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Dans la chaleur de l'hiver

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Ayant connu des déboires avec plusieurs femmes intelligentes successives, j’étais bien décidé désormais à ne m’accoupler qu’avec une sotte. Je me mis à fréquenter plus assidûment le rayon "Développement personnel" de la Fnac des Ternes.
Chercher une sotte dans une librairie peut sembler un paradoxe, mais le rayon “Disques” ou “Dévédés” était au-dessus de mes forces, de toute façon.
« Connais-toi toi-même. », dit la sagesse grecque : c’est d’abord être conscient de ses limites !

Ledit rayon grouillait et j’eus bientôt dans le collimateur le specimen désiré : une gonzesse très bien roulée, mais surtout très sotte ; aucun doute possible là-dessus, elle était en train d'éplucher un bouquin publié chez Odile Jacob, je ne sais plus trop lequel, un essai de Boris Cybernik, quelque chose dans ce goût-là.

Je m’étais coiffé ce jour-là en arrière, pour découvrir le plus largement possible mon front, partant du principe que les grands fronts séduisent forcément les sottes, et j’avais enfilé, une fois n’est pas coutume, un pantalon en laine repassé ; les sottes aiment le repassage aussi.
Je ne doutais pas dans ces conditions de faire mouche ; plein d’assurance, j’adressai donc à cette créature idéale un sourire aussi américain que possible, en m’inspirant du style un peu niais de Gary Cooper, par-dessus le bord d’un livre pris au hasard. Comme prévu, la réaction de la donzelle ne se fit pas attendre, elle se mordilla la lèvre. C'est à partir de là que les choses ont mal tourné… J’ai voulu faire une pause, changer un peu de regard, j'ai baissé les yeux et, machinalement, j'ai lu dans le bouquin qui me servait d'alibi :

Mordillement des lèvres : Ce geste illustre un malaise évident. Elle a peur d’être dépossédée, s’il s’agit de sa lèvre inférieure. Elle est débordée ou surmenée si elle mordille sa lèvre supérieure.

Quelle coïncidence ! Le nom de l'auteur : Joseph Messinger, un analyste du comportement corporel humain. La quatrième de couverture m'informa qu'il s'était déjà vendu deux cent mille exemplaires de ce traité des gestes et tics dans tous les rayons "Développement personnel" de France. Et, pour une fois, c'était mérité, Messinger y développait une vraie science, basée sur l'observation attentive, à mille lieues des supputations fumeuses de Freud ou de Boris Cytronchik.
Mais lorsque j’ai relevé la tête, ma gonzesse n'était plus là, dame, elle en avait profité pour s’échapper. Vaguement dépité, je renonçai à la poursuivre dans les escalators.

Commentaires

  • Mais nom d ' une pipe , qu ' est-ce qui
    vous rendu si mysogine , dans votre
    enfance peut-etre ? J ' avoue ne pas
    comprendre , mais bonne nuit quand
    meme .
    Jérome

  • Pardon , Lapin , " qu ' est-ce qui vous a
    rendu " .
    Mais oui , en effet , je me pose des
    questions quand à cette détestation du
    sexe faible , mais si mignon ...

  • A mon avis vous vous teniez juste à la distance de fuite proxemique de votre proie, encore raté cher prédateur herbivore :
    En reprenant différents travaux d’éthologie. Edward T. Hall constate que dans les relations entre les animaux, il semble y avoir des sphères invisibles qui définissent une bulle autour de chaque individu. Les rapports de proximité entre les différents membres régulent en partie le comportement de chacun. Ils découpent l’espace autour des individus en catégorie de distances : la distance de fuite et la distance critique.

    Ces distances varient entre les espèces et dans les rapports entre espèces. De plus entre en jeu le fonctionnement social des espèces (il distingue les espèces de contact des espèces de non- contact).

    La distance de fuite : L’animal fuit lorsqu’un individu s’approche.
    La distance critique : Bulle dans laquelle l’animal est acculé et où il est à portée de son éventuel agresseur. N’ayant plus le choix, plutôt que de fuir il attaque à son tour pour tenter le tout pour le tout.
    La distance personnelle : Les individus se côtoient sans changement d’attitude tant qu’aucun des deux n’empiète l’espace de l’autre.
    La distance sociale: L’individu perd le contact avec son groupe et se trouve en situation d’anxiété, de détresse psychologique.

  • Lapinos, vous vous sous estimez! Il existe encore des demoiselles pourvues d'une certaine grandeur...

  • Comment fait-on pour mordiller sa lèvre supérieure ? Celle de l'autre, facile et délicieux; mais la sienne propre ? M'est avis qu'il faut avoir la mâchoire sacrément mobile ou décrochée — ou préhistorique !

  • Misogyne, moi, Jérôme ? Certes, mais encore faut-il s'entendre sur le terme ; l'usage de la femme comme appât commercial me paraît plus foncièrement misogyne et méprisant que le voile islamique. Force est de constater que la liberté de la femme de jouir et de donner son avis sur tout est d'abord promue de nos jours par les publicitaires. Le féminisme est un credo de bourgeoise indépendante.

    Et dans le sacro-saint couple défendu par les démocrates-chrétiens, je ne vois qu'une quéquête de l'Absolu un peu étriquée. En réalité, hommes et femmes divergent trop pour s'accorder et communiquer, fondamentalement l'homme est politique et la femme cosmétique.
    Dieu a tiré du côté d'Adam une femme pour lui procurer la compagne qu'il réclamait avec insistance, mais c'était avant la Chute. Être misogyne aujourd'hui, c'est tout simplement refuser de gober la publicité mensongère.

  • Le probléme avec les catholiques démocrates masculins ou non c'est qu'ils confondent tout en matière d'éternel feminin, Eve, Marie et Astarté, c'est pénible pour qui a lu la Bible.

    "L'Église voit en Marie la plus haute expression du « génie féminin » et trouve en elle une source d'inspiration constante. Marie s'est définie elle- même « servante du Seigneur » (Lc 1, 38). C'est par obéissance à la Parole de Dieu qu'elle a accueilli sa vocation privilégiée, mais pas du tout facile, d'épouse et de mère de la famille de Nazareth. En se mettant au service de Dieu, elle s'est mise aussi au service des hommes: service d'amour. C'est ce service qui lui a permis de réaliser dans sa vie l'expérience d'une mystérieuse mais authentique « royauté ». Elle n'est pas invoquée par hasard comme « Reine du ciel et de la terre ». Toute la communauté des croyants l'invoque ainsi; de nombreux peuples et nations l'invoquent comme « Reine ». Sa « royauté » est un service! Son service est une « royauté »! "
    Extrait de "Lettre aux femmes" Jean Paul II 1995

    Et toi, n'intercède pas en faveur de ce peuple, N'élève pour eux ni supplications ni prières, Ne fais pas des instances auprès de moi ; Car je ne t'écouterai pas.
    Ne vois-tu pas ce qu'ils font dans les villes de Juda Et dans les rues de Jérusalem ?
    Les enfants ramassent du bois, Les pères allument le feu, Et les femmes pétrissent la pâte, Pour préparer des gâteaux à la reine du ciel, Et pour faire des libations à d'autres dieux, Afin de m'irriter.
    Livre du prophète Jérémie chapitre 7

  • N'en jetez plus, Danielle, de toute façon dès le début j'ai senti que vous n'étiez pas démocrate-chrétienne… au style.

  • Je sais, nous eûmes des orages aristocratiques, nous ne sommes pas du même bord, mais vous n'avez jamais eu les couilles de me le dire en face, ma marge de manœuvre étant minuscule j'en ai profité, je secoue donc la poussière virtuelle de ce sombre terrier à mes souliers une bonne fois pour toute, ouf !

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