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iniquité

  • Le scandale arrive...

    Avant de parler du scandale et de la catastrophe qu'il entraîne selon les évangiles, il faut dire qu'à chaque mot, deux sens opposés sont attachés.

    Ainsi de la FOLIE. Il est fou, pour une majorité, de s'exclure du monde, quand pour d'autres, au contraire, c'est folie d'en faire partie. Et nul ne trouvera jamais de remède à LA folie, car il en est deux sortes opposées.

    On voit de même qu'il y a deux espèces de scandale, puisque le Messie est motif de scandale pour les Juifs, en même temps qu'il accuse le monde d'être scandaleux, à cause du péché.

    "Malheur au monde à cause des scandales ! C'est une nécessité qu'il arrive des scandales ; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive !" (Matth. XVIII,7-8)

    Ici il s'agit du scandale représenté par l'iniquité du monde et la fornication. On doit comprendre que le monde est nécessairement inique, c'est-à-dire qu'il a été conçu ainsi et le restera jusqu'à la fin des temps. Tenter de changer le monde est vain, mais ce qui ne l'est pas c'est d'échapper à cet engrenage.

    La fornication quant à elle, dont j'ai déjà parlé longuement, est le pire des péchés, puisqu'il consiste à faire dire à la parole divine ce qu'elle ne dit pas. Par exemple : le scandale du monde n'est pas nécessaire ou inéluctable, ce que l'on entend parfois de faux chrétiens dire, sincèrement ou parce qu'ils portent un masque. La fornication est le pire des péchés, et donc la meilleure arme de Satan.

    "Il [Israël] s'est heurté contre la pierre d'achoppement, selon qu'il est écrit : "Voici que je mets en Sion une pierre d'achoppement et un rocher de scandale, mais quiconque croit en lui ne sera pas confondu." (Rom. IX-33)

    Ici l'apôtre Paul aux Romains, citant le prophète Isaïe, explique comment le Messie a été confondu par Israël avec le scandale. Paul explique qu'Israël, le peuple de dieu, tout en conservant la loi a erré en voulant se justifier par ses oeuvres et mettant en place sa propre justice sans chercher la justice de dieu, que le Messie a révélée au monde au prix de son assassinat.

    "La fin de la Loi, c'est le Christ", ajoute Paul, de sorte que par la loi de Moïse fut mise en place, non une loi sociale, mais une loi de justice, pour indiquer le chemin aux justes et non servir aux justiciables. Et c'est ce que les Juifs ne comprirent pas ou feignirent de ne pas comprendre.

    Paul exhorte les chrétiens qui causent scandales et schismes en s'écartant de l'enseignement du Messie : "De tels hommes ne servent point le Christ Notre-Seigneur, mais leur propre ventre, et avec leurs paroles douces et leur langage flatteur, ils séduisent les coeurs des simples. (...) Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds."

    Ainsi on peut dire de la doctrine sociale démocrate-chrétienne qu'elle tient un discours doucereux et séducteur en tentant de faire croire qu'elle peut remédier à l'iniquité du monde.

  • Contre l'Antéchrist

    (Adapté d'un vieux document vaudois portant la date de 1120, tiré de "L'Histoire des Vaudois" de Perrin, part. III, p. 225)

    Il n'y a pas de fumée sans feu, de victoire sans bataille, ni de sainteté sans tentation par l'Antéchrist.
    - L'Antéchrist est une tromperie digne de la damnation éternelle, mais recouverte des vêtements purs de la vérité et de la justice du Christ et de son Épouse ; une tromperie empêchant l'accès à la vérité, la justice, la foi, l'espérance et la charité, empêchant le véritable ministère de l'Eglise.
    - L'Antéchrist altère la vérité du salut, la dissimule à l'aide de possessions matérielles ou d'institutions, contredisant de façon mensongère Christ, son Épouse, et chaque membre fidèle. Ainsi, il n'est pas une certaine personne désignée, d'un certain grade ou office, ou ministère, mais l'Antéchrist est l'iniquité elle-même, opposée à la vérité dont il se couvre, et en même temps s'orne de beauté et de piété en dehors de l'Église de Christ, ou invoque le Christ, des passages des Écritures, des sacrements ou plusieurs autres choses.
    L'iniquité de cette sorte, avec ses ministres supérieurs et inférieurs, ceux qui la suivent d'un cœur mauvais et aveugle, une telle congrégation, prise ensemble, s'appelle Antéchrist, ou Babylone, ou quatrième bête, ou paillarde, ou homme de péché, fils de perdition.
    - Ses ministres sont appelés de faux prophètes, des ministres de ténèbres, esprit d'erreur, la prostituée de l'apocalypse, mère de fornication, nuages sans eau, arbres d'automne morts et deux fois arrachés, vagues de la mer cruelle, étoiles filantes, Balaamites, Égyptiens.

    Il est dit "Antéchrist", parce que sous couvert et orné de l'apparence de Christ, de l'Eglise et de ses fidèles membres, il s'oppose au salut opéré par le Christ, et administré véritablement dans l'Eglise de Christ, et il se place au rang des fidèles par la foi, par l'espérance et par la charité : mais à divers égards, il se montre contraire par une sagesse mondaine, de fausses religions et une bonté feinte. Il s'oppose par ces moyens. C'est pourquoi, sachez (1) que l'Antichrist ne peut pas paraître, en aucune manière, sinon lorsque les choses qu'on vient de nommer seront réunies pour constituer un mensonge parfait et un hypocrite parfait, c'est-à-dire lorsque les sages du monde, les hommes religieux, les pharisiens, les ministres, les docteurs, la puissance séculière, avec le peuple, seront réunis ensemble. Alors ils formeront ensemble l'homme de péché et d'erreur parfait.

    Car, au temps des apôtres, ceux-ci savaient déjà que l'Antichrist était conçu, mais que, n'étant qu'enfant, membres extérieurs et organes intérieurs nécessaires pour dominer lui faisaient défaut. C'est pourquoi (2) on pouvait le reconnaître, le détruire et le chasser plus aisément, comme étant ignorant et grossier. Et il était muet, car (3) il lui manquait la capacité de raisonner, s'excuser, définir, prononcer des sentences ; car l'appui de ministres sans vérité et des statuts humains lui manquait ; ainsi que des hommes religieux en apparence : en effet, il était bien né quant à l'erreur et au péché, mais lui manquaient les choses avec lesquelles il a pu couvrir la souillure ou dissimuler le péché ensuite (4).

    Tant qu'il fut impuissant par manque des choses dites, il ne put ni ébranler ni scandaliser personne par ses solennités. Et ainsi, étant trop tendre et faible, il ne put pas subsister dans l'Église. Mais, croissant parmi ses membres, c'est-à-dire en ses ministres aveugles et hypocrites et grâce aux siens, gens du monde, il grandit lui-même comme un homme croît jusqu'à la plénitude de l'âge, puis le rapport des forces s'est inversé. L'Antichrist voulant être invoqué, prié et honoré dans les choses spirituelles et couvrir sa propre majesté, sa malice et ses péchés, a eu recours aux saints et aux pharisiens.
    - Car c'est une extrême iniquité de couvrir et orner une iniquité digne d'excommunication, et de vouloir paraître ce qui n'est pas donné à l'homme d'être, mais qui appartient à Dieu seul et à Jésus-Christ en tant que médiateur. Enlever frauduleusement à Dieu par rapine ces choses et les transporter à soi et à ses oeuvres doit être une extrême révolte, comme aussi de régénérer, de pardonner les péchés, de distribuer les grâces du Saint-Esprit, de confectionner Christ, et ainsi de toutes ces sortes de simulacres. Et se couvrir dans toutes ces choses du manteau de l'autorité, de la forme des paroles, et tromper par ces choses le peuple ignorant, imitant ce que fait le monde dans les choses qui sont du monde : éloigner aussi de Dieu, et de la vraie foi, et de la régénération du Saint-Esprit; éloigner de la véritable repentance, de la persévérance dans le bien; éloigner de la charité, de la patience, de la pauvreté, de l'humilité, et, ce qui est le pire de tout, éloigner de la vraie espérance et la placer en tout mal et en la vaine espérance du monde; fournir à tous les ministères pour ces choses, faire idolâtrer le peuple, servir frauduleusement les idoles du monde entier, sous le nom de saints, et les reliques, et prendre part à leurs services; c'est ainsi que le peuple, s'égarant extrêmement de la voie de la vérité, croit servir Dieu et bien faire, et par là on excite ce peuple à la haine, à la colère et à la méchanceté contre les fidèles et contre les amis de la vérité, et il commet beaucoup d'homicides, et ainsi l'Apôtre dit la vérité : "Tel est l'homme de péché accompli, et c'est lui qui s'élève au-dessus de tout ce qui est Dieu; et qui est servi, et qui s'oppose à toute vérité, et qui est assise dans le temple de Dieu, c'est-à-dire dans l'Église, se montrant de même que s'il était Dieu, et qui vient avec toute sorte de séductions pour ceux qui périssent. Et si ce rebelle est déjà venu en toute perfection, il ne faut plus le chercher. En effet, par la permission de Dieu, il est formé et déjà vieux, puisqu'il décroît déjà. Car sa puissance et son autorité sont diminuées, et le Seigneur Jésus a tué ce rebelle par le souffle de sa bouche et par beaucoup d'hommes de bonne volonté, et il fait intervenir une puissance qui lui est contraire aussi bien qu'à ses amis, qui disperse ses lieux et ses possessions, et qui met la division dans cette cité de Babylone d'où toutes les générations tirent leur vigueur de malice." 

    - Quelles sont les oeuvres de l'Antéchrist ?
    La première œuvre de l'Antichrist c'est de bannir la vérité et de la changer en mensonge, en erreur et en hérésie. 
    La seconde oeuvre de l'Antichrist, c'est de cacher le mensonge sous la vérité et sous les erreurs, et de le prouver et l'affermir par la foi et par des miracles, d'entremêler la fausseté avec les choses spirituelles aux yeux du peuple soumis, soit à l'aide des ministres on des ministères, ou de toute l'Église.
    Et ces deux oeuvres renferment une malice parfaite et accomplie, telle que ne purent exécuter aucun tyran ni aucun potentat jusqu'au temps de l'Antichrist.
    Aussi, avant lui (5), Christ n'a jamais eu un tel ennemi qui pût ainsi pervertir la voie de la vérité en voie de la fausseté, et le mensonge en vérité, et pervertir semblablement les partisans de l'une et de l'autre.
    De manière que la sainte mère Église avec ses vrais enfants est toute foulée aux pieds en ce qui concerne les vérités, spécialement en ce qui concerne les ministères des vrais ministres selon la vérité, en ce qui concerne les ministères et la manière de s'en acquitter et de la part qu'y prennent ses enfants; elle pleure en se lamentant, répétant les paroles et les plaintes de Jérémie, disant : 
    "En quelle manière est assise seule la cité du peuple païen et incirconcis? Elle est devenue veuve, c'est-à-dire de la vérité de son époux. Dame des nations, par leur soumission aux erreurs et aux péchés; princesse des provinces, par le partage du monde et des choses qui sont dans le monde, pleure et vois plus en avant, et tu trouveras maintenant toutes choses accomplies par le temps." 
    Car la sainte Église, si elle existe, doit être tenue pour une synagogue. Et la synagogue des méchants est prêchée comme la mère qui a bonne croyance en la loi. La fausseté est prêchée à la place de la vérité, l'iniquité à la place de l'équité, l'injustice est prêchée et est tenue pour la justice, l'erreur pour la foi, le péché pour la vertu, le mensonge pour la vérité. 

    -Quelles oeuvres découlent des premières ?
    Celles-ci : Les faits de l'Antichrist sont les sacrements, spécialement le sacrement de l'eucharistie qu'il adore comme Dieu et comme Jésus-Christ semblablement; il sert les choses bénites et consacrées, et défend d'adorer Dieu seul.
    La seconde œuvre de l'Antichrist est qu'il ôte et enlève à Christ le mérite de Christ avec toute la suffisance de la grâce, de la justice, de la régénération, rémission des péchés, de la sanctification, de la confirmation et de la nourriture spirituelle; et il attribue ce mérite à son autorité, à ses oeuvres, et aux saints, et à leur intercession et au feu du purgatoire; et il détourne le peuple de Christ et l'amène vers les choses qu'on vient de dire, afin qu'il ne recherche pas celles de Christ, ni par sa médiation, mais seulement dans les oeuvres de ses mains, et non par une foi vivante en Dieu, ni en Jésus-Christ, ni au Saint-Esprit, mais selon la volonté et les œuvres de l'Antichrist, ainsi prêchant que tout le salut consiste dans ses œuvres.
    Encore une oeuvre de l'Antichrist est d'attribuer la régénération que donne le Saint-Esprit à la foi morte et extérieure, et baptise les enfants en cette foi, enseignant que c'est par elle que sont consacrés le baptême et la régénération; c'est dans la même foi (6) qu'il confère et donne les ordres et les autres sacrements, et c'est en elle (en cette foi) qu'il fonde tout le christianisme; ce qui est contre la foi dans le Saint-Esprit.
    L'oeuvre de l'Antichrist est celle par laquelle il bâtit et édifie, en même temps, en la messe, toute la religion et la sainteté du peuple, en ayant fait un tissu unique de différentes cérémonies judaïques, païennes et chrétiennes. Et à la messe conduisant, pour l'entendre, la congrégation et le peuple, il prive celui-ci de la manducation spirituelle et sacramentelle, et l'éloigne de la vraie religion et des commandements de Dieu, l'éloigne aussi des œuvres de miséricorde par ses offertoires; et par cette messe il loge le peuple dans une espérance vaine. 
    L'oeuvre de l'Antichrist, c'est qu'il fait toutes ses œuvres, afin qu'il soit vu et qu'il satisfasse son insatiable avarice, comme aussi, afin qu'il puisse mettre toutes choses en vente et ne fasse rien sans simonie (commerce des choses saintes).
    L'oeuvre de l'Antichrist, c'est qu'il ne dirige ni ne défend son unité par le Saint-Esprit, mais à l'aide de la puissance séculière, et qu'il l'appelle également à son secours pour les choses spirituelles. 
    L'œuvre de l'Antichrist est qu'il hait, persécute, accuse, pille et met à mort les membres de Christ.
    Ce sont presque là les principales œuvres qu'il fait. Il les fait contre la vérité, et personne ne peut les compter toutes ni les écrire. Mais qu'il suffise pour le présent d'avoir montré comme du doigt ces choses comme les plus générales par lesquelles l'iniquité de l'Antichrist est couverte. 

    - Choses par lesquelles est couverte l'iniquité de l'Antéchrist
    Cette iniquité est couverte premièrement et principalement, par une profession extérieure de la foi. À l'égard de quoi, l'Apôtre dit: "Car ils confessent en paroles qu'ils ont connu Dieu, mais ils le renient par leurs actions." 
    Elle est couverte, en second lieu, par la longue durée du temps, par l'appui des sages, des religieux, hommes et filles vierges, des veuves et des femmes honnêtes et d'un peuple peu nombreux, duquel il est dit dans l'Apocalypse: "Et pouvoir fut donné à la bête en toute tribu et langue, et nations, et tous ceux qui habitent la terre l'adoreront."
    Elle est couverte troisièmement par l'autorité spirituelle des apôtres, contre lesquels l'Apôtre dit: "Nous ne pouvons rien contre la vérité, et pouvoir ne nous est point donné pour la destruction."
    Elle est couverte, en quatrième lieu, par beaucoup de miracles faits ça et là, sur quoi l'Apôtre parle ainsi: "Son avènement est selon l'oeuvre de Satan, accompagné de toute sorte de miracle, de signes et de merveilles mensongères et de toutes les tromperies de l'iniquité".
    Elle est couverte, en cinquième lieu, par sainteté extérieure, par prières, par jeûnes, par vigiles et aumônes; contre quoi l'Apôtre dit: "Ayant l'apparence de la piété, mais renonçant à sa force". 
    Elle est couverte, sixièmement, par quelques paroles de Christ et par les écrits des anciens et par les conciles, lesquels ils suivent, en tant qu'ils ne condamnent par leur mauvaise vie et leurs voluptés. 
    Elle est couverte en septième lieu, par l'administration des sacrements, par lesquels ils vomissent généralement toutes les erreurs.
    Elle est couverte, huitièmement, par des remontrances et des prédications verbales contre les vices. Car ils disent et ne font pas. 
    En neuvième lieu, d'entre ces prédicateurs les uns agissent avec dissimulation, les autres avec sincérité, et surtout en menant une vie vertueuse. Car ces élus de Dieu, ayant bonne volonté et une bonne conduite, retenus là comme dans Babylone, sont comme de l'or avec lequel le rebelle Antichrist couvre sa vanité, ne permettant pas, ni qu'on rende son vrai culte à Dieu seul, ni qu'on mette son espérance en Jésus-Christ seul, ni qu'on s'attache à la vraie religion. 
    Ces choses et beaucoup d'autres servent comme de manteau et de vêtement à l'Antichrist, au moyen desquelles il couvre sa malice mensongère, afin de n'être pas réprouvé entièrement comme païen, et à l'ombre desquelles il peut marcher malhonnêtement comme une prostituée. 

    -Devoir de séparation du chrétien

    Que le chrétien soit tenu par commandement de se séparer de l'Antichrist, cela est dit et prouvé par l'Ancien et par le Nouveau Testament: car le Seigneur dit (Esaïe 52) : "Éloignez-vous, éloignez-vous; sortez d'ici, gardez-vous de toucher à la souillure ; sortez du milieu d'elle; vous qui portez les vaisseaux sacrés du Seigneur, soyez purifiés. Car vous ne sortirez pas au milieu du tumulte, ni ne vous préparerez point à la fuite, etc."

    Et Jérémie (50) : "Fuyez du milieu de Babylone, sortez de la terre des Chaldéens, et soyez comme des boucs à la tête du troupeau. Et voici que j'amènerai une grande assemblée de nations de la terre d'Aquilon à Babylone, et elles seront disposées contre elle, et ensuite elle sera prise." 
    Nombres (16) : "Séparez-vous du milieu de l'assemblée, afin que je détruise et perde ceux-ci à la fois. Et ensuite : "Éloignez-vous du tabernacle de ces rebelles, et gardez-vous de toucher aux choses qui leur appartiennent, afin que vous ne soyez pas enveloppés dans leurs péchés." 
    - Lévitique : "Je suis votre Seigneur Dieu, qui vous a séparés des autres peuples. C'est pourquoi vous séparerez aussi l'animal pur de l'impur, et l'oiseau pur du non pur, et vous ne souillerez pas vos âmes à l'égard des bêtes, à l'égard des oiseaux et à l'égard de toutes les choses. qui ont mouvement sur la terre, et que je vous ai montrées comme souillées." 
    Idem, Exode (16): "Prends garde que tu fasses jamais amitié avec les habitants de cette ville, pour qu'elle t'entraîne dans la ruine."
    Et ensuite: "Ne fais aucun traité avec les hommes de cette contrée, de peur que lorsqu'ils auront paillardé avec leurs dieux et qu'ils auront adoré leurs images, quelqu'un t'invite et que tu ne manges des choses consacrées à ces dieux. Tu ne prendras pas non plus des femmes d'entre leurs filles pour tes fils, de peur qu'après qu'elles auront paillardé, c'est-à-dire idolâtré, elles ne fassent prostituer tes fils après leurs dieux."
    -Lévitique (XV, 31) : "Vous instruirez donc vos enfants, leur disant qu'ils évitent les impuretés, afin qu'ils ne meurent pas dans leurs souillures dont ils auront souillé mon tabernacle." 
    -Ezéchiel (XI, 21) : "Mais, quant à ceux dont (7) le cœur marche par outrage et par offenses, je placerai leur voie (conduite) sur leur tête, dit le Seigneur."
    -Deutéronome (XX) : "Quand tu seras entré en la terre que le Seigneur ton Dieu te donnera, garde-toi que tu ne veuilles imiter les abominations de ces peuples; car le Seigneur a toutes ces choses en abomination. Et, à cause des péchés de cette nature, il les effacera entièrement à ton entrée. Tu seras parfait et sans, tache envers ton Dieu. Ces nations desquelles tu posséderas ces terres écoutent les augures et les devins ; mais tu as reçu d'autres ordres de ton Dieu." 
    D'après le Nouveau Testament aussi, il est manifeste, Jean (XII) : "Que le Seigneur est venu et a souffert la passion, afin qu'il réunisse en un les enfants de Dieu."
    Car c'est pour ces vérités d'unité et de séparation les uns d'avec les autres, qu'il dit (Matth., X) : "Car je suis tenu séparer l'homme contre son père, la fille contre sa mère, la belle-fille contre la belle-mère, et les serviteurs de l'homme sont ses ennemis. Et il a commandé de se séparer, quand il a dit : Si quelqu'un n'est pas prêt à quitterson père et sa mère, etc." 
    De même : "Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous en habits de brebis, etc." 
    De même aussi : "Gardez-vous du levain des pharisiens." 
    De même encore : "Prenez garde que quelqu'un ne vous séduise; car plusieurs viendront en mon nom et séduiront plusieurs. Ainsi donc, si quelqu'un vous dit (dira) : - Venez, Christ est ici, ou là; ne le croyez pas ; gardez-vous d'aller après eux." 
    Et, dans l'Apocalypse, il admoneste de sa propre voix et commande à son peuple de sortir de Babylone, disant : "Et j'ouïs une voix du ciel, me disant : - Ô mon peuple, sors du milieu d'elle, et ne sois pas participant de ses péchés, afin que tu ne reçoives pas de ses plaies. Car ses péchés sont parvenus jusqu'au ciel, et le Seigneur se souvient de ses iniquités." 
    L'Apôtre dit ceci même : "Gardez-vous de tirer le même joug que les infidèles. Car quelle participation y a-t-il de la justice avec l'iniquité, ou quelle association entre la lumière et les ténèbres; car quel accord y a-t-il entre Christ et le diable, ou quelle est la part des fidèles avec les infidèles, ou quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles? C'est pourquoi, sortez du milieu d'eux et soyez séparés, dit le Seigneur; ne touchez pas ce qui n'est pas pur, et je vous cacherai, et vous me serez comme enfants, fils et filles, dit le Seigneur tout-puissant.
    Idem (Ephés. V) : "Ne soyez pas faits participants avec eux; car vous étiez dans la voie des ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière au Seigneur."
    Idem (1 Cor., X) : "Je ne veux pas que vous deveniez compagnons du démon. Vous ne pouvez pas être faits participants de la table du Seigneur et de la table des démons."
    Item (2 Thess. III) "Ô frères, nous vous annonçons, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, que vous vous gardiez de tout frère qui marche déshonnêtement, et non selon les enseignements que vous avez reçues de nous. Car vous-mêmes savez en quelle manière il convient que vous nous ressembliez." 
    Et ensuite : "Si quelqu'un n'obéit pas à notre parole, notez-le par lettre et ne vous mêlez pas avec lui afin qu'il soit confondu."
    Idem (Ephés., V) : "Gardez-vous de vous associer aux œuvres infructueuses des ténèbres." 
    De même (2 Tim., III) : "Mais sache ceci, que des temps funestes (dangereux) viendront aux derniers ans." 
    Et plus bas: "Ayant l'apparence de la piété, mais renonçant à sa force, évite de telles gens."


    Des choses sus-notées sont manifestement démontrées la malice de l'Antichrist et sa perversité, etc. Et comme il est commandé par le Seigneur de se séparer de lui intérieurement comme extérieurement, et de s'unir à la Jérusalem céleste. Ainsi donc, connaissant ces choses que le Seigneur nous révèle par ses serviteurs, et croyant à cette révélation, selon les saintes Écritures, et étant en même temps admonestés par les commandements du Seigneur, nous nous séparons intérieurement et extérieurement de celui que nous croyons l'Antichrist, et nous avons formé des compagnies et une unité, avec bonne volonté et une intention droite, ayant pour fondement, pur et simple, de plaire au Seigneur et d'être sauvés, avec l'aide du Seigneur, autant que la vérité de Christ et de son Épouse, comme aussi notre faible intelligence, peuvent le permettre. 

    Nous faisons donc remarquer quelles sont les causes de notre séparation, comme aussi de notre congrégation, afin que si le Seigneur nous a donné d'avoir cette même vérité, elle porte elle-même l'amour, en même temps qu'en nous, et afin que si elle n'était peut-être pas bien éclairée, elle reçoive aide par ce ministère béni du Seigneur. Et s'il arrive qu'il ait été plus accordé à quelqu'un, et plus abondamment, nous désirons humblement d'en être instruits, de savoir mieux de lui et d'être corrigés en nos défauts. 

    Les raisons qui suivent sont donc la cause de notre séparation. 

    Les choses auxquelles sont tenus les ministres pour servir le peuple sont celles-ci : Lui présenter la parole évangélique et la parole de la réconciliation, ou la loi de grâce, selon le dessein et l'intention de Christ. Car le ministre doit annoncer la parole évangélique, et le sacrement étant joint à la parole, confirme son sentiment et son intelligence, et affermit l'espérance en Christ chez le fidèle. La communion administrée par le ministre renferme tout par le moyen de la vérité essentielle. Et s'il y a quelques autres choses qui concernent le ministère, elles peuvent toutes être comprises dans ce qui a été dit.
    Or, de ces vérités particulières, les unes sont essentiellement nécessaires au salut des humains, les autres le sont conditionnellement. Elles sont contenues en douze articles, selon l'ajustement ou l'adjonction de plusieurs paroles des apôtres (8). Mais (cependant) a déjà été régnant par le passé, en l'Église, par un effet de la permission divine, etc. 

    -Six iniquité de l'Antichrist

    (1) Les erreurs et les infidélités prédites par le Seigneur, touchant l'Antichrist, sont les suivantes : un service idolâtre varie et innombrable, accordé contre le commandement de Dieu et de Christ, non au Créateur, mais à la créature visible et non visible, corporelle ou spirituelle, intelligente et sensible, produite naturellement, ou par un art quelconque, ou sous quelque nom que ce soit, comme de Christ et des saints ou des saintes, et, des reliques, et des personnes en autorité, auxquelles créatures est rendu un service accompagné de foi, d'espérance, d'actions, d'oraisons, de pèlerinages, d'aumônes, d'offrandes, de sacrifices fort dispendieux. Les membres de l'Antichrist servent une telle sorte de créature, ils l'adorent, l'honorent de plusieurs manières, par des chants, par des panégyriques, par des solennités, par des célébrations de messes, par des vêpres, par des complies à ces mêmes créatures, par des heures, par des vigiles, par des fêtes, par acquisition de grâce, acquisition qui est essentiellement en Dieu seul, et méritoirement en Jésus-Christ, et qui s'obtient par la seule foi par le secours du Saint-Esprit.
    Car il n'y a pas d'autre cause de l'idolâtrie qu'une opinion fausse touchant la grâce, touchant la vérité, touchant l'autorité, l'invocation, l'intercession, lesquelles le même Antichrist ôte à Dieu pour les attribuer aux ministères et aux oeuvres de ses mains, aux saints et au purgatoire. Et cette iniquité de l'Antichrist est directement contraire au premier commandement de la loi. 
    Semblablement, l'amour désordonné de l'Antichrist pour le monde est la source d'où procèdent dans l'Église tous les maux et les péchés des conducteurs, des directeurs, des supérieurs ; péchés qui restent sans répression, et qui sont contraires aux vérités de la foi et à la connaissance de Dieu le Père, selon le témoignage de Jean, qui dit : "Celui qui pêche ne connaît point Dieu ni ne l'a vu. Car si quelqu'un aime le monde, la charité du Père n'est point en lui." 

    (2) La seconde iniquité de l'Antichrist, consiste en ce qu'il place l'espérance de pardon, de grâce, de justice, de vérité et de vie éternelle, non en Christ, ni en Dieu par Christ, mais dans les hommes vivants et morts, dans l'autorité, dans des cérémonies ecclésiastiques, dans des bénédictions, dans des sacrifices, dans des prières et dans d'autres choses semblables indiquées plus haut, et non dans une foi véritable qui produit la repentance, avec la charité, l'éloignement du mal et l'avancement dans le bien.
    Ce n'est pas dans une telle foi (9), que l'Antichrist enseigne a espérer fermement, et principalement la régénération, l'affermissement, la réfection spirituelle ou communion, la rémission des péchés, la sanctification en vie éternelle : mais par les sacrements et par sa perverse simonie, moyen par lequel le peuple est trompé (moqué), et ayant toutes choses vendables, il a imaginé des ordonnances anciennes et nouvelles pour obtenir de l'argent, permettant que si quelqu'un a dit ou fait ceci ou autre chose, il veut qu'il puisse acquérir et grâce et vie. Et cette double iniquité est, proprement appelée, dans les saintes Écritures, un adultère (paillardise) et une fornication. C'est pourquoi, de tels ministres, qui conduisent (conduisant) le peuple grossier dans de telles erreurs, sont appelés paillarde (prostituée) apocalyptique. Cette iniquité est contraire an second article, et de rechef, contraire au second et au troisième commandement de la loi.

    (3) La troisième iniquité de l'Antichrist, c'est, qu'outre ce qui a été dit, il a inventé de fausses religions, des règles, des monastères en forme d'église, comme moyens d'acquérir l'espérance. De même les siens affirment, contre toute vérité, que c'est un devoir pour chacun d'entendre souvent et dévotement les messes, de recevoir les sacrements, de se confesser (mais rarement avec contrition), de faire des satisfactions par des jeûnes ou en vidant sa bourse, de rester ou d'être membre de l'Église romaine, de s'adonner ou se livrer à la règle ou au capuchon. Et cette iniquité de l'Antichrist est directement contraire au huitième article du symbole : "Je crois au Saint-Esprit."

    (4) La quatrième iniquité de l'Antichrist, c'est qu'étant bien lui-même la quatrième bête décrite jadis par Daniel, et la prostituée apocalyptique, il s'attribue des noms, l'autorité, le pouvoir, les dignités, les ministères, les offices, les écritures, au point de s'égaler et de se comparer à la vraie et sainte mère Église, en laquelle se trouve ministériellement, et non autrement, le salut et la vérité, quant à la vie, à la doctrine et aux sacrements. Car l'Église romaine se couvre ainsi elle-même et ses ministres d'erreur et péchés manifestes ; elle serait abandonnée de tous si cela était connu. 
    Mais parce que les empereurs et les rois, et les princes, estimant qu'elle était semblable à la vraie sainte mère Église, ils l'aimèrent elle-même et la dotèrent contre le commandement de Dieu. Cette iniquité des ministres, des sujets, de ceux ordonnés dans l'erreur et dans le péché, est directement contre le neuvième article : "Je crois dans la sainte Église."

    En second lieu, en effet, ces ministres, en participant aux seules formes extérieures, selon les usages humainement, ordonnés et inventés, croient on espèrent avoir leur part à la réalité des offices de pasteurs et de la cure d'âmes, comme si ceux qui seraient tondus comme des agneaux, qui seraient oints à la manière d'une paroi, et qui recevraient la bénédiction en touchant le livre et le calice, pouvaient prétendre être convenablement ordonnés prêtres.
    Il en est semblablement, comme il a déjà été dit, du peuple assujetti, si, parce qu'il a sa part, communique aux paroles, aux signes, aux exercices extérieurs et à leurs diverses cérémonies  souvent répétées, il se persuadait avoir part à la vérité qui en est tirée. Et cela est contraire à l'autre partie du huitième article : "Je crois la communion des saints."
    Une chose est à faire, c'est qu'il faut s'éloigner de la très-mauvaise communion des moines qui, pour amener à sa participation les hommes charnels, leur font espérer, au moyen de choses de néant et par avarice, qu'ils leur feront avoir part à leur pauvreté et à leur chasteté, quels qu'ils soient d'ailleurs, ou luxurieux ou avares, pourvu qu'ils leur fassent à eux-mêmes des dons.

    (5) La cinquième iniquité de l'Antichrist est en ce qu'il promet, en trompant, le pardon et la rémission des péchés à des pécheurs non véritablement contrits et qui n'ont pas renoncé fermement aux mauvaises œuvres. Et il fait d'abord cette promesse de la rémission des péchés au moyen de la confession auriculaire et de l'absolution donnée par des hommes, au moyen des pèlerinages dictés par l'avarice.
    Cette iniquité est contraire au onzième article du Credo : "Je crois dans la rémission des péchés". Car cette rémission dépend de l'autorité de Dieu et du ministère de Jésus-Christ, puis en partie de la foi, de l'espérance, de la repentance, de la charité et de l'obéissance qui, selon la Parole de Dieu, est en l'homme.

    (6) Il y a encore une sixième iniquité (des membres de l'Antichrist), c'est qu'ils prolongent l'espérance (de pardon) jusqu'à la fin de la vie, au moyen des iniquités cachées (couvertes) déjà mentionnées pour les pécheurs manifestes, et spécialement au moyen de l'extrême-onction et du purgatoire rêvé, en sorte que les hommes grossiers, qui ne connaissent pas la vérité, persévèrent dans l'erreur et sont (déclarés) absous de péchés dont ils ne se sont jamais éloignés de libre volonté pour qu'ils pussent en espérer la rémission à venir et la vie éternelle.