Encore une fois les derniers qui reprocheront à Jean-Marc Rouillan d'avoir assassiné Georges Besse, c'est les centaines de milliers de victimes de l'industrie automobile et du pneu Michelin au cours des dernières décades.
Le reproche qu'un communiste comme moi ferait plutôt à Rouillan, c'est d'avoir assassiné un industriel en faisant usage d'une arme de fabrication industrielle. Ces armes ont précisément pour but de déresponsabiliser ceux qui s'en servent, comme tout ce qui est issu du processus industriel.
Ainsi un pilote d'avion de chasse français déchargera ses bombes sur un village afghan avant de retourner boire un coup avec ses potes, comme si de rien n'était. Si les guerres d'avant le capitalisme et la polytechnique duraient moins longtemps, c'est aussi parce que les mecs la faisaient pour de bon. Il est vrai que Rouillan, je crois, a déchargé son arme à bout portant. Il a osé regarder sa victime en face.