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  • Le Palindrome divers

    Il n’y a pas de discipline plus noble que le pastiche. On s’y exerçait au lycée du temps où celui-ci n’engendrait pas que de moroses paraphraseurs voués au Prix Interallié, pour prendre un exemple récent (Beigbeder, lui, au moins, a une “gueule” - et c’est important quand on fait de la figuration, curieuse erreur de casting du jury que ce Zeller qui ne ressemble à rien…).

    Peut-on vraiment comprendre Gréco tant qu'on n'a pas copié un des ses tableaux ? Vous me pardonnerez ce ton de professeur de littérature à Sciences-po pour parler pastiche, mais on aurait tort de prendre cet art à la légère.
    Les règles en sont strictes. La recette exige avant tout d'assaisonner un écrivain de talent. Inutile de s’attaquer à Chloé Delaume, Amélie Nothomb, Yann Moix, ou autre Jean-Christophe Grangé, ils ne résisteraient pas à ce traitement : comment ferait-on la différence entre l’original et la caricature ? Jourde et Naulleau, faute de pouvoir pasticher Sollers, Angot ou BHL, ont dû se contenter de s’amuser avec leurs tics et leurs trucs.

    Je reviens juste du Palindrome, ubuesque mais téméraire blogue qui publie des pamphlets de L.-F. Céline en faisant fi de l’indifférence générale pour la littérature (et de Lucette), où Raphaël Juldé et ses amis s’amusent aussi à pasticher Dantec (le mérite-t-il ?).
    J'espère au moins qu’avant de s'atteler à la tâche, ces lascars ont invoqué les mânes du grand, du sublime Georges Fourest.

    «Moi je voudrais que tout le monde,
    connût sa "Négresse blonde"
    et malheureusement (je le sais) il est encore
    des tas de gens qui l’ignorent.
    Il n’est pas de ces littérateurs
    qui encaissèrent de forts droits d’auteurs.»

  • Passage des troupes en revue

    Il y a les hussards, Nimier, Déon, Laurent, Blondin, écrivant debout, j’ai envie de dire “droit dans leurs bottes”, mais l’expression a été galvaudée, impatients d’en finir avec les charmes chancelants d’une époque scélérate.
    Il y a ceux qui préféreraient être des spahis dans le désert, comme Patrick Besson.

    Et puis il y a les zouaves. Hier soir, n’ayant plus après une journée harassante d’autre désir que celui d’allumer la télé et de m’affaler devant, j’ai pu admirer la belle charge du zouave Tillinac dans la petite arène de Franck-Olivier Giesbert. Pontifical, le zouave, ça va de soi. On le sentait piaffer à la seule évocation des fumées de Mai 68, et, dès que le signal fut donné, il n’attendit pas pour fondre sur Wolinski, Philippe Val et François Hollande, bousculant cézigues comme un possédé. Surpris par tant de hargne sur un plateau de télévision, par ce piétinement sauvage d’éthique médiatique, les trois compères se débandèrent, rougissant et balbutiant ; oubliant même de traiter de nazi ce zouave. C'était quand même la moindre des choses de la part d’un dialecticien de la trempe de Philippe Val ! Excitée par l’odeur de poudre, Elisabeth Lévy, flanquée d’une blonde dont je n’ai pas bien compris l’usage, portait ensuite le coup de grâce aux ex-révolutionnaires.

    Comme Jacques Chirac son maître, Tillinac a des idées simples, des goûts contestables et des idéaux à la portée de tout le monde, mais mâtin quel cador !