L'argent est la seule valeur commune aux différents partis de France, sur laquelle on pourrait accorder laïcs, démocrates-chrétiens, syndicalistes, entrepreneurs, etc. Tous autant qu'ils sont.
Pourquoi chercher plus loin ? L'argent seul est assez liquide, à la limite gazeux comme on a pu constater récemment, pour nimber d'un même voile les valeurs féministes ou républicaines de Michel Onfray et celles, plus industrielles ou budgétaires de François Fillon. On ne trouvera pas de peau plus souple à tendre sur la grosse caisse de résonnance de l'âme française.
Il y a quelques années, d'ailleurs, lorsqu'il a été question d'abandonner le franc pour l'euro, les clercs les plus zélés de cette religion de petits propriétaires se sont émus vivement de l'abandon des anciennes valeurs de la "souveraineté nationale" ; "France, fille aînée de l'Eglise" : le maquignon d'ancien régime fiscal Philippe de Villiers est monté au créneau, dans le plus pur style troubadour, etc. Et les cours de la Bourse ont donné raison à ces alarmistes.
Nation à l'identité forte, on verrait sans doute les Etats-Unis se désagréger en cas de crise économique durable et de baisse du dollar absolue et non plus tactique.
Je milite surtout pour qu'on n'impose pas plus aux gosses dans les programmes scolaire de ce civisme oiseux à base d'identité nationale, qui est le contraire de l'histoire. Il ne faut pas croire qu'en 2010 les gosses sont assez cons pour ignorer les valeurs profondes de leurs propres parents.