La France est probablement le seul pays au monde où un VRP du capitalisme tel que Minc peut se réclamer de Marx et du marxisme sans provoquer l’hilarité générale.
Minc est typique du cynisme des bourgeois qui se recouvrent d’une couche de bohême et d’idéaux altruistes pour mieux dissimuler leur petit mobile.
Marx travaillait comme un nègre ; Minc, lui, fait travailler des nègres, nuance. Il s’est fait rouler par l’un d’eux, qui pompait sa prose sur un autre. Plutôt que la malhonnêté de Minc, cette affaire de plagiat signale l'ignorance de Minc. Cynique ET ignare, ce n'est pas incompatible.
La dernière commande de Minc dont il préfère assurer le marketing en personne : une biographie de Keynes ; que je sache, la politique de dépenses publiques de Keynes n’a rien de spécifiquement marxiste ; elle n’est pas plus communiste que nazie ou démocratique.
Pour justifier son marxisme, Minc se dit préoccupé par “la question sociale”. Toujours sans rire. C’est tout ce qu’il a trouvé. De Pétain à de Gaulle en passant par Blum, Hitler, Jaurès, Sarkozy, ce crétin d’Ozanam, qui n'est pas préoccupé par la “question sociale” ? Quel bobo n'est pas prêt à passer une nuit avec un SDF.
Une politique plus originale, c’est celle de Baudelaire, c’est celle de Marx, c’est de se débarrasser de parasites comme Minc au plus vite, le contraire de ce que fait Sarkozy, qui semble les avoir tous ressuscités.
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Psychologie de l'athéisme
Il y a une manière un peu particulière pour un catholique marxiste de considérer un athée. Les Évangiles fondent une morale de l’action. Le marxisme lui aussi est une méthode : elle peut venir renforcer l’action catholique. Au cœur de la morale catholique, il y a la charité et le prosélytisme - la charité spirituelle.
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Partons d’une représentation simple : qu’est-ce qu’un pur croyant aux yeux d’un pur athée ? Quelqu’un qui croit qu’il y a une vie après la mort et qui obéit à son Dieu, endure les souffrances de la vie en leur opposant l'espérance d'un monde meilleur, pour mériter à la fin la vie éternelle.
Le minimum qu'on attend de lui, c'est qu'il aide les vieillards à traverser la rue. Souvent les athées sont sévères avec les chrétiens qui n'accomplissent pas leur devoir comme ils croient que ceux-ci devraient l'accomplir : sans défaillir.
Les athées ont beau ne pas croire en Dieu et à la vie éternelle, ils savent se montrer des contrôleurs zélés des bonnes actions des croyants naïfs. Au point qu'on peut penser que si chaque croyant avait un athée pour tuteur, il serait à peu près certain de gagner sa part de ciel. Il y a même des athées comme Coluche, qui font la charité rien que pour prouver aux chrétiens qu'ils sont au moins aussi charitables qu'eux.
De façon symétrique, un pur athée aux yeux d'un pur croyant, qu'est-ce ? C'est quelqu'un qui ne croit ni en Dieu ni en la vie éternelle, "tout n'est que matière et retourne à la matière", ce genre d'idée ultra-antique que l'athée s'efforce de démontrer par la science moderne. Un pur athée c'est le contraire de Sartre qui fait jouer ses pièces pendant l'Occupation allemande pour gagner sa croûte, non, un pur athée devant la douleur et la souffrance de la vie, la guerre, il aime mieux se suicider.
Les croyants sont un peu choqués que les athées ne respectent pas ce principe de base du suicide et laissent Staline, Hitler ou Franklin Roosevelt faire le boulot à leur place.
Bref, les purs athées comme les purs croyants ne courent pas les rues, même si on note une recrudescence du suicide dans les sociétés démocratiques.
Derrière la condescendance des athées pour la naïveté des croyants, derrière celle, réciproque, des croyants pour l'inconséquence des athées, il y a la réalité religieuse que Marx permet de mieux saisir.
(Je suis obligé de mettre l’athéisme de Marx entre parenthèse pour le moment, non parce qu’il contredit mon raisonnement ou qu’il ne m’intéresse pas, au contraire, mais pour ne pas surchager la démonstration.)
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À la racine de l’athéisme, il y a une idéologie. Celle qui consiste pour un athée à croire que, contrairement aux musulmans, aux catholiques, aux orthodoxes, aux scientologues, lui n’adhère à aucune religion (Les athées adorent causer de la scientologie qui leur fournit une caricature pratique de religion.)
Ici il faut distinguer deux sortes d’athées. Les athées sincères ou ignorants, d’une part (on peut parler ici de la "foi du charbonnier"), et d’autre part les athées qui utilisent cette idéologie pour faire du prosélytisme, l’idée séduisante que lorsqu’on n'adhère à aucune religion, on est plus libre et plus indépendant.
Il est permis à un marxiste ou à un catholique de voir les choses de cette façon plutôt qu’à un démocrate-chrétien, parce qu’en réalité ceux-ci ont partiellement ou complètement glissé de la religion catholique à une autre. Concrètement plus rien ne sépare certains démocrates-chrétiens de la religion athée dominante. Les démocrates-chrétiens n'ont pas intérêt à dissiper l'idéologie qui protège leurs intérêts de classe. Un peu comme Sartre qui bascule dans l'existentialisme, les crétineries d'Heidegger, pour se protéger du marxisme et de ses conséquences spirituelles.
Logiquement les démocrates-chrétiens devraient tout mettre en œuvre pour étouffer l'appel à la dissidence lancé par Benoît XVI, non pas à l'attention des catholiques de Chine mais à ceux du monde capitaliste, les rares paroles politiques de Benoît XVI, donc. De même la bienveillance de Benoît XVI vis-à-vis des musulmans on ne veut pas l'entendre. Ce que les démocrates-chrétiens veulent, c'est de la théologie existentialiste en veux-tu en voilà, comme si Baudelaire, Bloy, Claudel, ces grands docteurs modernes, ne suffisaient pas.
Les démocrates-chrétiens vont faire diversion, rendre théorique la dissidence comme ils ont rendue théorique la pauvreté. Ils sont parfaitement prévisibles. J'entends d'ici leurs sophismes thomistes ou kantiens, leurs mille et une façons de noyer le poisson.
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Plutôt qu'à l'athéisme, on est donc confronté à un paganisme somme toute assez banal et qui emprunte ses dogmes et ses préceptes ici ou là. La gloire du Panthéon n'est pas neuve.
Peut-être pas la clef de voûte, mais au moins un des piliers de ce paganisme, c'est l'évolutionnisme. Rares sont les athées qui ne s'accrochent pas farouchement à cette hypothèse, qui leur sert de refuge. Il est tout à fait logique, dans un mouvement prosélyte, qu'ils essaient même de convertir le pape à ce schéma de pensée.
Le plus farouche existentialiste athée n'échappe pas à la religion et à la politique. Nitche finit à l'asile. L'asile ou la prison, le monastère, ce sont là des lieux pour les existentialistes, faits pour entretenir les illusions libertaires. -
Table rase de la télé (6)
Alain Touraine, encore un démocrate au regard vif et pénétrant qui s'emploie à fourguer son pensum chez Taddéi : Titre du bouquin : Penser autrement. Argument de l'auteur : « Ceux qui disent qu'il y a un problème dans la politique et dans l'Éducation nationale sont des fachos. »
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Revue de presse (XVIII)
« (…) Malgré ses hypocrites protestations, il est manifeste que le voyage d’Alexis II, agent de l’ex-KGB, est un déplacement de propagande pour faire la promotion de son cher ami Poutine, en ces temps de fronde ukrainienne, reprendre en main les Russes de l’immigration, et contrer le renouveau traditionnel de l’Eglise catholique romaine.
(…) Il est comique, pour ne pas dire plus, de voir le patriarche de Moscou et de toute la Russie (titre usurpé au XVIe siècle) soutenu par les poutino-maniaques de l’Occident, prétendre être “indépendant du pouvoir politique”. Tous les patriarches de Moscou ont été servilement à la botte des tsars d’abord, des bolcheviques ensuite.
(…) On va nous traiter de grincheux. On nous chante qu’il s’agit de “rapprochement des Églises”, et qu’il n’est pas charitable de se méfier.
(…) Il s’agit, enfin, de ramener dans le droit chemin de l’orthodoxie russe (qui doit gouverner la terre entière, un vrai chrétien est orthodoxe russe de Brest à Vladivostock, relire Dostoïevski.) (…).
Faire l’éloge d’Alexis II, c’est faire la promotion de Moscou. Une fois de plus les Français vont tomber dans le piège de la pseudo-sainte Russie. »
Hervé de Saint-Méen (“Présent”, 11 octobre)
On pourrait objecter à cet Hervé de Saint-Méen que les évêques de France n’en sont pas moins proches du pouvoir politique ; on se souvient par exemple de la bouffonne tentative de Mgr Lustiger de se rapprocher de Balladur par l’intermédiaire de l’abbé de La Morandais.
L’agitation médiatique de l’abbé Pierre, ancien député “radical” ou de Mgr Gaillot n'est par ailleurs que de la poudre aux yeux, donne l’illusion de la rébellion et de l'indépendance, mais n'en est pas. Les médias ont créés l’abbé Pierre et Mgr Gaillot qui étaient soumis à ce pouvoir, contraints de faire amende honorable lorsqu'ils enfreignaient un des nouveaux dogmes.
On est loin de la rébellion d’un Mgr Von Galen contre les nazis puis les bombardements yankis. Mgr Vingt-Trois en est à se demander s’il ne faudra pas, un jour, faire repentance de la lâcheté actuelle (!). Il faut au moins avoir Kant+5 pour oser proférer une énormité pareille.
Mais le bon sens d’Hervé de Saint-Méen est trop rare pour faire la fine bouche. Est-ce que l’impuissance politique de l’Europe, engluée dans le “processus démocratique”, oblige à prendre les délires de Dostoïevski pour argent comptant, ou, pire, ceux de Dantec sur les États-Unis et Israël.
Lorsque BHL fait l’éloge des États-Unis, il est dans son rôle. La haine de BHL pour l’Occident, qu’elle soit opportuniste ou sincère, ne date pas d’aujourd’hui. Chevènement peut bien faire semblant de découvrir la nullité de BHL, il ne fera pas oublier aux amoureux de l’Occident que le PS a réchauffé cette vipère dans son sein et tant d'autres margoulins.