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L'exemple musulman

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En voyant la minorité musulmane protester avec vigueur il y a quelques mois contre les insultes de Robert Redeker, ce catholique rénégat, aussi dégoûtant, aussi vindicatif qu'un athée, j'ai été jaloux, j'avoue… Quand les évêques français osent-il s'élever contre les insultes contre la religion catholique, qui reviennent régulièrement dans les médias, la presse, la télévision, le cinéma ? Quand ? Pratiquement jamais !
Au contraire, les évêques défendent le principe de la "liberté d'expression" - on croit rêver, dans un pays où la publicité contrôle la presse à 90 % et où les médias n'ont jamais été aussi inféodés à un groupe restreint de grosses sociétés, quand on entend dire que la liberté d'expression est menacée par les musulmans ! On a ainsi pu observer récemment que Le Monde, qui soutenait Lionel Jospin lors des dernières élections, a complètement changé de ligne politique pour se mettre en conformité avec le discours de Sarkozy, sans changer de direction ! Un tel revirement aurait été impensable au XIXe siècle où il ne s'agissait pas seulement pour les journalistes de faire du remplissage entre deux encarts publicitaires.
Honneur donc aux musulmans qui montrent l'exemple aux catholiques, très minoritaires eux aussi désormais, et généralement plus lâches.

J'ai encore été jaloux ce week-end en apprenant l'ouverture de la première banque islamique au Royaume-Uni ! Pendant que les musulmans ouvrent une banque conforme à leurs principes, avec prohibition des taux usuraires, du découvert, des crédits immobiliers à très court terme, pas de comptes rémunérés, pas de thésaurisation, des investissements limités dans des entreprises respectant la morale musulmane… bref, pendant que les musulmans agissent sur le terrain social, que font les cathos ? Que dalle, ils se gargarisent de blabla théologique, ils n'hésitent pas à financer avec leur propre argent des chaînes de télévision ou des groupes de presse ennemis. Qu'ils l'ignorent ou qu'ils s'en foutent, ça revient au même.

Commentaires

  • Vous filtrez les commentaires à présent? je n'aurais pas la présomption d'imaginer que je suis la seule à bénéficier de ce "privilège"....

  • Précision: je vous pose cette question parce qu'un commentaire que j'ai voulu ajouter à l'un de vos posts précédents vient de m'être refusé à deux reprises...

  • Passée au filtre vous n'en serez que meilleure ma chère ...

  • Je reste dubitative, cher Pidiblue...

  • Croyez-moi c'est une langue experte qui vous le dit !

  • Tout dépend du filtre, alors ; je n'en dis pas plus, notre hôte pourrait se sentir vexé.

  • Vous bilez pas, Mlle, c'est le système qui déconne de temps en temps, rien d'étonnant à ça, le manque de fiabilité est presque devenu une marque de fabrique désormais.

  • Mouais, pas complètement faux. Mais la liberté d'expression ne se défend pas devant les tribunaux. Elle se défend à coups d'euros, en se dotant par exemple d'outils de communication à même de rivaliser avec les médias en place.

    Mais tant qu'il y aura des catholiques marxisants qui, comme vous, prennent l'outil pour le système au lieu d'apprendre à s'en servir, on n'avancera pas beaucoup.

    La faute des évêques n'est pas de défendre la liberté d'expression - ils ont raison de le faire - mais de ne pas suffisamment chercher à s'en servir pour porter la Parole.

  • Plus exactement, Gloups, un marxiste ne dissocie pas l'économie capitaliste du sytème démocratique qui vise à la légitimer, système avec lequel les évêques de France ont choisi de collaborer, au mépris de ce que ce système peut avoir de destructeur pour l'être humain - et ils sont mieux placés que quiconque pour le savoir.

    On observe que moins l'économie se préoccupe de la morale, de la liberté, de la valeur humaine, plus les hommes politiques - et surtout les médias -, nous bourrent le mou avec les beaux principes d'égalité, de crimes contre l'humanité, de féminisme, de fraternité, etc.

    Le problème n'est donc pas d'apprendre à se servir de l'outil, contrairement à ce que vous dites, Gloups, d'abord parce qu'il est sans doute condamné à moyen terme, ensuite parce que votre raisonnement présuppose une libre concurrence qui n'existe évidemment pas. Encore un raisonnement "libéral" naïf de votre part. Vous ne voyez pas que le libéralisme "ment", il tente de faire passer des raisonnements parfois valables au plan micro-économique pour des raisonnements macro-économiques ou politiques.

  • "Le problème n'est donc pas d'apprendre à se servir de l'outil"
    Lapinos faites attention il y a des dames qui passent sur le site je vous l'ai déjà dit !

    Quant à vous mesdames et grandes mademoiselles surveillez vos arrières, le Lapin chasseur est souvent un Lapin sauteur !

  • Je vous retrouve là :
    "Pauvre Nabe, il pourrait presque jazzer comme Nino Ferrer : « Hélas je ne suis pas noir, je suis blanc de peau…"

    Ce n'est pas Ferrer c'est Nougaro - admirateur de Nabe d'ailleurs. Quand même là c'est limite "Qui veut gagner des millions" comme niveau de culture...

  • Epouse moi, Lapin!!

    P.S:Nabe ne donne pas des conférences à Paris?

  • Si l'on en croît Guénon, la "substance" chrétienne s'est amoindrie en trois étapes : Renaissance, Réforme et Révolution. Dès lors que la religion se limite à des règles de morale et à une rhétorique intellectuelle seulement, on peut envisager des prêtres si tolérants qu'ils s'en tirent quotidiennement des balles dans les pieds !

    L'islam a encore une certaine substance qui proche du coeur. Bien entendu, cela ne vaut pas pour tous les islams, mais pour encore beaucoup d'entre eux, même si leur argumentaire demande encore un peu de mise en place, surtout dans la société de consommation médiatique actuelle. On ne s'insurge que lorsqu'on se sent insulté. J'avoue qu'un Jésus avec une mitrailleuse heurte peut-être plus un musulman aujourd'hui qu'un catholique ce qui est dommage.

    Le monde chrétien a perdu en spiritualité et a permis d'une certaine façon le monde (uniquement) matérialiste occidental. Je ne dis pas que les mondes orientaux résisteront longtemps à la dictature du "progrès". Mais, pour le moment, il y a encore un certain nombre de résistances...

    GNU

  • Non, je ne crois pas à toutes ces salades. Il n'y a aucune fatalité à ce qu'un système capitaliste détruise la spiritualité. C'est une certitude commode à l'usage des défaitistes.

  • Les chanteurs de variétés, je les confonds un peu tous, l'ornithorynx ; venant de vous qui assimilez Bloy à Zola, le reproche peut paraître un peu vétilleux.

    Gretel, depuis que je tiens ce blogue, ça fait bientôt trois ans, t'es la première à me proposer de poser nue pour moi, c'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd (Si je fais une excursion au Maroc un jour, je me souviendrai de ta proposition.)

    Pour revenir à Nabe, il m'agace un peu en ce moment ; il a décidé de faire des tracts et de les placarder dans Paris. Jusque-là c'est une bonne idée, et j'ai pu vérifier la haine des bobos qui arrachent ces tracts, bien que le dernier s'en prenne à Chirac qui n'est pas très populaire en ce moment.
    Le hic c'est que Nabe a pas pigé qu'un tract ça fait pas six pages en caractères minuscules ! Un tract ça fait quinze ou vingt lignes maximum ; pisser de la copie de manière générale, c'est bon pour les besogneux Bac+10, les profs de philo., mais en plus pisser de la copie dans un TRACT, quel gâchis, vraiment… Je te le répète, Gretel, Nabe n'a aucune idée de ce que c'est que le journalisme ni la politique, c'est un prêcheur dominicain défroqué qui ne sait faire que des sermons. Il croit que c'est un hasard si Houellebecq a fait un carton et lui un bide, alors que c'est parfaitement logique.

  • Dans ce système capitaliste évolué, Gloups, vous observerez que les revendications dont les candidats-démagogues se font l'écho pendant la campagne, y compris ceux qui sont censés incarner la lutte contre l'oppression, la ménagère Laguiller et le factotum de Neuilly O. Besancenot, se cristallisent en une seule, la revendication salariale ; tandis que les riches réclament moins d'impôts, les syndicalistes réclament plus de pognon. Pour pouvoir se payer l'abonnement à Canal +, la télé des beaufs riches ? C'est du bout des lèvres que Besancenot admet qu'un cheminot français est ultra-privilégié par rapport à un enfant chinois qui fabrique des jouets en République populaire de Chine.

    Il y a longtemps que les trotskistes français se sont débarrassé de Marx, qui se moque bien de l'argent en tant que tel et se préoccupe fondamentalement de l'oppression spirituelle, subie par le patronat lui-même, pris dans l'engrenage capitaliste.

    Je ne sais pas si c'est une fatalité, Gloups, mais c'est un fait que la propension du démago-capitalisme à agiter de grandes idées est proportionnelle à son intéressement et à son cynisme économique.

    Il n'y a bien sûr aucun défaitisme dans la pensée catholique révolutionnaire, bien au contraire, mais l'espoir d'un monde nouveau après l'effondrement de l'idéologie libérale. Sans l'arme nucléaire, les États-Unis auraient sans doute été ébranlés plus tôt. Ce que je redoute, en tant que catholique, c'est que les catholiques en définitive n'aient subi l'oppression capitaliste encore plus que les musulmans ; Nabe parle des "collabeurs", mais ils sont beaucoup moins nombreux que les collabos catholiques dans le genre de Redeker.

  • "Non, je ne crois pas à toutes ces salades. Il n'y a aucune fatalité à ce qu'un système capitaliste détruise la spiritualité. C'est une certitude commode à l'usage des défaitistes."

    Si vous saviez, Gloups, ce qu'est la spiritualité, je pense que vous n'auriez jamais écrit ça.

    GNU

  • Ne reprenons pas le slogan libéral et évitons de parler de "progrès", Gaston. Il est évident que le confort matériel dont l'Occident capitaliste bénéficie repose sur l'exploitation d'ouvriers et de paysans en Asie, en Inde ou en Amérique du Sud. Il vaut mieux parler de "course après le profit", ça décrit mieux le système économique en vigueur qui repose sur une dette gigantesque et la nécessité d'un taux de croissance autour de 3 %.

    L'islam est très faible aujourd'hui, mais il représente un potentiel d'unité nationale voire supra-nationale. Et il n'est pas certain que l'Islam sera vaincu comme le catholicisme l'a été en Europe par le capitalisme ; celui-ci, en effet, pourrait bien s'essouffler dans les prochaines décennies. La crise irakienne a montré une fois de plus, s'il en était besoin, sa faiblesse politique. Tout repose donc sur une économie - de plus en plus fragile car de plus en plus tertiaire, pour simplifier.
    Les terroristes islamistes, AVEC DE SIMPLES CUTTERS, ont plongé les États-Unis dans une mini-crise économique qui a duré près de six mois et s'est étendue jusqu'à la côte Ouest !

    Par ailleurs il ne faudrait pas oublier les Russes, qui plus encore que n'importe quel pays musulman, ont un potentiel pour s'arracher à la domination yankie. C'est une évidence : ils ont à la fois la religion, le pétrole, la démographie, et la volonté de refaire l'union continentale. C'est pour ça que le projet d'Europe boréale de Sarkozy est complètement idiot. Peut-être le sait-il, d'ailleurs, mais la campagne électorale oblige les candidats à dire tellement de conneries, encore plus qu'avant avec la multiplication des blogues.

    (L'explication historique de Guénon me paraît erronée, trop idéologique, on objectera par exemple que la Réforme a provoqué un mouvement opposé encore plus fort, celui de la Contre-réforme.)

  • A titre professionnel, je peux vous confirmer que cela fait longtemps que les fonds islamiques investissent selon la loi de la chariah, et ce, pour des montants loin d'être négligeables. Je vous passe les détails sur la complexité de telles opérations qui doivent être agrées par des imams, etc.
    Mais en Grande Bretagne, c'est un vrai marché.

    Ah, au fait, si vous souhaitez investir catho, ça se passe sur ce site: www.avemariafund.com

    Et rien ne vous empêche de financer les écoles libres, et autres établissements catholiques indépendants... ;-)

  • Je fais plus confiance aux musulmans qu'aux Yankis, Polydamas. Je ne sais pas si votre fonds d'investissement est catholique ou protestant, mais après avoir épluché son rapport, deux remarques :

    - tout l'argumentaire est basé sur les performances du fonds en termes de rentabilité ; la Sainte Vierge est là à titre purement "marketing" ; c'est presque scandaleux en un sens ;

    - je peux vous demander l'intérêt pour un catholique d'investir dans Stéricycle ou Harley-Davidson, dans des établissements bancaires et financiers ? C'est complètement opaque. Lorsque vous investissez comme ce fonds dans des entreprises cotées principalement au NASDAQ ou sur les prinicipaux marchés, étant donné les prises de participation enchevêtrées, le risque est énorme de prêter de l'argent à des escrocs - manifestement les dirigeants de ce fonds s'en tamponnent !

    Ensuite vous me parlez d'écoles libres. D'abord où voyez-vous des écoles libres ? Secundo ça n'a rien à voir avec la discussion, on n'investit pas financièrement dans une école, sauf aux États-Unis peut-être, ces gens-là sont capables de tout, l'exemple de votre fonds "Avemaria" le montre, l'argent qu'on verse à une école, c'est un don, pas un prêt.

  • Je ne sais pas si je comprends ce que c'est que la spiritualité, mais je sais que Lapinos ne comprend pas ce que c'est que le capitalisme. Evidemment, que le fonds machin parle de rentabilité... Le rôle d'un fonds, c'est d'être rentable. Le rôle d'une bougie dans un moteur est de déclencher des explosions. Les voitures ne sont pas pour autant des bombes.

    Vous confondez continuellement outils et finalités. Cette façon pseudo-organique de penser que les deux sont indéfefctiblement liés est une fausse finesse. C'est une paresse intellectuelle.

  • "D'abord où voyez-vous des écoles libres"

    Dans le monde traditionnaliste catholique, les écoles y sont libres, c'est à dire indépendantes des programmes imposés par l'état, et beaucoup y sont à la recherche d'argent.

    Vous voulez des adresses? ;-)

    Et c'est effectivement un don, pas un investissement.


    Sinon, sur les fonds cathos, l'idée est peut-être d'éviter d'investir dans des entreprises immorales, c'est probablement le seul dénominateur commun. J'imagine, en outre, qu'il doit y avoir des investissements liés à certaines valeurs familiales et traditionnelles...

    Et comme le dit Gloups, l'important est d'être rentable. Il n'existe pas d'entreprise "catholique", sauf deux ou trois (ce qui représente un champ d'investissement limité) qui pourrait parfaitement satisfaire ces conditions.

  • C'est même plus qu'une paresse intellectuelle; c'est une forme de négation du libre arbitre, et une mécompréhension de l'anthropologie chrétienne. Une forme d'hérésie, en somme.

  • Non, entre le don désintéressé et la préoccupation de faire un maximum de pognon, il y a une marge importante. On peut vouloir D'ABORD investir dans une entreprise qui n'est pas immorale et SECONDAIREMENT placer son argent (Il n'est même pas démontré que ça soit moins rationnel au plan économique).
    C'est ce que cette banque musulmane propose notamment, en évitant d'autres écueils comme les crédits à très long terme, l'endettement, etc., tandis que l'argumentaire du fonds "Avemaria" (Si on n'était pas aux États-Unis, je penserais que c'est un gag) inverse les priorités, pour ne pas dire plus. Les musulmans n'oseraient pas appeler leur banque "La banque Mahomet" ou "La banque du Prophète".

    Il ne s'agit pas d'investir dans des "entreprises catholiques", Polydamas, mais dans des entreprises qui ne sont pas anticatholiques d'une façon ou d'une autre. En outre compte tenu de l'opacité (en partie volontaire) de ces sociétés constituées en "holdings", il est impossible de savoir où va l'argent. Ça restreint en effet le champ des investissements, mais pas autant que vous le dites. Surtout, Polydamas, il faut que vous ayez conscience, comme les musulmans, que les investissements modèlent en partie l'entreprise : Moins d'investissements dans l'industrie pornographique, moins d'industrie pornographique, par exemple, pour parler d'un sujet que les soi-disant féministes n'abordent jamais.

    Gloups raisonne comme si le capitalisme était un système économique intangible, immanent et définitif ; c'est en effet le message que les Yankis entendent faire passer, mais il ne correspond pas à la réalité économique du capitalisme. Au contraire, il n'y a jamais eu d'économie dans l'Histoire, Gloups, qui ait fait l'objet de plus de législation et de règlementations diverses que l'économie yankie ou l'économie européenne.

  • "Surtout, Polydamas, il faut que vous ayez conscience, comme les musulmans, que les investissements modèlent en partie l'entreprise "

    Ça fait partie de mon job, donc oui, je le sais... :-D


    "Ça restreint en effet le champ des investissements, mais pas autant que vous le dites."

    Prenons le Cac 40.

    En dehors de Michelin, je ne vois aucune entreprise qui montre une morale, une manière de diriger qui pourrait se rapprocher des catholiques...

    On peut raisonner à l'envers, en évitant Canal + et sa maison mère, Vivendi, on peut éviter Lagardère, à cause des armes, de la chaîne la 5 (qui diffusait des pornos), Pernod, à cause de l'alcool, et je pourrais continuer longtemps (Pour une plus ample liste, on pourrait voir cet autre site, américain, of course, www.vicefund.com)

    En fait, je suis quasiment certain qu'il serait possible de trouver une raison pour un catholique de ne pas investir dans toutes les entreprises du Cac. Cela pose énormément de questions. A partir de quand peut-on investir dans une boite qui a eu un comportement immoral ?

    Créer un "fonds de pension catholique" qui aurait suffisamment de puissance financière pour imposer ses choix aux entreprises est une trés bonne chose, mais cela risque d'être compliqué à mettre en place surtout quand on constate la difficulté d'un lobby catholique pour émerger en France.

    Si les cathos français étaient fiers de leur foi, volontaires pour la défendre, pour se battre, faire pression, oui, ça serait possible de créer ce fonds.

    Mais il est probable que les divisions entre catholiques vont s'exarcerber.

    Je ne pense pas que cela soit une raison pour ne pas le faire mais ça va être difficile. Vous me direz, le Christ est bien mort sur la Croix, donc on pourrait faire un effort, et vous auriez raison... ;-)

  • Moi assimiler Bloy et Zola? Quelle bonne blague le lapin. Je vous l'ai déjà dit, vous n'avez rien compris à Bloy, vous c'est plutôt Nimier, Morand à la limite, que vous pouvez comprendre de l'intérieur, mais vous n'avez pas assez de profondeur pour Bloy.
    Par contre, rien que pour vous, je n'avais pas envie de vous envoyer cette confiture à votre mauvaise foi de cochon, mais l'occasion :
    "Il faut être d'aussi mauvaise foi pour nier l'antisémitisme de Céline que pour affirmer celui de Bloy".
    Nabe, in Dossier H spécial BLOY. Nabe confondrait-il Bloy et Zola?

  • L'alcool ? Je n'ai pas dit que je m'étais converti à l'islam, Polydamas. Le problème de l'économie de la drogue en Colombie ou en Afghanistan, c'est le problème de la consommation de drogue par les Yankis. L'alcool pour les catholiques ne pose pas de problème en soi. Ce sont même des moines qui ont inventé les procédés de vinification.

    Je repose ma question différemment. N'y a-t-il pas en dehors du CAC 40 des entreprises dans lesquelles investir ? Forcément, si vous prenez l'exemple de la partie de l'économie la plus capitalistique… Rien ne dit qu'il n'y a pas une demande d'investissement de la part d'entreprises plus petites, à échelle humaine, qui représente au total matière à un investissement global relativement important ("Michelin", je considère que c'est du bluff.)

    Vous ne m'empêcherez pas de penser que si la volonté n'existe pas chez les catholiques, alors qu'elle existe chez les musulmans, c'est en grande partie parce que les catholiques, contrairement aux musulmans, se satisfont du modèle économique oppressif actuel, du moins ils se refusent à admettre qu'un modèle social a une influence morale sur les individus, et que l'influence du capitalisme est fondamentalement contraire à la morale catholique. Ils sont résignés tandis que les musulmans ne le sont pas - ce sont les musulmans qui ont raison.

  • Que le système économique soit contradictoire avec la foi catholique, je ne serais qu'à moitié d'accord avec vous, étant donné qu'on n'en a pas trouvé de meilleur.

    Par contre, ne pas hésiter à en prendre les rênes est une crainte que les cathos devraient cesser d'avoir.

    Sur les Michelin, non, ce n'est pas une apparence, et vous pouvez me faire confiance...

    Sur Pernod, j'entendais le problème que peut poser un producteur d'un produit qui entraîne une forte dépendance et donc, des comportements immoraux. Ça aussi, ça peut être une grosse barrière.

    A quels aspects doit tenir la décision d'investissement "catholique" ? Là est toute la question.

    En outre, faut-il investir pour faire pression, pour se défendre d'attaques possibles ou pour encourager le capitalisme catholique ? Probablement des deux, certes.

    Ensuite le fait que les cathos soient passifs est à mon avis, plus lié au délitement de la foi, à Vatican II, à notre société, à l'absence de tout esprit de militantisme, de revendication qu'à la vision du système capitaliste, qui est, en effet, plutôt bien acceptée.

  • Je suis un peu triste quand même pour Nabe: il est presque au placard, Lapinos...Enfin, je ne sais pas, mais d'après ce que j'ai lu je doute qu'il considère le succès d'Houellebecq comme un hasard .

    En tout cas, Lapinos, j'avoue que j'ai définitivement coupé les ponts avec le libéralisme et les discours sur les droits de l'homme et avec tout ces pseudos intellectuels qui prêchent un "islam" modéré, une foi individuelle et qui considère la notion de "oumma" (communauté) comme une abérration. Si tu avas vu ce que certains osent écrire sur Nasrallah ou le Hamass!!

  • Qu'avez vous lu de Nabe, Gretel, pour l'aimer bien?
    J'avoue avoir commencé "printemps de feu"....je n'ai pas pu le finir...

  • Si je peux me permettre, Polydamas, quelques remarques :
    - lorsque vous dites que le système capitalisme est le meilleur, avez-vous conscience que c'est un acte de foi que vous posez. Meilleur en quoi, meilleur par rapport à quoi ? Vous êtes en plein dans le sujet, car c'est exactement ce que dit J. Généreux, et sur ce point il a raison, le credo libéral ne repose pas sur des arguments rationnels mais sur des slogans ; il ne suffit pas de dire que c'est le meilleur système, encore faut-il le démontrer.

    - c'est amusant parce votre discours sur l'alcool est aussi le reflet d'une idéologie à la mode, mais complètement opposée, à savoir que l'alcool entraîne une dépendance ; qu'est-ce qui n'entraîne pas une dépendance ? Et la responsabilité individuelle libérale ?

    - je connais un cadre de chez Michelin ; ses beaux discours ne m'ont absolument pas convaincu que Michelin est une entreprise différentes des autres. Mais peut-être pouvez-vous me démontrer que Michelin n'investit pas en fonction du seul critère de rentabilité ? Ça serait un critère.

    - les critères, cette banque islamique prouve qu'il ne sont pas si difficiles que ça à établir ; de même qu'un examen approfondi des montages financiers permettrait de voir si certaines entreprises cotées dans les différentes places financières (européennes) n'ont pas pour seule obsession la seule recherche de la rentabilité maximum. À cet égard ce n'est pas à vous que je vais apprendre que cette poursuite de la rentabilité n'est pas particulièrement rationnelle et que des banques françaises ont pu investir récemment des sommes démentielles dans des projets complètement bidons, en faisant preuve d'une naïveté extraordinaire. L'idée que le capitalisme est le meilleur système repose sur un seul indice solide : le fort taux de croissance yanki ; alors que ce taux n'est que le résultat d'une combinaison de facteurs.

    Je maintiens donc, Polydamas, que c'est parce que les catholiques ont perdu le sens de la politique, qu'ils ont abdiqué leurs responsabilités dans ce domaine, principalement pour des raisons de confort matériel et intellectuel - en ce qui concerne Vatican II, il est impossible d'en dégager une pensée cohérente, il faut y voir non pas une cause mais, déjà, une défaite de l'Église, une conséquence. Attaquer Vatican II est probablement aussi absurde que de le défendre, c'est une bataille dans la réserve indienne que les libéraux athées ont concédé aux catholiques. Il ne reste plus aux libéraux athées qu'à introduire dans cette réserve indienne quelque poison, quelque virus, ils s'emploient à le faire, et bientôt nous serons morts.
    Il ne faut pas se tromper de scandale, Polydamas : le vrai scandale ce n'est pas que quelques sauvageons opprimés brûlent des voitures dans les banlieues (opprimés parce que la société athée libérale a été incapable de les éduquer quand elle ne les a pas carrément manipulés), le vrai scandale c'est par exemple qu'un type comme Pierre Lescure, descendant d'une famille catholique héroïque, un type qui ne devrait penser qu'à s'acquitter de sa dette vis-à-vis de l'Histoire, un type comme ça, toujours les bons sentiments à la bouche, une louche d'égalité par-ci, une louche d'antiracisme par-là, une louche de féminisme pour qui demande du rabiot, un humaniste de cette trempe se lance dans le trafic capitaliste de chair humaine, c'est ça qui donne envie de vomir.

  • Dame, mais j'adore son côté orientaliste: ses connaissances des anciennes civilisations au fur et à mesure qu'il visite les lieux saints en Irak (d'ailleurs à travers Nabe, je parcourais l'Iraq le berçeau de toutes les civilisations car l'Orient est autant éloigné de moi que de Nabe), ses critiques de l'Occident, des boucliers humanitaires, les journalistes et la conversation imaginaire avec le père Parfait...Je me reconnais tellement en lui.

  • Sur tout cela, Gretel, je suis d'accord avec vous....mais j'ai du mal à supporter, pour ma part, ses intermèdes sentimentaux-sexuels, déplacés il me semble....sans ceux là, Nabe m'aurait plu presqu'autant que Thierry Meyssan.

  • Parmi les trente-six définitions de l'antisémitisme, dites-voir laquelle vous avez choisi, l'ornithorinx ?

    Les rabbins qui se sont rendus à l'invitation du président iranien à une conférence dite "révisionniste" sur la choa, est-ce que vous diriez qu'ils sont antisémites, par exemple ?

    Récemment, dans un bouquin illustré sur le thème de la "caricature antisémite", j'ai vu la reproduction de cartes postales représentant des juifs convertis ordonnés prêtres catholiques, cartes postales présentées donc comme… "antisémites" !

    La définition de l'antisémitisme en 2007 en France n'a rien à voir avec celui de 1890, ni même celui de 1930. Un minimum de précision historique est requis sur ce blogue, l'ornithorinx, veuillez vous conformer à cette règle ou allez vous faire voir sur le blogue psychédélique de Dantec.

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