pour le baptême.

    Maintenant c'est sûr que si elle ne veut pas, j'imagine qu'elle ne doit pas être facile à serrer dans un coin, Cécilia ; l'Élysée, c'est grand, et elle doit courir plus vite que son mari. Mais il y a Claude Guéant… cet homme a l'air très dévoué.