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Pour en finir avec le Hamas

Je ne cache pas que ce billet a une motivation personnelle. J'ai deux ou trois poteaux, fils de prolos, qui n'arrêtent pas de me les briser avec le Hamas et les terroristes islamistes, comme quoi "on ferait bien se se méfier". Et quand je leur ris au nez, ils me répondent :

- Non mais, c'est du sérieux, Lapinos, on a entendu un type à la télé, un politologue, il dit que le Hamas pourrait faire tache d'huile...

Le coup de la tache d'huile, ça marche toujours avec les prolos. Pourquoi "prolos" ?... il me semble que ce sont les derniers spécimens à regarder la télé, les fils de prolos, avec les vieillards dans les hospices, bien sûr ; aussi les touristes qui s'ennuient en vacances ; la télé, on ne la surnomme pas "la petite mort" pour rien. Les politologues alarmistes dans les Ehpad, c'est réconfortant, j'imagine ; on peut crever en se disant qu'au moins on aura évité le pire !

Quelle honte pour des fils de prolos de regarder la télé, sans déconner ! Je finis par m'énerver. Quand tes parents et tes grands-parents ont eu la carcasse et le coeur concassés par le travail à l'usine, que tu peux enfin souffler parce que des nègres font tous les sales boulots éreintants, dont plus aucun fils de prolo ne veut, pour tout l'or du monde... vous ne trouvez rien de mieux à faire que vous laisser broyer et sucer à votre tour la cervelle par la télé ? Merdre alors !

Le bourgeois, tel que j'ai pu le fréquenter aussi, il prend des trucs plus forts pour se foutre en l'air. On imagine mal Baudelaire regardant la télé.

Revenons à mes poteaux "fils de" ; pour en finir avec le Hamas, j'argumente que ce machin fonctionne exactement comme la piraterie. Le Hamas, ce sont des pirates ; d'où le succès d'estime du Hamas auprès des jeunes types pleins de sèves et qui sont prêts à en découdre. Les pirates et les corsaires n'existent pas sans la marine royale, qui leur délègue des missions subalternes officieuses. De même pour le Hamas, qui n'a pas ses propres usines d'armement mais se fait livrer en douce tout ce qu'il faut pour assassiner son prochain, sauf la bombe A, qui est réservée à la Royale.

Est-ce qu'en définitive les pirates peuvent se retourner contre la Royale, qui se sert d'eux et les envoie au charbon ? Ils ont bien essayé ; à un moment le Royaume-uni, qui régnait sur les océans et n'était guère concurrencé que par les Espagnols, à force de laxisme, s'est retrouvé face à des pirates de mieux en mieux organisés et de plus en plus coriaces...

(C'est comme ça, les fils de prolos adorent les histoires de pirates. Quand tu commences à leur en raconter, ils te lâchent enfin la grappe avec les c. sur le Hamas qu'ils ont entendues proférer par des stratèges sortis de St-Cyr sur "France-Info" ou "Télé-news".)

...donc Barbe-Noire, plus ou moins l'ancêtre de Ben Laden, a commencé à devenir un sacré problème, pour le négoce surtout, qui commençait à tourner de moins en moins rond ; on sait que sur le point du négoce, le bourgeois est chatouilleux, très chatouilleux même. Barbe-Noire se serait contenté de tuer et de violer, ou même de réduire en esclavage, peut-être qu'on l'aurait laissé continuer son manège, qui sait ?

Probable que Barack Obama pensait à Barbe-Noire, le jour où il s'est dit : - Bon, là, l'Etat islamique commence à prendre des proportions inquiétantes... Autant quelques groupes terroristes disséminés peuvent rendre des services, la recette a fait ses preuves, mais s'ils se regroupent et commencent à faire de la politique... il faut mieux dézinguer tout ça, qu'on en finisse.

Les derniers instants de Barbe-Noire dans les marécages où il tenta d'échapper à ses poursuivants avec une poignée de fidèles furent assez émouvants, à ce qu'il paraît. Les rares témoins dirent que Barbe-Noire se défendit contre la patrouille britannique qui l'avait pris en chasse "comme s'il était le diable en personne". En ce temps-là, un soudard pouvait mourir en soudard ; avec l'invention des drones, beaucoup de djihadistes n'ont même pas droit à un "baroud d'honneur" et meurent comme de vulgaires cibles dans un jeu vidéo...

Je ne sais pas si j'ai convaincu mes poteaux ; ils sont restés pensifs au-dessus de leur limonade pendant quelques instants (j'en déduis que le pinard a dû faire des ravages à la génération précédente), et ils ont dit : - ça se tient. Sans doute pour ne pas me contrarier. Tant qu'ils n'auront pas mis la télé au rebut, il n'y aura rien à faire, je le sais bien, ça restera de gros insectes fascinés par le spectacle du monde, grignotés petit à petit par le néant.

- Et même "Arte", tu ne regardes pas ?

Commentaires

  • J'ai bien ri a la dernière phrase.
    Et pour ma part, je serais toujours surpris (mais par trop non plus hein !) par la dimension de plus en plus violente de la propagande qu'on nous sert (négation de l'histoire, des avis divergents pour "apologie du terrorisme", etc.) qui fait que le pouvoir est de plus en plus en guerre permanente contre tout le monde. Très probable (triplement hélas !) que cela finisse avec une bombe atomique contre Gaza (comme certains fous d’extrême-droite en Israël réclament déjà) et qu'ensuite, notre "gouvernement" nous traite comme des Palestiniens "pour notre sécurité".

  • Il me semble que vous raisonnez plus comme Huxley que comme Orwell. C'est peut-être une question de génération ?
    Huxley ne croyait pas que le totalitarisme puisse s'imposer durablement par la violence (c'est l'argument qu'il oppose à Orwell). Selon "1984" a contrario le totalitarisme EST violence, une violence subtile puisqu'elle réside dans le mensonge. C'est une violence qui ressemble à un gaz toxique inodore - un gaz qui intoxique beaucoup plus les Occidentaux que les habitants du tiers-monde (qui sont soumis autrement).

    La tentative de Poutine d'annexer l'Ukraine, sans coup férir ou presque, et son échec, n'est peut-être pas sans lien avec l'attaque du Hamas. Quel effet a eu l'opération ratée de Poutine ? De dégonfler la baudruche de la bombe A. C'est -à la limite- un moyen de défense (pour ma part je n'y crois même pas), mais non un moyen d'attaque. L'Ukraine a résisté à une puissance nucléaire ; le Hamas vient d'en attaquer une.
    Poutine et Biden (sans les armes américaines et le bataillon Azov, l'Ukraine n'aurait pas pu résister) ont peut-être commis une énorme erreur stratégique.

  • Hmm, pour clarifier ma pensée, je suis étonné des proportions de cette religion de l’irrationalité que prend la propagande qu'on nous sert, qui n'est que du bric et du broc. Par exemple le glissement sémantique/amalgame suivant : banlieue = musulmans = islamisme = terroriste et donc LFI = Hamas ! Tout cela heurte le bon sens le plus élémentaire de manière flagrante que je me demande parfois comment ça passe (même si ayant lu la Société du Spectacle de Debord, cela ne m’étonne pas au fond).

    Si je devais aussi faire un peu de prospective, les temps que nous vivons ressemblent de plus en plus à la décadence de l'Empire Romain. Je ne dis rien de nouveau (et je suis loin d'être le seul à le penser) mais cette décadence se termine selon moi avec le dernier des Carolingiens (et non Romulus Augustus) puisque tous les barbares de la première vague d'invasion (Francs, Goths, etc.) ne rêvaient que de devenirs Romains (d’où la restauration impériale de Charlemagne) alors que ceux de la deuxième vague d'invasion (Vikings, Hongrois) étaient indifférents voire méprisaient cet imperium restauré (et leurs invasions imposera le féodalisme qui s'oppose aux grands domaines fonciers de l'Antiquité).

    Si on traduit cela à notre époque on peut considérer le sous-jacent de l'Empire romain/carolingien comme plus ou moins le capitalisme sous sa forme actuelle, puisque même si les BRICS s'opposent aux USA/vassaux, ils ne remettent pas en cause le système capitalisme, pourtant en pleine décomposition (wokisme, etc.) dans la sphère occidentale, au contraire ils rêvent toujours de vivre comme des Occidentaux (entendu par exemple quelqu'un dire que le Nigeria va devenir les USA de l'Afrique, même chose en Inde, etc.). Du coup, cela laisse une possibilité pour les partisans du Great Reset de sauver le capitalisme mais non dans ce qu'il a de productif, sain (comme le pensent naïvement les pays du BRICS) mais dans toute sa décrépitude totale. Seul un système post-capitalisme peut nous sauver ou la recherche de profit passera au second plan.

  • Etant marxiste ("1984" est compatible avec la critique marxiste, contrairement à "Brave new world"), je suis porté à voir le capitalisme comme un cancer, et non comme les capitalistes le présentent après chaque crise mondiale : un phénix renaissant de ses cendres.
    J'emploie exprès un terme médical, car Marx a repris le stéthoscope des "physiocrates" pour étudier le Capital. Marx ne conclut pas au même diagnostic que les physiocrates, mais il utilise le même outil qu'eux. Marx aurait certainement vu dans la crise de 1929 et ses conséquences tragiques une confirmation de son matérialisme historique. Orwell dit-il le contraire ? "1984" dit que les Etats sortis vainqueurs de la guerre en 1945 se sont rigidifiés dans une sorte de mensonge structurel (on peut se demander en effet ce que serait le capitalisme français, en 2023, sans la télévision).

    Orwell était dégoûté par une forme de socialisme qui a peu de rapport avec Marx. Celui-ci n'était révolutionnaire que dans la mesure où il était persuadé que jamais la bourgeoisie, dont la domination repose sur l'esclavage, ne cèderait. Mais pour Marx l'affranchissement des esclaves s'accompagne forcément de l'effacement progressif de l'Etat.

    Le "Great reset" n'est rien d'autre que de la propagande technocratique, du pur bluff. La technocratie internationale (ONU, OMS, etc.) a été bafouée par un virus de rien du tout, qui a fait à peine plus de morts que la grippe de Hong-Kong en 1968 (que tout le monde avait oubliée en 1970).
    Tout ce cirque du "Great reset" n'a qu'un seul but : faire passer le message aux citoyens d'Océania que les technocrates "maîtrisent la situation" ; le système capitaliste repose très largement sur l'abus de confiance bancaire (subprime, bitcoin, etc.), mais aussi sur l'abus de confiance technocratique.
    Macron fait du "Great reset" à son échelle quand il supprime l'ENA et fait appel à McKinsey qui emploie... des énarques.
    Vous croyez que le "Great reset" va changer quelque chose à la défaillance des systèmes technocratiques, flagrante dans la "pandémie" ? C'est ce qu'ils veulent que vous pensiez. Le bluff est une des formes du mensonge totalitaire.

  • Je n'ai jamais cru une seule seconde que le Great Reset allait nous sauver : au contraire, celui-ci arrivera peut-être à contenir un temps la fin du capitalisme (c'est d'ailleurs son seul et unique but au fond, tout le reste sont des "bonnes intentions" donc de la poudre aux yeux) mais pour mieux sombrer dans un chaos à peu près complet, et ce n'est que en sortant définitivement et complémentent du capitalisme que l'on pourra sortir de ce chaos.

  • J'insistais seulement pour dire que la théorie du complot (Huxley) ne permet pas la prise de conscience historique (Orwell). A. Huxley est le père fondateur du genre post-apocalyptique américain, et du militantisme écologiste, d'une certaine façon.
    Force est de constater que ces mouvements n'ont servi à rien ; ils ont été moins utiles que Huxley lui-même, dont le mérite est tout de même d'attirer l'attention sur la logique darwiniste des élites totalitaires (Orwell a repris cet aspect). En effet, comme vous dites, la prétention des technocrates aujourd'hui se limite à vouloir organiser le chaos, ce qui pour un esprit rationnel, en soi, n'a aucune signification.
    La théorie du complot est la meilleure alliée des technocrates.
    D'une certaine manière, on peut dire que Winston Smith et Julia sont complotistes. Ils s'imaginent pouvoir combattre Big Brother en entrant dans la Fraternité, avant de découvrir que l'idéalisme est un piège tendu par le totalitarisme, et non un moyen de le combattre.
    Winston Smith n'est pas Orwell.

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